Interview d’Hamo pour l’envolée sauvage.

L’ENVOLÉE SAUVAGE

Tome 3 : Le Lapin d’Alice
Scénariste : Laurent GALANDON
Dessinateur : HAMO
Paru le 31 Octobre 2012 chez Grand angle.

1942.  Il était une fois deux enfants qui fuyaient la nuit et le brouillard…

Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont sœurs. Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont juives. Comme des milliers d’autres, elles furent arrêtées avec leurs parents lors de la terrible rafle du Vel d’hiv’, le 16 juillet 1942.
Commence alors leur course effrénée pour la survie. Une aventure où, pour fuir la réalité et garantir leur sécurité, Ada invente à Lucja un monde où les princesses échappent aux loups à bottes cloutées… Mais jusqu’à quand ?…
 
Un nouveau cycle pouvant se lire indépendamment.

Revedefer a réalisé pour l’occasion l’interview d’Hamo, le nouveau dessinateur du tome 3 .Par contre, la mise en page , c’est Samba qui s’en est occupé.

 

Pourrais-tu nous faire une petite présentation de Hamo pour les lecteurs qui ne te connaitraient pas ?

hamo 4.jpgJe suis né en 1982 à Namur, ville où j’habite toujours namur.jpgactuellement. J’ai commencé le dessin très jeune, ainsi que l’accordéon diatonique. Deux passions que j’ai toujours rêvé d’exercer professionnellement. Plus tard, j’ai étudié l’illustration et la bande dessinée à Saint-Luc à Liège. Suite à quoi j’ai réalisé quelques histoires courtes pour le magasine Spirou (avec Zidrou notamment). Ensuite j’ai réalisé mes premiers albums chez Casterman (3 tomes de « Noirhomme ») et 3 tomes de Special Branch pour Glénat, aux côtés de Roger Seiter. Série que je mène actuellement de front avec L’envolée Sauvage chez Grand Angle (Bamboo).

Pas trop anxieux de reprendre le flambeau après Arno Monin ?

Non pas trop. Plutôt flatté. C’est l’éditeur qui m’a contacté et qui m’a proposé le projet. L’idée était de faire un nouveau cycle, à ma manière. Bref, des conditions idéales. J’apprécie beaucoup le travail d’Arno ; et même si nous ne travaillons pas de la même manière, je pense que nos styles ne sont pas tout à fait incompatibles.

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Comment as-tu procédé pour ton travail de recherches pour l’Envolée Sauvage ?

hamo 2.JPGJ’ai commencé par les recherches de personnages. J’ai assez rapidement compris que même si le contexte historique avait son importance, ce serait l’épaisseur des personnages qui ferait l’intérêt du récit. C’était la première fois que j’avais affaire à des enfants comme personnages principaux. J’ai ensuite réalisé un travail de documentation assez classique, en fonction de ce que le scénario exigeait.

Comment se passe ta collaboration avec Laurent Galandon ?

Nous ne nous connaissions pas. L’éditeur nous a donc assez rapidement invités à nous rencontrer. A ce moment là, j’avais déjà réalisé un storyboard complet de l’album. Ca nous permis de réajuster quelques scènes et de travailler davantage la fluidité de la narration. Ensuite, j’ai réalisé les planches seul, de mon côté (j’habite en Belgique et Laurent en France). Laurent vient laurent galandon.jpegrégulièrement aux nouvelles. Sinon, je le contacte lorsque j’ai besoin d’un avis extérieur. On fonctionne de la même manière avec Hervé, qui est notre éditeur sur ce projet.

Peux-tu nous expliquer comment tu travailles pour réaliser une planche ?

Je pars d’un storyboard A4, qui est déjà assez poussé. Tout y est (les bulles avec le texte, la structure des personnages, un semblant de perspective…) sauf le détail. Sur ce projet, j’ai fait le choix de réaliser l’intégralité des pages sur ordinateur. Je scanne donc ces storyboard, que je retravaille ensuite à l’aide de la palette graphique (un écran sur lequel je dessine directement). Le côté informatique peut rebuter certains, mais en gros je reproduis une méthode assez classique (je crayonne et puis j’encre). Sauf qu’ici, tout se passe directement dans l’ordinateur. Ensuite viennent les couleurs, infographiques, elles aussi. Sur les pages « du conte »  (puisque le récit va et vient entre la dure réalité de la guerre et l’univers des contes que nos jeunes héroïnes s’inventent), j’ai entièrement réalisé le dessin au crayon sur du papier à grain, car ces passages fantastiques nécessitaient un graphisme différent et bien identifiable.

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Comment réalises-tu les couleurs ?

Sur ordinateur. De manière assez classique : je démarre avec des aplats de couleurs, auxquels j’ajoute ensuite des ombres et quelques lumières. Sur la partie conte, la couleur est faite sur ordinateur aussi, mais avec un aspect de type « lavis ». Un peu comme une aquarelle, dans les tons gris-bleus.

Qui sont tes premiers lecteurs ?

Les premiers à acheter l’album Sourire . A part le scénariste et l’éditeur, je ne fais lire à personne mes albums avant qu’ils ne sortent.

J’ai lu que tu étais aussi musicien. De quel instrument joues-tu ?

Oui, je joue de l’accordéon diatonique depuis l’âge de 6 ans. Pour le moment, je joue principalement avec Camping Sauvach, un projet de chanson française rock festif que j’ai monté en 2003 avec Matthieu Hendrick, un ami guitariste (www.campingsauvach.com). Mais aussi Ratigan trio, un projet plus intimiste, axé autour de mes compos instrumentales et acoustiques (www.ratigan.be)

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Quels sont tes projets BD  et musicaux pour l’année 2013 ?

Je travaille actuellement sur le tome 4 de l’envolée sauvage, qui clôturera ce deuxième cycle. Ensuite j’enchainerai sur une nouvelle enquête de Robin et Charlotte, les héros de « Special Branch ». Nous avions développé une première enquête en 3 albums. Cette fois, nous partons sur des one-shot. C’est une idée qui m’emballe beaucoup ! Sortie prévue début 2014. Et puis il y a d’autres projets dans les tiroirs… On en saura probablement plus d’ici peu.
Côté musique, Camping Sauvach continuera la tournée de son 3ème album « L’oiseau de nuit », qui est sorti début 2012. Pour les fêtes, nous offrons un titre gratuit sur notre site (une reprise du « Pornographe » de Georges Brassens : (www.campingsauvach.com). Nous composons également de nouveaux morceaux pour un futur album, toujours autours des textes de notre chanteur (Matthieu Belette).

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As-tu en tête un projet plus personnel alliant tes deux passions : la musique et la BD ?

Non, pas vraiment. J’ai joué quelques années avec « le Boyz Bande-dessinée », un groupe composé d’auteurs de BD. Janry, Batem, Gihef et Giancarlo (Studio Cerise) continuent l’aventure. Le projet est vraiment sympa, mais je manquais de temps. J’aurai –je l’espère- l’occasion de remonter sur scène avec eux. A part ça, j’aimerais beaucoup enregistrer un album solo, autour de l’accordéon, où j’inviterais des amis, tous horizons confondus… Et que j’illustrerais. Mais bon, comme c’est parti, ce n’est pas pour tout de suite !

Tes derniers coups de cœur BD, cinéma et musicaux ?

Côté BD, je suis toujours sous le charme de « Seuls », de Vehlmann et Gazzotti. J’ai 9782800144139.jpgdécouvert « Jeux d’enfants » de Mickaël Roux, chez Bamboo, excellente série jeunesse. Ou encore le travail de Xavier Fourquemin en général. Cinéma, je suis bon public, je prends de tout, du moment que ça détend. Mais j’ai bien apprécie « Quand je serai petit » de et avec Jean-Paul Rouve. Musique, c’est un peu pareil, je découvre beaucoup de choses mais m’attarde peu. Mais c’est principalement du Rock, qui tourne sur ma playlist quand je travaille.

Merci pour cette interview. Bonnes fêtes de fin d’année à tous les lecteurs !

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