Violette Nozière, vilaine chérie

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Dessin : Camille Benyamina

Editeur : Casterman

date de sortie : janvier 2014

96 pages

genre : biographie

 

Résumé (éditeur)

Octobre 1934. Assise sur un banc, noyée dans un immense couloir du Palais de justice de Paris, Violette Nozière, 19 ans, toute de noir vêtue, a les yeux perdus dans le vide. Elle attend que son procès reprenne et songe à ce qui l’a conduit ici. Celle que l’on surnomme alors « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar » ou la « parricide monstrueuse » laisse ses pensées remonter le temps…
Issue d’un milieu populaire, Violette rêvait d’une autre existence. Mais, rétive au travail comme aux études, elle préférera la vie facile. Prostitution, fêtes, mais aussi mensonges à répétition, manipulation et vol de ses propres parents, jusqu’au point de non-retour : elle finit par les empoisonner.

 

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L’affaire Violette Nozière fait partie de ces affaires criminelles qui ont investit la mémoire collective. Cette histoire à secoué la France des années 30, divisant la société en deux. D’un côté les accusateurs qui ne voyaient en elle que la parricide dévergondée, et de l’autre les défenseurs, surréalistes en tête, qui en ont fait leur égérie la considérant d’avantage comme victime d’une bourgeoisie étouffante.

 

Les auteurs ont choisit de nous raconter Violette Nozière sous un autre angle que celui de  l’aspect policier et judiciaire. Ils nous la présente dans son quotidien, tiraillée entre l’amour et la haine qu’elle porte à ses parents. Mi ange mi démon, un jour petite fille sage (ou soumise) et le lendemain femme frivole (ou libre), manipulatrice, inconséquente, mythomane, elle est rêveuse et paresseuse et veut jouir sans entraves, plus de 30 ans avant mai 68.

 

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Le personnage est tellement ambigu que son aspect physique change selon qu’elle est femme ou enfant. Sa mythomanie avancée la perdra dans tous les sens du terme et elle ne pourra se sortir des mensonges et de la double vie qu’elle s’est crée.

 

Pauvre Violette, on est presque pris d’affection pour elle ! D’autant que le traitement graphique de Camille Benyamina tout en douceur invite le lecteur à l’empathie. Pour autant, le malaise s’installe quand on sent qu’elle choisit la mauvaise voie pour s’affranchir de l’étau moral de l’époque. Ce malaise ce renforce lors du procès rapidement évoqué où Violette accuse son père d’inceste… Encore un mensonge ?

 

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Cet album est comme le personnage, ambigu. La lecture m’a laissée un sentiment de malaise tant on oscille entre compassion et dureté à l’égard de cette famille qui s’y prend mal sur toute la ligne. Entre des parents trop aimant au point d’étouffer leur fille, et une fille tellement éprise de liberté qu’elle se laisse menée par ses désirs, on finit par croire qu’il s’agit bien plus qu’un fait divers et qu’on est en face d’un fait de société.

 

Débutée dans les couloirs du tribunal de Paris, le récit se termine sur la libération de Violette en 1945, ou on la voit prête pour un nouveau départ.

 

L’album est judicieusement complété de 5 pages racontant les faits et la fin de la vie de Violette.

 

Ma note : 7/10

Loubrun

 

 

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