La crème de la crème

Vous voulez offrir des bandes dessinées ou vous en faire offrir ?

Notre collectif de blogueurs vous présente

les 14 albums incontournables de 2012.

C’est du 100% pur coup de cœur garantis. Surfez sur nos chroniques pour vous en convaincre.

La Page Blanche

de Boulet et Pénélope Bagieu J’aime beaucoup les illustrations de cette bande dessinée je me suis donc plongée sans mal dans l’histoire. Je me suis même rapidement attachée au personnage principal, cette jeune femme amnésique qui ne se reconnaît pas dans ce qu’elle découvre de sa vie. Suite à son « réveil » sur un banc, elle ne retrouve aucuns souvenirs. Ni son nom, ni son adresse, ni sa famille. Tout ce qu’elle découvre c’est grâce au sac qu’elle a la main et qui la conduit à son appartement. Elle a un chat, adorable d’ailleurs, mais rien de tout ce qu’elle voit ne lui rappelle celle qu’elle est… Lire la suite chez Délivrer des livres

Saison brune

Scénario et dessin : Philippe Squarzoni, Paru chez Delcourt Imposant pavé de 400 pages, cela faisait un moment que je regardais en biais Saison Brune. Je savais que le fond me conviendrait, mais je restais sur le sentiment d’une certaine aridité dans le dessin de Philippe Squarzoni, qui me rebutait quelque peu. Mais voilà, je me suis lancé, comme on lit un roman ou un documentaire. En prévoyant une longue plage de tranquilité. Alors qu’il est en train de réaliser Dol, l’album qu’il consacre au bilan des politiques libérales de l’ère Chirac, Philippe Squarzoni réalise qu’il n’est pas du tout au fait des enjeux écologiques. Il peut mettre en avant les failles du Président de la République, mais il est incapable d’argumenter en profondeur. Et cela le dérange. Lire la suite chez Brusselboy

Ziegfried T3

Scénario et dessin : Alex Alice Paru chez Dargaud Alors que le pouvoir de l’Or étend sa corruption et que la Terre est à l’agonie, Siegfried et Mime arrivent enfin au seuil de l’antre du dragon. Un combat titanesque va s’engager entre le jeune homme qui ne craint pas les dieux et le terrible monstre que l’avidité a rendu fou. Suite et fin de cette magnifique trilogie adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l’un de ses plus beaux opéras. Ce troisième est dernier tome Le crépuscule des dieux conclue en apothéose la trilogie. On peut mesurer toute la puissance, la beauté et la maitrise graphique d’Alex Alice. Lire la suite chez Fan de BD

Les Folies Bergère

Scénario : Zidrou, Dessin : Porcel Paru en mai 2012 chez Vents d’ouest. C’est la guerre, la grande, la terrible. La « vie » dans les tranchées est pleine de certitude : la mort vous attend ! Ce n’est qu’une question de temps pour savoir quand elle embrassera les poilus, qui attendent résignés, leur tour. Pour survivre, chaque homme de la 17ème compagnie d’infanterie fait appel à ses maigres ressources : l’alcool, les souvenirs d’une vie de couple, l’humour facile, la foi, la douceur des permissions. Tout est bon pour ne pas abandonner l’espoir. Dans ce pays sans hommes, ce « no man’s land ». leur petit quartier général boueux, ils l’ont surnommé « Les folies Bergère » en l’honneur de ce lieu qu’ils se sont promis d’aller visiter. Un lieu rien qu’à eux où l’amitié et la complicité leur servent de repas et de vêtements chauds. Lire la suite chez Un amour de bd

Daytripper

Scénario et dessin : Gabriel Bá et Fábio Moon Paru chez Vertigo ComicsUrban Comics propose des titres qui me font oser, que je n’aurais sans doute pas regardé autrement. Daytriper est de ceux là. Autant vous le dire tout de suite, entamer cette lecture vous demandera un peu d’attention. C’est un univers dans lequel il faut vous plonger, il vous faut la disponibilité d’esprit pour cela. C’est un ouvrage de réflexion, qui doit s’apprivoiser, s’appréhender. Du temps, de la concentration, de la volonté, voilà les outils qu’il vous faudra pour découvrir une belle lecture.

Walking Dead 16. Un vaste monde

de Cliff Rathburn, Traduction : Edmond Tourriol, Paru chez Delcourt Ce n’est pas un mystère, j’aime les zombies (coucou Emma!) et surtout j’aime Walking Dead. Je vous ai parlé des premiers tomes, par gros paquets et j’ai hésité à vous parler de ce dernier tome. Mais après tout certains ont peut être raté mes précédents articles ? Walking Dead c’est donc une fabuleuse histoire de zombies… mais plus que cela c’est une grande aventure humaine. Beaucoup trouvent d’ailleurs que les derniers tomes proposent moins d’action, moins de zombies. Lire la suite chez Délivrer des livres

Le Singe de Hartlepool

Scénario : Lupano, dessin : Moreau, Paru chez Delcourt L’histoire vient d’une légende célèbre en Angleterre concernant la ville côtière de Hartlepool dont les habitants, en 1814, pendirent un chimpanzé découvert sur leur rivage à la suite du naufrage d’un vaisseau de guerre. Ils le prirent pour un Français. Les deux nations étaient alors en guerre et les habitants n’avaient encore jamais vu ni de Français ni de singe or, ce dernier, mascotte de l’équipage, était revêtu d’un uniforme napoléonien. Un procès eut lieu où se déchaînèrent les pires sentiments: l’ignorance, la sottise, les préjugés, la haine… Lire la suite chez Liratouva (Mango)

Un printemps à Tchernobyl

Scénario et dessin : Lepage, Paru chez Futuropolis Choisir de traiter un tel sujet, et l’assumer jusqu’au bout, seul Emmanuel Lepage en est capable aujourd’hui. Ce n’est pas seulement un reportage qu’il nous livre. C’est une confidence dessinée, où il s’expose dans une touchante simplicité. Auteur militant, auteur impliqué, il ne passe pas « à côté du monde », mais choisit de le vivre avec ses dangers. Refusant d’être un simple « témoin », il choisit de s’impliquer personnellement en se frottant à la réalité. En se mettant en scène sans fioriture, avec ses doutes et ses peurs, il se dévoile avec pudeur et sensibilité, mais surtout avec une immense honnêteté. Le choix de Tchernobyl n’est pas anodin. Emmanuel Lepage nous avait déjà mis une grande claque visuelle avec « Voyage aux iles de la désolation » paru chez Futuropolis en 2008, avec le même traitement… Lire la suite chez Un amour de Bd

Pablo T1, Max Jacob

de Julie Birmant et Clément Oubrerie, Paru chez Dargaud Max Jacob est le 1er tome de Pablo, une série qui, en 4 épisodes, racontera le quotidien de Picasso jeune homme, à Montmartre, entre 1900 et 1912. Pourquoi ai-je tellement aimé cette BD ? Avant tout pour les dessins que je trouve particulièrement évocateurs de toute une époque parisienne, celle de l’exposition universelle de 1900, et celle de Montmartre dans sa période bohème. Je les trouve soignés, précis et pourtant poétiques comme lorsqu’ils évoquent, par exemple, l’envolée lyrique de Fernande, la narratrice à la fin de sa vie, premier grand amour et première muse de l’artiste, quand, totalement oubliée de tous, elle se sent pousser des ailes, se sachant éternelle, grâce aux nombreux portraits qui l’immortalisent. Lire la suite chez Mango (Liratouva)

Doomboy

Scénario et dessin : Tony SANDOVAL, Paru chez Paquet Doomboy est un adolescent solitaire qui joue pour lui seul des morceaux de guitare électrique. Pour lui seul ? Pas tout à fait car à l’aide d’un vieil émetteur radio, il envoie ses morceaux vers sa bien aimée, vers l’au-delà. Ce qu’il ignore, c’est que toute la ville capte sa musique. Il devient très vite un héros anonyme, seul son meilleur ami sachant qu’il est l’auteur de ces compositions. Jusqu’au jour où un enregistrement de sa musique circule… Lire la suite chez Fan de BD

Il était une fois en france T6 : Terre promise

Scénario de Fabien Nury, dessin de Sylvain Vallée, Paru chez Glénat La fin magistrale d’une saga culte ! Alors que le procès de Joseph Joanovici s’ouvre, personne dans la salle n’oserait remettre en question la qualité de cette excellente série, auréolée du prix de la série lors du festival d’Angoulême 2011. Fabien Nury et Sylvain Vallée étaient pourtant attendus au tournant, car enchaîner des tomes d’anthologie est une chose, mais parvenir à conclure une saga comme il se doit en est une autre. Les espérances du lecteur étaient donc extrêmement hautes et… force est de constater que cette conclusion est à la hauteur de toutes nos attentes, voire même plus… Lire la suite chez Sin city

L’or et le sang, T3 – les princes Djebel

Scénario de Fabien Nury, dessin de Edouel-Merwan-Defrance, Paru chez 12Bis Guidés par Calixte et Léon, soutenus par la France, les rebelles d’Abdelkrim enchaînent les victoires contre les Espagnols. Les tribus indigènes sont unies et les puissances coloniales vacillent. Pourtant, Léon est rattrapé par ses vieux démons et Calixte galvanisé par une cause qui n’est pas la sienne… Le triomphe des « Princes du Djebel » risque d’être de courte durée. Je l’ai déjà dit mais l’or et le sang, c’est du tout bon ! Pourquoi ? Parce qu’à aucun moment, vous vous ennuyez avec nos deux lascars. Je suis à chaque fois surpris de voir à quelle vitesse je dévore un album de cette série. Ce qu’on demande le plus à une BD, c’est essentiellement de nous transporter dans une aventure captivante. Lire la suite chez Samba BD

Lorna

Scénario et dessin de Brüno, Paru chez 13étrange (Glénat) Lecteur de BD, si tu cherches une œuvre qui apporte son tribut au cinéma de série B ou Z, cet UFO est pour toi. Si tu veux un scénario foutraque mêlant pornographie, militaires recherchant l’arme ultime, monstres marins, extraterrestres, complot militaire, manipulations de l’industrie pharmaceutique, arrête-toi et recueille-toi. Le moins que l’on puisse dire c’est que Brüno, dans sa nouvelle publication, fait fort. Si le début est un peu poussif, le scénario s’accélère et décontenance le lecteur. A la lecture de la préface (Brüno s’est adressé à un spécialiste du genre : Jean-Pierre Dionnet, le co-fondateur de Métal Hurlant et des Humanoïdes associés), l’amateur de BD est perdu : qu’est ce que cela veut dire ? Lire la suite chez Samba BD

Blast, la tête la première

Scénario et dessin de Manu Larcenet, Paru chez Dargaud FONCEZ, la tête la première ! Manu Larcenet – BLAST, La tête la premièreCe nouveau pavé de 200 pages, troisième volet d’une série qui n’en prévoit plus que quatre, poursuit l’interrogatoire de Polza Mancini, toujours en garde à vue pour les méfaits qu’il a commis. Les policiers tentent de reconstruire le puzzle des événements et si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent cependant inconnues. A coup de flashbacks, le lecteur poursuit le compte-rendu de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST, cet état second qui lui permet de s’évader d’une réalité qui ne lui a jamais vraiment souri… Lire la suite chez Sin City

MOI RENE TARDI, PRISONNIER DE GUERRE AU STALAG IIB – Tome 1.

Couv_175323.jpgPlancheA_175323.jpgDessin & scénario: Jacques Tardi

Editions Casterman

Collection : Univers d’auteur

Sortie : 21/11/2012

188 pages

Prix conseillé : 25,00 €

ISBN : 9782203048980

Histoire, 2e guerre mondiale, biographie romancée.

 

 

Résumé (de l’éditeur): « Nous nous étions battus, mon mécano et moi. Nous avions reçu l’ordre de détruire l’ennemi. Nous avions obéi…Oui, nous nous étions battus, et ce 22 mai 1940, un mercredi, douze jours après l’offensive, au petit matin, à l’orée d’un bois, nous venions d’être faits aux pattes. C’était à Mons-en-Chaussée, près de Péronne, dans la somme. Mon père avait été blessé dans ce coin, vingt cinq ans plus tôt. Moi, j’avais vingt-cinq ans et je venais de recevoir comme un coup de massue derrière la tête. »

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Mon avis : Il s’agit probablement de l’album marquant de cette fin d’année 2012. La sortie d’un Tardi est toujours un événement. Mais en plus, il s’attaque à la seconde guerre mondiale et plus particulièrement à l’histoire de son père René Tardi, sur base de carnets qu’il a rédigés. Fini la guerre 14-18 de son grand-père, il nous parle maintenant de son père, pilote de char dans l’armée française et surtout prisonnier au stalag 2B. Il s’agit du premier tome qui comporte 188 pages, un album volumineux mais qui vaut vraiment la peine d’être lu.

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En plus, Tardi met beaucoup de lui-même dans ce nouveau projet qui devrait durer plusieurs tomes. C’est lui qui a poussé son père à raconter son histoire de façon chronologique et par le détail. Mais pris par le travail, d’autres projets, il le laisse de côté. Son père René Tardi décède en 1986. Vient enfin le moment, il y a peu de temps, où Jacques Tardi reprend en main le projet. Il se rend compte alors qu’il aurait pu poser beaucoup de questions à son père qui n’auront jamais de réponse. Pourquoi a-t-il occulté certains faits et mis en lumière d’autres? Jacques Tardi va essayer de compléter le récit par des recherches documentaires mais on sent que Tardi a des remords. Il a l’impression d’avoir raté en quelque sorte un rendez-vous avec son père par pudeur, manque de communication, à cause du non-dit, des silences qu’on n’ose interrompre.

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Elément supplémentaire, Tardi se met en scène dans la narration. Il se tient presque en permanence près de son père, au sein de l’action, et lui pose les questions qu’il aurait probablement eu envie de lui poser. L’auteur essaye d’y répondre par un dialogue fictif mais plausible. Ce qui est encore plus troublant, c’est qu’à l’époque Jacques Tardi n’est pas encore né mais qu’il se représente comme un jeune garçon d’une dizaine d’année. Le lecteur retrouve donc le jeune garçon qui doit encore apprendre de la vie mais qui pose des questions dérangeantes à son père. René Tardi, avec son expérience et ses rancoeurs, n’a pas toujours envie de répondre. Tardi fait une psychanalyse de lui-même. Je suis persuadé que cet album fera l’objet de commentaires de psychanalystes, de psychologues et qu’ils trouveront beaucoup à redire. Mais, j’estime que la démarche est remarquable et demande beaucoup d’introspection. Cet album lui servira aussi dans sa recherche personnelle, son trajet de vie. Tardi nous parle d’un sujet important dans la vie de chacun, c’est la relation père-fils. Elle oriente souvent toute une vie.

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L’histoire en elle-même raconte dans ce premier tome l’avant-guerre, les préparatifs puis la campagne désastreuse de mai 1940, la détention dans le Stalag 2B. Le tome se termine sur le départ du camp à l’instigation des Allemands devant l’avancée des troupes russes.

 

Le dessin de Tardi est égal à lui-même. Il emploie beaucoup de grandes cases. Le rythme est de trois cases par planches qui donne une impression de linéarité mais permet aussi à l’auteur de soigner les détails. Il n’est pas toujours évident de raconter une détention, qui reste dans un endroit clos et donc restreint.

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Les enfants de Tardi se sont aussi impliqués dans le projet. Sa fille Rachel s’est occupée  de la mise en couleur et son fils Oscar de la recherche de documentations, de photos. Pour les couleurs, Tardi a voulu éviter le noir et blanc sans tomber dans la couleur classique, d’où une gamme de couleurs grises. Je comprends tout à fait la démarche. Je pense que l’emploi de la couleur est important mais tout a fait homéopathique. Quand je lis  que l’album a eu le Prix de la mise en couleurs au Festival de Solliès-Ville en 2012, je me dis que soit les organisateurs ont voulu rendre hommage à un grand auteur qui s’est donné la peine de se déplacer au festival, soit on frise le ridicule car ce travail de la couleur ne vaut pas un prix, même si  la démarche est minimaliste, réfléchie et assumée.

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En conclusion, cet épais album est réellement un des meilleurs albums de Tardi tant au niveau du scénario, du dessin que de l’investissement personnel. La lecture demande du temps, une certaine implication, une attention soutenue. Mais le témoignage est beau et passionnera tous les amateurs d’histoire et de la seconde guerre mondiale. Incontournable !

 

Graphisme :   8,0/10

Scénario :     9,0/10

Moyenne :     8,5/10

 

Capitol.

Lien vers la page internet de l’album (casterman): ICI.

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