Blake et Mortimer – tome 22 – L’onde Septimus

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Dessin : Antoine Aubin et Etienne Schréder

Éditeur : Éditions Blake et Mortimer

date de sortie : décembre 2013

70 pages

 

 

 

Résumé Editeur

Mortimer ne parvient pas à percer le mystère de l’onde Mega et le fonctionnement du Télécéphaloscope de Septimus lui échappe. Qu’est-ce qui peut bien provoquer toutes ces interférences ? Cela pourrait-il avoir un lien avec cet inconnu en chapeau melon qui arpente les rues de Londres en demandant après Guinea Pig ?
Jean Dufaux et Antoine Aubin, aidés d’Étienne Schréder, revisitent La Marque Jaune. Ils prolongent le mythe et signent le grand retour d’Olrik sur les quais de la Tamise.

 

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Je vous disais dans ma chronique du tome 21 que je tombais à chaque fois dans le panneau des nouveaux Blake et Mortimer. Difficile en effet de ne pas jeter un œil sur ce nouvel album quand on y voit inscrit le nom de Jean Dufaux. Je ne suis pas un fan absolu de toute la production de Dufaux, mais il faut bien reconnaître qu’il est à l’origine de quelques perles.

Donc, parce que c’est un Blake et Mortimer – œuvre classique de la BD franco Belge –  et parce qu’il est signé Dufaux – auteur prolifique et quasi incontournable pour tout amateur éclairé de bande dessinée, ce tome 22 des aventures de Blake et Mortimer a attiré mon attention.

A moins que ce ne soit tout simplement le titre évocateur, « L’onde Septimus », qui ait éveillé en moi de bons vieux souvenirs de lecture…

Septimus, ça vous parle forcément. Un des plus fameux méchant de la bande dessinée, apparu dans « la marque jaune », l’album le plus mythique de la série créée par E.P. Jacobs.

 

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Jean Dufaux ne se contente pas de reprendre la série, il s’empare à bras le corps de l’œuvre et y rend hommage en bousculant timidement les codes par un petit dépoussiérage bienfaiteur. D’abord, il ose inventer une suite à la Marque Jaune. Ensuite, il ose toucher aux personnages en les écorchant et en nuançant leurs caractères, ce qui les rend bien plus humains et crédibles qu’ils n’étaient. Ils ont des doutes, des faiblesses, font des erreurs, désobéissent aux ordres, s’engueulent …

On voit ainsi le professeur Mortimer qui n’en fait qu’a sa tête en poursuivant les recherches de Septimus ; qui drague gentiment la veuve Rowana ; on assiste à une engueulade entre les deux héros et l’on voit un Francis Blake qui lui aussi n’en fera qu’a sa tête. Même Olrik, le méchant récurrent apparaît ici sous un nouveau jour où on le voit s’allier pour la circonstance avec Mortimer. Même si tout ceci reste discret, c’est assez inédit, et certains puristes crieront sans doute au scandale. Laissons-les crier.

 

Le scénario de Jean Dufaux est bon car il réussit une entame de dépoussiérage tout en conservant les recettes qui ont fait le succès des meilleurs albums. Il mêle habilement fantastique, mystères, science-fiction et distille de nombreux clins d’œil au cycle de l’espadon. L’imagerie Jacobsienne est bien là, avec son lot de souterrains, de machines futuristes, de laboratoires scientifiques, de ruelles sombres, et j’en passe …

 

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Pourtant, à la fin de ma lecture j’ai eu une curieuse impression de satisfaction déçue. En fait, l’histoire est parfaitement bien écrite, l’intrigue s’installe progressivement, les rebondissements sont là et gardent le lecteur en éveil, mais jamais le souffle de l’aventure ne nous fait vibrer. Le problème vient d’une narration trop lourde et trop bavarde. Les récitatifs vont plus loin que la simple description de la scène dessinée – ce qui est bien – mais ils sont souvent trop bavards et trop littéraires, empêchant l’installation d’une vraie dynamique dans l’intrigue. L’action et le mouvement dont on sent la présence dans l’écriture du scénario sont ici brisés dans l’œuf par un verbiage ennuyeux. Du Coup, on assiste à une succession de scènes d’action intéressantes mais sans mouvement et sans grandeur.

C’est dommage, car Dufaux réussit à bouger un peu les codes sans dénaturer l’œuvre, et le scénario est bien ficelé, regorgeant de bonnes trouvailles permettant de prolonger « la Marque jaune ».

 

L’album est sauvé par la jeunesse. Antoine Aubin déjà aux pinceaux sur le tome 20, réalise ici un travail remarquable de précision. Sa maîtrise de la ligne claire, son sens du découpage et la précision de ses décors, sont parfaits. S’il est secondé sur les encrages par Etienne Schréder – qui rôde dans les coulisses de la série depuis longtemps – , c’est bien lui le maître d’œuvre quant à la réalisation des planches. Au niveau du dessin, cet album est sans doute le meilleur de la période post Jacobs.

 

Pour conclure, Dufaux nous livre un très bon scénario malheureusement miné par une narration trop lourde. Mais saluons plutôt le petit coup de balai qu’il a fait sur les personnages, en souhaitant qu’il puisse le continuer sur d’autres albums et développer notamment le personnage d’Olrik.

 

Ma note : 7/10

Loubrun

 

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