Ile au trésor (L’)

4943_c.jpgL’Île-au-trésor-2-555x751.jpgScénario : Venayre Sylvain

Dessin : Stassen Jean–Philippe

Editeur : Futuropolis

DL : 02/2012

96 pages

 

L’île ? Un énorme chantier, entouré de palissades, gardé par des vigiles. Le trésor ? Une valise de 200 millions d’euros, un pot-de-vin destiné aux promoteurs de l’immeuble en projet. Jacquot, petite fille vive et téméraire, mature et intelligente va être mêlée à des jeux d’adultes violents autour du magot.

Présentation-LÎle-au-trésor-c5p30.jpgVous l’avez compris, ici Sylvain Venayre rend hommage à l’immense talent de Robert-Louis Stevenson en transposant son récit dans un milieu ultra urbain. Tout est calqué sur le roman : même nombre de personnage, découpage identique de l’intrigue en six parties jusqu’aux noms des protagonistes où il s’amuse à faire des traductions : Long John Silver devient ainsi Petit-Jean Dargent ou le Capitaine Flint devient la société Silex. C’est extrêmement dérangeant de voir le scénario coller au plus près de l’œuvre originale ! On se surprend à rechercher les similitudes dans nos souvenirs (lointains !) de lecture. Depuis l’épopée romantique des pirates Caraibéens, les hommes sont toujours aussi cupides, sauvages ou individualistes. Cette histoire ne manque pas de rebondissements, de trahison et d’action en tout genre. Pourtant cela manque de rythme. Le choix du découpage classique en gaufrier ou le trait de Stassen y est peut être pour quelque chose. S. Venayre prend bien soin de ne prendre parti ni pour l’un, ni pour l’autre. Pas de manichéisme ! Tout le monde est renvoyé dos à dos. Comme si l’œuvre « d’idéal d’ordre et de progrès » de Petit jean Dargent était inaccessible.

 

Ici encore JP Stassen fait référence à ses voyages : les personnages sont multiples etPrésentation-LÎle-au-trésor-c7p19.jpg de toutes origines avec une affection particulière pour l’Afrique. Le dessin est pour beaucoup dans la sensation de malaise du récit. Les couleurs sombres, les aplats francs, sans nuance contribuent magnifiquement à étayer la transposition de l’œuvre originale dans le monde du XXIème siècle. L’expression graphique très personnelle de dessinateur nous saute aux yeux : c’est du JP Stassen. Le trait est épais et infantile. Il existe un ressenti d’immatérialité des personnages. Les acteurs deviennent ainsi impalpables tant physiquement que moralement. Mais y a t-il seulement une morale ? Peut être est-ce sa façon de prendre du recul dans cette société de par trop incohérente !

 Présentation-LÎle-au-trésor-p6.jpg

Cette relecture du roman est pour le moins surprenante. Le plaisir est là. Mais le malaise aussi. On retiendra l’innocence perdue du témoin infantile, tristement entrainé dans un monde violent d’adultes incapables de la protéger.

Une preview ici

Dessin : 8/10

Scénario : 8/10
Tigre volant

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