LES NAUFRAGES DU METROPOLITAIN- Tome 1/2: Les Rats de Saint-Eloi.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015Dessin : Nathalie Berr – Scénario: Patrice Ordas

Sortie : 27/05/2015

Editions Grand Angle

48 pages – Cartonné

Polar, Thriller.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) Paris, janvier 1910. Alors que les eaux de la Seine menacent de déborder, Valentin, apprenti joaillier de la Place Vendôme, se fait appâter par une bande « d’Apaches », des anarchistes détrousseurs de bourgeois. Leur chef, Le Fennec, convoite les bijoux enfermés dans le coffre de l’atelier où l’adolescent apprend son futur métier. Mais Le Fennec ignore qu’il est sous la surveillance de la fameuse Brigade du Tigre du commissaire Sébille. 

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

 

« Fric-frac dans Paris sous les eaux ».

 

 

Mon avis : Nouvelle sortie chez « Grand Angle », la branche adulte de l’éditeur « Bamboo ». Il s’agit à nouveau d’un diptyque (très à la mode pour le moment) qui nous fait découvrir l’atelier d’un artisan bijoutier de la Place Vendôme et son personnel aux destinées diamétralement opposées. Vient se greffer là-dessus un casse qui tourne mal dans un Paris sous les eaux de la Seine en janvier 1910 et une surveillance policière qui était déjà en route…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Nous retrouvons au dessin Nathalie Berr. Cette illustratrice qui a travaillé dans la pub pour de grandes marques, débute dans la BD en 2001 avec un premier album en collaboration avec Rodolphe. Il s’agit de « La Maison Dieu » chez Albin Michel. Chez Grand Angle, elle a déjà réalisé « Borderline », « Nous Anastasia R. ». Le scénario est de Patrice Ordas, un spécialiste du roman historique qui a déjà été primé. Il fut aussi directeur de l’Ecole de joaillerie de Paris pendant 25 ans. Il a collaboré avec Patrick Cothias pour « L’Ambulance 13 » et « L’œil des dobermans » chez Grand Angle. Il a également signé plus récemment « Hindenburg », « La Rafale », « S.O.S. Lusitania »,  et bien d’autres albums. Ce ne sont donc pas des inconnus…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Dès le départ, en ouvrant l’album, j’ai été frappé par la qualité du dessin. Les personnages, leurs expressions, les cadrages sont très bien rendus. La composition des planches reste classique même si le découpage est rythmé et bien étudié. Les décors sont bien rendus. On reconnait bien l’ambiance parisienne du début du siècle.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Pour le scénario, Patrice Ordas  a voulu probablement se faire plaisir. Nous faire bénéficier à la fois de son expérience de Directeur de l’Ecole de Joaillerie de Paris et son amour pour l’Histoire de Paris. Il en profite pour mettre l’action lors de l’inondation de 1910, question de mettre du piment dans le récit. Valentin, l’apprenti joaillier, va mal tourner et être à la base du braquage de son propre patron, braquage qui va tourner mal. Pendant ce temps, une autre ouvrière de l’atelier, Madame Pommeraye, va faire la connaissance d’un certain Delaroche, personnage déjanté et atypique, pianiste au Moulin Rouge et accessoirement inspecteur de police.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Pour ma part, j’ai apprécié le dessin mais j’ai trouvé le scénario un peu alambiqué. Je me suis demandé plus d’une fois quel était le but des auteurs. Le titre « Les Naufragés du Métropolitain » est tout à fait accessoire par rapport à l’action du premier tome. Soit, nous ne sommes que dans les préliminaires  et il faudra attendre le tome 2 pour connaître les développements ainsi que le fin mot de l’histoire, soit c’est un récit compliqué et très complexe qui dépasse complètement mon petit cerveau fatigué de chroniqueur BD. Je ne vous cache pas que je me suis arrêté plus d’une fois dans ma lecture pour me demander : « où va-t-on avec cette foutue histoire?». En attendant le tome 2 et de voir de quoi sera fait le sauvetage du scénario, j’ai mis ma tenue de survie et j’attends la suite de l’histoire avec l’angoisse du naufragé…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

 

 

a08-3e78906.gifDessin

 

a06-3e788fc.gifScénario

 

a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Liens vers la fiche technique de l’album chez Grand Angle : ICI.

 

Capitol.

 

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

L’île des justes

Couv_245011.jpg 245011_pla.jpgCorse, été 42

 
Scénario : Stéphane Piatzszek
Dessin : Espé
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Date de sortie : 06 mai 2015
Pages : 88
 
 
Résumé :
Pour échapper aux rafles, les Cohen tentent de rallier la Corse avant de se rendre en Palestine, terre d’accueil mythique pour les juifs persécutés d’Europe.
Henri Cohen, arrêté par la police française puis déporté, ne vivra jamais son rêve.
Suzanne, sa femme, est capturée à son arrivée sur l’île de Beauté et séparée de son fils Sacha qui, grâce à l’aide des insulaires, est mis en sûreté.
Réussissant à prendre la fuite, Suzanne retrouve son fils dans le petit village de Canari o^un prêtre les recueille. Bienveillant, celui-ci leur permet de trouver un refuge où il les imagine à l’abri. Mais il oublie qu’en Corse aussi, l’ennemi fait sa loi…
Seule la solidarité corse transformera le calvaire d’une famille en un chemin d’espérance et de vie.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Mon avis :
A la lecture de la dédicace de Stéphane Piatzszek, on peut supposer que la réalité n’est pas loin de la fiction.
 
C’est un album qui témoigne du courage des français face à l’oppresseur. On se rend compte de l’énorme travail des préfets et sous préfets de Bastia à Sartène qui ont dissimulé la présence des juifs dans l’île de 1940 à 1943.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
C’est une solidarité insulaire qui fait face aux autorités avec aplomb et effronterie, et un sens du devoir et de l’honneur bien implanté en Corse et qui perdure souvent dans la vendetta. 

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Les corses sont historiquement hospitaliers et  » ici, les gens peuvent s’étriper pendant des siècles, mais face aux pandores, il seront toujours soudés »
 
c’est à travers l’émotion suscitée par une mère et son fils en détresse que le Préfet va prendre fait et cause pour leur liberté. Et c’est un hommage rendu aux résistants de l’île et particulièrement au village de Canari qui a reçu le 22 octobre 2010 une plaque commémorative de l’Association Hommage aux Villages de France » pour leur rôle dans l’accueil de familles juives pendant la deuxième guerre mondiale.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Encore un livre souvenir, et un beau livre, les dessins d’Espé confèrent à l’album une authenticité et une espérance illusoire quant au sort des juifs durant cette période.
 
Ma note
 
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Sophie

PRETTY DEADLY

 

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015Scénario : Kelly Sue DeConnick

Dessin : Emma Rios

Sortie : 9 juin 2015 

Glénat Comics

160 pages – carton

Western fantastique

 

 

sumé-présentation (de l’éditeur ) :

Un récit sauvage qui combine habilement le western et l’horreur

Oyez le chant de Ginny Face de Mort : “Toi qui exiges réparation, invoque son nom, entonne sa chanson, Sonne le glas qu’elle entendra depuis les enfers. Ginny chevauche le vent pour toi, mon enfant… Le vent souffle pour la Mort !”

Ginny est la fille de la Mort, au visage marqué des stigmates de son père. Elle chevauche son destrier de fumée à travers un Ouest sauvage et sans concessions où magie et poudre ne font pas forcément bon ménage.  Dans la cruauté d’une Amérique qui se cherche et se construit dans le sang et la violence, Ginny traque les pêcheurs, les coupables. Mais au terme de sa quête de vengeance, saura-t-elle aller jusqu’au bout pour affronter son propre destin .

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Mon avis :

Conte de fée lyrique et fantastique planté dans l’ouest américain et sauvage du 19ème siècle, fortement enraciné dans l’univers du folklore et des fables, Pretty deadly affiche sans complexe son ambition artistique. Le lecteur est, dès les premières pages, déstabilisé par un récit hypnotique et confus au premier abord. La narration progresse lentement et tous ses éléments qui paraissent disparates finissent par converger vers une histoire d’amour, de perte et de mort. Ce qui parait trivial et incompréhensible au début prend une signification au fil de la progression du récit. Le lecteur est pris dans un jeu continuel de résolutions d’énigmes. Il va sans dire qu’une seule lecture est loin d’être suffisante pour apprécier ce travail atypique et d’une grande originalité. Voici donc un excellent exemple de  roman graphique où les illustrations collent parfaitement aux textes pour créer cet ouvrage unique en son genre que nous offrent un trio de créatrices.

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Le lecteur tient en mains un livre d’art construit autour d’un scénario solide et accrocheur.  Kelly Sue DeConnick a travaillé sur les thèmes et les codes du western et du fantastique. On sent qu’elle y a beaucoup réfléchi pour arriver à mettre en scène des personnages féminins aux caractères forts dans une ambiance morbide et violente, mais teintée de poésie grandiloquente. Mères, filles, épouses et amantes font face avec détermination à leurs destins tragiques. Elle a établi une structure narrative complexe, jouant sur la mise en abyme de récits entrelacés, pour nous livrer des histoires d’esprits vengeurs.

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

Le dessin joue ici un rôle essentiel. Le trait fin et artistique d’Emma Rios  et les couleurs judicieuses de Jordie Bellaire , très agréables à l’œil, donnent un style idéal à l’histoire racontée. Poursuites impitoyables, paysages désolés, duels aux pistolets ou à l’arme blanche, incendies ravageurs, aubes rougeâtres, couchers de soleil aux couleurs de giclées de sang, orages de poussière, tout est là pour entrainer le lecteur dans une sarabande mouvementée dont il ne peut sortir indifférent. Cette intéressante alchimie créative défie les conventions des genres abordés, parie sur une structure narrative alambiquée et, à mon avis, parvient à captiver les lecteurs exigeants. 

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

 

 

Bravo les filles !

 

a08-3e78906.gifDessin

 

a07-3e78901.gifScénario

 

a08-3e78906.gifMoyenne

 

 Le site internet de Glénat Comics: ICI

 

 

Skippy.

Les Chroniques Courtes (76): NICK FURY, AGENT DU… S.H.I.E.L.D,HISTOIRE DE POIREAUX, DE VELOS, D’AMOUR

NICK FURY, AGENT DU… S.H.I.E.L.D

nick fury.jpgL’intégrale volume 1 – 1965-1967

PANINI COLLECTION MARVEL CLASSIC – OCTOBRE 2014

PRIX: 29,95€ – 283 PAGES

synopsis:

Un colonel au fort tempérament est engagé pour diriger une organisation secrète luttant contre les activités terroristes d’un groupe surpuissant nommé Hydra.

Avec le succès des films mettant en vedette les super-héros MARVEL, l’éditeur PANINI se devait de sortir cette intégrale consacrée aux aventures de l’agent secret NICK FURY.

En 1963, Stan Lee et Jack Kirby créent les aventures du « sergent Fury et ses commandos hurlants »; série de guerre se déroulant au Japon et en Europe dans laquelle un commando américain, composé de têtes brûlées, affronte les nazis et les « japs ». La même année le personnage de James Bond fait un tabac au cinéma.

Lee et Kirby ont donc l’idée de créer l’agence de contre-espionnage S.H.I.E.L.D et de faire revenir, vingt ans après, le sergent Fury, devenu Colonel pour combattre l’ennemi du monde libre : l’HYDRA!

Une belle série d’agents secrets avec plein de gadgets dont la voiture volante, l’héliporteur qui stationne au-dessus de Washington, les méchants habillés de vert…..

Kirby ne dessinera que le premier épisode, se contantant de faire les trames des suivants qui seront dessinés par des artistes tels JOHN SEVERIN, JOE SINNOT, DON HECK, etc.

une belle intégrale réunissant les premiers épisodes de la série parue dans le magazine STRANGE TALES ( où Nick Fury partageait la vedette avec le Docteur Strange autre héros déjà prévu dans un prochain film).  
JR

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a07-3e78901.gifma note pour le scénario et le dessin

 

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HISTOIRE DE POIREAUX, DE VELOS, D’AMOUR et autres phénomènes…

 

couv_247478-4bb6cf0.jpgpoireaux.JPGBamboo éditions – mai 2015

72 pages – 15,90€

Scénario: MARZENA SOWA   Dessin: AUDE SOLEILHAC

 

 

Vincent a 11 ans; il accompagne souvent ses parents au marché lorsqu’ils vont vendre les poireaux, produits de leur terroir. Il s’y rend surtout pour rencontrer ses copains et, surtout, la petite Marie dont il est amoureux.

Nous allons donc assister tout au long de cet album au tendre regard de l’enfance sur la vie, l’amour, l’argent. Vincent ne sait pas comment plaire à Marie, il est jaloux du petit Andréa, italien d’origine et prétentieux pompeux. Nous rions aux gentilles farces que les gamins font à Madame Yola la cantinière; les adultes sont représentés avec tous leurs défauts comme cette vieille rombière qui veut acheter des poireaux ayant tous la même taille pour bien les présenter à table, etc.

Un charmant récit écrit et dessinée par deux femmes qui ont su représenter leurs souvenirs d’enfance (l’utilisation du franc montre bien que l’histoire s’inscrit dans le passé), l’insouciance de l’enfance, ses drames aussi ( l’impossibilité pour Vincent d’avoir un vélo, sa fuite lorsque d’autres enfants se moquent car il tient en poche une pomme de terre en forme de coeur qu’il comptait offrir à Marie) que l’on lit avec le plaisir de ses propres souvenirs.

JR

Ma note:

a07-3e78901.gifSCENARIO

a06-3e788fc.gifDESSIN

Vin gloire et bonté

vin gloire et bonté .jpgvin gloire et bonté,bunisset,liotti,glénat,reportage,bordeaux,viticole,vin,510,062015Scénariste : Isabelle Bunisset

Dessinateur : Giuseppe Liotti

Éditeur : Glénat

136 pages

date de sortie : juin 2015

genre : satire sociale, reportage

 

 Des médocs dans le Médoc

 

Annabelle de la Poisse est une jeune, riche et jolie journaliste Parisienne dont la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. En instance de divorce, et en proie à deux adolescents épousant parfaitement les formes du canapé, elle est un brin névrosée, accro à la psychanalyse et tient le coup grâce aux médocs. A propos de médoc, son père qui est à la tête d’un gros hebdomadaire et se trouve être son patron, l’envoi dans le vignoble Bordelais afin de réaliser un dossier de 50 pages. Annabelle n’y connait rien, mais ça n’est pas grave car le dossier portera non pas sur le vin, mais sur le milieu viticole. La voilà partie en immersion dans un milieu assez particulier.

 

 

vin gloire et bonté,bunisset,liotti,glénat,reportage,bordeaux,viticole,vin,510,062015

 

Bienvenue dans le monde merveilleux de la vinocratie Bordelaise ! Isabelle Bunisset est critique littéraire au journal Sud ouest et chroniqueuse viticole au Figaro magazine. Elle a écrit quelques ouvrages sur le vin et semble avoir ses entrées dans le milieu assez fermé du vin et particulièrement du côté de Bordeaux.

 

Elle nous invite à la suivre dans son reportage immersif sur la bourgeoisie viticole Bordelaise et nous livre sur un plateau une satire sociale parfois drôle et souvent acide sur un milieu qui, d’après ce qu’on en voit dans cet ouvrage, ne gagne pas trop à être connu ! Dans toutes ces grandes familles de propriétaires viticoles, l’hypocrisie et le paraitre sont des valeurs sûres dont il vaut mieux maitriser les règles si l’ont veut avoir sa place. Chaussée de ses Louboutins, la jeune journaliste Parisienne débarque la dedans un peu comme un chien dans un jeu de quille et n’a pas l’air très en phase avec ce milieu. Quoique. Faussement candide, elle en comprend vite les règles, et prend plaisir à jouer. Les journalistes en prennent d’ailleurs aussi pour leur grade. Ils jouent le jeu de cette aristocratie vieillotte et hypocrite, et profitent du système à coup de flatteries et cirage de pompes. Finalement personne n’est dupe, tout le monde accepte ces règles du jeu absurdes et l’on en vient à plaindre ceux qui travaillent vraiment la terre et font le vin, si proches et si loin de ce monde factice et superficiel.

 

 

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J’ignore jusqu’à quel degré de caricature Isabelle Bunisset pousse sa critique, mais la satire est plutôt bien vue et sent le vécu, permettant d’y accorder un crédit certain. Y compris le personnage d’Annabelle, parisienne un peu bobo, surbookée et surlookée, dont les traits proposés par Giuseppe Liotti ne sont pas sans évoquer le physique de l’auteure.

 

J’émettrai toutefois quelques réserve à propos de la narration. Trimballé entre château , expos vinicoles et mondanités, le lecteur ne fait qu’assister aux sarcasmes des protagonistes et doit supporter les multiples réflexions pensées de la journaliste. L’effet de ces bulles de pensées omniprésentes rend la lecture pesante, et la mignonne Annabelle un brin agaçante … Au final, je ne me suis pris de sympathie pour aucun des personnages et me suis demandé si tout ce barnum n’est pas mis en place uniquement pour servir de toile de fond à une banale histoire d’une névrosée parisienne.

On sent bien qu’Isabelle Bunisset fait là ses premiers pas en BD et qu’elle n’en maitrise pas tous les codes. A mi chemin entre le reportage satirique et la fiction documentée humoristique, ce livre à du mal à se situer, et le lecteur finit par s’ennuyer ferme. Les ficelles sont un peu grosses, comme tous ces noms qui se veulent drôles : de la Poisse, de la Taigne, château Lafoire, château Sournois …

 

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Vin gloire et bonté ne vous apprendra rien sur le vin, et pas grand chose d’intéressant sur un milieu ou l’argent occupe un peu trop les esprits. A moins d’être de la caste de la vinocratie Bordelaise, ou de la bobocratie Parisienne, et d’avoir un minimum le sens de l’autodérision, je ne vois pas trop à qui cette BD peut s’adresser.

 

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Loubrun

 

 

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Résistants Oubliés

résistants oubliés,kamel mouellef,olivier jouvray,baptiste payen,glenatrésistants oubliés,kamel mouellef,olivier jouvray,baptiste payen,glenat Scénario : Kamel Mouellef et Olivier Jouvray

Dessins : Baptiste Payen

Editeur : Glénat

Collection : Grafica

Date de sortie : avril 2015

Nombre de pages : 64

Genre : Historique.

Résumé :

De Mamadou Addi Bà, chef du premier maquis créé dans les Vosges en 1942, jusqu’à Marcel Langer, juif polonais, dirigeant de la branche locale des FTP-MOI (Francs Tireurs et Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée) ; l’album recueille quelques morceaux de résistances qui ont parsemés l’histoire pendant les heures sombres de la guerre de 39-45.

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Mon avis :

Un hommage rendu aux combattants indochinois, tunisiens, allemands, serbes, croates, polonais, algériens, sénégalais, malgaches espagnols, russes, guinéens, italiens, marocains, arméniens, luxembourgeois et bien d’autres encore, qui ont, tous ensemble participé à la libération de notre pays et à la victoire des peuples contre la  » Tyrannie Nazie ».

Avec en postface les documents et photos des différents personnages éclipsés par la notoriété de Jean Moulin dans les émissions sur la résistance. Ils et elles sont l’ombre de son ombre.

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Où l’on découvre aussi le sort des tirailleurs sénégalais, rendu à leur pays quasi sans solde et mis au pas par les troupes françaises dans le camp de Thiaroye près de Dakar.

Que l’image flatteuse du combattant français est surtout l’image du français « Blanc », et que tous les combattants de couleurs des Vosges seront basés dans le midi et remplacés par les FFI à la fin de la guerre « pour la photo ».

Seuls les monuments aux morts préservent la mémoire.

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Et les femmes me direz vous ? elles sont évoquées, bien sûr dans les pages de l’album. Et quelques unes laissent leur trace sur le monument commémoratif de Clichy la Garenne, déportées à Neuengamme ou à Drancy.

L’album regroupe quelques récits et actes de résistance, dessinés en couleur, ainsi que les faits historiques de cette époque, dessinés en noir et blanc.

L’album ne présente que quelques instants anecdotiques du rôle des étrangers dans la résistance. Mais les photographies, en fin d’ouvrage, apportent toute la valeur du dévouement des résistants, faces à la barbarie fasciste.

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Encore un album à mettre entre toutes les mains, afin de perpétuer le souvenir des combattants de la seconde guerre mondiale et le devoir de mémoire.

ma note :

6,5/10

 

Sophie

Zombies néchronologies – tome 2 – Mort parce que bête

zombies néchrologies,peru,boudoiron,soleil,anticipation,zombies,mort vivants,810,062015zombies néchrologies,peru,boudoiron,soleil,anticipation,zombies,mort vivants,810,062015Scénario : Olivier Péru

Dessin : Arnaud Boudoiron

Éditeur : Soleil production

48 pages

date de sortie : juin 2015

genre : anticipation, fantastique

 

 

 

Résumé (éditeur)

Stockholm, quelques mois après l’apparition du virus. L’hiver et les zombies ont transformé la ville en un désert glacé. Seule une poignée de survivants a trouvé refuge dans un bunker et résiste à la mort. Avant de se couper du monde, tous travaillaient sur un jeu vidéo de zombies et pensent pouvoir tenir bon.
Mais confrontés à une réalité plus forte que la fiction, dans la faim, la peur et l’isolement, ils découvrent qui ils sont vraiment et se rendent à l’évidence : trop nombreux, divisés, et prêts à se battre pour une boîte de conserve…
Ils ne verront pas tous la fin de l’hiver.

 

« Il y a un axe qui n’a pas encore été exploré. C’est l’hyperréalisme. »

 

Les amateurs de séries zombies n’ont pas le temps de se remettre de leurs émotions. Un walking dead en début d’année, et tout récemment Alice Matheson et Gold of the dead… , Si les titres se succèdent à une vitesse impressionnante, chacun réussit à trouver son style et, a défaut de renouveler le genre, a apporter sa pierre à l’édifice.

Le succès de la série Zombies de Olivier Peru, lui permet d’étendre son univers en décomposition dans une série annexe constituée de one shots. Alors que le tome 1 se déroulait à Paris et mettait le Président François Hollande dans une bien mauvaise posture, ce deuxième opus nous emmène à Stockholm au cœur d’une équipe de production de jeux vidéos. Reprenant à son compte l’idée de Romero dans son film « Chronique des morts vivants », ou il est question d’une équipe de cinéma tournant un film de zombies en pleine forêt, rattrapée par une invasion de mort vivants, Olivier Péru crée une situation de mise en abyme en confrontant les créateurs du jeu vidéo à la réalité du virus qui a envahit la ville. Le chef de projet qui voulait un jeu hyper réaliste en aura pour son argent et mouillera la chemise, au sens propre.

 

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Olivier Péru nous sert un scénario aux petits oignons, qui nous tient en haleine du début à la fin. Face à l’adversité, les personnages révèlent leur vraie nature et les vrais méchants ne sont bien évidemment pas les zombies. On est vraiment pas loin des walking dead où la tension est essentiellement psychologique.

Graphiquement, Arnaud Boudoiron opte pour un registre quasi hyper réaliste conférant des attitudes un peu figées aux personnages. Mais son trait précis rend le dessin assez expressif et ses mises en scènes remarquables d’efficacité, font du coup oublier l’aspect figé.

Ce deuxième volume de Zombies Néchrologies est d’excellente facture et ne démérite pas sa place aux côtés de la série mère Zombies, et de la série reine Walking Dead.

 

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Loubrun

 

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