YOUNG (Tunis 1911 – Auschwitz 1945)

Couv-Young-prov.jpgalbum-page-large-20529.jpgScénario : Ducoudray, Aurélien
Dessin/ couleurs : Vaccaro, Eddy
Éditeur: Futuropolis
Dépôt légal : 09/2013
Pages : 128



11 Novembre 1918 : Victor Younki Perez a 11 ans. Tous fêtent l’armistice…. qui dérape en pogrom anti juif

1931 : A 20 ans, Victor Younki Perez devient Young Perez. Il accède au titre suprême, celui de Champion du Monde de Boxe poids plume.

1943 : Auschwitz. Le commandant féru de boxe lui octroie un statut de relatif « privilégié »

22 Janvier 1945 : le numéro 157178 meurt sous les balles des nazis

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Décidément le destin de ce boxeur inspire le milieu de la bande dessinée. Un très bel ouvrage lui avait déjà été attribué aux mêmes éditions Futuropolis : « A l’ombre de la gloire » en 2012 scénarisé par Lapière D. et dessiné par Samama A. Mais ici pas question d’un fragment de vie, c’est toute la vie de Young Perez qui défile sous vos yeux. Dans ces 128 pages, les auteurs rendent un véritable hommage à ce boxeur talentueux mort à 34 ans. D’habitude les biographies de star suivent la courbe classique des sommets à l’oubli. Mais Young Perez, lui,  est mort au sommet de sa célébrité, fauché par la barbarie et la stupidité. Aurélien Ducoudray choisi de raconter une histoire oscillant entre son ascension vers la gloire dans un univers teinté d’antisémitisme et les scènes dans les camps de la mort. Cela donne un livre dur. L’alternance entre les deux mondes ne laisse pas de répit au lecteur : pas de transition. Ainsi, l’idylle fugace de Young avec l’actrice Mireille Balin tranche avec la mise en scène absurde d’un combat de boxe organisée à Auschwitz. Les cris de la foule acclamant le nouveau champion du monde répondent aux claquements des ordres des SS. Nous espérons toujours pour ce héros qui trouve des trésors d’ingéniosité pour survivre dans les ténèbres tout en pensant aux autres (des similitudes se retrouvent avec Maus de Spiegelman Art). Mais non ! Impitoyable sera la fin….

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Ce livre est d’autant plus poignant que les dessins au fusain d’Eddy Vaccaro ne différencient pas les scènes de l’un ou l’autre milieu. Pas de couleurs. La vie complète de Young est traitée avec le même égard. Comme si le dessinateur souhaitait enfoncer le clou sur ce destin tragique. Mais le dessin reste un vrai plaisir. Il est très expressif avec un beau rendu de mouvement et cela jusque dans les combats de boxes.

Victor-Perez-2-non-retouchée.jpgLe milieu de la boxe inspire ce duo. Aurélien Ducoudray (scénaristeà et Eddy Vaccaro (dessin) ont déjà réalisé ensemble « Championzé », chez Futuropolis, la biographie du boxeur Battling Siki, qui fut l’idole de Young Perez. Néanmoins, le portait de cette légende de la boxe ne parlera pas forcement a beaucoup de monde à notre époque. Mais il mérite toute notre attention. Non seulement les éditions Futuropolis nous gratifient d’un très bon moment de lecture mais c’est aussi un vrai moment de souvenir d’un génocide au travers d’un boxeur, d’un homme.

« Savoir, c’est ce souvenir » Aristote

Note : 8,5 / 10

Tigrevolant

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