Belles de nuit

Auteur: Olivier Ledroit
Editeur : NickelBD
Sortie : 03/2013
Prix :35 euro.

Je soupçonne ma Christine d’être une sacrée coquine parfois . Je vous explique. J’étais à peine revenu de chez mon libraire avec quelques nouvelles BD sous le bras qu’elle m’a subtilisé l’artbook d’Olivier Ledroit intitulé « Belles de nuit ». Elle m’a regardé droit dans les yeux en me disant avoir un droit de regard sur cet ouvrage.

Lire la suite « Belles de nuit »

Silas Corey le réseau Aquila 2/2

Silas Corey2.jpgSilas Corey2t.jpgAuteurs :Nury et Alary.

Editeur :Glénat.

Sortie : 03/2013


Détective. Espion. Tueur.Héros ou escroc, ça dépend de l’employeur…


Corey se lance sur la piste du reporter, et ne tarde pas à croiser le chemin du redoutable espion Aquila, qui dirige les opérations du Kaiser en France… L’issue de la guerre pourrait bien dépendre du résultat de son enquête. Mais au fait, quelqu’un sait-il pour qui Silas Corey travaille vraiment ? 


Le nid d’espions.


J’ai eu un peu de mal à m’y retrouver au début de cet album entre tous ces espions mais silas corey.JPGensuite, c’est un vrai régal  auquel nous convient les auteurs. Une sorte d’Arsène Lupin croisé avec les brigades du tigre « Clémenceau » jouant au 007 .Un héros qui en a, ce n’est pas le mec à hésiter avec sa vie, il fonce mais ce qu’on retiendra principalement de lui, c’est son fichu caractère. J’espère maintenant une suite pour mieux comprendre son comportement surtout vis-à-vis de son serviteur Nam et de la belle Martha. Pour accompagner ce grand divertissement « nuryesque », il fallait un dessin dynamique et expressif. Cette mission est parfaitement remplie par Pierre Alary .


Si vous cherchez un bon moment de détente  qui sent bon les années folles, Silas Corey vous ouvre grand  ses pages .Et puis, cet homme a évité à la petite Belgique d’être une province allemande .Un grand homme donc, gloire à Silas.


Dessin 8/10

Scénario 7.5/10

surprises.smileysmiley.com.8.2.gif Global.

On en parle sur le forum.

Samba

silas.JPG

 

Inscrivez vous à l’armistice avorté.

 

Les petites chroniques (8)

Aokigahara – La forêt des suicidés

sti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicidesti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicidesti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicideScénario : El Torres
Dessin : Gabriel Hernández
Couleurs : Gabriel Hernández
DL : 01/2013
Editeur : Atlantic BD
Planches : 128
 
 



Aokigahara est une forêt qui s’étend à la base du Mont Fuji, au Japon. Elle est réputée hantée de par la plupart des suicides s’y déroulant, d’où un grand nombre d’histoires de forêt hantée. Atlantic BD nous gratifie donc ici d’une version d’El Torres au scénario et de Gabriel Hernández  aux dessins.

 

L’histoire en elle-même n’est pas bien compliquée : Masami ne supporte pas la fin de sa relation amoureuse  avec Alan un gaijin américain. Elle en va jusqu’à se suicider à Aokigahara pour hanter et faire souffrir Alan au moins autant qu’elle et, si possible, l’amener à se suicider lui-même.   
    
Une histoire sympa imprégnée de culture japonaise, avec la dose habituelle de vocabulaire associé : gaijin, kabuki, yakitoris, kamis et autres joyeusetés.   
    
Les dessins par contre desservent à mon sens le récit, ce n’est pas très expressif, assez fouillis et pas franchement détaillé.   
    
En bonus : La preview d’une vingtaine de pages des mêmes auteurs de « Le voile des ténèbres ».   

Scénario : 07/10
Dessin : 05/10

Global : 06/10

 

JaXoM

 

***************************************************

 

La Ferme ! – Tome 1 – Bio-divertissement

 

sti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicidesti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicideDessin : Sti
Couleurs : Sti
Dépôt légal : 03/2011 
Editeur : Paquet
ISBN : 9782888903765
Planches : 40 

 


Vous aimez la nature. Vous adorez visiter des fermes. Vous êtes écolo. Vous ne vous prenez pas au sérieux. Cette bande dessinée humoristique est pour vous !!!


Sti, le papa des Rabbit, nous entraine dans une exploitation bio pas comme les autres !!!! Les cochons ne pataugent pas dans une mare, mais dans un jacuzzi… !!!


Point de sérieux ici !!! Juste des gags qui nous font rires ou sourires. Un bon moment de détente à partager en famille.


Ma note : 7/10


Revedefer


***************************************************

 

 

Amerikkka – Tome 8 – Les milices du Montana


sti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicidesti,paquet,032011,710,la ferme,humour,animaux,amerikkka,072012,7510,martin,otero,racisme,emmanuel proust editions,usa,aokigahara,el torres,012013,atlantic bd,610,hernandez,suicideScénario : Martin, Roger
Dessin : Otéro, Nicolas
Couleurs : David, Sophie
Dépôt légal : 07/2012
Editeur : Emmanuel Proust Éditions
ISBN : 9782848103945
Planches : 46 

 

Amerikkka fait partie de ces séries que je retrouve toujours avec beaucoup de plaisir !! Toutefois, c’est comme pour les Restos du Cœur. T’es content de voir le spectacle ou d’acheter le CD.  Mais tu aimerais bien aussi que cela s’arrête et que la misère disparaisse. Ben avec Amerikkka c’est pareil !!! J’aimerai bien que le racisme et la bêtise humaine qui va avec disparaissent de notre monde.  Utopie me direz-vous…


Ce huitième tome, conduit nos deux héros dans le Montana où, en plus d’un racisme exacerbé, ils seront confrontés à une autre tare de l’humanité : l’avidité !!! Avidité et racisme voilà un cocktail des plus explosifs !!!!! Nos deux héros n’en sortiront d’ailleurs pas indemnes !!!!


Encore une fois le duo d’auteurs, MARTIN-OTERO, nous montrent ce que l’humain peu avoir de plus répugnant.  Je n’ose pas dire vivement le tome 9.


Ma note : 7,5/10


Revedefer

Superman Kryptonite (Urban Comics)

superman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super herossuperman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super herosScénario : Cooke, Darwyn
Dessin : Sale, Tim
Dépôt légal : 02/2013 
Editeur : Urban Comics
ISBN : 9782365771856
Planches : 168 

 

 

Mon avis :


La couverture de ce comics nous présente  Superman le visage couvert de bleus, un œil tuméfié. Cela est assez intriguant ???? Qui ou quoi a bien pu faire cela à notre héros quasiment invulnérable ??? Puis à la lecture du titre Superman Kryptonite, nous voilà un peu plus éclairés. Kryptonite, c’est l’élément que Superman ne supporte pas celui qui s’il y reste trop longtemps exposé peut le tuer…

superman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super heros


Après ces constatations,  je me plonge dans la lecture de ce one shot.  Cette histoire débute par deux pages d’explications du scénariste Darwyn COOKE. Cela me permet de bien me plonger dans le scénario et de me remettre en mémoire certaines choses au sujet de Superman et de son histoire.


Ce comics  se déroule au début des aventures de notre héros. Ce dernier ne connait pas encore toute son histoire et il ne se connait pas bien lui-même…  Nous avons donc affaire ici à un héros encore hésitant, se posant des questions…  Cela le rend d’autant plus attachant.

superman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super heros


Le scénario est bien ficelé !!! Darwyn COOKE  nous propose ici une histoire fort intéressante, avec son lot de rebondissements et juste ce qu’il faut d’actions pour apprécier la puissance et la détermination de Superman.


superman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super heros


Au premier abord le dessin et la mise en couleurs peuvent surprendre et dérouter le lecteur. Nous avons affaire ici à un dessin des plus simple et « passéiste ». La mise en couleur, elle aussi nous renvoie dans le passé !!! Nous avons l’impression de nous retrouver dans un comics des années 60, 70. Cependant, cela cadre parfaitement avec le scénario développé par Darwyn COOKE.  De plus, Loïs LANE dessinée ainsi à un petit coté pin-up sexy qui n’est pas pour me déplaire.


Superman Kryptonite une vraie bonne surprise  à découvrir sans aucunes retenues !!!


superman kryptonite,cooke,sale,022013,810,urban comics,dc comics, super heros


Ma note :

Scénario 8/10

Dessin 8/10


Global 8/10


Revedefer

INTERVIEW D’OLIVIER GRENSON

 « …en attendant Niklos Koda… »

 

ol23b.jpgVendredi 8 mars 2013, Foire du livre de Bruxelles. SambaBD a rendez-vous avec Olivier Grenson, le dessinateur de la série « Niklos Koda » (avec Jean Dufaux au scénario) et d’albums plus personnels comme « La femme accident », «  La douceur de l’enfer » où il est également scénariste. Olivier Grenson arrive décontracté dans l’espace réservé aux auteurs et à la presse. Il s’étonne que SambaBD le sollicite pour une interview alors qu’il n’a pas d’actualité brûlante. Mais ce n’est pas tous les jours qu’on a la possibilité d’interroger pendant plus de 30 minutes une réelle personnalité du 9e Art!

SambaBD : A quand le prochain Niklos Koda ?

Olivier Grenson : Le tome 11 est terminé. On finalise la couleur pour l’instant et il sortira au mois d’octobre 2013.Il aurait pu sortir maintenant au mois de mars-avril, ce qui était prévu au départ mais on a préféré retarder la sortie pour deux raisons. La première, pour être en fin d’année pour une raison stratégique mais aussi la seconde, pour pouvoir enchaîner avec le tome 12, six mois plus tard et le tome 13, six mois après. En 2014, il y aura donc deux Niklos Koda. Ce sera une histoire en trois tomes de 54 pages et en même temps un nouveau cycle. Cette histoire se passe à Shanghai.

01_NIKLOSKODA_11_COL.jpg

SambaBD : Je suppose que vous vous êtes rendu à Shanghai ?

Olivier Grenson : Oui, j’ai eu cette chance. Cela fait longtemps que j’en avais envie. J’avais demandé à Jean Dufaux de m’écrire une histoire qui se passe à Shanghai. La Chine, la deuxième puissance mondiale et la façon dont elle s’inscrit maintenant sur l’échiquier planétaire. Et puis, Shanghai est une ville fascinante. J’ai eu la chance d’y aller et de bien sentir la spécificité de cette ville, de bien comprendre comment j’allais pouvoir la traduire, l’expliquer et ce que j’allais pouvoir exploiter. Il y a une seconde raison, la magie prend de plus en plus d’importance dans Koda et l’iconographie asiatique et chinoise est fascinante à dessiner. Cela va de l’ambiance philosophique mystérieuse aux vêtements, aux maquillages, à cette mythologie chinoise. Il y a une esthétique qui est vraiment particulière et que je voulais mettre en avant. Les magiciens du début du XXe siècle se faisaient passer pour des magiciens chinois. C’était souvent des européens qui se déguisaient, se faisaient passer  pour des chinois pour amplifier ce côté exotique et mystérieux de la Chine pour donner cette impression que tout est possible dans la magie.

14 dernière case_NIKLOSKODA_11_COL.jpg

SambaBD : Au niveau des couleurs, comment travaillez-vous ?

Olivier Grenson : J’ai réalisé moi-même les couleurs sur « La femme accident » ou sur « La douceur de l’enfer ». Sur Koda, j’ai toujours hésité. Je travaillais avec un coloriste, Bertrand Denoulet. Sur le nouveau cycle, je viens de démarrer  avec Benoît Bekaert. Il a une palette très intéressante et pour lui, c’est aussi un défi, mon dessin réaliste, le fantastique et mon exigence. Il apporte vraiment quelque chose et on va sentir « un plus » avec cette histoire à Shanghai et ses couleurs…Je travaille actuellement au lavis. Il y a un grisé qui donne une matière à la couleur « ordinateur » qui fait qu’on a l’impression que c’est de la couleur directe.

 

SambaBD : Comment travaille Jean Dufaux, votre scénariste ? Quelle est votre relation avec lui ?

Olivier Grenson : On travaille maintenant depuis 11 ans ensemble. Cela s’est toujours très bien passé. On se voit souvent, c’est important. C’est la chance d’avoir un scénariste qui habite près de chez moi. C’est une collaboration d’aller-retour. Nous avons toujours une discussion au départ, des propositions, de la documentation, des photos qui vont donner des impulsions vers certaines directions et des illustrations qui vont peut-être l’influencer dans certaines scènes. Je travaille sur les crayonnés et je les lui montre toujours car il y a des moments où je vais avoir une idée pour amplifier telle émotion ou telle mise en scène…

Son avis sur le crayonné est primordial, c’est le moment d’accorder nos violons, puis je fais l’encrage et la couleur. Je ne reçois pas le scénario en un bloc, et donc, je ne connais pas la fin de l’histoire. La confiance est donc très importante. Je me laisse guider par lui. C’est quelqu’un qui est « pro », qui a prouvé sa valeur, qui sait raconter des histoires, mettre en scène et qui sait préserver un vrai suspense. En général, il me donne l’histoire en 3 ou 4 fois. En même temps, l’avantage, c’est que je suis comme un lecteur qui attend la suite avec impatience. Ce n’est pas évident mais avec Dufaux, c’est toujours passionnant. J’ai appris avec lui beaucoup de choses au point de vue professionnel, au point de vue de la narration, de la mise en place d’un personnage, d’une série, comment les défendre, les faire vivre au-delà des planches.

P1060692.JPG

SambaBD : Comment a-t-il pris le fait que vous vous êtes engagé dans des projets personnels, que vous avez laissé Niklos Koda de côté pendant 4 ans ? Etait-ce pour lui une opportunité de faire d’autres projets ou y –a-t-il eu des tensions ?

Olivier Grenson : Non, pas du tout. Cela s’est fait progressivement. Je l’ai prévenu à l’avance. Quand j’ai commencé à travailler avec Denis Lapière sur « La femme accident », je n’ai pas arrêté Koda du jour au lendemain. Pendant les deux ans qui ont suivi, j’ai chaque fois réalisé un Koda et je travaillais en même temps avec Denis Lapière. Après « La femme accident », ce n’était pas prévu que j’enchaîne  avec « La douceur de l’enfer ».

On devait reprendre un Koda. Comme j’écrivais cette histoire depuis longtemps, que cela se mettait en place et que j’avais vraiment l’envie de m’y mettre sérieusement, je me suis dit : «  voilà, on a arrêté Koda. Tant qu’à faire, je vais encore travailler deux ans sur « La douceur de l’enfer » puis on repartira avec Koda sur un nouveau cycle. » Et j’ai donc proposé de prolonger ce « stand by » sur Niklos Koda. Cela a duré en fin de compte quatre ans. J’ai des échos comme quoi les gens attendent la suite de Koda. D’autres ont cru qu’on allait s’arrêter mais cela a permis de se poser la question de savoir si après 10 albums, cela valait la peine de continuer un 11e,  un 12e ou  un N ième  Koda de la même manière. Pour moi, c’était une bonne décision. J’ai évolué en travaillant sur la couleur directe, le fait d’écrire et dessiner sur « La douceur de l’enfer ». Cela m’a fait grandir et donc maintenant je suis revenu sur Koda avec un autre regard et une envie de mettre la barre plus haut, d’aller plus loin dans l’univers de Koda.

Capitol, interview, Olivier Grenson, Le Lombard, Niklos Koda, la femme accident, la douceur de l'enfer, 032013.

 

SambaBD : J’ai eu l’impression que vous aviez l’envie de vous affranchir, de prendre votre envol en solo à titre personnel à l’image de votre personnage principal de « La douceur de l’enfer » ?

Couverture DOUCEUR_ENFER T2.jpgOlivier Grenson : Qui sait…Oui, c’est vrai, il y a sans doute un peu de cela…Je pense que j’ai toujours eu envie d’écrire et que cela ne s’est pas fait parce que les premières histoires que j’ai écrites ont été refusées. Puis, j’ai rencontré Jean Dufaux. Quand on est jeune dans le métier, cela ne se refuse pas de travailler avec Jean Dufaux. Mais écrire et réaliser entièrement une histoire seul est toujours resté dans un coin de ma tête. Il restait des sédiments de scénario de ce que j’avais envie de faire à l’époque. J’ai une approche différente des personnages qui est tout à fait différente de celle de Jean Dufaux. Plus poétique, plus de sensibilité, la fragilité des personnages, dans une certaine lenteur avec des sentiments plus profonds. C’est des aspects que je ne trouve pas dans Koda. Je ne pourrais pas me contenter de dessiner juste l’histoire de quelqu’un d’autre même si dans Koda, il y a une part de moi et que Dufaux est très attentif à ses dessinateurs et qu’il écrit pour une personne bien précise. C’est vrai qu’on trouve toujours dans ses histoires la spécificité du dessinateur avec qui il travaille. Que ce soit Djinn, Croisade, Murena, Lady Elsa…Ecrire, je voulais le faire et j’espère que je le ferai encore si l’occasion se représente. J’ai déjà commencé à gribouiller d’autres histoires, d’autres projets. Mais je suis content d’avoir un personnage récurrent qui peut encore vivre 10 ans même si je ne sors pas un album chaque année. J’aime bien cette idée de saga aussi. J’ai aimé la bande dessinée justement avec des héros qui étaient développés dans des histoires récurrentes comme Astérix, Tintin, Lucky Luke. J’aime bien d’avoir mon personnage, Niklos Koda. Et à côté, des « one-shots », j’en ferai sûrement.

SambaBD : Au début du premier tome de « La douceur de l’enfer », vous citez Thierry Bellefroid et Jean-Marie Derscheid, comme quoi ils vous ont amené en Corée. Pourquoi avoir pris comme thème la guerre de Corée ? Qui est Jean-Marie Derscheid ?

Olivier Grenson : Jean-Marie Derscheid, il s’occupe d’événements pour WBI (Wallonie-Bruxelles international) pour représenter la bande dessinée belge à l’étranger. Il a réalisé pas mal d’expos en Belgique, en France, en Australie, …et à Séoul en Corée du Sud ! J’ai eu la chance d’être choisi pour participer à cet événement à Séoul. On était cinq. Il y avait André Geerts, Benoît Peeters, Dany, Vincent Fortemps et moi. Thierry Bellefroid était là aussi en tant que journaliste.

Je ne m’étais jamais rendu en Corée et j’ai découvert une ville assez étonnante, une culture que je ne connaissais pas du tout, une gastronomie excellente, particulière.

Thierry Bellefroid avait envie en tant que journaliste de se rendre  sur la frontière entre les deux Corées, qui est très spécifique. Je l’ai accompagné. J’ai commencé ce jour là un carnet de croquis. Je voulais faire un petit carnet de voyage didactique  pour parler de ce que je découvrais : un pays, son histoire, sa guerre. J’ai commencé à me documenter. Et plus je me documentais, plus je trouvais des richesses, des histoires et des personnages. Et très vite, j’ai trouvé un personnage coréen qui a été séparé de sa famille à la fin de la guerre, au moment où le 38e parallèle a été une frontière sur la carte. Et là a commencé l’écriture de « La douceur de l’enfer » qui s’appelait « Le soldat oublié » au départ. Je me suis rendu compte bizarrement que c’est une histoire qui intéresse peu les occidentaux  pratiquement pas les européens. On n’en parle presque jamais. Les délégations belges et françaises qui sont parties à la guerre n’ont été reconnues que très tard. Ils ont été considérés comme des fous qui allaient combattre pour une guerre qui n’avait aucun sens. Il n’y a pratiquement pas de films sur la guerre de Corée. Il y en a sur la guerre du Vietnam mais pas sur la guerre de Corée. Je me disais : «  je vais travailler sur  un sujet qui n’intéressera personne».  Alors pour que le lecteur puisse s’identifier au personnage, j’ai décidé de prendre comme personnage principal un gars comme moi qui découvre un peu malgré lui la Corée, un jeune homme de San Francisco, pour mettre en opposition le régime nord-coréen et américain. Le personnage de Billy Sumer part pour Séoul un peu parce qu’il est obligé. Il permet au lecteur de s’identifier, de rentrer dans l’histoire. L’histoire de la Corée est passionnante et je l’ai abordée par une petite facette. Il y a encore plein de choses à développer. La frontière est un peu comme le mur de Berlin. Un pays coupé en deux peut être une métaphore de notre Belgique qui a une épée de Damoclès au dessus de sa tête, même si ce n’est pas vraiment la même situation. La culture asiatique m’intéresse beaucoup. J’étais vraiment happé, transformé. C’était magique. Quelque chose s’est passé…

DMZ-garde coréen.jpg

SambaBD : Dans votre histoire, il y a le voyage « géographique » et « physique » mais aussi le voyage « mental ». Vous parlez beaucoup de thèmes tels que l’enfance, le rêve, le cauchemar, l’envie de voler, la filiation, la famille. Ce qui m’a marqué dans ces deux albums, c’est le côté psychologique. Ne serait-ce pas aussi à votre niveau une sorte de psychothérapie ? Vous parlez aussi de l’idée qu’à un moment donné, il faut « tuer » le père ou le grand-père. A un moment, le personnage principal brûle son unique photo de famille. N’est-ce pas aussi brûler ses racines ?Est-ce un bien ? C’est peut-être antinomique ?

Olivier Grenson : C’est vrai que je voulais vraiment amener le lecteur devant cette réflexion. Il y a plein de choses dans la question. D’abord, cette image est très forte, l’image de la photo qui brûle à la fin. C’est en résonance surtout avec la mort de ses parents, morts dans l’incendie. Le fait de brûler cette photo, c’est aussi une façon, non de brûler ses racines, mais d’évacuer toute cette culpabilité, la culpabilité du survivant, du poids qui restait sur ses épaules et c’était dans ce cas la flamme, non plus comme la flamme destructrice mais comme femme, comme flamme – Ô le beau lapsus- comme flamme purificatrice. La femme a une importance énorme d’un côté comme de l’autre, pour le grand-père et le petit-fils. Elle est le moteur du destin, le sens de la vie.

Le petit-fils, Billy va revenir vers ses racines grâce à la femme qu’il aime. Ted Summer, par contre, ne pourra pas revenir car la femme qu’il aime se trouve en Corée du Nord. Il n’a pas le choix et il a vraiment décidé de faire le deuil de son passé et de ses racines. Le premier album commence sur une allumette qui se craque car le feu détruit mais est également purificateur. C’est très bouddhiste comme l’idée du Yin et du Yang. Une idée qui peut être  à la fois positive et négative mais qui ensemble forment quelque chose de fort et dynamique, la symbolique du feu. J’ai voulu qu’elle soit présente dans tout l’album, comme couleur, force, violence et douceur. La douceur du feu. Quoi de plus charmant que de se mettre devant un feu durant un hiver rigoureux. L’ossature de mon histoire, c’est la construction personnelle, psychologique de mes personnages. C’est vrai que c’est une histoire très introvertie, oui, une introspection. J’ai voulu aller chercher, puiser dans mes personnages au plus profond de leur vécu pour leur donner le plus possible de forces, les incarner, que ce soit de vrais personnages. Vous n’êtes pas le premier à me poser cette question sur ce côté auto-psychanalitique. Cela n’a pas été le cas mais évidemment j’ai été puiser au fond de moi pour pouvoir donner à mes personnages quelque chose de personnel.

P11- 3.jpg

Rendez-vous est donc pris avec Olivier Grenson pour la sortie du futur Niklos Koda au mois d’octobre 2013. En attendant, je vous convie à lire ou à relire « La femme accident » (2 tomes) et « La douceur de l’enfer » (2 tomes également) qui sont des travaux plus personnels. J’espère que cette interview vous aura donné l’envie de vous plonger dans l’univers multiple d’Olivier Grenson.

Lien vers le site des éditions du Lombard: ICI.

Lien vers la page facebook d’Olivier Grenson: ICI.

 

Interview réalisée par Capitol pour SambaBD.

Remerciements aux éditions du Lombard et à Olivier Grenson pour leur collaboration efficace!

P1060962.JPG

Adolphe

adolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shotadolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shotScénario : Croci, Pascal
Dessin : Croci, Pascal
Couleurs : Croci, Pascal
Dépôt légal : 03/2013
Editeur : Emmanuel Proust Éditions
Collection : Atmosphères
ISBN : 9782848104126

 

Résumé de l’album : Adolphe, jeune homme de 22 ans, caustique, charmeur, mène une vie dissolue qui ne l’empêche pas d’être promis à une brillante carrière. Lors d’un dîner, il rencontre la troublante Ellénore, polonaise, de 10 ans son aînée et mariée. Ce n’est pas un obstacle !! A force d’empressement, il va conquérir Ellénore mais…

 

Mon avis :


Déjà, j’aime beaucoup le travail de Pascal Croci !!! Son Dracula est splendide et que dire d’Auschwitz, c’est un chef d’œuvre !!! Il faut absolument posséder Auschwitz dans sa bibliothèque !!  C’est donc avec un apriori positif que je me suis lancé dans la lecture de ce one shot, qui est une adaptation du roman de Benjamin Constant.


Tout d’abord commençons par la couverture. Elle est splendide, comme la jeune femme qui s’y trouve !!! L’ambiance automnale, romantique et gothique dégagée donne déjà envie de se saisir de l’ouvrage !!!

adolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shot


Les dessins de Pascal Croci sont… comment bien rendre justice à l’auteur… magnifiques, splendides, extraordinaires, à couper le souffle, de toute beauté … !!!!! C’est dur d’exprimer avec des mots ce que j’ai ressenti en contemplant les dessins de Pascal Croci. J’ai été littéralement conquis par le travail d’orfèvre réalisé !!!!



adolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shotLe bougre, c’est qu’en plus de réaliser des dessins splendides, il les met lui-même en couleurs et là aussi c’est époustouflant !!!! Les couleurs viennent sublimer et compléter parfaitement les magnifiques dessins !!!! C’est l’osmose parfaite !!!


Pour rester dans le plus que positif, l’héroïne de ce one shot,  Ellénore est splendide !!! Pascal Croci la dessine magnifiquement !!!! Je comprends pourquoi Adolphe tombe sous son charme. Moi aussi, j’ai été envouté par cette beauté, tour à tour froide, distante, ingénue, belle, sensuelle … qui ne demande qu’à être aimée.


adolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shot


Le seul petit bémol que j’ai rencontré à la lecture d’Adolphe c’est l’histoire. Je n’ai pas plus accroché que cela à cette histoire d’amour. Tristan et Yseult, Roméo et Juliette ce n’est pas ce qui me plait le plus en littérature.  J’ai trouvé que le scénario était un peu en dessous  par rapport aux dessins et à la couleur.


Adolphe, un one shot à conseiller à tous les romantiques.

 

adolphe,croci,032013,emmanuel proust editions,atmospheres,benjamin constant,amour,romantique,810,one shotMa note :

Dessins et couleur : 10/10

Scénario : 6/10

 

Global : 8/10

 

Revedefer

 

 

 

 

Alien Le huitième passager.

alien.jpgalein 1.jpgAuteurs : Archie Goodwin et Walter Simonson.

Editeur : Soleil US comics.

Sortie : 04/2012

 

L’adaptation officielle du premier film de Ridley Scott.

Deux des plus grands auteurs de comics ont conjugué leurs talents en 1979, pour transposer le film culte de Ridley Scott en BD.

Ce roman graphique suit très précisément le scénario et les images du long-métrage, y compris les représentations  graphiques de quelques scènes supprimées au montage.

 

Avant ma lecture, je ne voyais pas trop l’intérêt de retranscrire ce film (effectivement culte) tel quel. Encore plus en voyant les couleurs criardes style mauve clappant, jaune électrique ou même des arc-en-ciel, dénoter avec l’atmosphère très sombre d’Alien. Le film de Ridley Scott, c’était avant tout de la SF « sale » avec des trucs qui coulent ou qui suintent. Au contraire des « star trek » ou « star wars » où tout était cliniquement propre.  

Ma lecture débute, je me laisse de nouveau avoir par cette incroyable histoire, j’entends les notes de la BO et surtout les silences  dans ma tête, je  revois les images du film s’intercaler entre les cases, je cherche les petits suppléments …bref, je me refais peur. C’était quand même un coup de génie ce film. Je me rappelle de ma première vision accroché à mon fauteuil. Il faut dire aussi que ce film était précédé d’une fameuse renommée annonçant l’horreur absolue. On en rigole peut être maintenant mais à l’époque, c’était le graal ce huitième passager. Bref, j’ai aimé le film et donc aussi la BD même si elle peut paraitre inutile. Quand on aime, il ne faut pas toujours chercher à comprendre.

Scénario : 10 pour l’histoire originelle.

Dessin : 6/10

surprises.smileysmiley.com.7.3.gif Global.

alein 12.jpg

 

Inscrivez-vous à l’atterrissage.

Samba.

Griffe blanche T1 : L’œuf du dragon roi.

griffe blanche.jpggriffe blanche 1.jpgAuteurs : Le Tendre et TaDuc.

Editeur : Dargaud.

Sortie : 04/2013.

 

 

Avec L’Œuf du Dragon-Roi, 1er tome de Griffe blanche, Serge Le Tendre et Olivier TaDuc nous racontent l’extraordinaire histoire de Taho, ce jeune homme insouciant qui, un jour, doit assumer ses actes… Ce 1er épisode de Griffe Blanche s’ouvre sur la victoire de Taho-le-Vif qui, après une longue traque, terrasse enfin le Dragon-Roi, animal totem de son peuple.

 

Ah ah ah , il a perdu son doigt .

Ah ah ah, on va aller casser du dragon.

Oh oh oh, regarde ce crétin qui brûle !

 

Franchement, je ne m’attendais pas à un ton aussi léger et désinvolte. Une histoire « jeune » donc avec un univers néanmoins intéressant. L’idée des  4 royaumes avec des animaux totems (dragon-phœnix-loup et singe)  à la sauce asiatique est sympa, bien que pour le moment, on n’en sache pas grand chose. Le reste est d’un classicisme navrant. Encore une énième lutte pour le pouvoir  avec en focus, la quête d’un petit groupe qui possède des options comme « guerrière redoutable » ou « magicien débutant ». En plus, j’ai trouvé que les personnages manquaient sacrément  de charisme pour  le moment. 


Dommage car le dessin est lui par contre à la hauteur de nos espérances. Il est en effet travaillé, détaillé et plaisant à suivre.


Au final, je suis assez déçu par ce premier opus des auteurs de Chinaman. Cet album manque de surprise, il devrait quand même plaire aux fans d’héroic-fantasy car les dragons restent des animaux « magiques ».

 

Scénario : 4/10.

Dessin : 8/10.

surprises.smileysmiley.com.6.3.gif Global.

GRIFFE-BLANCHE-01.jpg

 

Inscrivez-vous à l’éclosion.

Samba.

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑