XIII – Tome 20: Le jour du Mayflower

Capitol, XIII, Iouri Jigounov, Yves Sente, William Vance, Jean Van Hamme,Bérengère Marquebreucq, Dargaud, Thriller, espionnage, complotCapitol, XIII, Iouri Jigounov, Yves Sente, William Vance, Jean Van Hamme,Bérengère Marquebreucq, Dargaud, Thriller, espionnage, complotDessin : Iouri Jigounov – Scénario: Yves Sente

Avec la participation de William Vance

Couleurs : Bérengère Marquebreucq

Editions Dargaud

Sortie : 18/11/2011

Prix conseillé : 11,95 € 

Genre : Aventures-Thriller

 

Résumé (de l’éditeur: Après avoir découvert la vérité sur son identité, XIII va tenter de percer les mystères de sa mémoire. Ce 20e album marque le début d’un nouveau cycle, où le héros cherche à retrouver ses souvenirs. Pour ce faire, une charmante psychiatre du Maine, le Docteur Suzanne Levinson, lui recommande la stimulation cérébrale. Grâce à cette expérience XIII croise la piste providentielle d’un vieux copain de classe, Jim Drake. Mais les tueurs de la USafe Incorporated empêchent les retrouvailles. Avant de mourir, Drake a néanmoins eu le temps d’évoquer devant son ami le jour du Mayflower. Voilà XIII face à un nouveau complot…

 

 

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Mon avis : William Vance et Jean Van Hamme ont décidé de passer la main. La série vedette de Dargaud est donc reprise par Iouri Jigounov (le talentueux dessinateur de la série « Alpha ») et le scénariste Yves Sente ( Blake et Mortimer, Thorgal,…).Avec ce nouveau duo de choc, Dargaud voulait absolument marquer l’essai et perpétuer le phénomène marketing de cette série emblématique de la BD franco-belge. La mayonnaise allait-elle prendre ? Les attentes du lectorat seront-elles rencontrées? C’est donc avec une pointe d’excitation mais aussi d’appréhension que j’ai ouvert ce fameux album…Tout d’abord, la couverture est bien dessinée par William Vance ainsi que les pages 42 à 45 qui retracent l’histoire du Mayflower, bateau qui a transporté les premiers vrais colons anglais, fondateurs de l’imaginaire historique de l’Amérique.

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Le dessin de Jigounov est somptueux mais ça, ce n’est pas une nouveauté. Dans le type de dessin « réaliste », c’est un maître, une référence. Un autre élément qui saute aux yeux,  ce sont les couleurs extraordinaires et vives de Bérengère Marquebreucq. Elles me font penser à la colorisation des albums de Largo Winch. J’aime ces couleurs saturées ! Reste le scénario d’Yves Sente, scénariste mis à toutes les sauces via des reprises de séries prestigieuses. Ne va-t-on pas arriver à la saturation d’un auteur mis à très large contribution ces derniers temps ? Je vous rassure de suite. Cet album est le début d’un nouveau cycle et l’histoire en elle-même est très prometteuse. J’ai l’impression qu’on est reparti sur de meilleures bases que le second cycle qui était plus basé sur de l’action basique, ressemblait plus à un allongement de la sauce qu’à un réel thriller d’espionnage sur fond de coup d’état. Cet album me fait plus penser au premier cycle de la série, où le mystère, les services secrets, des organisations privées opaques occupent le devant de la scène. Dès le départ, une expérience neurologique sur XIII va permettre de retrouver quelques éléments de son passé  enfouis dans sa mémoire bloquée. Et toute la mécanique se remet en route ! De nouveaux éléments mystérieux apparaissent, de nouveaux personnages, de l’action. Tous les ingrédients sont là pour relancer du bon pied la série. Reste à voir si Sente va tenir la distance…

 

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A noter qu’en fin d’album, une auto promotion pour « XIII mystery – tome 4 » avec les cinq première planches de l’album de la série « spin off ».Et si je vous disais que cette série est bien à la pointe du marketing ?

Mais ne gâchons pas notre plaisir… En conclusion, je crois que la série XIII est en de bonnes mains. Pour ma part, ce fut une lecture agréable et captivante.

 

 

Graphisme :  10,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     9.0/10

 

Capitol.

 

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AMOURS FRAGILES – Tome 5: Résistance.

Capitol, Amours fragiles, Jean-Michel Beuriot, Philippe Richelle,Castreman,Roman historique, 2e guerre mondiale, 40-45Capitol, Amours fragiles, Jean-Michel Beuriot, Philippe Richelle,Castreman,Roman historique, 2e guerre mondiale, 40-45Dessin : Jean-Michel Beuriot – Scénario: Philippe Richelle

Editions Casterman

Sortie : 26/10/2011

Prix conseillé : 14,95 € 

Genre : Roman historique-2e guerre mondiale

 

Résumé (de l’éditeur: Printemps 1943, sud-est de la France. 
Martin est revenu occuper son poste d’officier allemand après être allé enterrer son père en Allemagne. Très vite, il cherche à retrouver Katarina, devenue Catherine. Mais celle-ci a quitté les lieux pour Lyon, où elle a rejoint André-Louis, passé depuis peu dans la clandestinité. Tandis que Martin s’interroge sur son avenir – on soupçonne un général récemment arrivé de Berlin de vouloir réduire les effectifs de la Wehrmacht en France pour renforcer le front de l’Est –, Catherine saute le pas et décide de s’engager dans la Résistance…

 

 

Capitol, Amours fragiles, Jean-Michel Beuriot, Philippe Richelle,Castreman,Roman historique, 2e guerre mondiale, 40-45

 

Mon avis : Voilà une série qui petit à petit a fait son trou, sans grand tapage, mais qui est devenu une valeur sure du catalogue Casterman. C’est l’histoire d’un allemand engagé dans la Wehrmacht en France. Il y fait la connaissance de Katarina, devenue par la suite Catherine. Ils vont se perdre de vue car Catherine a décidé de changer de nom et de s’engager dans la résistance. C’est une superbe chronique de Martin, un allemand plongé malgré lui dans les fracas de la guerre 40-45. Il n’a pas le choix, il doit servir son pays sous peine de devenir un traître. Les auteurs nous permettent de voir l’autre face du miroir, du côté allemand. C’est très instructif. Ce cinquième tome est cependant radicalement différent des précédents. On y voit très peu Martin. Il est mis entre parenthèses momentanément. Ce tome se concentre sur Catherine. Il nous fait découvrir de l’intérieur la vie d’un réseau de résistance avec ses héros et ses traîtres, où chacun se demande qui est qui…

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J’ai dévoré cet album comme je l’ai fait pour les autres. Ceux qui aiment « Il était une fois en France » aimeront, je pense, « Amours fragiles ». Le dessin tout en finesse de Beuriot n’est peut-être pas aussi spectaculaire mais le scénario est un petit chef d’œuvre de Richelle. Si vous ne connaissez pas cette série, il n’est pas trop tard pour la période de rattrapage. Un petit bijou, reste pour vous à ouvrir l’écrin…

 

Capitol, Amours fragiles, Jean-Michel Beuriot, Philippe Richelle,Castreman,Roman historique, 2e guerre mondiale, 40-45

Graphisme :   8,0/10

Scénario :       9,0/10

Moyenne :     8,5/10

 

Capitol.

 

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Samb’or Scénario 2011

Elisez le meilleur scénario 2011 parmi cette sélection.
Il était une fois en France5.jpgatar gull.jpgalter ego.jpgCar l'enfer est ici1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Enfants de Jessica (Les)1.jpgXIII Mystery4.jpgSecrets - L'Angélus2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Notre mère la guerre.Troisième complainte.

Notre Mère la Guerre3.jpgNotre Mère la Guerre3p.jpgAuteurs : Kris et Maël.
Editeur : Futuropolis
Sortie : 11/2011.

Au front
Nous sommes en mai 1917, vingt-sept mois plus tard. Le lieutenant Vialatte est versé dans les chars, en première ligne. Gravement blessé, il sera soigné à l’hôpital militaire du camp de Marly-le-Roi. À sa surprise, le désormais commandant Janvier vient lui rendre visite. « Vous vouliez rendre justice à ces malheureuses femmes et à ces gamins perdus ? Je vous en redonne le pouvoir », lui dit-il en substance. Vialatte, tout juste remis de ses blessures, reprend donc son enquête à zéro…

En permission.
J’avais déjà trouvé les deux premières complaintes de bonne facture mais avec ce tome 3, on passe clairement à un niveau supérieur. L’introduction est déjà apocalyptique avec la charge des premiers blindés. L’action est magistralement mise en scène, on entendrait presque les obus exploser au delà des cases. Après un bref moment de douceur (merci Louise) l’enquête reprend et comme les révélations sont nombreuses dans cet avant-dernier album (et oui on a rajouté un opus), le puzzle commence à bien prendre forme. Mais le plus vient indéniablement des lignes-arrière, des rencontres sur une voie ferrée  ou de la vie dans un Paname incroyablement mis en valeur par Maël. C’est grand, c’est émouvant, c’est folie grâce à la compassion, à l’abomination, à la fraternité, à la bêtise et à l’amour qui traversent les pages de cet album d’exception. Franchement, j’en suis resté sur le cul tellement il y a de la force émotionnelle dans ce tome. En plus, on sent un très grand travail d’authenticité des auteurs pour bien retranscrire l’ambiance et les mentalités de l’époque. Bref, chapeau bas messieurs.
Dessin : 8.5/10
Scénario : 10/10
9-17b2.gif Global.

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MAGASIN GENERAL – Tome 7: Charleston.

Capitol, Magasin général, Régis Loisel, Jean-Louis Tripp,Casterman, aventures, vie sociale,QuébecCapitol, Magasin général, Régis Loisel, Jean-Louis Tripp,Casterman, aventures, vie sociale,QuébecDessin et scénario: Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

Couleurs : François Lapierre

Editions Casterman

Sortie : 23/11/2010

Prix conseillé : 14,95 € 

Genre : Aventures –Vie sociale

 

 

 

Résumé (de l’éditeur: Rien ne va plus à Notre-Dame-des-Lacs ! Depuis le retour de Marie et Jacinthe de Montréal, un vent nouveau souffle sur le village : les jeunes femmes du village profitent des beaux tissus rapportés pour se faire de nouvelles robes, les hommes jouent le Charleston et les vieilles, bien entendu, sont scandalisées. Marie, quant à elle, profite plus que jamais de son veuvage. Il est grand temps de remettre de l’ordre ! Sauf que… lorsque le curé propose d’élire un nouveau maire, personne ne veut se présenter !

Capitol, Magasin général, Régis Loisel, Jean-Louis Tripp,Casterman, aventures, vie sociale,Québec

 

Mon avis : Il se passe toujours du nouveau dans le village Notre-Dame-des-Lacs au Québec! C’est un trou perdu au fin fond des bois mais il y a de l’animation. Des évènements souvent anodins vont chambouler toute une communauté. Le personnage central reste Marie, la tenancière du magasin général, le lieu de rencontre de tout un village, le lien avec la civilisation, le chaînon important qui permet de vivre dans cette région perdue du québec. C’est déjà le tome 7 de la série et l’intérêt ne faiblit pas sur cette magnifique série de Loisel et Tripp, bien emmenée, magnifiquement dessinée à quatre mains. A noter également deux constantes de cette série : des dialogues en québécois savoureux et une colorisation au top !

Capitol, Magasin général, Régis Loisel, Jean-Louis Tripp,Casterman, aventures, vie sociale,Québec

Je ne vais pas vous faire un long discours sur une série régulièrement chroniquée sur SambaBD. Soit on adhère, soit on n’adhère pas. Mais si vous mordez à l’hameçon, vous en deviendrez vite accro…Pour ma part, à consommer sans modération !…

 

Graphisme :   9,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     8,5/10

 

Capitol.

 

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Samb’or Série 2011

Voici les 9 sélectionnés pour le titre de meilleure série BD 2011.
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Seuls6.jpgEcho4.jpgAntarès4.jpgAmours fragiles5.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Samb’or couverture 2011

Voici les 9 couvertures sélectionnées pour le Samb’or meilleure couverture 2011.

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Que la meilleure gagne.

Les aigles de Rome Livre III

Aigles de Rome (Les)3.jpgAigles de Rome (Les)3p.jpgAuteur : Marini.
Editeur : Dargaud.
Sortie : 11/2011

En Germanie
Même si Marcus et Arminius se sont quittés brouillés, l’empereur Auguste compte sur la force de l’amitié qui les unit pour que la lumière soit faite sur la rumeur qui fait trembler Rome.
Il envoie Marcus en mission secrète en Germania, berceau d’Arminius, pour déterminer l’implication de celui-ci dans la préparation d une rébellion de son peuple. Mais trahison et conspiration ne sont pas l’apanage des Barbares…

Sautera, sautera pas ?
En attendant Godot où plutôt en attendant la rébellion., voilà un titre qui irait à merveille pour ce tome 3. Tout un album pour faire monter la moutarde au nez, c’est vraiment trop long pour une déclaration de guerre qui a du mal à s’enclencher. En plus, on ne peut pas dire qu’on a droit à une analyse psychologique des protagonistes vu qu’ils sont tous assez caricaturaux. On oublie aussi le suspense, tout est clair depuis le début de l’album, on sait qu’Arminius fomente un coup de Trafalgar. Alors les faux semblants, les messes bases tombent quasiment tous à l’eau .. du Rhin. Bref,  je me suis ennuyé au fil des pages.
Heureusement le tout est sauvé par le dessin crapuleusement bon du dessinateur suisse. C’est aussi la raison majeure pourquoi on continue ce péplum surtout si c’est agrémenté des scènes torrides (on est quand même hyper prévisible comme lecteur non ?) .Tiens, au fait la série initialement prévue en 3 tomes vient de doubler. On comprend nettement mieux pourquoi on a ralenti le tempo d’un coup . Mais pourquoi ça ne m’étonne pas ?

Scénario : 5/10
Dessin : 9/10
6-17af.gifGlobal

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GASTOON, TOME 1, GAFFE AU NEVEU!

 

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La critique des gaffes de Gastoon… …et état des lieux de la bande dessinée dite « de  papa ».

 

 Voici Gastoon, un jeune écolier qui fait preuve de débrouillardise. Il ne manque pas une occasion de faire des farces et des bêtises mais surtout de se confronter à Monsieur Lemat (pion de l’école qu’il fréquente) dont il ne supporte pas les incivismes. Ce premier tome abrite  de nombreux messages écologistes et quelques gadgets de son oncle…Gaston. Car Gastoon n’est autre que le neveu de Gaston Lagaffe, le célèbre antihéros flemmard issu du génie du maitre de la bande dessinée André Franquin qui marqua de nombreuses générations au détriment des nerfs de Fantasio, Prunelle, Monsieur De Mesmaeker (et ses fameux contrats), ainsi que de beaucoup d’autres.

 

Gastoon est-il l’enfant légitime d’André Franquin ou un neveu marketing ?

La question est lancée…


 A la découverte de cet album, l’envie de crier  à la haute trahison se fait ressentir. Mais qui a osé toucher à Gaston ? Yann, scénariste très connu qui a l’habitude de prendre en mains de grands personnages de la BD franco-belge (Lucky Luke, Spirou, Marsupilami,…), est accompagné de Jean (scénario) et Simon (dessin) Léturgie, père et fils. Ces derniers sont les auteurs, entre autres, de Spoon et White (déjà en collaboration avec Yann). Jean Léturgie est un ancien collaborateur d’André Franquin. Il travaillait sur le scénario de Les Tifous dessin-animé du début des années 90 créé par Franquin. Donc, les deux hommes se sont côtoyés, et ce sont d’ailleurs ces rencontres qui vont influer sur le destin de Simon Léturgie. Voici un extrait d’une interview que ce dernier donna pour le site officiel: «  Jean, mon père, réalisait une interview d’André Franquin lorsque j’étais enfant. Je l’accompagnais et j’ai donc eu l’immense bonheur de le rencontrer. Dans sa très grande gentillesse, André Franquin me faisait de petits dessins pendant qu’il répondait aux questions. C’est là et grâce à Franquin qu’est née ma vocation. Plus tard, lors d’une séance de travail sur les tifou à laquelle j’assistais, j’ai pu montrer quelques pages au Maître qui m’a dit que je serai dessinateur de bandes dessinées. J’avais 15 ans, j’étais sur un nuage! ».  Gastoon, même s’il n’avait pas encore de nom à l’époque, est un personnage créé et dessiné à trois reprises par Franquin pour des publicités. Il faut également savoir qu’il aurait évoqué, lui-même, la possibilité d’une série sur le neveu de Gaston.

 Tout ceci fleure bon l’album « hommage » plein de respect pour le grand maitre de la BD . Poudre aux yeux ? Même si les trois auteurs semblent vénérer Franquin, cet album ressemble énormément à un objet marketing. On est tout de même chez Marsu Productions qui n’est pas un petit éditeur indépendant.  Site officiel, page facebook et Twitter, Gastoon a eu droit à une sérieuse campagne de lancement (avec, notamment, une collaboration avec le journal « Le Soir »).  Alors, légitime ou marketing ? La réponse se situe probablement entre les deux.

 

 

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Les Tifous, personnages de dessin animé créés par Franquin au début des années 90.

 

 

 Malheureusement, malgré l’admiration des auteurs, cet album est un échec cuisant. Non pas parce qu’il reprend un personnage de Franquin, mais parce qu’il manque d’originalité et d’inspiration. Les gags sont de qualité très inégale. Gastoon a beau ressembler à Gaston Lagaffe, l’humour du premier est loin d’atteindre le niveau du deuxième. Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer. Les fameux gadgets de son oncle sont présents dans certains gags mais la magie n’y est pas. On retrouve la tête-de-turc sous les traits de Monsieur Lemat, rôle tenu par Fantasio puis Prunelle dans Gaston, mais on a affaire à une pâle copie. Tout Gastoon est un duplicata façons « mini » de Gaston. Les personnages secondaires subissent ce mauvais traitement, on retrouve (en version mini) Jules de chez Smith en face, M’oiselle Jeanne et Monsieur de Mesmaeker. Gaffe au neveu ! est un album qui se cherche, qui hésite, sans jamais trouver sa propre voie. Même le dessin est hésitant. Deux choix s’offraient au dessinateur, soit il singe le trait de Franquin (comme Batem le réussit sur la série le marsupilami), soit il affiche clairement sa propre marque (comme Munuera avec P’tit Boule et Bill) mais Simon Léturgie joue entre les deux et finit par donner à son dessin une impression de copie ratée.

Léturgie vs Franquin.jpg

Les successeurs des grands auteurs sont-ils condamnés d’avance ?

Pas forcement.


 
Spirou vers la modernité.jpg L’idée de toucher au personnage de Franquin n’inspire pas immédiatement notre respect. Pourtant, d’autres s’y sont déjà frottés avec succès, le petit Spirou a réussi le transfert en jouant habilement sur le contraste (Le grand Spirou est le héros d’innombrables aventures alors que le petit Spirou devient un antihéros espiègle). Les auteurs de ce succès, Tome et Janry, ont réussi ce que beaucoup d’autres n’ont pas osé faire, s’affranchir du lourd bagage porté par le personnage et repartir d’une feuille blanche (ou presque). Le petit Spirou a popularisé ce qui va devenir du pain béni pour les éditeurs, utiliser des noms de personnages connus au travers de plusieurs générations pour lancer de nouvelles séries. Ainsi, l’enfance de Lucky Luke est contée dans Kid Lucky, celle de Lanfeust de Troy dans  Les gnômes de Troy et les petits du marsupilami donnent Marsu kids.  Et même des auteurs comme Manu Larcenet et Joan Sfar (qui ne sont pourtant pas de la même école) sortiront, respectivement, La jeunesse de Bill Baroud et Petit Vampire. Dans un même temps, ces éditeurs poursuivent les séries de grands auteurs décédés (Peyo, Roba, E. P. Jacobs, etc). La qualité n’est pas toujours au rendez-vous ; on peut même parler de sabotage de certaines séries phares par des auteurs moins inspirés (sauf Uderzo qui a préféré ruiner Astérix lui-même de son vivant) mais les ventes sont là. En 2010, le top 20 des meilleurs ventes de livres en français comptaitP’tit Boule et Bill.jpg cinq bandes dessinées belges dont, en numéro un, Blake et Mortimer (le tome 2 de La malédiction des trente deniers est tiré à 450.000 exemplaires) et Lucky Luke (Lucky Luke contre Pinkerton est tiré à 470.000 exemplaires) en dix-septième position.

 

 L’une des récentes parutions sort plus habilement son épingle du jeu. P’tit Boule et Bill (déjà deux tomes chez Dargaud), bande dessinée pour très jeune publique, fait preuve de beaucoup d’originalité et est servie par un dessin complètement dégagé du trait de Roba. Dans un même temps sort l’album Spirou vers la modernité de Serge Clerc. Un recueil d’illustrations qui ont pour objet de revisiter le mythe Spirou et de le confronter à de grandes figures de l’art du XXème siècle tel que Picasso ou Kandinsky. Cet ouvrage est édité par Dupuis en parallèle d’une exposition qui se tenait à Bruxelles jusqu’au 11 décembre. Ces exemples illustrent très bien le coté intemporel de ces personnages qui ne sont pas condamnés à mourir avec leurs auteurs car ils appartiennent au public qui les a faits grandir.

 


La bande dessinée de papa au cinéma? M’enfin!

 

 La BD au ciné ? Rarement une franche réussite. Même si l’exemple récent de Tintin et le secret de la licorne est très nettement positif, les adaptations au cinéma des héros franco-belge se soldent souvent par un échec soit au box-office, soit critique (voire les deux). Les précédentes adaptations de Tintin au cinéma en sont l’illustration. Même Gaston Lagaffe avait été adapté en 1981 dans un film qui, de l’aveu de tous, était totalement raté (Franquin lui-même dira qu’on ne peut qualifier le film de « bon »).  Et l’avenir ne s’annonce pas plus rose. Après avoir vu les Schtroumpfs débarquer à New-york au cinéma (autant envoyer Martine chez les moines Shaolin pour apprendre le kung-fu), Benoit Brisefer devrait débarquer sur nos écrans en 2013 dans l’adaptation de son premier album, les taxis rouges. Le film sera en prise de vue réelle accompagné d’effets spéciaux 3D. Dans un avenir plus proche, le marsupilami passera faire « Houba ! » sur nos écrans dans un film d’Alain Chabat (déjà réalisateur du seul film d’Astérix réussi sur un total de trois, qui va bientôt passer à quatre) en 2012. Et à cette heure, un deuxième volet des aventures de Tintin au cinéma est confirmé avant même la sortie du premier aux Etats-Unis. C’est Steven Spielberg qui restera aux commandes et non Peter Jackson comme initialement annoncé. Nos écrans de cinéma ne vont pas avoir l’occasion de refroidir.  

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 En bref, la bande dessinée de papa 2.0. a encore de gros efforts à faire et Gastoon ne représente finalement qu’une goutte d’eau dans l’océan d’adaptations/successions qui tire à blanc.    

 

 

Gastoon…


Le + : trois auteurs en admiration devant leur maître Franquin.

 

Le – : un album qui se cherche aussi bien au niveau des gags que du dessin mais notre patience est épuisée bien avant la fin.

 

 

Infos en vrac

Série

Parution : août 2011

Prix : 10,45 euros

Editions : Marsu productions

Dessin : Simon Léturgie

Scénario : Yann et Jean Léturgie

D’après un personnage créé par André Franquin

http://www.gastoon.net

http://www.marsupro.com


Et pourquoi pas…

 

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 Monsieur William

U-boot T2 : Herr Himmel

U-Boot2.jpgU-Boot2p.jpgAuteur : Delitte
Editeur : 12bis
Sortie :11/2011

Lance torpille
En mai 1957, une expédition de cartographes anglais partent reconnaitre le tracé de l’Amazone, situé entre le comptoir d’Obidos et la ville de Manáos. Ils découvrent la carcasse rongée d’un sous-marin allemand de la Seconde Guerre mondiale, un U-Boot, échoué en pleine jungle et rongé par le temps et la corrosion.
Ce sous-marin prit la mer en mars 1945 à destination du Brésil, avec son capitaine et ses 46 hommes d’équipage qui semblent avoir fait l’objet d’une malédiction…
En 2054, fasciné par l’histoire mystérieuse de ce submersible, Pietro Campinello, un jeune étudiant vénitien, va, à ce sujet, faire une découverte macabre et scandaleuse qui va lui coûter la vie.

Périscope.
Techniquement, cet album est  très réussi . Franchement, j’ai apprécié le cadrage dynamique, la mise en page avec de grandes cases détaillées  qui donnent vraiment un plus, accompagnées de couleurs judicieuses. Il reste malheureusement ce coté « rude » du dessin de Delitte  pour les personnages féminins. Quand à l’histoire, elle est plutôt intéressante et bien amenée. Je ne me suis jamais emmêlé les pinceaux avec les différentes époques et j’ai vraiment aisément passé les  sauts temporels. Une bonne construction  d’ensemble donc  pour ce diptyque. Que du bon me diriez-vous ? Oui sauf qu’il vous faudra creuser très profond pour trouver une once d’empathie pour un des personnages . Soit, il est éliminé  manu-militari soit c’est une fameuse crapule. Cet oubli de sentiments gâche un peu le très bon travail de recherche et de construction de cette histoire. Dommage car on aura pu avoir un excellent album en main, à la place, on a du bon ce qui n’est déjà pas si mal.
Scénario : 7/10
Dessin : 8/10
7-17b0.gif Global.

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