LE SERVICE

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2. Hautes sphères : 1974-1979

Scénario : Legrand Olivier et Djian Jean-Blaise
Dessin : Paillou, Alain
Couleurs : Paillou, Alain
Dépot légal : 09/2011
Editeur : Emmanuel Proust Éditions
Planches : 63

Paul Galland est un tueur professionnel, un homme froid sans état d’âme. Démobilisé après la Guerre d’Algérie, il est recruté par son supérieur, le Lieutenant François Charrière. Celui-ci lui propose de poursuivre une carrière très spéciale au « Service », la police secrète de la Ve République. Pendant plus de 30 ans, de mai 1968 à la fin du XXe siècle, il va participer à toutes les sombres affaires, les opérations clandestines, les manipulations politiques, les assassinats de personnages encombrants pour la Démocratie bien sur et la Liberté….sans aucun doute !!!! le service,legrand,djian,paillou,ep éditions,policier,politique,sac,barbouzes

 

Le narrateur est un journaliste d’investigation et sa préface en dit long sur le contenu de cette série. Des termes forts apparaissent comme « escadron de la mort» ou « un ministre, ca se flingue aussi bien qu’un juge ». Ces  injonctions ne laissent pas insensible. Elles choquent : cette BD concerne forcement une dictature. Pas du tout, il s’agit de la République Française !

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 Les éditions EP ont fixé clairement leur ligne : engagées et prêtes à dénoncer les méthodes fascistes dans l’ombre des démocraties. Deux séries déjà précédemment (AMERIKKKA et Julia Von Kleist) publiées donnent la ligne éditoriale de cette petite maison d’éditions.

Avec « Le Service », les éditions Proust nous proposent une série policière très politique. Même si la mention « fiction » est en bonne place, Jean Blaise Djian et Olivier Legrand parviennent à produire un récit documenté et renvoient à des faits connus : « le Service serait à l’origine de l’assassinat d’un ministre en 1979, de la mort suspecte d’un leader étudiant de Mai 1968, de la mort brutale d’un syndicaliste…. De là, à penser au SAC (Service d’Action Civique – Sic !-) créé sous de Gaulle en 1960 il n’y a qu’un pas. Tout cela fait froid dans le dos. L’idéologie fasciste des protagonistes opérant pour « sauver la démocratie » laisse pantois. La bêtise et l’embrigadement des barbouzes du Service est effrayante. Même les chefs « pensants » en perdent leur latin « alors, c’est ça que nous sommes devenus ? Une vulgaire officine à coups tordus au service d’ambitions individuelles ? ».

Prévue en quatre tomes, couvrant chacun une période comprise entre les années 60 et 90, le tome 1 couvre la période 1960 – 1968 et le tome 2, 1974 – 1979. A noter que chaque tome se suffit à lui-même. 

Les deux auteurs bien inspirés retrouvent le dessinateur Alain Paillou avec qui ils avaient signé chez le même éditeur Parabellum, un polar dans les années 30 sur la Cagoule (déjà une histoire sur les dérives fascistes !). Son graphisme à la fois sobre et classique souffre parfois de raideur. Les dessins sont bons et les bulles ne sont pas trop surchargées de texte. Il manque par contre cruellement de détails d’arrière-plan. Peut-être pour focaliser sur les actions terrifiantes de ces hommes de mains ?!

Souvent abordé dans la littérature ou le cinéma, le thème des hommes de l’ombre est ici mis en image en 64 pages. Force est de constater la réussite de cette série. La part sombre de la Vème république n’est pas jolie à voir. Mais n’oublions pas que c’est une fiction !

Note : 7.5/10

Tigrevolant

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