INTERVIEW PATRICK PINCHART (SANDAWE)

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingSandawé vient de passer le cap symbolique des 500.000 € de fonds investis dans ses projets via le crowdfunding (financement par les lecteurs via le net).

C’est le moment de faire le point avec Patrick Pinchart, fondateur, directeur éditorial et gérant de Sandawé. Rappelons également qu’il a été éditeur aux Editions Dupuis, fondateur du site actuabd.com, et à deux reprises rédacteur en chef du journal « Spirou ». Une pointure donc dans le secteur de l’édition !

SambaBD: Pouvez-vous nous rappeler en quelques dates importantes l’historique de Sandawé ?

 

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingcapitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart:Les éditions Sandawe sont nées administrativement en 2009, mais le lancement officiel date du 10 janvier 2010. Pour l’anecdote, le 18 janvier, je faisais une chute de 18 mètres et échappais de justesse à une fin prématurée digne de celles imaginées par Jean Van Hamme, et la maison d’édition a donc été gérée durant près d’une année… d’un lit d’hôpital, grâce au miracle d’internet. Cinq mois après, un premier album était financé par les internautes (que nous appelons “édinautes”, contraction de “éditeur” et “internaute”), c’était “Il Pennello”. Un an après, le premier album édité paraissait en librairie, “Maître Corbaque”. Trois ans ans après, douze albums ont déjà été financés et, pour la plupart, déjà dans le commerce.
 

SambaBD: Depuis le lancement de Sandawé, d’autres initiatives ont vu le jour dont « My Major Company », une émanation d’un grand groupe de presse actif dans la BD, avec des « dérives marketing » dont on a beaucoup parlé sur les forums spécialisés. Votre concept est-il toujours resté le même par rapport à la philosophie de départ ou avez-vous dû l’adapter au marché en constante évolution ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingcapitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart:Notre concept est resté le même, c’est à dire une maison d’édition qui, avec l’aide des internautes, permet à des auteurs de voir aboutir leurs projets d’albums et, en échange, rétribue ces mêmes internautes en leur offrant divers collectors (édition spéciale, numérotée et signé ou dédicacée, ex-libris, tirages sur toile, dessins inédits, etc.) et une participation aux bénéfices. Une maison d’édition par ailleurs tout à fait traditionnelle puisque les albums sont imprimés par le meilleur imprimeur BD (Lesaffre, à Kain près de Tournai), défendus par des équipes commerciales spécialisées (Dilbel en Belgique, LaDiff en France) et distribués par le plus puissant distributeur européen, Hachette.


Une question d’un lecteur de SambaBD :
Est-il possible de consulter sur Sandawé.com les chiffres des tirages et des ventes des albums publiés ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart: Les chiffres relatifs aux albums sont communiqués aux édinautes des projets, et à ceux-ci seulement. Un bilan est effectué tous les six mois, dès que nous avons des chiffres fiables de notre distributeur, c’est à dire au moins six mois après la parution de l’album? Auparavant, les risques de retour sont encore trop importants pour qu’on puisse faire un bilan crédible.


SambaBD: Qu’est ce qui vous détermine a accepter un projet et sa mise en ligne ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart:Comme tout éditeur, nous cherchons avant tout des projets d’albums réellement professionnels, ayant un potentiel commercial. Contrairement aux autres éditeurs, nous n’avons pas des collections dans lesquelles les projets doivent absolument s’insérer. Cela nous laisse donc très libres quant au choix et nos critères sont donc avant tout qualitatifs : ces projets sont-ils de qualité avec un scénario de qualité et un dessin de qualité ?


SambaBD: Hell West a eu une bonne critique pour le tome 1 et pourtant le tome 2 tarde à être financé (24% de souscriptions). Dans le même ordre d’idée, vous avez un projet que je trouve très intéressant avec Renaud (dessinateur de Jessica Blandy), intitulé « d’encre et de sang » et pourtant la souscription des parts ne semble pas vraiment décoller (14% de parts souscrites). Comment expliquez-vous ce phénomène ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingcapitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart: C’est effectivement un processus qui prend du temps, avec des accélérations et des périodes de stagnation, et il faut avoir les nerfs solides pour s’engager dans cette voie. Je préviens systématiquement les auteurs de ces particularités : le crowdfunding n’est pas pour tous les auteurs.

SambaBD: Vous avez complètement rénové votre site internet dont la première version était lente et un peu décourageante. Avez-vous vu une hausse des fréquentations et de la souscription depuis la mise en ligne de la nouvelle version du site ?

Patrick Pinchart: Oui, très nette.

SambaBD: Vous avez un nouvel associé, Patrick Dumont. Quel est son rôle dans Sandawé, que va-t-il apporter de plus à la structure ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart: Il est responsable de tout ce qui est marketing et commercial, et complète donc mon profil éditorial, plus axé sur les aspects créatifs que de gestion.

SambaBD: Après ces premières années d’expériences, parvenez-vous à mieux cerner ce qui fait bouger les édinautes pour soutenir un projet ?

Patrick Pinchart: Oui, bien sûr. On s’est rendus compte que plus l’auteur est impliqué dans l’animation du mini-site du projet, plus il a de chances de le financer. Il est donc indispensable d’être pro-actif.

SambaBD:Vous vous ouvrez à l’érotisme, à des projets d’auteurs confirmés. Est-ce vous qui désirez diversifier Sandawé ou est ce des auteurs qui vous ont proposer leur projet ?

capitol,interview,patrick pinchart,sandawé,crowdfundingPatrick Pinchart: La diversification est inscrite depuis le départ dans notre projet et nous comptions introduire des projets érotiques dès que nous en aurions la possibilité avec, d’abord, un système de filtrage permettant de limiter l’accès aux adulte, et ensuite, bien entendu, un premier projet de qualité. Et “Dryade”, imaginé par une femme, est un projet érotique de très haute qualité, loin des scénarios très “premier degré” que peuvent imaginer des auteurs masculins.

SambaBD: Quels sont vos objectifs pour l’année 2013 ? Combien d’albums comptez-vous sortir en librairie cette année ? Combien de projets espérez-vous boucler en financement ?

Patrick Pinchart: Notre objectif est d’augmenter la communauté d’édinautes, car elle est encore trop réduite pour financer tous les projets que nous envisageons d’éditer : un minimum de 15 projets par an.

SambaBD: En quelques mots, que pouvez-vous encore dire à nos lecteurs pour qu’ils se rendent sur le site Sandawé.com ?

Patrick Pinchart: Qu’ils auront la chance de découvrir les faces cachées de la création de bande dessinée tout en dialoguant avec les auteurs et d’autres passionnés, et d’aider des projets de bande dessinée à naître. En outre, ils auront la chance, s’ils sont de vrais amateurs de bande dessinée, d’accéder à des collectors et éditions spéciales créés spécialement pour eux et qu’on ne trouvera jamais dans le commerce.

 

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SambaBD remercie Patrick Pinchart et Sandawé d’avoir répondu à nos questions.

Interview réalisé par Capitol pour SambaBD.

Lien vers le site internet de Sandawé: ICI. 

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