Le Monde Selon François – Intégrale

Couv_210280.jpgmondeselonfrancois03gfp_88284.jpgVerso_210280.jpgScénario : Vincent Zabus

Dessins : Renaud Collin

Editeur : Dupuis

Collection : Punaise

Dépôt Légal : janvier 2014

Planches : 208 dont 58 planches de bonus : recherches graphiques et planches inédites du 4ème album en préparation.

ISBN : 978-28001-5944-7

Cette intégrale regroupe les trois albums suivants :

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François, 10 ans, écrit des histoires qui ne plaisent pas à tout le monde. « il te faudrait un peu moins d’imagination et un peu plus de sérieux » lui dit son papa.

Il découvre alors le secret des écrivains : les lettres sont de petits animaux vivants gorgés d’imagination… elles poussent sur un lettrier.monde,selon,françois,intégrale,renaud collin,vincent zabus,dupuis,punaise,secret,écrivains,amants,éternels,maître,temps

Grâce à sa formidable imagination, il est capable de devenir « LE Grand Alphabet » dirigeant la corporation des écrivains…

« Les amants éternels » :

Pendant les vacances, François découvre que ses parents vont se séparer. Que faire pour l’éviter ? Comprendre l’histoire malheureuse des amants éternels morts de n’avoir pu s’aimer. Quelquefois l’amour est tout près et on ne le voit pas…

« Le maître du temps » :

Papa divorcé et chef de pub, le papa de François n’a plus de temps pour s’occuper de lui ; au point de se voiler la face quand son fils sans repère part à la dérive.

On ne le répètera jamais assez, il faut un cadre pour grandir convenablement.

Evidemment quand les parents démissionnent, les enfants prennent les choses en mains ! 

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On se demande qui a le plus d’imagination : François ou ses auteurs. Voici une vraie BD jeunesse, accessible aux enfants à partir de 8 ans pour les bons lecteurs. Les vrais problèmes de la vie d’un enfant, résolus grâce à l’imagination ; se réfugier dans les livres, c’est le lot de tous les incompris.

monde,selon,françois,intégrale,renaud collin,vincent zabus,dupuis,punaise,secret,écrivains,amants,éternels,maître,tempsCette intégrale nous offre les histoires courtes publiées dans Spirou, histoires qui partagent les questions existentielles de la vie : l’amour, la séparation, la vieillesse, la mort.

On savoure quelques œuvres de Renaud Collin parues dans le journal de Spirou, et aussi quelques planches du 4ème album sur le grand père de François et tous les soucis qui vont avec l’âge et le déclin des capacités humaines.

 

 

Il faut avouer que j’ai un faible pour les planches travaillées dans Photoshop, j’aime bien les crayonnés et le trait noir qui cerne chaque dessin. Renaud Collin a choisi de conserver les planches travaillées sur Illustrator, les dessins font plus modernes et peut-être plus poétiques.

Je vous soumets le panorama des vacances de François qui est particulièrement réussi !

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Donc un chouette cadeau pour les enfants, neveux ou nièces qui sont déjà versés ou bercés par les œuvres littéraires de leur âge.

 

Ma note :

Scénario : 8

Dessin : 8

Moyenne : 8/10

 

Sophie

 

 

 

 

Lune l’envers

lune l'envers,blutch,dargaud,fable,science fiction,société,création,artlune l'envers,blutch,dargaud,fable,science fiction,société,création,artScénario et dessin : Blutch

Editeur : Dargaud

date de sortie : janvier 2014

56 pages

genre : chronique de société, science fiction

 

 

 

Cette histoire commence de manière plutôt étrange et déconcertante. Une mère tient à sa fille – Liebling un discours assez pessimiste sur la place de la femme dans la société. Pour tenir le coup face aux difficultés qui l’attendent, elle lui transmet alors son « truc », qu’elle tient elle-même de sa mère : une capsule de cyanure, a n’utiliser qu’en ultime recours…

 

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La vie s’écoule, Liebling grandit et se retrouve sur le marché du travail. L’agence de placement l’envoi chez Eurifice, une curieuse entreprise de « créativité sensorielle », où les gens travaillent sans savoir sur quoi ni pour quoi, en plaçant leurs mains dans des trous …

Pendant ce temps là, chez Média Mondia, l’heure est à la crise. Lantz, dessinateur de BD qui a imaginé le « Nouveau Nouveau Testament », best-seller dont dépend l’économie entière, est en panne d’inspiration. Il est donc débarqué de la série, et il faut vite lui trouver un remplaçant. Le lien entre Media Mondia et Eurifice est fait.

Mais Lantz est de ces auteurs qui ne peuvent s’affranchir des méthodes de travail à l’ancienne, et ne peut se résoudre à signer une œuvre pondue par une armée de tâcherons. N’étant plus animé par la flamme de la créativité, il laissera ses souvenirs envahir son esprit pour retrouver la muse de sa jeunesse, la belle Liebling.

 

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Raconté comme ça, l’histoire parait assez simple. En vérité, il n’en est rien. La lecture est ardue et il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil, pour peu qu’on ait réussit à le trouver ! De plus, comme pour nous perdre encore un peu plus, Blutch s’amuse avec l’unité de temps en faisant se croiser les personnages à différentes époques mais sans que tous les personnages n’aient la même évolution.

Mais dès lors qu’on a accepté de sortir d’un mode de pensée cartésien et que l’on s’est extirpé du tourbillon scénaristique, on finit par comprendre le message de Blutch.

 

Il fait ici une critique acerbe de la société du rendement, de la performance, qui pressurise et rend le travail aliénant. Dans cet univers froid, déshumanisé et quasi totalitaire, il renvoie une image très négative de notre société telle qu’elle pourrait évoluer, ou telle qu’elle est en train d’évoluer. L’être humain n’a plus sa place en tant qu’être humain, mais en tant que machine juste bonne à produire. Et aujourd’hui, une machine qui ne fonctionne plus, on la jette. Avec ces métaphores « fantasmatiques » qu’il a placé dans un contexte qu’il connait, celui de la création artistique, Blutch nous démontre finalement que la résignation et le confort tuent l’Homme à petit feu. En acceptant de passer au second plan et de se sacrifier sur l’autel du rendement et de la production de masse, il se perd, il perd une part de liberté et sa création se perverti. L’auteur propose aussi dans cette fable une réflexion sur le temps qui passe et sur la vieillesse.

Le message est cinglant, mais il se noie un peu dans des circonvolutions scénaristiques alambiquées.

 

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Le dessin épais et charbonneux crée une ambiance froide qui colle bien au propos, mais qui n’aide pas franchement le lecteur à rentrer dans le récit. Par ailleurs, la colorisation partielle des décors et des personnages est déroutante. D’une case sur l’autre, des éléments du dessin se retrouvent en noir et blanc ou changent de couleur. Pourquoi avoir fait ce choix ? Est-ce censé apporter quelque chose à la narration ? Je n’ai pas trouvé la réponse à cette option graphique curieuse et perturbante.

 

Lune l’envers est un album pointu, dont l’approche est vraiment complexe. Il est difficile d’y entrer et d’en décoder les messages, mais curieusement, la lecture reste envoutante. C’est sans doute l’effet « Blutch touch ».

 

Ma note : 6/10

Loubrun

 

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