Maori

maori.jpgPlancheS_40233.jpg1. La voie humaine

Scénario : Férey, Caryl
Dessin : Camuncoli, Giuseppe
Couleurs : Richard, Stéphane
Dépôt légal : 10/2013
Editeur : Ankama Éditions
Collection : Hostile Holster
Planches : 62

Kenu est inspecteur au département homicides de la police d’Auckland. En proie à de lourds démons du passé, il va enquêter sur le meurtre d’une jeune fille dont le corps a été retrouvé sur une plage fréquentée par les surfeurs et les marginaux Maori. Pour compléter le tableau des ennuis, il s’agit de la fille du député Maori candidat à l’élection présidentielle New Zélandaise.

1898201621.jpgSi vous ne connaissez pas les œuvres de Caryl Férey, je vous envie. Cet auteur prolifique a beaucoup voyager. Il a ramené dans ses bagages des souvenirs forts. Il transcrit ce gout prononcé pour les autres dans l’écriture des romans noirs de toutes beautés. Dans cette première irruption dans la bande dessinée, Caryl Férey nous gratifie d’un scénario original (meme si l’on retrouve des accents prononcées de sa saga New Zélandaise  « Utu » et « Haka »). Il donne l’occasion au lecteur de s’immerger dans la culture insulaire des maoris et des pakehas (les non maoris). Carey en profite pour tenter de décrypter les codes sociaux de ce pays à identité forte. L’ambivalence du héros est à l’image de cette société : écartelée entre communautés, violente avec son lot de misère et d’injustice. Cette immersion dans cette société aux antipodes de l’Europe happe le lecteur rapidement. Les pages s’enchainent avec gourmandise. C’est vif, tranché avec évidemment (oh rage !) une fin au bord d’une falaise, vous donnant une envie irrésistible de connaitre la suite. Mais ne vous trompez pas, Caryl Ferey est là pour vous délivrer un message. Il dénonce les impasses politiques d’un monde globalisé avec contre toute attente des accents d’optimisme. Cette histoire est prévue en deux tomes. Le second volet paraitra en 2014.

 

Le dessin a été confié à Giuseppe Camuncoli. Ce dessinateur était un habitué du monde des comics (Swamp Thing, Hellblazer …). C’est ça première incursion dans le monde de la Franco-belge. Cela est décidément très tendance de marier les deux courants transatlantiques. Et cela fonctionne plutôt bien ! Le trait est à l’image du scénario, dynamique avec des gros plans sur des personnages sombres et torturés. Cependant, le dessin des visages surprend parfois par l’absence d’expressivité. Ce vide dans les yeux et le dépouillement des arrière-plans laisse parfois vos neurones sur une sensation d’inachevé. Les couleurs de Stéphane Richard sont très éthérées. Cette sensation impalpable nous entraine encore plus dans l’ombre du scénario. Les éditions Ankama ont édité cette BD avec une espèce de protection de latex en un et quatrième de couverture. Cela donne du relief et une sensation bizarre au toucher – à l’image sans doute du contenu !

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Cette association d’un auteur de polars ethniques et d’un dessinateur du comics est une première dans le monde de la BD. L’écriture lyrique et tendue de C. Férey n’est pas trop mal rendue en dessin. L’impression de gouffre est prégnante. En tout, cela donne un bon moment de lecture de littérature noire. A noter, aux crédits en page 2, il est cité, entre autre, Stéfano Landini à l’encrage et à la finition, et Luc Brunschwig au soutien à l’écriture et au découpage. En voilà une œuvre collective !

Note : 7/10

Tigrevolant

Un commentaire sur “Maori”

  1. Je viens de lire le 2ème tome de ce diptyque. et bien, l’ensemble donne un très bon polar. ☺☺☺…. J’ai lu ailleurs des critiques qui reprochait notamment au 1er tome, trop de bavardage redondant avec le dessin;.. Je n’ai pas du tout eu ce sentiment. Pour moi, c’est une très bonne série. ♥♥♥

  2. Pas encore lu le deux : je me le réserve comme un dessert gourmand 🙂

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