Le rêve du passé
Scénariste : Kevan Stevens
Dessinateur : Jef
Editeur : Soleil
Genre : Science-fiction
Sortie le : 12 mars 2026
Avis de l’éditeur :
Dans un futur sombre en proie à une drogue dévastatrice, des personnages vont jouer une partition qui les dépasse, dessinant un destin plus grand mais fragile face à la vague de chaos qui s’installe. Dans MétaCitéLyon en plein chaos, Vananka cherche son impossible Rédemption. Lynn et Safir vont peut-être enfin trouver leur place. Passé, présent et futur soudain réunis à travers un éphémère prisme de lumière et d’espoir. De Paix aussi. Au prix de tant de sacrifices et de souffrances, la Mécanique peut-elle continuer à tourner, insensible aux Hommes ? …
Mon avis :
A MétacitéLyon, à moins d’être nanti : le sort en est jeté ! D’autant que la mégalopole s’effondre et s’effrite peu à peu, ne laissant que champs de ruine et désolation sur son passage. Les riches, comme c’est le cas pour le Mayor, ne sont pourtant pas non plus exemptés de tracas accablants, confronté pour ce personnage imbu de lui-même à l’extrême, à subir un abandon familial, délaissé par sa fille et craignant les forces de l’insurrection prenant du terrain.
Non seulement, ses jours sont comptés ; les médecins lui prédisant six mois tout au plus. Mais plus urgent encore : son siège de meneur est désormais convoité par certains membres du conseil. Or, tant le mayor que les membres du conseil, craignent les représailles des commandos fédéraux. Ce qui, de toute évidence, mettrait un terme à l’ensemble de leurs trafics illégaux, bien que l’organisme disposerait encore d’environ trois milles recrues, essentiellement composées de migrants, prêts à intervenir si nécessaire.
Entre temps, Vananka erre toujours pour retrouver son identité ; affrontant désormais ce sentier dépourvu de vie, emprunté par ces nombreux individus qui veulent fuir mais qui s’enfoncent sous cette terre marécageuse les absorbant comme une vulgaire matière indésirable. Son but lui permet de venir en aide et servir de guide aux gens qu’il sauve, de par sa nature de Chamka (forme de mage, sous la coupe d’une malédiction avec cette essence de réduire le capitalisme à néant, mais surtout l’anéantissement de l’électronique).
La Mégacité s’éteint en puisant les dernières ressources vitales de ses hôtes, et les poussant vers une violence incontrôlée.

Au bout du 1er opus, La Mécanique nous avait fait chavirer dans une étrange osmose nouvelle et créative, sensation qui s’est malheureusement éteinte par la suite, contraignant le lectorat à mordre sur sa chique, qui d’entrée s’attendait sûrement à une autre tournure, bien que cette conclusion se veuille tout de même poignante d’intérêt.
De nombreux thèmes y sont repris, à l’image de l’esclavagisme futuriste en masse, d’une technologie conçue essentiellement pour les grands pontes, ou encore d’un regard effarent quant à l’indifférence sur son prochain. Trame avant-gardiste qui traduit quelque part, une variante du futur plus que plausible, si l’Humanité persévère dans la voie qu’elle emprunte.
Quoi qu’on en pense, et les avis seront sûrement très variés quant à l’estimation de cette trilogie, le duo Kevan Stevens & Jef fonctionne avec brio, et ce, même lorsqu’on a du mal à saisir toute leur sagesse visionnaire. Car il est vrai qu’à plus d’un moment, on patauge clairement dan l’inconnu et l’étrange, dans le décousu et l’incompréhensible. Peu importe au final, si cela convient et que c’est adroitement mis en relief.
Graphiquement, Jef, comme à son habitude, place la barre à un registre peu bancal, mais permet à ceux qui y perçoivent une clarté lumineuse dans ce dédale de sorties actuelles, de croire en son don, qui se justifie pour ainsi dire sur chaque planche et sur chacune de ses œuvres.
Coq de Combat







Tu me l’as vendu, j’ai pris les deux premiers.