GODEFROID DE BOUILLON -Seconde partie.

Dessin & scénario : Servais

Couleurs : Raives

Editions Dupuis

Sortie : 04/10/2013

64 pages

Prix conseillé : 15,50 €

ISBN : 9782800157788

Histoire, roman graphique, Bouillon, croisade, vie quotidienne.

 

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Résumé (de l’éditeur
): Adolescents dans les années 1960, Benoît et Mady vivent à Bouillon, ville du célèbre croisé Godefroid de Bouillon. De père inconnu et orphelin de mère, Benoît est souvent pris pour cible par ses camarades. Lorsque l’école organise un spectacle retraçant la vie de Godefroid de Bouillon, le rôle du sarrasin adversaire du croisé échoit à Benoît, alors que Thierry, un des garçons les plus vindicatifs à son égard, incarne Godefroid de Bouillon.
Défendu par la jolie Mady, Benoît connaît une brève idylle avec la jeune fille, avant de quitter Bouillon avec sa grand-mère. Lorsqu’ils se retrouvent, des années plus tard, les blessures de l’adolescence ne sont pas totalement cicatrisées. Sans même s’en rendre compte, ils reprennent le fil de leur propre histoire là où les circonstances l’avaient laissée inachevée. Devenue mère de famille rangée, Mady vit toujours à Bouillon, où elle a épousé Thierry.

 

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Mon avis : Juste un an est passé entre la parution de la première partie et de la seconde. J’avais eu une impression positive à la lecture de la première partie même si je disais que ce récit restait dans la couleur du temps, du politiquement correct, tout en soulignant la démarche de l’auteur qui aurait pu prendre un thème moins polémique. En conclusion, j’avais trouvé l’album assez bon et me donnait envie de lire la suite. J’avais cependant écrit que j’attendais la suite pour me faire un avis définitif.

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Il ne s’agit pas ici de critiquer le dessin et la mise en page de Servais qui reste, dans son genre, une référence. La nature, les lieux où il fait évoluer ses personnages sont très bien rendus.    Le lecteur y retrouvera la ville de Bouillon et son château parfaitement dessinés. La pratique de la fauconnerie est très bien décrite également. Les oiseaux sont superbement dessinés. Ce que je reproche par contre à Servais pour cet album, c’est qu’il devient trop didactique dans ses planches. Par moment, il illustre plus une narration que de faire une vraie bande dessinée.

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Cela vaut surtout pour le passage où il passe Godefroid de Bouillon à la moulinette et s’attaque au mythe. La charge est sévère. Les Croisés sont des soldats sans foi ni loi qui pillent, qui tuent, qui ont même pratiqué le cannibalisme! Je cite Servais : « Les Croisés voulaient la libération du tombeau du Christ mais leur comportement sur le chemin de Jérusalem fut tout sauf chrétien ».Ce n’est pas nouveau et pas contestable. Pourquoi l’occulter ? Mais franchement, Monsieur Servais, quelles étaient les mentalités en 1096 ? Un monde de Bisounours ? Déjà depuis la victoire de Charles Martel à Poitiers (en France) date de l’an 732, le contentieux existait et n’en finit pas. La première croisade est un fait historique à replacer parmi beaucoup d’autres dans le contexte de l’époque et non à la lumière de l’air du temps. La violence ne fut pas hélas que l’apanage exclusif des Croisés… Actuellement, la polémique sur le livre de Lorant Deutsch intitulé « Hexagone » bat son plein en France. Le politiquement correct revient à grand pas. La victimisation d’une certaine catégorie de personnes est telle qu’on ne peut même plus parler d’une partie de l’Histoire, de notre Histoire, sans être connoté de réactionnaires. J’ai l’impression que Servais apporte sa pierre à ce mouvement qui a pour conséquence de culpabiliser le lecteur pour des faits dont il n’est pas responsable et qui se sont passés il y a presque un millénaire… « Le souvenir de la barbarie de la première croisade reste perçu comme une blessure indélébile dans le monde musulman »… « Qu’elle soit d’un côté ou de l’autre de l’épée, la première croisade a enclenché un engrenage qui continue à broyer bien des vies aujourd’hui… »…Le raccourcis est un peu rapide.

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220px-Veurne_Penitential_Procession.jpgIl ne me reste qu’à mettre une bure de pénitent, de mettre une cagoule et d’aller porter une croix à la prochaine procession du Saint Sang à Bruges ou à la procession de Furnes pour expier les péchés de mes ancêtres qui sont parti à la première croisade. Au passage, je peux peut-être en remettre une couche pour ceux qui sont allés au Congo belge ?

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Bref, je ne vous cache pas que j’ai refermé cet album un peu excédé. Mais au moins, cet album fait réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons… A noter qu’une édition «intégrale » est sortie en noir et blanc. Je suppose que cet album sera vendu dans la boutique de souvenirs du château de Bouillon et que les admirateurs de Godefroid de Bouillon n’en voudront pas de trop à l’auteur…Parfois, c’est préférable de ne pas s’attaquer à un mythe… Enfin, sans rancune !

 

Graphisme :      8.0/10

Scénario :        6.0/10

Moyenne :        7.0/10

 

Liens vers le site des éditions Dupuis: ICI. 

 

Capitol.

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Un commentaire sur “GODEFROID DE BOUILLON -Seconde partie.

  1. Je ne comprend pas bien Capitol : tu t’insurges contre les propos de Servais (tout sauf Chrétien). L’auteu (j’imagine, je n’ai pas lu la BD) met le doigt la ou ca fait mal. Il oppose l’hypocrisie du ‘tu ne tueras point » avec la réalité de l’époque ???!!!! J’ai bon ???

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  2. Ce n’est pas cela qui me dérange.Les faits sont avérés.Ce qui me gène plus c’est de laisser entendre que les problèmes actuels avec l’islam sont la conséquence principale de la première croisade…Je trouve le raccourcis un peu rapide.Il faut lire l’ensemble de l’album pour comprendre.

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