I FUCKING LOVE PARIS.

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014Dessin : Maarten Vande Wiele – Scénario : Erika Raven & Peter Moerenhout

Editions Casterman

Sortie : 05/03/2014

216 pages en noir et blanc

Prix conseillé : 18,00 €

ISBN : 9782203078635

Société, roman graphique,mode, show business,people.

 

Résumé (de l’éditeur) : Obsédée depuis son enfance par la mode et la beauté, mais défigurée par une cicatrice consécutive à un accident de voiture, Hope part pour Paris, seul endroit pense-t-elle où elle peut espérer concrétiser son rêve : devenir top model. Les deux colocataires qu’elle y rencontre nourrissent le même genre d’espoir : Chastity veut à tout prix faire partie des people riches et célèbres, tandis que Faith ne songe qu’à devenir une chanteuse à succès. Mues par une ambition dévorante, les trois jeunes femmes partent chacune en quête de la gloire, ne s’interdisant rien ou presque dès lors qu’elles peuvent parvenir à leurs fins…

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Mon avis : Est-ce l’effet du hasard ? J’ai l’impression que la bande dessinée flamande est en train de faire sa révolution. Après « Sugar » de Serge Baeken (chez Dargaud), L’ « Amphoria » de Bob et Bobette (chez Paquet), voici un troisième album d’auteurs flamands qui se font  remarquer chez un autre grand éditeur, à savoir Casterman. Et en plus, ces albums se démarquent complètement de ce que l’on connaît d’habitude. Cela décoiffe grave !

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

L’album est une petite brique de 216 pages, en noir et blanc, en moyen format (17,6 X 24,8 cm) pour le prix compétitif et officiel de 18,00€. Le dessinateur s’appelle Maarten Vande Wiele et c’est sa première bande dessinée qui est traduite en français. Retenez bien son nom car il fera encore parler de lui dans le futur, j’en prends le pari ! L’album est subdivisé en deux parties. La première est intitulée « I love Paris » (j’aime Paris), scénarisée par Erika Raven et Peter Moerenhout. La seconde partie, plus sombre, s’appelle « I hate Paris » (je déteste Paris), scénarisée uniquement par Peter Moerenhout.

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Le lecteur va suivre le parcours de 3 jeunes femmes ambitieuses à Paris qui vont tout faire pour arriver à leurs fins. C’est un portrait au vitriol des milieux de la mode, du show business, des « peoples ». Tous les coups sont permis. C’est cynique, tout à fait amoral, cruel, fait de faux-semblants. La première partie montre l’ascension au faîte de la gloire, la seconde partie va montrer la dégringolade vertigineuse et l’envers du décor, beaucoup moins glamour, sans pitié pour les faibles. Voilà pour la vue globale de l’album. Reste maintenant à analyser l’œuvre par le détail…

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Le premier choc en ouvrant l’album est le dessin, le graphisme de Maarten Vande Wiele. Exclusivement en noir et blanc avec des aplats assez noirs, le dessin est très stylisé, y compris dans la représentation des trois héroïnes de l’histoire. Je pense directement au courant de l’ « Atome Stijl », le style « Atome ». Je retrouve une certaine filiation avec Ever Meulen, Serge Clerc, Ted Benoit, cette catégorie de dessinateurs qui ont instantanément une signature graphique, reconnaissable entre toutes, dont les réalisations peuvent se retrouver sans problème en bande dessinée, dans la publicité, l’illustration ou les galeries d’Art. Ce dessin peut sembler simple, épuré mais ne manque pas de qualités indéniables et une force graphique étonnante. Non seulement ce dessin fait passer des émotions mais aussi,  comme une lettre à la poste, les pires des choses, la perversion, la déglingue des milieux branchés de Paris. Vande Wiele ne nous épargne rien, même pas les « partouzes » en tous genres. D’où ce contraste entre un dessin limite enfantin,  et des scènes plutôt scabreuses. Ce livre est sans conteste destiné aux adultes et pourrait choquer les âmes prudes. Les auteurs vont jusqu’au bout de la logique de leur scénario et ne nous cachent rien. Quelle est la part de la réalité, quelle est la part de la fiction ? Chacun se fera son idée à ce sujet mais cela semble bien documenté.

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Deuxième point à souligner sur le plan graphique et non des moindres, est que tout au long de l’album, le dessinateur s’est ingénié à vêtir des héroïnes de vrais vêtements de créateurs connus. A chaque fois, en dessous des cases, le lecteur peut connaître les références vestimentaires des personnages dessinés telles que Versace, Gucci, Dolce et Gabbana, Chanel,…Cela représente un énorme travail de documentation sur la mode. Cet aspect du travail graphique est vraiment impressionnant.

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Au niveau du scénario, La question des sources, de la documentation, de la part de vérité et de création littéraire se pose. L’histoire et le décor tiennent la route. C’est comme si on lisait la presse people et trash. Mais je me pose surtout la question de savoir pourquoi il a fallu attendre que des auteurs néerlandophones s’emparent du sujet pour que cet album voit le jour. Avec ce sujet sur la mode, on aurait plutôt attendu le travail d’auteurs français (sujet trop franco-français ?). Je sais que l’école de mode d’Anvers est maintenant reconnue à Paris mais cela n’explique pas tout, d’autant plus que Maarten Vande Wiele ne parle pas le français (son éditeur propose des interviews en anglais!).

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

Ce n’est donc pas les questions qui manquent à propos de cet album inclassable. J’ai bien apprécié l’album tant au point de vue graphique que du scénario. Une bonne surprise de plus pour ce début d’année. Réservés aux lecteurs avertis, aux amateurs de graphisme particulier et de la mode.

 

Dessin :             9,0/10

Scénario :          7,0/10

Mode :             10,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Liens vers le site de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

I fucking love Paris, Vande Wiele, Moerenhout, Raven, Casterman, 03/2014

 

Un commentaire sur “I FUCKING LOVE PARIS.

  1. Came plait bien comme thématique. Je vais feuilleter et sans doute me laisser tenter.
    Merci à Capitol

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  2. Bravo Capitol pour ta chronique qui m’a intrigué et donné envie d’en savoir davantage dans un domaine assez méconnu.
    Mission accomplie, je vais essayer de me le procurer.
    Dommage, je n’avais pas tous ces visuels quand j’ai réalisé la bannière …

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  3. Bon. Acheté et lu. Que dire ? Si le dessin est déroutant (mais agréable) on ne peut pas en dire autant du scénario. J’ hésite entre le lard et le cochon : es ce un pamphlet à charge ou une histoire portant au nues la mode ? En tout cas ce n’est drole du tout. Cela manque cruellement de farce pour faire passer autant de déchéance. Peut être est ce la vérité ? Connais pas ce genre de milieux ….
    Chapeau en tout cas pour la recherche graphique et des références à chaque robes ou tenue. Gros gros boulot

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