Dessin / Couleurs : Joe Flood
Scénario : Stan Nicholls
DL : Mars 2012
202 pages Editions Gallimard Collection Bayou
Les Unis plaçaient leur foi en un dieu unique et tout puissant, les Multis adoraient tout un panthéon de dieux et d’esprits de la nature. Ils se livraient une lutte sans fin pour prendre le contrôle de leur pays d’adoption. Dans leurs rangs, on trouvait des êtres qui n’étaient pas humains. Une race différente de toutes les autres : les Orcs ! Stryke est le capitaine d’une compagnie d’Orcs : bagarreurs, belliqueux résistants mais fidèles à leurs paroles. Hardi, compagnons Orcs, debout les maudits de la terre. Sus !
Tiens, tiens… voila un pitch peu commun…Tiré du best-seller (tout au moins outre manche !) éponyme de Stan Nicholls, Orcs est un comics vu, vécu et raconté du coté des Orcs. Tout vient d’un « what if… » du scénariste, « et si, les Orcs étaient des héros plutôt que les méchants ? ». Ce principe jouissif, à l’origine de l’uchronie, est appliqué ici pour la plus grande joie des amateurs du genre : pourquoi a-t-on toujours droit à la version des vainqueurs ? Stan Nicholls disgresse allégrement sur la personnalité des Orcs. Il tente ainsi de créer un monde d’héroic-fantaisy avec un bestiaire à la Tolkien. Gobelins, dragons et autres parsèment l’aventure des héros Orcs. Pourquoi tente ? Malgré une très bonne idée de « what if » et 202 pages, le scénario ne décolle pas. Le lecteur est accroché uniquement par le volet vision au travers du prisme Orcs. En dehors de cela, c’est d’une cruelle banalité (surtout pour les fans d’Heroic-fantasy) : mission secrète, embuscades, rixes.… Rien ou très peu sur la vie des Orcs, leurs mœurs. C’est sans doute un choix scénaristique de s’appesantir sur l’action, mais cela ne fait pas une histoire ! Cela manque de punch et de profondeur, même si on ne s’ennuie pas.
Par ailleurs, ce comics n’est pas vraiment aidé par le dessin de Joe Flood. Si les cases sont riches d’actions, elles manquent de fluidité. Le dessin ligne clair n’accompagne pas le lecteur dans le mouvement. On a du mal à être pris dans les combats et finalement cela tombe à plat. L’absence d’expression des visages y est peut-être pour beaucoup ! Finalement on glisse sur l’image sans s’attarder. A sa décharge, dessiner un monde fantastique à partir d’un roman est une gageure que peu de dessinateurs peuvent se gargariser d’avoir réussie.
Bref, un comics qui se laisse lire car original pour son idée initiale mais desservi par le dessin et le scénario. Je n’ai pas lu le livre de Stan Nicholls et sans doute est-il plus riche que cette transposition peu flatteuse. Dommage ….
Dessin : 7/10
Scénario :7/10
Tigrevolant








Z comme Don Diego

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