Au vent mauvais

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Scénario : Rascal
Dessin : Murat, Thierry
Couleurs : Murat, Thierry
Editeur : Futuropolis
Dépôt Légal : 03/2013
Nb Pages : 107

Abel sort de taule. Personne ne l’attend « juste plus léger coté illusions ». Comme tout bon truand, Abel a un magot planqué dans une usine désaffectée. Mais les nouvelles règles d’urbanisme ont transformé les lieux en Musée. Adieu veaux, vaches cochons….Mais il suffit d’un téléphone perdu, une voix d’ange au bout du fil pour retrouver un sens à la vie ! au vent mauvais,rascal,murat,futuropolis,roman graphique,quète

 

Autant le dire tout de suite, vous n’êtes pas en possession d’un thriller ! Comme dans le célèbre poème de Verlaine, le « vent mauvais » entraine l’unique personnage de cette histoire dans un road trip mélancolique ! Tout oriente le lecteur vers une « langueur monotone ». La narration est lisse, uniforme comme la vie d’Abel. Il n’y a pas d’aspérité, juste une promesse de rencontre avec un ange au bout dela route. Une simple voix off vous livre le cheminement du héros et l’option de plans rapprochés accentue sa solitude. Et …curieusement, le style est accrocheur. Ainsi, le lecteur est littéralement aspiré par la vacuité de l’instant et l’espoir du futur. La seule promesse d’une rencontre, d’un sourire est ici rangée au rang de Graal. Enfin, les rencontres fortuites et éphémères d’Abel, le défilement des paysages derrière les vitres, la quasi absence de dialogue… achèvent la touche romantique du roman graphique.

 Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

 Les dessins de Thierry Murat ne sont pas en reste : ils sont magnifiques…. de sentiments. Même si la première impression est le noir, l’ombre, le gris, ils suintent l’espoir au bout du chemin. Les fonds de case contrastent avec la quête d’Abel : jamais blancs, toujours remplis d’une couleur monochrome ! Le choix de tons sépia est judicieux. Ils finissent de souligner la poésie de cette histoire.

 Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.

Ce très bel album ne retiendra pas votre attention de prime abord. Pourtant il la mérite. Qui n’a pas rêvé de se laisser porter par un coup de fil ? Qui n’a pas réfléchi à la vacuité de l’existence, de repartir de zéro ? Le romantisme vous attend au détour d’un album signé Murat – Rascal.

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

             Chanson d’automne. Paul Verlaine 1844 – 1896

 

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Note : 8.5/10

Tigrevolant

 

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