Interview Thierry Lamy et Frédéric Vervisch.

Nous avions rendez-vous à Bruxelles, au centre belge de la bande dessinée, plus exactement dans la brasserie-restaurant Horta. Un cadre fantastique pour deux auteurs et un album qui le sont tout autant. Thierry Lamy est le scénariste et Frédéric Vervisch le dessinateur de Hell West, tome 1, frontier force chez Sandawe. Ils sont également, respectivement, bibliothécaire et story-border. Des types tellement passionnés qu’ils en deviennent passionnants. Une rencontre où il est question, en permanence, de s’éclater et de se faire plaisir. Nous le soupçonnions déjà à la lecture de l’album mais maintenant le doute n’est plus permis.


 

  

Comment est née votre rencontre ? 


 Frédéric Vervisch: On a un ami commun qui est Christophe Cazenove. On a commencé à échanger des mails. Il m’a proposé son projet que j’ai trouvé riche, c’était tout un univers créé à partir des codes du western mais ça partait dans le fantastique et dans l’ésotérique, il y avait de tout. Moi, je me suis dit : «  Allez, on y va, on s’éclate, on fait un truc. ». Je sortais d’une série jeunesse en couleur, alors que j’aime bien les côtés sombres. On aime tous les deux le noir et blanc, les trucs sombres, le fantastique.


Thierry Lamy: On aime tous les deux la série B, les trucs de divertissements, Indiana Jones, … on avait envie de faire quelque chose qui ne se prend pas la tête et qui rend hommage au western, à l’aventure, à l’humour.

 

 

 

Vous aviez tous les deux des envies de western.


 Thierry Lamy: Oui, voilà.


Frédéric Vervisch: On a voulu faire du Sergio Leone, en BD, à la française, tout en ne faisant pas la même chose. On aurait pu le faire. À une époque, un type a fait du western spaghetti en BD et c’était vachement bien. C’était Adios Palomita. Mais là on est parti dans autre chose, il n’y a pas le soleil écrasant, il y a de la neige, des créatures, des super meufs danseuses de saloon. J’avais dit : « Surtout, il faudra des nanas dans le saloon. » (rires).

 

 

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Thierry Lamy et Frédéric Vervisch au centre belge de la bande dessinée

 

Quels sont vos références BD et cinéma ?


Frédéric Vervisch: En BD, j’ai comme références Frank Miller, Hugo Pratt, Comès,…


Thierry Lamy: On aime aussi tout ce qui est bons dialogues, je suis un amoureux du dialogue. J’aime Audiard. Les dialogues d’Hugo Pratt sont super soignés, Frank Miller c’est pareil. Nos références sont les westerns spaghettis, tous les westerns en général, Little big man, les westerns des années 50 et 60, les westerns mythologiques,…


Frédéric Vervisch: L’homme aux colts d’or, j’adore celui-là. (à Thierry) Tu connais L’homme aux colts d’or avec Henry Fonda ?


Thierry Lamy: Oui bien sûr. Mais je l’ai vu il y a longtemps. (Il reprend) La mythologie du western…


Frédéric Vervisch: Et Dead man ?


Thierry Lamy: (sursaut) Ah ouiii, Dead man! C’est géant ! Et c’est aussi du noir et blanc mais quelque chose qui se déroule lentement. C’est du western sans être du western. Un peu comme l’héroïc fantasy est du moyen âge sans être du moyen âge. Hell West est un western fantasy en fait.

 

 

 

Dans votre album vous utilisez une sorte de réalité bis comme dans Watchmen, c’est aussi une référence ?


Thierry Lamy: C’est exactement ça, je suis très fan d’Alan Moore. Et cette façon de raconter en suivant des personnages, on les mélange, on suit leurs destins, ils se croisent. On ne raconte rien de neuf mais on est très inspirés par nos sources.

 

 

 

Une question pour Thierry Lamy, comment se passe le travail de documentation sur une histoire comme celle-ci qui reprend des personnages historiques ?


Thierry Lamy: Je travaille dans une bibliothèque et je suis historien de formation. J’adore l’histoire et je ne conçois pas un  scénario sans me documenter vraiment à fond sur la période choisie. Même si l’univers est complètement fantaisiste, je me suis beaucoup documenté et il y a des personnages qui sont vrais, même ceux qu’on ne soupçonne pas. Wanekia, par exemple, a réellement existé. Je transforme, je transpose mais je ne raconte pas n’importe quoi.

 

 

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Comment composez-vous entre le style de l’album et la justesse historique ?


Thierry Lamy: En général, il y a une seule chose qui va primer ; c’est la dramaturgie. Donc on peut tordre le coup à l’histoire. Pour sortir un peu de Hell West, je suis sur un projet  avec des chemineaux en 1940, ça s’appuie sur une chronologie très précise mais il y des trous. Et, à un moment donné, la dramaturgie s’empare de ces trous, je comble. C’est la dramaturgie qui prime. Pour Hell West, c’est beaucoup plus facile parce que c’est imaginaire. L’histoire a une base historique  mais on part dans notre délire et c’est ce qui compte.

 

 

 

Ces personnages historiques sont en fait des « guest stars » ?


Thierry Lamy: Oui mais pas des « guest stars » pour des « guest stars ». Ce sont des « guest stars » qui nous ont touché, Custer c’est le Custer de Little big man. Wild Bill Hickock, Buffalo Bill, …


Frédéric Vervisch: Beaucoup de scénaristes font ça mais c’est pour donner un truc genre clin d’œil. Avec Thierry, chaque personnage historique joue vraiment un rôle. Il a permis de conserver ce qu’on sait de chacun.

 

 

 

Ce sont de vrais personnages, pas des figurants.


Frédéric Vervisch: Ce sont de vrais personnages avec un rôle réel à jouer, d’ailleurs Custer a un rôle déterminant dans l’histoire.  


Thierry Lamy: Et certains s’invitent en cours de route.


Frédéric Vervisch: Et il y en a d’autres qui vont arriver et qui sont géniaux. Le but, c’est de s’éclater. Je prends mon pied quand je vois un Tarantino ou quand je lis un Frank Miller, je veux retraduire ça.


Thierry Lamy: On veut que les émotions soient les mêmes.


Frédéric Vervisch: On est des gamins qui jouent aux cow-boys sur un tas de terres « Pan, t’es mort ! », « Non, c’est toi ! », « eurghh !!! » (rires). Mais c’est vrai qu’on a passé les quarante balais, donc on a structuré nos histoires de gamins. On joue au Playmobiles. Régression !

 

 

 

Maintenant une question pour Frédéric Vervisch, votre dessin noir et blanc donne un sentiment de travail sur papier, à l’encre… et pourtant vous travaillez sur palette graphique, comment êtes-vous arrivé à cette technique ?


Frédéric Vervisch: Au début, je faisais des dessins traditionnels, à l’encre. J’avais une technique très traditionnelle mais, quand je scannais mes planches pour les envoyer par mails à l’éditeur,  j’ai commencé à faire des petites retouches à la palette graphique. Et puis, au bout d’un moment : « Tiens, ce personnage-là, il faudrait qu’il soit plus en colère que rigolo ». Comme je n’ai pas le temps de rescanner, je redessine sur palette. Petit à petit, j’ai fait beaucoup d’illustrations sur palette et, au bout d’un moment, je suis parti sans papier. Je me dis : « J’y vais ! ». Je trace mon format et… ça c’est plus pour les dessinateurs… je fais beaucoup de sélections au lasso (photoshop), je fais des silhouettes. Quand on a une silhouette en noir, après on y va à la gomme, c’est un dessin fait à l’envers. Je pars aussi de la technique de la carte à gratter, tu as une carte noire, tu grattes et ça donne un trait blanc.

 

 

 

Vous travaillez la lumière plutôt que l’ombre.


Frédéric Vervisch: Oui, voilà. Tu peux faire l’essai, si tu prends un fond noir et que tu fais juste une accroche de lumière d’un visage de profil, tout de suite c’est magique. Alors que si tu fais l’inverse, sur un fond blanc tu fais une silhouette de profil en noir, …ben si t’es pas Giraud, ça marche pas tout de suite. Giraud quant il faisait un Blueberry de profil … j’adorais ces profils. Moi, je vais plutôt chercher un peu de lumière dans le noir.

 

 

 

Dans cet album vous utilisez un style plus personnel ?


Frédéric Vervisch: J’ai pu m’exprimer avec un scénariste avec qui ça se passait vraiment bien. On avait envie de défendre le même univers, donc j’ai été libre. Il m’a dit « Vas-y, éclate toi. ». J’ai fait une série qui s’appelle Chinn  et j’avais un scénariste qui était aussi dessinateur et il me disait : « Là, sois plus réaliste. ». Et il m’orientait vers ce qu’il aurait aimé dessiner. Quand le scénariste essaie de prendre ta main en disant : « Moi, je veux que tu dessines ça comme ça. », tu le fais mais tu n’as pas d’espace pour te lâcher. Alors qu’ici, Thierry,  il n’essaie pas d’être mon cerveau, il me dit : « Je te propose ça, qu’est-ce que tu me réponds ? ».


Thierry Lamy: C’est comme ça aussi que je conçois le scénario. Si je veux imposer un visuel au dessinateur, autant que je fasse le dessinateur. Quand j’étais petit, je voulais faire dessinateur mais les copains m’ont vite dit « Tu dessines bien mais il faut que tu tiennes tout un album. Par contre, fais du scénario ! ». J’ai suivi leur conseil et maintenant je m’éclate plus en scénario. Et quand je vois que, sur quelques indications, on donne vie à tes personnages, à une scène que tu n’imaginais pas du tout comme ça  et que tu as une excellente surprise, je préfère ça. Ça ne m’intéresse pas d’avoir un robot, je veux quelqu’un qui me donne des surprises. Je veux retrouver cette émotion de quand je lisais des BD, je regarde le dessin et « Waouw ! ». Ici, c’est la même chose sauf que c’est moi qui écris l’histoire. Et puis après, on se répond l’un l’autre, c’est un jeu.


Frédéric Vervisch: C’est très dur de trouver un binôme qui fonctionne bien. Parfois, il y a une attente qui n’est pas la bonne. Et parfois, c’est l’éditeur qui peut ne pas comprendre et t’emmener dans un terrain qui n’est pas le tien. J’ai proposé à Bamboo un western chinois, un truc sur des moines shaolin, un peu sombre. Ils me répondent : « Ouais c’est bien mais on a un autre truc à te proposer. Gullia. C’est un truc pour les gamins ». Souvent, l’éditeur s’en fout un peu de ce qu’on a envie de faire et te projette dans autre chose. Souvent, je dis « ok » mais ici on nous a demandé : « Qu’est ce que vous avez dans le bide les gars ? ». Alors on s’est exprimé.


Thierry Lamy: On y allait à fond.


Frédéric Vervisch: Il n’y avait personne pour nous arrêter.


Thierry Lamy: Quand on discutait au téléphone, on était même dépassé par ça. Les dialogues, les scènes qui venaient toutes seules, je les envoyais à Fred. Il trouvait ça génial, il m’envoyait un story-board avec une mise en scène hors paire et ça ne s’arrêtait plus. C’était magique.

 

 

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Sadawe propose une expérience unique grâce au financement de l’album par des internautes (édinautes), comment se passe votre travail en parallèle de l’évolution de ce financement ? On imagine que vous ne démarrez pas le travail dès les premiers pourcents de financement ?


Thierry Lamy: Non, il faut être clair. On ne prendra pas le risque de travailler pour rien. C’est un vrai travail qui prend du temps.

 

 

 

Il existe un stress à suivre l’évolution du financement ?


Frédéric Vervisch: C’est vrai que, comme parfois il y en a qui retirent …

 

 

 

On peut retirer son financement ?


Frédéric Vervisch: Oui, on arrivait à 25.000…, 25.340…, 25.380 … et, d’un coup, t’es à …22.000 parce que t’en à un qui s’est barré. Et ça, ça fout les boules (rires).

 

 

 

Avez-vous des contacts avec vos édinautes ?


Thierry Lamy: Oui, notamment sur facebook. C’est assez étonnant.

 

 

 

Sur le site Sandawe on peut voir les montants investis, ça va de 8000 euros à 10 euros. C’est surprenant.


Frédéric Vervisch: On a pris parti de ne pas s’intéresser à ça sinon on commence à faire de plus belles dédicaces au mec qui a mis 500 euros. Il y en a qui ont mis 10 euros mais qui ont fait beaucoup de promo de l’album, qui avaient une vraie passion mais qui n’avaient que 10 euros. Mais il est vrai qu’un mec qui veut investir réellement dans la BD avec 8000 euros, pour nous c’est génial. Ça nous a permis de vraiment boucler le financement. Du coup, ça a boosté le financement et il y a eu une dernière ligne droite. On était tous sur facebook … « 97% !!!»… « 98% !!! »… On était comme des fous.

 

 

 

Qu’en est-il de Hell West 2 et 3 ?


Thierry Lamy: Le synopsis est bouclé mais pas le découpage. Je sais où va le récit. On commencera le travail quand on bouclera le financement.

 

 

 


vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interviewVous avez d’autres projets ensembles ?


Frédéric Vervisch: On aimerait bien faire un polar.


Thierry Lamy: Notre problème, c’est qu’on n’a pas le temps mais l’envie est là. On a envie de travailler avec plein de gens mais ça reste une question de temps. Quand je vois les dessins de Fred, ça m’inspire. Quand il fait une femme fatale avec un flingue et de la fumée, il y a quelque chose qui se met en marche dans ma conscience. J’ai envie de mettre en scène  ce qui lui est arrivé, de savoir qui elle a tué. L’envie est bien là…surtout avec ce zigoto.


Frédéric Vervisch: Je suis surtout content d’avoir trouvé un scénariste avec qui je m’entends. Ça n’a pas toujours été le cas. Je ne suis pas quelqu’un de difficile mais j’attends qu’on me laisse respirer.


Thierry Lamy: Dans ma méthode de travail, j’écris et je fais mes propres dessins mais je ne les montre pas. J’essaie juste de voir s’il y a une solution et si ça va fonctionner, la densité des dialogues, le rythme, etc. Et ça me permet aussi de visualiser. Si c’est une scène de dialogues, je l’écris normalement. Si c’est une scène d’action, jela dessine. A la fin, je repasse à un découpage normal, je lui confie le truc…et il se démerde.

 

 

 

L’avenir de la BD passe t-il par internet, la BD numérique ?


Thierry Lamy: Personnellement, je pense qu’on va y venir automatiquement, je ne sais pas quand. On va vers une dématérialisation des supports.


Frédéric Vervisch: Je pense qu’il y a des pistes encore inexplorées, qu’on va découvrir dans les années qui arrivent des choses qu’on ne soupçonnait pas dansla BD, l’animation, les palettes, les I-pad. Ça va donner des trucs surprenants.


Thierry Lamy: Ça commence déjà d’ailleurs. Les problèmes dela BD numérique sont les mêmes que pour la musique et le cinéma. Quel modèle économique ? Est qu’on va vouloir un modèle gratuit ? Le téléchargement illégal, etc. Comment vont vivre les auteurs ?

 

 

 

On vit une période charnière ?


Thierry Lamy: Voilà, ça nous pend au nez. Sur les droits d’auteurs, on a environ 10% sur un bouquin. On peut dire que ça va. Sur une BD numérique qu’on vend 3 ou 4 euros… que veux-tu faire avec ça ? Il faut trouver un système qui rémunère les auteurs à leur juste valeur. C’est une grande question à se poser. Le problème, ce n’est pas tellement le numérique mais le modèle économique à suivre pour que tout le monde y trouve son compte, lecteur, éditeur et auteur.

 

 

 

Pour finir, une question plus légère. Clint Eastwood ou John Wayne ?


Frédéric Vervisch: Clint Easwood (rire).


Thierry Lamy: Clint Eastwood. Mais j’ai une tendresse pour John Wayne … un peu comme on aurait une tendresse pour un grand-père.


 Frédéric Vervisch: Dans Hell West, on est plus Clint Eastwood.

 

 

 

 

William

Hell West, tome 1, Frontier Force

couverture.jpgboard_243_orig.jpg1875, à l’ouest du Mississippi se trouvent des terres hostiles truffées de créatures fantastiques, d’esprits  et d’indiens shamans appelées le Hell West.

 

A l’est, les White States of America, qui rassemblent les blancs dans une sorte d’Amérique bis, veulent envahir l’ouest. Outburst, qui appartient aux Frontier Forces, en mission pour le Président Jefferson Davis, est chargé de retrouver un objet volé qui alimente les tensions entre les deux camps.


 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la maison d’édition Sandawe tire dans tous les sens/ genres. Hell West sort des sentiers battus.

 

Hell West est un roman graphique qui ne ressemble à rien de connu. L’album se singularise par son scénario qui mélange les genres avec un talent rare. Il faut dire que l’histoire nous a montré que le western se fragilise rapidement dès qu’on le mêle à d’autres styles. Le scénariste, Thierry Lamy, réussit pourtant cette prouesse de l’association du western et du fantastique alors que de grands noms de la BD et du cinéma (le western reste avant tout un genre cinématographique) s’y sont cassé les dents (dernier en date : Cowboys et envahisseurs).  Alors, comment Thierry Lamy fait-il la différence ?   Hell West ne se limite pas à greffer du fantastique sur du western, le scénario fait également preuve d’humour et de second degré très habilement distillés tout au long des 112 pages de ce premier tome. Les dialogues, vifs et rafraîchissants, méritent à eux seuls le détour.

 

Hell West rassemble des personnages secondaires improbables. Buffalo Bill, Custer, Wild Bill Hickock et d’autres sont, en quelque sorte, les guest-stars de cet album.

 

Outre la claque scénaristique, il y a l’impact visuel ; le dessin de Frédéric Vervisch est un véritable électrochoc. Cette œuvre en noir et blanc utilise un clair/obscure tranchant, sans concession. Le trait fait, quant à lui, preuve de flexibilité ; il sait se montrer souple dans les moments plus légers et plus raide dans les instants tendus. Les qualités graphiques de Hell West sont indiscutables. Dessin et scénario sont au service l’un de l’autre dans une parfaite harmonie.

 

Sandawe est un éditeur 100% belge qui fonctionne par investissements participatifs. Les internautes deviennent éditeurs, ce sont des édinautes. Le projet Hell West a été financé à hauteur de 40190 euros (en parts de 10 euros).

 

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Le+ : Un projet fou, une claque scénaristique, un choc visuel… l’album que l’on n’attendait pas forcément. Des surprises comme celle-là, on en veut bien plus souvent.

 

Le- : Un tel album méritait un tirage avec de plus belles finitions et surtout un plus beau papier.


Infos en vrac

Série, tome 1/3

Parution : mars 2012

Prix : 13,50 euros

Dessin : Frédéric Vervisch

Scénario : Thierry Lamy

Editions : Sandawe

 


Marc, l’un des 260 édinautes de Hell West a accepté de répondre à trois questions.


Qu’est ce qui vous a poussé à investir dans le projet Hell West ?

J’étais séduit par le concept mais j’avais loupé le premier projet financé Il Pennelo. J’avais envie de voir de l’intérieur comment cela se passe, quels seront les résultats des ventes et des frais, etc. J’ai investi 20 euros sur ce projet car ce montant permet de recevoir un exemplaire de l’album. Je pense que ce n’est pas cher payé pour soutenir un projet. Compte tenu du prix de vente de l’album en librairie (13,50€), un investissement financier à plus long terme de 6.50€ n’est pas excessif, loin de là, pour participer à cette aventure. Par contre, je ne suis pas aussi sûr que des édinautes qui ont investi beaucoup plus revoient la totalité de leur investissement. Je me réjouis de voir dans 6 mois les premiers comptes financiers. Je me suis rabattu alors sur le projet Hell West qui était un des plus avancés et dont le graphisme me plaisait bien.


Que pensez-vous de l’album, maintenant que vous l’avez lu ?


Je l’ai lu!…J’ai d’abord été surpris par la dimension et le type d’album. Je voyais l’album plus grand et cartonné. Je n’ai pas du lire tous les renseignements techniques sur le livre. Je me rappelle aussi que
Sandawe avait abaissé le prix du projet en revoyant le budget à la baisse. Le produit a peut-être évolué. Il faudrait poser la question sur la genèse, le développement et le financement du projet à Sandawe. Mais après réflexion, je trouve l’album sympa et d’un prix abordable compte tenu du nombre de pages. Au niveau du graphisme, c’est à la hauteur de ce qui avait été proposé. Je ne suis pas déçu. Par contre pour le scénario, j’ai eu plus de mal. Le pitch de l’histoire laissait entrevoir quelque chose de déjanté, novateur et sortant de l’ordinaire. A la lecture, j’ai trouvé que cela partait dans tous les sens et à plusieurs niveaux de l’histoire. Par moment, j’ai du sérieusement m’accrocher. Mais je dois bien avouer que ce type de littérature n’est pas spécialement ma tasse de thé. Je m’attendais à une histoire un peu plus soft, moins débridée! Mais j’assume ce choix. Ici, il s’agit de soutenir un projet artistique. Je pense qu’il y a un public, plus jeune que moi, plus ouvert à ce genre de BD. Il faut toujours se souvenir que la présentation d’un projet est toujours réductrice et qu’on ne voit vraiment le résultat définitif qu’à la lecture, lorsque vous avez le livre en main. Un investissement a une part de risque, surtout quand il s’agit d’un projet culturel. Vous comprendrez aussi que la lecture numérique ne m’intéresse pas, je reste un adepte du livre physique.


Y a-t-il d’autres projets Sandawe qui vous attirent ?

A l’heure actuelle, j’ai investi 20 € sur le tome 2 de Maudit mardi de Nicolas Vadot. J’ai beaucoup aimé le tome 1 et c’était beaucoup plus facile pour moi d’investir en ayant lu ce premier tome. Je vais voir de temps en temps sur le site Sandawe pour y jeter un œil. J’espère que Hell West tome 2 sera vite financé car ce serait bête de laisser l’aventure pendante après le 1er tome…C’est probablement mon futur investissement.

 

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William 

 


Le salon Made in Asia 2012 (MIA)

Depuis la genèse de ce blog BD, on est à la recherche d’un spécialiste Manga, c’est un peu notre monstre du Lochness . Alors, je pars à la chasse et quoi de mieux pour trouver cette perle rare que le salon Made in Asia à Bruxelles expo le 30/31 mars et 1er avril.

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L’affiche du MIA 2012 avec un lien vers le site officiel pour connaitre les heures d’ouverture, le programme, les exposants, les activités et plein d’autres bonnes choses.
Une petite vidéo ICI pour monter l’ambiance qui y règne.

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Ca vous dirait de devenir chroniqueuse mademoiselle ?

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Mais ne partez pas  si vite!!!!!

Bon, je vous attends tous à Made in Asia  avec votre lettre de motivation.

Echo T5 : Trou noir.

echo t5.jpgecho.jpgAuteur : Terry Moore.
Editeur : Delcourt.
Sortie : 03/2012

Ah les filles !

Julie et Ivy sont toujours retenues en otage. Les deux jeunes femmes doivent tout faire pour s’échapper, car si elles ne récupèrent pas ce qui reste de l’Alliage 618, détenu par Caïn, elles ne pourront plus arrêter le processus en cours. Les conséquences seraient terribles, et c’est l’avenir de toute l’humanité qui est menacé… Leur seule chance de réussite et de survie : Annie !

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Paroles de Chanson : Mes mains sur tes seins

Sois pas fâchée Julie si je rajeunis
Mes souvenirs de mes quinze ans
Me chamboule l’esprit
Avec ma voix d’adolescente
Ces combats pour sauver le monde
Ont préparé un grand amour
Et c’est pourquoi je te protège Julie
Et je me présente à mon tour,
Oui je suis Ivy et j’ai les seins de nouveau bien fermes
Et les présente tour à tour
Refrain
Mais laisse mes mains sur tes seins
Ne fais pas ces yeux furibonds
Oui tu l’auras ta revanche
Tu pourrais remettre du 38

Dans chaque fille que j’ai connue
C’est un peu toi que je cherchais
Quand dans mes bras je les ai tenus
Moi Ivy, je t’enlaçais.
Que tu es sortie d’une expérience militaire
Pour venir habiter le rêve d’Annie
Et un trou noir serait bien regrettable
 Et que notre amour ainsi s’achève
Oui ce serait bien regrettable
Que notre amour ainsi s’achève avec ce foutou tome 6

Refrain
Mais laisse mes mains sur tes seins
Ne fais pas ces yeux furibonds
Oui tu l’auras ta revanche
Tu pourrais remettre du 38
La la la la la la la…Echo echo echo……..

Dessin :9/10
Scénario :7.5/10
surprises.smileysmiley.com.8.2.gif Global.

On en parle sur le forum.

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De cape et de crocs. L’intégrale Acte I et II

cape3.jpgcape4.jpgAuteurs : Ayroles et Masbou.
Editeur : Delcourt.
Sortie : 10/2010.

Le loup et le renard.
À bord d’un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un écrin, dans l’écrin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte… l’emplacement du fabuleux trésor des îles Tangerines ! Il n’en faut pas plus à deux fiers gentilshommes, fins bretteurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geôles en galères, les mènera jusqu’aux confins du monde.

Les pirates en vadrouille.
Gentilshommes de la brette, bonjour.
Je continue à batailler ferme le fleuret haut avec mes échanges Erasmus entre forumeurs .En fait, il s’agit d’un achat démocratique, presque une aumône, sur les 2 premiers intégrales.
Hardi, j’entame ma lecture et découvre un monde haut en couleur et au verbe fort. La rapière est de sortie et les combats pour l’honneur et la  grande aventure résonnent à travers les  pages. Les situations cocasses et coups fourrés  s’enchainent  à un rythme infernal mais nom d’un loup, qu’est ce qu’on s’amuse ! C’est un peu le capitaine fracasse qui rencontre Zorro avec les bons mots de Cyrano. En plus, on a droit à une lecture alternative de quelques beaux mythes comme l’Atlantide ou l’hollandais volant Bref c’est plein de surprise et d’amusement surtout que le dessin de Jean Luc Masbou joue bien avec les effets visuels du plus bel effet.
Allez, un trésor m’attend, l’intégrale des actes III et IV.

Scénario :8/10
Dessin :8.5/10.
surprises.smileysmiley.com.8.2.gif Global.

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De Cape et de Crocs1.jpg

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Samba

 

White Out tome 1 et 2

Whiteout1.jpgWhiteout2.jpgWhiteout1u.jpgAuteurs: Rucka et Lieber
Editeur :Akileos.
Sortie :10/2008 ( première edition02/2003).

Crever de froid.

L’Antarctique. Froid, désert, rien que de la neige et de la glace sur des kilomètres et des kilomètres. Carrie Stetko est un Marshal américain et la banquise est devenue sa maison. Elle a trouvé dans son immensité un endroit où elle peut oublier son passé troublé et se sentir en paix…

… Jusqu’à ce que quelqu’un commette un meurtre dans sa juridiction et brise le calme qui régnait. Le meurtrier est un homme parmi cinq étalés sur le continent et il a d’autres raisons de se cacher que ce meurtre. Plusieurs morceaux de glaces ont été prélevés autour du corps et la profondeur des forages signifie que quelque chose a été enlevé. C’est là que Lily Sharpe entre en scène : un agent du gouvernement britannique qui veut découvrir ce qui est si important pour justifier la mort d’un homme. Mais est-ce que les deux femmes sont prêtes à découvrir les secrets et les traîtrises qui se cachent au coeur de cette situation ?

Froid de canard

Alors que le printemps commence à poindre son nez, voilà que dans les échanges Erasmus des chroniqueurs, on me passe les deux tomes de WhiteOut . De quoi jeter un froid vu que l’action de cette BD se déroule en Antarctique (je suis bon pour un bon catarrhe moi…non pitié pas un cathare !!!!). Bon avant d’éternuer, la lecture donne de bonnes explications sur les conditions pour y survivre, de quoi avoir « froid dans le dos » ! Franchement, il faut s’équiper d’une bonne doudoune pour suivre les aventures polaires de Carrie Pitbull Stetko . Notre marshal (au tempérament bien trempé et qui souvent jette un froid où elle passe) est un personnage très attachant grâce à une psychologie bien étoffée. Ce thriller a même été adapté au cinéma mais visiblement le film a eu l’effet d’un grand froid sur les critiques. Même Kate Beckinsale n’a pas su les réchauffer. A contrario, la BD est nettement plus inquiétante et rend admirablement bien l’âpreté des lieux. Ce qui n’est pas évident à faire vu cette abondance de blanc ou de neige pour un dessin en N&B. Bref, si vous aimez les thrillers made in US, ces deux albums sont assurément pour vous.

Dessin : 7/10
Scénario Tome 1 8/10 Tome 2 7/10
surprises.smileysmiley.com.7.3.gif Global.

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SAMBA

La douceur de l’enfer T2.

Douceur de l'enfer (La)2.jpgalbum-page-large-15702.jpgAuteur : Grenson.
Editeur : Le Lombard(Signé).
Sortie : 03/2012.

Le traitre.
Pour honorer la mémoire de son grand-père, tombé au front de la guerre de Corée, Billy summer participe à un voyage organisé par des vétérans, au sein de la célèbre « zone démilitarisée ». C’est là qu’il apprendra la vérité sur cet aïeul qu’il admirait tant : le héros de la guerre est en fait un déserteur qui vit aujourd’hui en Corée du Nord, complice de fait d’un régime dictatorial absurde. La rencontre entre les deux hommes va bouleverser leur vie et faire peu à peu s’effriter leurs certitudes.
La fuite.
Après la lecture de cette fin de diptyque, je me dis que le titre « la douceur de l’enfer » est « on ne peut plus judicieux ». L’enfer pour cette guerre interminable entre les deux Corée, l’enfer psychologique d’une fuite sans retour, d’un secret trop lourd à garder pour un gamin. La douceur grâce à l’amour d’une femme, d’un frère qui vous redonne un brin d’espoir. C’est sur ces deux nuances qu’arrive à magnifiquement jongler, un Olivier Grenson impressionnant de maitrise pour nous croquer la moindre parcelle de sentiment. Mais toujours aussi avec une retenue presque asiatique  qui renforce le caractère très posé et sans excès de ces deux hommes « normaux »mais dont la destinée est plutôt exceptionnelle. Si j’aurais un mot pour définir cette BD, ce serait  » sensibilité ».
C’est rare qu’une BD nous permette de toucher ainsi au plus profond de l’âme des personnages, Olivier Grenson y arrive notamment grâce à son trait fin et magique. Cette BD, c’est aussi l’occasion de faire un voyage en Corée et de découvrir les coulisses d’une frontière des plus étranges. A mon avis, un peu comme pour les derniers jours de Stephan Zweig, on accroche ou pas à ce genre de BD mais si c’est le cas, c’est une invitation aux émotions qui vous attend.
Dessin : 10/10
Scénario : 8/10
surprises.smileysmiley.com.9.gif Global.

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WAYNE SHELTON – Tome 10: La rançon

Couv_143490.jpgPlancheA_143490.jpgDessin : Christian Denayer – Scénario : Jean Van Hamme

Editions Dargaud

Sortie : 04/11/2011

48 pages

Prix conseillé : 11,99 €

ISBN : 978-2-5050-1154-5

Aventure, Polar, Thriller

 

 

Résumé (de l’éditeur: Lieutenant de l’US Army, la fille d’un milliardaire, ami de Wayne Shelton a disparu aux confins de l’Irak. Un message indique qu’elle est l’otage d’un chef de guerre. Celui-ci réclame une fortune en diamants pour sa libération. Shelton accompagne sur place le fiancé de la demoiselle chargé de remettre la rançon. Mais le ravisseur ne se manifeste pas ! Tandis que le comportement du futur gendre se révèle de plus en plus suspect, voici que la prisonnière réapparaît soudain libre comme l’air…

 

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Mon avis : Sacré Wayne ! Tu nous étonneras toujours ! Eclats de rire !…Ou plutôt sacré Jean Van Hamme ! Wayne Shelton n’est-il pas le clone rêvé de Jean Van Hamme mais aussi son havre de paix, sa source de jouvence…On pourrait certainement faire une longue étude psychologique et sociétale du personnage. Mais j’ai franchement l’impression que Jean Van Hamme ne s’est pas fait prier pour reprendre le scénario de cette série dont il avait pourtant juré de s’en défaire pour se consacrer à d’autres projets. « Son Altesse Honesty » avait été un retour remarqué, « La rançon » est dans la même veine. Un album « grand public » avec un dessinateur de métier au graphisme abouti, une histoire sympathique et délassante avec des jolies filles, de l’action et des beaux décors. Au résultat, un album facile et agréable à lire, bouclé en 48 planches, à un prix abordable….Que demande de plus le peuple ?

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J’ai surtout apprécié l’humour décalé du scénario et certaines scènes et répliques qui valent leur pesant d’or. Van Hamme se moque de son personnage Wayne Shelton, beau héros vieillissant, qui doit assumer sur le plan financier et sur le plan physique pour maintenir son rang. D’où cette réplique culte de Honesty à Wayne Shelton : « -Tu vieillis, Wayne Shelton. Il serait temps de penser au fauteuil à bascule et aux pantoufles. » Faut-il vraiment se cotiser pour payer une paire de pantoufles à Jean Van Hamme ? Confortable les pantoufles, hein ! Cet album est très plaisant, aura du succès mais il n’obtiendra pas de prix à Angoulème…

 

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Graphisme :   7,5/10

Scénario :     7,5/10

Moyenne :     7,5/10

 

Capitol.

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