Le top actu BD , clap troisième.

Déjà la troisième édition du « Top ACTU BD des blogueurs ».

N°1

Blast (T4)

de Manu Larcenet, paru chez Dargaud (avec une moyenne de 19,75) Lire les chroniques chez Yanneck, chez Yvan.

N°2

Django Unchained

de Quentin Tarantino et Guéra, R.M, paru chez Urban Comics (avec une moyenne de 18,5) Lire les chroniques chez Jkhadie, chez SambaBD.

N°3

Sin Titulo

de Cameron Stewart, parus chez Ankama (avec une moyenne de 17,5) Lire les chroniques chez Un Amour de BD, chez Yvan.

N°4

Vois comme ton ombre s’allonge

de Gipi, parus chez Futuropolis (avec une moyenne de 17,37) Lire les chroniques chez Yanneck, chez Yvan.

N°5

Azimut (T2)

de Lupano et Andreae, paru chez Glénat (avec une moyenne de 17,33) Lire les chroniques chez SambaBD, chez Un Amour de BD, chez Yvan.

Quelques précisions

Le panorama de cette nouvelle édition numéro du Top Actu BD est assez varié et ce n’est pas pour me déplaire. De la BD d’auteurs (Blast, Sin titulo, Vois comme ton ombre s’allonge), du Comics (Djnago Unchained) et du fantastique poétique (Azimut T2), les blogeurs férus de BDs ont des gouts éclectiques. Les Cadors de la BD « grand public » sont sortis du Top, pour laisser la place à des auteurs plus personnels. Pour preuve, le dernier tome de Blast (très attendu) de Manu Larcenet écrase ses petits camarades, avec une moyenne de 19,75. Coté éditeurs, là aussi, c’est assez large avec Dargaud, Urban Comics, Ankama, Futuropolis et Glénat au coude à coude… Bien entendu, vous êtes libres de diffuser classement et/ou d’y participer (en nous contactant). C’est même fait pour ça ! Pensez à insérer un lien vers la page mère de l’opération, svp.

INTERVIEW JOËL ALESSANDRA (Errance en Mer Rouge).

Interview, Alessandra, Errance en Mer Rouge, Casterman, 03/2014, Capitol« Errance en mer rouge » est un de mes gros coups de cœur de ce début de l’année 2014. De suite, j’ai pensé à faire une interview de Joël Alessandra pour mieux vous faire découvrir son magnifique album paru chez Casterman mais aussi pour mieux vous faire connaître l’auteur, l’homme qui se cache derrière une œuvre remarquable et de grande qualité. En route pour l’Afrique sur les traces d’Henry de Monfreid…

Samba BD : Pouvez-vous me résumer en quelques lignes votre cursus professionnel au niveau de la bande dessinée ?

Joël Alessandra : J’ai commencé la bande dessinée en rentrant d’Afrique en 1992, j’étais tout jeune et je me suis installé à Rome pour travailler à la Rai. Là, j’ai proposé des pages « africaines » à la revue BD « Il Grifo » qui publiait chaque mois en kiosque un magazine BD avec Manara, Pratt, Giardino, Mattoti, etc… un rêve de gosse pour moi surtout quand le patron du magazine m’a annoncé que je faisais partie de l’équipe. J’ai ainsi publié pendant 4 ans une petite série appelée « Naia » à hauteur de 5 planches par mois… je suis ensuite rentré à Paris pour des raisons personnelles et repris la BD seulement en 2006 !!

Samba BD : Pour vous, la bande dessinée est-elle votre unique gagne-pain ou est-ce une activité annexe, à côté d’un boulot fixe et plus rémunérateur ?

Joël Alessandra : Je suis Directeur de création et patron d’une petite agence qui ne fait de la communication que par la BD et l’illustration… je travaille aussi avec des magazines pour des reportages BD (XXI, Vents Sud, Bouts du Monde…) et des webdocumentaires (Little Burma pour LeMonde.fr par exemple…).

Samba BD : Vous avez déjà collaboré avec plusieurs maisons d’édition à savoir « La Boîte à bulle », « Paquet » et « Casterman » par exemple. Ces changements d’éditeur sont-ils la suite logique de votre progression graphique et scénaristique, ou sont-ils dus uniquement au hasard ?

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014

Joël Alessandra : La Boîte à Bulles a été la première maison d’édition à publier et à croire à mon travail en 2006 avec « Fikrie » un album sur mon expérience en Afrique de l’Est. Je continue à travailler avec Vincent Henry, l’éditeur de La Boite à Bulles notamment sur des Carnets de voyage (Retour du Tchad, Ennedi…) toujours aujourd’hui. Mon expérience avec Casterman est un vrai bonheur, notamment avec Reynold Leclercq qui a su tirer le meilleur de mon dessin, je crois. La collaboration est vraiment constructive et je pense avoir vraiment avancé grâce à lui et à ses conseils.

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Samba BD : Lorsqu’on voit votre bibliographie, ce qui saute aux yeux, c’est un penchant prononcé pour l’Afrique, pour le voyage en dehors des sentiers battus, pour le littérature de voyage et d’aventuriers (de Monfreid, Kessel, Rimbaud,…). Quel a été l’élément déclencheur de cette quête et quelle est votre démarche quand vous voyagez ?

Joël Alessandra : J’ai travaillé comme coopérant au Centre Culturel Français de Djibouti. Je pense que tout est parti de là. Djibouti est le territoire qui a effectivement inspiré les Conrad, Kessel, Monfreid, Rimbaud… Baigner dans cet environnement, parcourir les lieux où ces maîtres de la littérature de voyage sont passés ne peut pas laisser indemne. Mon amour du récit de voyage vient de là, dessiner, être payé pour dessiner et voyager, quoi de mieux dans la vie d’un auteur de BD ?! J’ai de plus gardé un réseau de connaissances et d’amis en Ethiopie, au Tchad, à Djibouti, etc. qui favorisent ces aller/retours en Afrique. Mais mes voyages me portent également en Amérique, en Asie et même quelque fois en Europe! 

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Samba BD : Pendant vos voyages, quels sont vos modes de fonctionnement pour vous souvenir, pour rapporter la base de ce qui fera votre récit ? Prenez-vous des notes, des photos, des croquis (succincts ou détaillés ?), des films, des enregistrements sonores,… ?

Joël Alessandra : Je noircis des tonnes de carnets de voyage, tout petit format (que me confectionnent une amie relieuse de mon village !). Je fais des tas de dessins au trait, à l’aquarelle, au café (mon médium de prédilection), le dessin est un véritable passeport en brousse, il permet un vrai dialogue avec les gens, même sans parler l’Afar, le Somali ou le Swahili on arrive à communiquer. Je prends aussi beaucoup de photos, bref j’accumule du « matériel » qui servira de toutes façons un jour pour tel ou tel projet !

Samba BD : Qu’est ce qui vous met en marche sur un projet graphique, un scénario ? Faites-vous d’abord un scénario ou partez vous d’une image, d’un dessin, d’une impression ?

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Joël Alessandra : Il y a énormément de facteurs en fonction des sujets. Pour « Le périple de Baldassare », qui est une série en trois tomes chez Casterman, il s’agissait de l’adaptation d’un roman d’Amin Maalouf, romancier académicien dont je voue un véritable culte à l’œuvre écrite. Dans ce cas c’est une envie de mise en images de l’univers du romancier, travailler avec ses textes, modeler un récit autour des contrées que son héros parcoure… Dans le cas de « Errance en mer Rouge », mon envie était vraiment de parler graphiquement de Djibouti une nouvelle fois, je n’étais pas allé au bout de mes envies avec « Fikrie » ou l’album « Dikhil » dont l’action se passe également à Djibouti. J’avais déjà les grandes lignes de l’histoire en tête, travailler sur la vraie vie d’un ami, le Henry de Monfreid moderne, trafiquant à ses heures, manipulant les armes, connaissant le pays mieux que sa poche… puis effectivement il y a l’écriture, le story-board, les envies de dessin qui chez moi peuvent guider un scénario…

Samba BD : « Errance en mer rouge » sent le vécu même s’il s’agit d’une fiction. Vous avez beaucoup voyagé. Avez-vous déjà été en danger pendant vos repérages, vos voyages sur place ? Vous êtes-vous mis des limites de sécurité à ne pas dépasser ?

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Joël Alessandra : Oui, c’est une BD à mi-chemin entre la fiction et le reportage… Je parle de cet ami, des sociétés de sécurité, des attaques de pirates Somali, l’insécurité en mer Rouge autour de la Corne de l’Afrique… mais les risques sont « calculés », je ne commets pas d’imprudences, je suis marié avec trois enfants! Je m’arrange toujours pour être « encadré », avec des « laissez-passer », en Algérie où j’étais récemment, j’étais toujours « suivi » par un policier du Ministère de l’Intérieur par exemple. Mais il m’est effectivement arrivé d’avoir quelques frayeurs, au Tchad notamment, à la chute de Kadhafi, j’étais dans le désert, à la frontière de la Lybie, en pleine migration de réfugiés Tchadiens fuyant le pays… je ne rentre pas dans le détail mais les risques étaient réels, surtout que vous vous trouvez au milieu de rien, du sable rien que du sable et si cela tourne mal, vous êtes seul au monde !

Samba BD : Avec « Errance en Mer Rouge », j’ai l’impression que vous avez atteint une étape supérieure, un pallier, tant au niveau graphique que scénaristique. Que pensez-vous globalement de votre travail sur cet album ? Etes-vous pleinement satisfait ou avez-vous des « regrets » ?

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Joël Alessandra : Je vous remercie pour cette remarque qui me touche beaucoup. C’était un compliment, n’est-ce pas ? L’album fait 120 pages, j’ai réalisé le livre en 4 mois !!! Ce n’est pas pour me vanter mais pour aller dans votre sens, je crois que ce livre et la manière dont j’ai travaillé dessus me correspond tout à fait. Envie, énergie, dynamisme, cela «booste» vraiment et je n’ai pas vu les pages passer!!!  J’ai travaillé avec du matériel que j’avais déjà, des carnets de mes nombreux voyages dans la Corne de l’Afrique que j’ai simplement scannés, des photos faites sur place (ce qui donne cet effet de spontanéité et de réalité/reportage), le fait aussi de se sentir plus libre dans la mise en page, casser un peu le standard de la case BD et se permettre de grandes pleines pages d’aquarelle est un bonheur et donne une vraie présence à l’histoire. Je me suis aussi attaché à des personnages qui me ressemblent, des lieux que j’adore dessiner, une ambiance à la « Salaire de la Peur » qui font que je suis vraiment fier de cet album. Des regrets ? Aucun, Casterman a fait un travail éditorial magnifique, l’objet est très beau, un grand album imprimé sur un papier de création qui met les aquarelles vraiment en valeur, non, je suis un homme heureux ! Reste à le montrer à le mettre en valeur et à le faire connaître au public 😉 

Samba BD : Quels sont vos premières impressions sur le retour en librairie de votre album ? Quels sont d’autre part vos prochains projets ? Avez-vous déjà un autre récit en cours de réalisation ?

Interview, Alessandra, Errance en mer rouge, 03/2014Joël Alessandra : Les premières dédicaces en librairie montrent un engouement pour ce sujet, le retour à la BD d’aventure sur fond d’Henry de Monfreid. Les premiers retours rejoignent votre analyse, les gens ont l’air de trouver que j’ai trouvé un « format » qui me correspond bien dans la manière de raconter des histoires. La prochaine publication est un récit BD de trente page pour la Revue XXI du mois de juin sur l’Algérie de mon père et de mes grands-parents, une immersion/enquête sur ma famille « pieds-noirs » rentrés en France en 1962… graphiquement dans la veine de « Errance… » mais avec un sujet très intimiste. Je prépare également chez un autre éditeur une biographie de Eiffel pour octobre avec Eddy Simon au scénario… et puis d’autres projets bien sûr qui sont un peu frais pour les dévoiler…

Samba BD : Quels sont vos maîtres ou vos sources d’inspiration dans la bande dessinée ? Quelles sont les bandes dessinées que vous aimez ? Celles qui vous ont marquées ces six derniers mois ?

Joël Alessandra : Je suis très bon public, j’aime énormément de choses, découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles techniques de dessin et de narration… je suis resté très attaché aux Corto Maltese, Mattoti, Manara (du « Singe » et de « HP, les aventures de Giuseppe Bergman »), mais je dévore les nouveautés comme le « Picasso » (énorme), « Comme Prima » (gigantesque), « Les ombres » d’Hippolyte (immense), le dernier « Blast »(la claque), Prado (la modestie dans le génie), etc. j’espère que les autres ne m’en voudront pas, je suis friand de tout et on ne peux citer chacun… avec peut-être quelques réserves sur les mangas, mais je n’ai sans doute jamais vraiment pris la peine de me plonger dans cet univers. J’avoue avoir été très influencé par Jacques Ferrandez (que je salue), Gibrat, et Juillard, de grands maîtres de l’aquarelle et du dessin, je travaille, je travaille mais dur d’arriver à un tel niveau de métier et de sensibilité !

Interview réalisée par Capitol pour Samba BD.

La chronique d’ « Errance en Mer Rouge » sur Samba BD : ICI.

STERN GANG

stern gang,enoch,stassi,la boite à bulles,histoire,sionisme,terrorrisme,palestine,israelstern gang,enoch,stassi,la boite à bulles,histoire,sionisme,terrorrisme,palestine,israelScénario : Luca Enoch

Dessin : Claudio Stassi

Éditeur : La boîte à bulles

date de sortie : mars 2014

128 pages

Noir et blanc

genre : Documentaire Historique

 

Du sang pour une terre promise …

 

Stern Gang raconte un pan méconnu de l’Histoire dont les répercussions résonnent encore aujourd’hui sur l’échiquier politique mondial.

 

Dans les années 20 du siècle dernier, après la première guerre mondiale, le territoire de Palestine est administré par l’Empire Britannique avec la bénédiction de la SDN (Société des Nations) l’ancêtre de l’ONU. De plus en plus de Juifs viennent s’installer sur cette terre pour s’y établir de manière permanente.

C’est dans ce contexte que naissent des groupes d’opposition à l’Empire Britannique, considéré comme un occupant et comme l’ennemi du peuple Juif.

 

Chez certains de ces groupes, la violence extrême prend rapidement le pas sur la diplomatie et semble être la seule solution envisageable pour chasser les Anglais de la terre promise. C’est le cas du groupe Stern, du nom de son fondateur, (qui deviendra par la suite le groupe Lehi) qui, à l’aune de la seconde guerre mondiale, refuse de participer à l’union sacrée contre les nazis, et préfère continuer sa lutte contre les anglais qu’il considère toujours comme l’ennemi du Yishouv – c’est à dire de l’implantation juive en terre d’Israël.

 

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Après la guerre, en 1948, l’État d’Israël est officiellement créé par les vainqueurs et par l’ONU. La terre est découpée et partagée entre les populations Arabes et les Juifs. Les groupes Sionistes ne voient pas tous cela d’un bon œil considérant ce partage comme une division de la « mère patrie » et une manœuvre anglaise pour avoir à nouveau la main mise sur la région. Leurs actions se tournent alors contre des cibles politiques puis contre les Arabes.

 

C’est ainsi que le médiateur de l’ONU, le Suédois Bernadotte, chargé de superviser la mise en application du partage territorial entre juifs et arabes est assassiné par le groupe Stern. C’est ainsi, qu’au nom de la cause, tous les habitants d’un village Arabe sont assassinés. Et c’est ainsi que le Sionisme radical et extrême est né avec les conséquences que l’on connait tous, plaçant cette région du monde sur des charbons ardents pour des décennies.

 

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Ce livre hyper documenté est un vrai livre d’Histoire et nous aide à comprendre ou tout au moins à avoir une autre vision du conflit Israélo / Palestinien que nous connaissons aujourd’hui.

 

Lucas Enoch et Claudio Stassi nous montrent comment un petit groupe très peu populaire, employant des méthodes terroristes, qui compta parmi ses membres un futur premier ministre Israélien, a changé la face du monde en créant et en installant un climat de haine qui semble irréversible entre arabes et juifs.

 

Leur récit puissant traite sans concessions et sans tabou d’un sujet encore très sensible aujourd’hui. Le récit débutant en 1948, l’essentiel de la narration est faite en flashback et ce, de façon linéaire offrant une approche chronologique des événements.

 

A l’aise sur toutes les scènes, Claudio Stassi nous livre un dessin nerveux en noir et blanc rehaussé de lavis en nuances de gris. Le tout est solide et donne du dynamisme à un récit très didactique.

 

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Stern Gang est passionnant sur le plan Historique parce qu’il nous dévoile un pan méconnu du passé et parce qu’il nous permet d’avoir une autre vision sur les évènements actuels du proche Orient.

 

Malgré la complexité des faits et du contexte politique de l’époque, cette histoire se lit d’une traite comme un bon roman d’action. La narration reste fluide et l’abondance de termes en hébreux, bien documentée. Pour les plus avides de géopolitique, le dossier de 10 pages à la fin du livre apportera un éclairage encore plus pointu sur cette période trouble qui dure depuis presque un siècle …

 

ma note : 8,5/10

Loubrun

 

 A lire aussi :

Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle

Jérusalem – Portrait de famille

 

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