SKIPPER – Tome 1: Somalia.

Couv_160594.jpgPlancheA_160594.jpgDessin : Lenaerts – Scénario : Callède

Découpage et dialogue : Gihef

Editions Dupuis

Sortie : 06/04/2012

56 pages

Prix conseillé : 12,00 €

ISBN : 9782800147246

Aventure

 

Résumé (de l’éditeur: Damien Renaud, un brillant reporter indépendant, a disparu au large de la Somalie alors qu’il enquêtait sur la piraterie maritime. Sur les conseils d’un ami commun, sa femme Noémie fait appel à Ewann Kerrien, un ancien skipper de haut niveau qui végète dans les paradisiaques îles grecques, entre convoyage de touristes et soirées arrosées à l’ouzo. Sa demande est simple : elle veut qu’il l’accompagne dans une des régions les plus dangereuses du monde, pour retrouver un journaliste disparu depuis des semaines et pour lequel aucune rançon n’a été réclamée ! Peut-être l’occasion pour Erwann, le marin à la dérive, de sortir la tête de l’eau

 

 

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Mon avis : Une nouvelle série débute chez Dupuis. Elle s’appelle « Skipper » et est dotée pour ce premier tome d’une magnifique couverture qui évoque pour moi le voyage, le rêve, le milieu maritime, la nature, la mer…D’où mon achat… Il s’agit en réalité d’une enquête à la recherche d’un journaliste disparu en Somalie. Ce journaliste enquêtait sur les pirates qui sévissent sur les mers dans la corne de l’Afrique pour rançonner les touristes mais aussi les armateurs. On en a beaucoup parlé dans les médias ces derniers mois.

L’intérieur est hélas moins exaltant. Cet album m’a quelque peu déçu alors qu’on avait tous les éléments pour faire un fantastique scénario. Outre l’intrigue, je m’attendais à des développements sur le thème de la piraterie, celle-ci est à peine effleurée. Un thème accessoire va prendre l’avant plan et polluer le scénario…Les auteurs ont donc raté une occasion unique de faire un récit sur un thème captivant et important tant au niveau de la géopolitique que du monde maritime.

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A contrario, le scénariste a picoré à gauche et à droite dans différents thèmes annexes pour faire une histoire sans aucune profondeur mais où il joue sur la corde sensible (pollution des mers, multinationales, ONG,…). De plus, Le bateau à voile est le moyen de locomotion d’Ewann Kerrien, un ancien navigateur connu dans les courses à la voile. Mais rien de plus! Je m’attendais à ce qu’on raconte de façon un peu plus crédible et plus didactique la navigation en elle-même. Il faut rapidement déchanter.

Ayant quelques milliers de miles à mon compteur en tant que navigateur amateur, je peux vous dire que certaines cases de cet album montrent que les auteurs n’y connaissent pas grand-chose à la voile. J’aurais préféré un peu plus de précision à ce sujet.

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Quand on parle d’un vent « force 5 » et que le dessinateur dessine une mer presque d’huile, je me pose des questions…A force 5, il y a quand même déjà de belles vagues.

Quand le skipper montre une carte qui ressemble plus à un atlas scolaire qu’à une carte marine détaillée, je me dis que ce gars n’est pas trop sérieux…

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Quand je vois que le voilier remonte le canal de Suez à la voile, que ces même voiles sont « tribord armure », des voiles bien pleines, alors qu’un porte-container, chargé et haut comme un immeuble de dix étages, se trouve juste sur bâbord et lui coupe le vent,…Là, je rigole… De plus, dans ce genre d’endroit délicat, la marine commerciale a la priorité. Le voilier doit rester « manoeuvrant », le moteur en marche, et éventuellement avec la grande voile hissée pour stabiliser le bateau…Le skipper doit pouvoir laisser la place aux gros bateaux de commerce. Bref, j’estime qu’il ne faut pas connaître la mer pour dessiner des inepties pareilles…Pas très crédible !

Copie de 111750.JPG

Oui, vous allez dire, cher lecteur, que Capitol est un puriste ! Mais, cela fait franchement tâche et cela me choque. Si je suis équipier sur un tel bateau, je quitte le bord dès le premier port venu…Au fou !

En conclusion, il s’agit d’un livre plein de bonnes intentions mais il loupe complètement sa cible. Pourtant, l’idée de base est excellente mais la réalisation n’est pas à la hauteur des attentes. Espérons que le prochain tome rectifiera le tir. Ce n’est pas le Titanic, pas encore…

Cela se laisse lire mais il ne faut pas être trop regardant…

 

Graphisme :   7,0/10

Scénario :     4,0/10

Moyenne :     5,5/10

 

Capitol.

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11 commentaires sur “SKIPPER – Tome 1: Somalia.

  1. Je l’ai eu en main et …reposé .Un peu septique sur la colorisation et le contenu .Vu la note de Capitol, j’ai bien fait .
    Visiblement on est loin de la rigueur d’un Tramp par exemple.

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  2. La couverture en jette mais je ne suis pas emballé plus que çà! 😦 Dupuis a été bien bête d’arrêter haute sécurité!

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  3. On pourrait aussi rajouter aux imperfections le fait que le transit Nord/sud sur le Canal de Suez s’effectue en convoi et que si mes souvenirs sont bons (j’ai « fait » le canal je ne sais plus combien de fois) les navires de gros gabarit ne se croisent pas sur le canal même mais sur des lacs situés le long du canal … mais bon …
    Dans la littérature et la bd, les incohérences au niveau maritime sont telles que j’ai cessé de les relever …

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  4. Je remercie Sympho pour ces précisions. Je n’ai jamais navigué sur le canal de Suez et ce n’est franchement pas un endroit qui me donne envie…Je suis plutôt un navigateur des mers froides et en priorité du banc des Flandres…

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  5. Je comprends que l’on soit plus critique lorsqu’une histoire évolue dans un milieu familier où on peut déceler des incohérences ou invraisemblances. Ça ne m’a pas gêné car je n’y connais rien dans le domaine maritime … sinon j’ai trouvé cette aventure plutôt moyenne dont le seul mérite est de dénoncer un problème écologique au profit de délinquants en col blanc exploitant la misère locale.
    Il parait que le scénariste Callède a écrit ce scénar à la demande de Dupuis, mais qu’il ne continuera pas l’aventure.
    Je ne la continuerai pas non plus car ce type de « documentaire » ne m’intéresse pas trop. (6/10)

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  6. Je comprends que l’on soit plus critique lorsqu’une histoire évolue dans un milieu familier où on peut déceler des incohérences ou invraisemblances. Ça ne m’a pas gêné car je n’y connais rien dans le domaine maritime … sinon j’ai trouvé cette aventure plutôt moyenne dont le seul mérite est de dénoncer un problème écologique au profit de délinquants en col blanc exploitant la misère locale.
    Il parait que le scénariste Callède a écrit ce scénar à la demande de Dupuis, mais qu’il ne continuera pas l’aventure.
    Je ne la continuerai pas non plus car ce type de « documentaire » ne m’intéresse pas trop. (6/10)

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  7. Merci pour ces précisions, Dgege 😉 pas de nouvelles pour sa série Asthénie? Le tome 2 est toujours aux oubliettes?

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  8. Ben pas plus de nouvelles que toi … problème avec Roland Pignault qui préfère s’adonner à la musique qu’aux planches et le succès mitigé qui n’incite pas l’éditeur à poursuivre ?
    Si j’ai l’occasion de revoir Joël … je vous tiendrai au courant.

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  9. Ben pas plus de nouvelles que toi … problème avec Roland Pignault qui préfère s’adonner à la musique qu’aux planches et le succès mitigé qui n’incite pas l’éditeur à poursuivre ?
    Si j’ai l’occasion de revoir Joël … je vous tiendrai au courant.

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