Heureux qui comme

Couv_176271.jpgheureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialAuteur : Nicolas Presl

Editeur : Atrabile

Collection : Flegme

240 planches

sortie : novembre 2012

genre : Fable sociale

 

 

Résumé (éditeur)

Dans Heureux qui comme, l’auteur s’intéresse plus particulièrement aux relations tout à la fois pas­sionnées et tumultueuses qui lient l’Afrique noire et l’Occident, à travers le parcours de deux êtres qu’à première vue tout oppose, et qui, contre toute at­tente, finiront pas se croiser. D’un côté, on suit l’en­voyé d’une firme industrielle tentant d’amadouer une population locale pour mieux pouvoir la spolier. Sûr de son bon droit, enfermé dans sa bulle dorée et ses certitudes, il ne verra que trop tard la colère qui gronde…

De l’autre, les premiers pas d’une jeune femme, sans doute trop naïve et fragile, dans un endroit fantasmé, idéalisé, des premiers pas qui vont la laisser décontenancée et chancelante…

Ces deux êtres, tout aussi inadaptés l’un que l’autre aux situations qu’ils traversent, semblent incapables d’un regard objectif, distancié, et de ce manque de recul, mâtiné d’un certain paternalisme, de cette vision tronquée d’un monde qu’ils ne com­prennent pas, ne naîtront alors qu’erreurs, faux pas et occasions manquées.

 

 

heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialJ’espère que vous avez bien lu le résumé de l’éditeur, parce que franchement sans cette bouée de sauvetage, la compréhension de cet album est vraiment compromise.

Nous avons là une histoire sans texte et sans dialogues. Si cela est peu habituel dans l’univers de la BD et éveille la curiosité, cela ne relève en rien d’une grande innovation ni d’une grande originalité d’ailleurs. D’autres s’y sont essayés bien avant et notamment l’immense Moebius dans les années 70 qui fut le premier à réaliser des bandes dessinées sans texte autour du personnage d’Arzach. Mais n’est pas Moebius qui veut. En effet, quand on est devant un dessin composé de personnages aux faces déstructurées et que les proportions et perspectives sont plus que douteuses, la curiosité s’étiole et fait rapidement place à un rejet au point de se demander si on arrivera au bout. Je suis allé au bout, mais je me suis tout de même un peu forcé.


heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialC’est visiblement la marque de fabrique de Nicolas Presl, qui assume cette préférence pour des récits muets en privilégiant les mises en scènes picturales aux dialogues et textes. Dans cet album il apporte toutefois une innovation par rapport à ses précédents travaux en utilisant la couleur. Et là je me dis : « mince ! en couleur c’est déjà pas facile, en noir et blanc ça doit être imbuvable… ».


Je ne m’attarde pas sur l’histoire et ses clichés sur les méchants occidentaux qui exploitent les pauvres africains (même si ça existe), et la naïve bobo parisienne (j’ignore si elle est bobo et parisienne, mais il me plait de l’imaginer comme ça, et après tout en l’absence de  texte je peux bien imaginer ce que je veux ! ) qui part gentiment la fleur au sac à dos à la découverte de l’Afrique. Comme il est dit dans le résumé, elle va chanceler. Eh oui ! L’Afrique ça n’est  pas le pays des bisounours !


Bon, je n’ai pas accroché à cette histoire et, à part quelques cases et deux ou trois mises en scènes, je n’aime pas du tout le coup de crayon de Nicolas Presl. Sans doute qu’un amateur de la période surréaliste de Picasso apprécierait davantage.

Néanmoins, il faut en toute objectivité reconnaître qu’il y a là un travail artistique indéniable. L’utilisation des couleurs est intéressante et sert directement la narration et les mises en scènes. Chaque personnage, chaque situation dans le temps et dans l’espace a son « code couleur » procurant ainsi une aide utile à la compréhension. Car si l’on comprend la situation d’une vignette à l’autre au coup par coup, il n’est pas aisé d’avoir une vue d’ensemble cohérente sans un décorticage systématique de chaque vignette.

Pour conclure, on peut trouver un intérêt dans l’exercice de style et la recherche artistique, mais la lecture reste très ennuyeuse et fastidieuse. Pourtant il y en a des choses à dire sur les rapports entre les pays riches et l’Afrique. Mais les dessiner ne suffit sans doute pas.

 

4,5/10heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,social

Loubrun

3 commentaires sur “Heureux qui comme

  1. Je dois encore lire cet album..enfin lire est un grand mot.
    Mais bon, j’accroche pas spécialement non plus au dessin .
    Et dire qu’il est dans la sélection officielle d’Angougou ….
    Une BD pour monsieur William visiblement .

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