Éditeur :Futuropolis.
Sortie : 11/2013.
Août 1936.
C’est le temps du Front populaire. Dix-huit ans plus tôt, au retour de Russie, après la mort de Gervasio, après aussi que Juliette lui a appris la naissance de son petit Louis, Mattéo s’était livré aux gendarmes : toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt pour désertion, il fut condamné aux travaux forcés, et envoyé à Cayenne. Ayant purgé sa peine, Mattéo s’installe en région parisienne, où il retrouve son ami Paulin et Amélie, l’infirmière qu’il avait connue à la guerre.
Un été particulier.
Trois ans se sont écoulés depuis la sortie du tome 2 de Mattéo. On retrouve notre héros en 1936 profitant des premiers congés payés avec ses amis, 15 jours à ne rien foutre comme maugréaient les patrons à l’époque. C’est surtout l’occasion pour lui de retourner voir sa mère à Collioure et aussi fatalement sa Juliette. Cet album est un peu comme une transition, une parenthèse entre les deux gran
des crises qui secoueront le XXe siècle. Une pause, un espoir fou pour des millions de Français, de croire en l’homme tout simplement. JP Gibrat condense son récit dans un laps de temps court (15 jours) en un même endroit. On joue donc sur les regards, sur les émotions des protagonistes, on attend aussi le sursaut ou non de Mattéo et de voir ses motivations pour reprendre le drapeau rouge. C’est aussi l’occasion pour JP Gibrat de montrer l’antisémitisme affiché d’une partie de la population, tout comme nous remettre en mémoire un mouvement d’extrême droite : la cagoule. Nettement plus joyeux, les prolos à la plage sont un bel instantané sur cette période. Pour remplacer l’action pure, l’auteur insuffle de la vie aux scènes quotidiennes par des cadrages et des angles dynamiques. A noter que ses héroïnes n’ont pas pris une seule ride, elles sont toujours aussi élégantes et ravissantes.
Pour réchauffer nos cœurs pendant nos longues soirées d’hivers, il nous reste donc à les admirer gambader sur la plage, légères et lascives dans leur robe transparente et au chemisier ouvert au vent.
Au final, un album de transition forcement plus calme (ce sont les congés, merde !) et vu ce qui nous attend (la guerre d’Espagne et la deuxième), ça ne peut pas faire de mal une bonne bouffée d’iode.
Dessin
Scénario
Global.
Samba.
On en parle à l’international.

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Cette chronique rend bien l’état d’esprit qui prévaut dans cet album et l’époque du front populaire, des premiers congés payés. Les dialogues sont bien sentis et les personnages bien typés, y compris Mattéo!…
Belle chronique ! A l’avenant des superbes dessins de Gibrat
C’est étonnant que vous aimiez bien ma chronique car j’ai eu vraiment l’impression d’en faire une très poussive,comme quoi .