Dessin & scénario : Sti
Editions Kramiek
Sortie : 22/10/2014
48 pages – cartonné
Humour.
Lire la suite « LA FERME! Tome 2: L’humour est dans le pré. »
Dessin & scénario : Sti
Editions Kramiek
Sortie : 22/10/2014
48 pages – cartonné
Humour.
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Dessin : Jorge Gonzalez
Éditeur : Dupuis (Aire Libre)
115 pages
genre : chronique historique, carnet intime
« Partager cette histoire avec les autres me semble la meilleure manière de m’accorder l’oubli dont j’ai besoin »
Résumé (éditeur)
Il y a quinze ans, l’Europe était encore en guerre. À la fois proche et lointaine, la guerre civile du Kosovo a ravivé des doutes et des blessures qu’on croyait oubliés. Comment dire l’après, le déracinement, l’identité ?
Gani Jakupi, auteur, journaliste, compositeur, raconte les séparations et les douloureuses questions qui se posent quand les armes se taisent et que la vie doit reprendre ses droits. Jorge González, la révélation de « Chère Patagonie », met en images ce récit qui mêle l’Histoire et l’intime.

La guerre au Kosovo. Qui, dans nos contrées douillettes et confortables, se souvient 15 ans après de ce conflit qui a eu lieu à la périphérie de l’Europe ? J’en ai un souvenir curieux puisque les négociations entre les indépendantistes Kosovars et les Serbes se sont déroulées à Rambouillet à 50 km de Paris, ville ou j’habitais à l’époque. Je me souviens donc de la ville sous haute sécurité, des Albanais qui manifestaient dans la rue, des rencontres de Serbes et d’Albanais dans les bistrots, des journalistes du monde entier errant dans la ville. Et je me souviens que ces « négociations » ont échouées et qu’elles ont menées aux bombardements de l’OTAN. On sait aujourd’hui avec 15 ans de recul, que cette conférence de Rambouillet ne fut qu’une mascarade dont le texte comportait des conditions qui ne pouvaient qu’être inacceptables par les Serbes, donnant ainsi un bon prétexte à l’OTAN pour les mettre pieds de manière durable dans les Balkans. Mais ça, c’est une autre histoire.
Jakupi se souvient, lui aussi. A l’époque du conflit il vivait entre la France et l’Espagne tandis que toute sa famille était au Kosovo. Cette guerre civile a été courte et violente. Les bombardements de l’OTAN ont mis en déroute l’armée Serbe de Milosevic et un terme à leurs exactions. Gani Jakupi revient donc sur sa terre natale afin d’y réaliser un reportage pour un magazine, sans savoir si ses parents sont encore en vie. Finalement il les retrouvera, mais il découvrira une terre brûlée et apprendra l’assassinat d’une dizaine de membres de sa famille.
Se situant plus dans le registre du carnet de voyage ou du carnet intime que du documentaire et du reportage factuel, Jakupi nous livre avec retenue et pudeur ses émotions d’après conflit. Sans juger, il décrit simplement ce qu’il voit, les rencontres qu’il fait et les souvenirs qui refont surface. Quand on voit l’ampleur des dégâts matériels et psychologiques qu’a pu faire ce court conflit, on ne peut être qu’admiratif devant cette retenue.
La mise en image de ce récit est faite par Jorge Gonzalez (chère Patagonie). Difficile de nier le talent de cet auteur Argentin, mais les différentes techniques très artistiques qu’il utilise ici sont assez perturbantes et cohabitent mal avec la bande dessinée. Si les émotions et les ressentis sont très bien exprimés par des grandes cases aux couleurs sombres ou vives, où traits et textures se fondent, se mélangent créant des ambiances très pesantes, le reste du récit est illustré dans un style simpliste, voire naïf, donnant une impression d’inachevé. Ce parti pris graphique est assumé mais il est osé pour une bande dessinée, au risque de ne ravir que les aficionados de ce style, et de l’auteur.
J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec ce dessin qui passe sans doute mieux en illustrations ou en peinture qu’en bande dessinée.
D’un abord assez difficile d’un point de vue graphique et narratif, ce témoignage à le mérite de nous montrer toute l’absurdité de ces conflits ethniques dont l’origine remonte souvent à la nuit des temps. Origines que les victimes, pour la plupart, ignorent totalement. Il a le mérite aussi de nous montrer à quel point certaines revendications nationalistes peuvent avoir des conséquences désastreuses.

Loubrun
Le journal de Spirou a vu le jour en 1938. Ce mercredi 10 décembre 2014, l’hebdomadaire fêtera son 4000e numéro. Cela fait 77 ans que cette institution qui a vu passer de grands talents tels que Franquin, Jijé, Will et bien d’autres. Elle a dynamisé la bande dessinée franco-belge. Le journal, fondé par la famille Dupuis, est à l’origine de l’école dite de Marcinelle. Malgré les aléas de la vie (une guerre mondiale,…), les changements dans les comportements de lecture, un marché de la bande dessinée qui a grandi avec des crises, le journal de Spirou continue son chemin avec un but principal de divertissement de ses lecteurs mais aussi un laboratoire pour les auteurs confirmés et les néophytes. Cela demande bien entendu beaucoup d’idées innovantes et un perpétuel renouvellement. Mais le journal de Spirou garde toute son attractivité.

Dessin et scénario :André Taymans.
Editeur : Paquet
Sortie : 12 novembre 2014.
Genre : Aventure de 46 pages.
Katmandou.
Roxane Leduc, une jeune femme spécialisée dans les antiquités, assiste de peu à l’accident mortel d’un homme qui venait de lui confier les secrets d’une relique… Le doigt momifié d’un yéti qui a été volé dans le Monastère de Pangboche à la fin des années 90.
Roxane décide alors de partir, avec la relique, aux portes du parc national du Langtang, le « royaume des trekkeurs », afin de percer les mystères qui entourent cet étrange doigt. Première étape : rencontrer le policier qui a enquêté sur le vol. Mais Roxane y a été précédée…
« Un tigre à bout de force ne fait pas le poids sur l’échiquier du temps ! ».

नेपालमा बनेको
Février 2014, nous rencontrons Nicolas A, l’attaché de presse de Paquet, nous annonçant le futur album d’André Taymans chez l’éditeur suisse. Il nous demande de garder le secret surtout qu’on le reconnait bien aux pages 13-14 et 15. Je dois dire que ce passage vaut quelques roupies !
Le reste est plus attendu pour ceux qui connaissent les œuvres d’André Taymans . Comme pour le tome 14 de Caroline Baldwin, on met le cap sur les montagnes du Népal. On se dit aussi que le dessinateur belge doit particulièrement apprécier ce pays et ses habitants. Et ça se voit, cet album est tout d’abords une invitation à l’évasion et au voyage grâce aux dessins à l’aquarelle, ça donne envie d’y aller faire un trekking au milieu de ces paysages à couper le souffle.
Le parallèle avec Caroline Baldwin ne s’arrête pas là car on retrouve un personnage récurent à cette série, Roxane Leduc . Une fille aussi un peu borderline fonçant dans les ennuis à une vitesse grand V. Ce qui est assez étonnant, c’est que les reliquats exposés au début de l’aventure sont parfaitement authentiques. La course poursuite peut donc commencer et on attend la fin de ce diptyque pour réellement juger de l’ensemble.
Chaque chose en son temps comme dirait un bonze.
Dessin
Scénario
Global
Samba
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Editions Paquet
Collection cockpit
Sortie : 12/11/2014
48 pages – cartonné
Aventure, aviation.
Résumé (de l’éditeur) : Printemps 1967. Le gouvernement fédéral du Nigeria réagit à la sécession du Biafra en déclarant la guerre et organise un blocus. La situation se complique par l’intervention de pays étrangers dont les ventes d’armes alimentent le conflit. A la mort de l’industriel Marcel Castin, Gilles Durance hérite mystérieusement de l’école de pilotage dans laquelle il travaillait. En mettant de l’ordre dans les affaires de la compagnie, il découvre qu’une société de surveillance aérienne aux activités douteuses occupe l’un des hangars de l’aérodrome. Cette dernière y prépare en secret un bombardier RB26-Invader et lui confie la délicate mission de livrer le bombardier au Biafra pour le compte des services secrets français. Aux commandes de ce magnifique avion, Gilles et son équipe se lancent dans un périlleux voyage à travers l’ouest Africain qui les conduira au cœur d’un conflit armé.
« Tu parles ! Sous ton armure de preux chevalier, tu n’es qu’un accro à l’adrénaline qui s’ignore. »
Mon avis : Une nouvelle série débute dans la prestigieuse collection « cockpit » dirigée et supervisée par la star du dessin d’aviation, Romain Hugault. Le héros s’appelle Gilles Durance et j’ai l’impression que la série va rapidement s’étoffer. Au dessin et au scénario, le lecteur retrouvera Callixte qui n’est pas un inconnu. Il a dessiné « Eightball hunter » et a été co-dessinateur sur les derniers tomes des « Enquêtes autos de Margot » avec Olivier Marin, toujours chez Paquet.
Son dessin est très moderne, ligne claire, bien fignolé, très épuré. Les personnages sont très bien rendus tant au niveau des attitudes corporelles que des expressions du visage. Les voitures et les avions sont superbement dessinés, y compris et surtout en situation. Il ne lésine pas sur les décors. Le découpage des planches est dynamique. Callixte fait aussi lui-même les couleurs et s’en tire plus que bien. Un style de dessin en fin de compte très agréable à regarder et qui donne envie de feuilleter et de lire l’album.
Le scénario, quant à lui, est dans le plus pur style « aventure, services secrets ». Ajoutez-y de l’action, des avions (collection cockpit oblige), quelques jolies filles, un plan presque foireux et un personnage principal un peu crédule. Vous avez tous les éléments pour réaliser un bon album, sans grandes prétentions, mais délassant, qu’on lit en fin de soirée en toute quiétude. C’est un album « one shoot » avec une histoire complète. Je dois reconnaître cependant que le scénario est un peu tarabiscoté. A un certain moment, j’ai dû revenir en arrière pour bien comprendre toutes les ficelles du récit car les rebondissements et les intervenants sont nombreux. C’est un peu le lot, il faut bien le dire, de ces histoires d’espionnage, de services secrets. Callixte s’est inspiré de faits réels qu’il a mis à sa sauce, bien secondés par quelques pointures (voir l’avertissement en début d’album).
Un grand mensuel français de BD en trois lettres a côté cet album dans la catégorie des « Bofs », se permettant au passage d’écrire en une phrase sa pensée sur l’album, à savoir : « Cet album volontiers machiste et va-t’en guerre réjouira les amateurs jusqu’au-boutistes de BD aéronautique, mais laissera les autres lecteurs sur leur faim ». Au revoir Buck Danny classic (classé Top ! dans le même magazine) et autres Tanguy et Laverdure…Ne parlons pas des réalisations de Romain Hugault dont le Angel Wings est un succès actuellement en librairie. Faut-il bannir pour autant les albums qui traitent d’une guerre que ce soit celle de ’40-45 ou du Biafra ? Ne peut-on pas dessiner quelques jolies filles au détour d’une case ? Cela n’a rien de révoltant, et cela reste très correct et prude par rapport à d’autres productions…C’est un avis parmi tant d’autres mais je pense qu’il est fort réducteur. Ce n’est pas parce qu’on fait une série « grand public » que c’est nécessairement de la merde en boite. D’autres livres, parfois présentés comme des chefs d’œuvre par certains, sont d’un ennui mortel à la lecture. Question de sensibilité ? Je donne moi aussi un avis qui vaut bien un autre.
Bref, pour moi, ce fut un bon moment de lecture, sans prise de tête. Que demander de plus ?
Scénario
Dessin
Moyenne
Lien vers le site de l’éditeur Paquet et la fiche du livre « Le bombardier blanc » : ICI.
Capitol.
Scénariste : Matsumoto
Editeur : Kana.
Sortie : 21 novembre 2014
Genre : Chronique sociale.
Le résumé.
Centre d’accueil pour enfants en difficulté sociale abrite des personnalités fort différentes, mais tous portent en eux une solitude qu’ils gardent au fond de leur cœur. Leur lieu de prédilection : une vieille Nissan « Sunny». L’endroit où tout devient possible, où l’imaginaire n’a plus de limites !
Mon avis.
Comme ce titre se retrouve dans la sélection officielle d’Angoulême, je me suis dit que sa lecture devrait en valoir la peine. Visiblement son auteur jouit d’une belle réputation. J’ai même lu le qualificatif de chef d’œuvre pour ses anciennes parutions comme Amer Beton ou Number 5.
Bref, je m’attends à du lourd !
Franchement je déchante très vite, je tique déjà en voyant la couleur qui donnait indéniablement un plus disparaitre après quelques pages, ensuite, j’ai trouvé le trait de Matsumoto très peu attirant. Des gros aplats noirs dégoulinants, des phylactères parfois peu lisibles sont au menu de ma lecture. Il se peut aussi que la qualité du PDF soit bien pourave. Il n’empêche que la construction est assez banquable, on change de sujet sans crier gare et au lieu de me retrouver dans un orphelinat, j’ai l’impression d’être dans un asile de fous .En plus, il ne se passe pas grand-chose, c’est une suite de chroniques du quotidien agrémentées de rêves d’enfant. Mais comme tous les sentiments sont retenus (on est au Japon !), je me suis ennuyé grave à la lecture de Sunny .
Voilà, je ne dois pas être sensible à ce genre de poésie mais je m’interroge quand même sérieusement sur la présence de ce titre dans la sélection d’Angougou .
Le seul point positif, c’est que ce titre m’a remis en tête la chanson des Kinks version Bouli Lanners , un grand moment celui là !
Dessin
Scénario
Global
Samba

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Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

SambaBD lance un concours pour vous offrir le tome 3 de golden dogs.
Il suffit de laisser un commentaire en dessous de ce poste.
Le concours est ouvert jusqu’ au 22 décembre inclus.
Uniquement pour la Belgique, la France et la Suisse.
Une main innocente se chargera de tirer le grand gagnant dans les commentaires postés.
Bonne chance !
Samba.
Voici un panorama, non exhaustif, des expositions et ventes ayant un rapport avec la bande dessinée.
Exposition exceptionnelle « Les Mondes de Gotlib »
Exposition exceptionnelle au Musée juif de Belgique
« Les Mondes de Gotlib » Du 14 novembre au 8 Mars 2015
Cette exposition, conçue par le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, qui coïncide avec les 80 ans de l’artiste, rassemble plus de 150 planches originales, des archives
photographiques, écrites et audiovisuelles. Ces planches ont été exposées pour la première fois au MAHJ à Paris. C’est un honneur pour le Musée juif de Belgique de les accueillir à présent.
Marcel Mordechaï Gottlieb est né à Paris le 14 juillet 1934 dans une famille d’émigrés juifs hongrois. Ervin Tzvi Gottlieb, son père, était peintre en bâtiment, sa mère, Régine, travaillait comme couturière.Marcel grandit dans le 18ème arrondissement. Enfant caché pour
échapper à la persécution antisémite dans la France occupée – son père, déporté, est assassiné à Buchenwald en février 1945 -,Gotlieb sera fortement marqué par cette expérience traumatisante. l’exposition retrace sa vie et son oeuvre, combinant une approche
chronologique et thématique.
Les débuts
En 1952, Marcel Gotlieb suit les cours du soir de dessinateur Georges Pichard à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré. Il y apprend le dessin publicitaire, découvre les joies du lettrage et se passionne pour l’ouvrage de R. H. Munsch, L’Ecriture et son dessin.
Dans les travaux pratiques s’annoncent déjà ses talents de dessinateur et de satiriste, son goût pour le jeu. En 1962, il fait ses débuts au journal Vaillant – Le Journal de Pif (qui
deviendra Pif Gadget en 1969). Il y crée les personnages de la série “Nanar, Jujube et Piette”. En juillet 1964, il leur adjoint un chien qui ne rit jamais, Gai-Luron, un des futurs héros principaux de son oeuvre. C’est en 1962 qu’il adopte “Gotlib” comme nom d’artiste.
Dans ses dessins comme dans ses textes, Gotlieb oscille du dérisoire à l’absurde. Son goût pour l’autoportrait, les gags, la satire, l’humour noir et les jeux de langage est le moteur d’une
superbe maîtrise du récit qu’il testera également au cinéma. Ses personnages – Isaac Newton, la Coccinelle, Gai-Luron, le professeur Burp, Superdupont, Hamster Jovial, Bougret et Charolles – composent un répertoire singulier au sein de la bande dessinée.
L’exposition sera accompagnée de cartes postales, bandes dessinées et un coffret spécial qui seront mis en vente au musée. Cette exposition sera rythmée par une série d’activités: des visites guidées, apéro BD, nocturnes, rencontre d’auteurs, séance d’initiation à la BD, matinée artistiques…
Musée Juif de Belgique – Rue des Minimes, 21 -1000 Bruxelles
Au Musée de la Bande Dessinée, du 9 décembre 2014 au 18 janvier 2015, dans la Gallery, Marianne Duvivier & Denis Lapière :
Heureuse Vie ! Heureux Combats ! ( éditions Dupuis)
Parmi les centaines d’albums originaux publiés chaque année en automne, certains retiennent plus l’attention que d’autres. Pourquoi ? Parce que graphiquement, ils impressionnent davantage. Ou parce que le récit qu’ils proposent est particulièrement bouleversant. C’est le cas du nouvel album de Marianne Duvivier, Heureuse vie, Heureux Combats (éditions Dupuis).
Le Musée de la BD est heureux de proposer à ses visiteurs de découvrir, à travers une sélection de planches originales, ce qui constitue sans aucun doute une oeuvre majeure dans la carrière de cette dessinatrice…. encore faudrait-il plutôt écrire, « cette étape majeure dans la vie de cette dessinatrice » dont chaque nouveauté est un condensé d’humanité.
Porté par un scénario de grand faiseur, signé Denis Lapière, Heureuse Vie ! Heureux Combats ! raconte l’existence hors norme de Marianne Duvivier. Le livre refermé, bouleversé, on se surprend alors à penser : – Comment diable Jean de La Fontaine a-t-il pu savoir que le Roseau de sa fable naîtrait vraiment un jour, plus de trois siècles après sa propre naissance ?
Jean Auquier, Musée de la BD.
Musée de la Bande Dessinée
20, Rue des Sables à 1000 Bruxelles
Ouvert tous les jours (sauf lundi) de 10 à 18 heures
Tel. +32 (0)2 219 19 80 – visit@cbbd.be – http://www.cbbd.be
Polars au féminin pour la galerie Bruxelles Paris en ce mois de décembre !

Philippe Defaye expose, en effet, LA PRINCESSE DES GLACES de Léonie BISCHOFF et VIOLETTE NOZIERE de Camille BENYANINA, deux titres parus au printemps 2014 aux éditions Casterman.
La première adaptation en bande dessinée de la célèbre série de polars de Camilla Läckberg côtoiera donc « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar » » ou la « parricide monstrueuse », Violette Noziere,du 19 décembre au 10 janvier 2015.
A la Galerie Bruxelles-Paris 29, place de la Vieille Halle aux Blés – 1000 Bruxelles.
101 ORIGINAUX D’EXCEPTION
VENTE DE BANDE DESSINEE
14 DECEMBRE 2014 – 14h
DUPLEX BRUXELLES / PARIS
Exposition à Paris les 4,5 et 6 décembre 2014
Exposition à Bruxelles les 11, 12 et 13 décembre
Le 14 décembre la Maison Millon disperse aux enchères un ensemble remarquable de 101 originaux de Bande Dessinée provenant des plus belles collections privées. Ce rendez-vous incontournable pour les amoureux du 9ème Art propose au catalogue un florilège d’oeuvres de la création franco-belge.
Poursuivant sa politique d’excellence, la Maison Millon dévoile des originaux de Bande Dessinée rarissimes, rigoureusement sélectionnés par les experts Alain Huberty et Marc Breyne. 101 pièces d’exception pour des amateurs toujours plus exigeants. De Franquin à Tardi, en passant par Hergé, Moebius, Bilal, Schuiten, Gotlib ou Uderzo… ces oeuvres historiques promettent de décrocher de nouveaux records dans un secteur où l’engouement va croissant pour les Maitres du trait.
Avec une estimation globale établie à plus d’1,5 millions d’euros, Millon affirme une nouvelle fois sa capacité à réaliser des ventes de haute voltige !
CATALOGUE EN LIGNE: http://www.hubertybreyne.com/invitation/101_originaux_d_exception_vente141214_lowDef.pdf
EXPOSITION A PARIS
Huberty Breyne Gallery
91, rue Saint Honoré
75001 Paris
Entrée Libre – De 11h à 19h
EXPOSITION A BRUXELLES
Huberty Breyne Gallery
Place du Grand Sablon
8A rue Bodenbroek
Entrée Libre – De 11h à 19h
VENTE DIMANCHE 14 DECEMBRE
LE FORUM BRUXELLES – 14h
Place du Grand Sablon
SALLE VV DROUOT PARIS – 14h
8, rue Rossini – 75009 Paris
VENTES AUX ENCHERES A LIEGE – DIMANCHE 14 DECEMBRE 2014 A 14H00.
(organisation BD enchères)
Lieu: Palais des Congrès de Liège, Salon Grétry, Esplanade de l’Europe, 2 à 4020 Liège.
L’exposition des lots se fera dès le vendredi 12 décembre, de 13h00 à 20h00.
Samedi 13 décembre de 9h00 à 17h00
Dimanche 14 décembre de 9h00 à 12h00
La vente débutera à 14h00.
Lien internet vers le site (catalogue): www.bdencheres.be .
Rappelons aussi :
EDGARD P. JACOBS & L’ESPADON du 05/12/2014 au 15/02/2015
à 1030 Bruxelles (Schaerbeek), Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266.
Voir notre lien vers le communiqué de presse sur Samba BD: http://www.sambabd.be/archive/2014/12/04/exposition-edgar-p-jacobs-l-espadon-8339261.html
Bonne semaine!
Capitol.

SORCIERES, SORCIERES chez Kennes éditions – sortie le 11 novembre 2014
48 pages couleur – prix : 10.95 €
SCENARIO : Joris CHAMBLAIN
DESSIN et COULEUR : Lucile THIBAUDIER
Jeunesse
Il était une fois un petit village imaginaire du nom de PAMPRELUNE qui avait la particularité d’être uniquement habité par des familles de sorciers!Une académie de sorciers suprêmes, les sages, sert d’autorité et travaille constamment à l’invention de nouveaux sorts.
Une petite famille est le centre de cette belle histoire; elle est composée du papa, membre de l’académie, de la maman, et des deux charmantes fillettes HARMONIE et sa petite soeur MIETTE. Cette dernière est l’objet de persécutions de la part de trois autres fillettes du village au grand dam de ses parents.
Les tours pendables se suivent. Si les trois pestes jouent à chat – jeu dans lequel celui qui est touché se transforme réellement chat – elles touchent la petite Miette, sachant que celle-ci est trop petite pour avoir des pouvoirs et reprendre toute seule sa forme humaine. Harmonie passe à ce moment là, juchée sur un balai volant, et redonne son apparence à sa petite soeur! Très en colère elle menace les trois pestes de les transformer en citrouilles si elles s’en prennent encore à Miette.
Mais le lendemain la vengeance de Miette arrive; l’une des trois pestes, MIRABELLE, se réveille le matin avec une tête de citrouille! Harmonie est, bien sur, la première suspectée. Elle a beau jurer qu’elle n’y est pour rien personne ne la croit, même ses parents ont des doutes.
Cassandre, complice de Mirabelle, se bat avec Harmonie dans la cour de l’école!mal lui en prend car le lendemain elle se réveille en lévitation dans sa chambre.
Dès lors, Harmonie, lasse que personne ne croit à son innocence, va mener l’enquête pour trouver le mystérieux jeteur de sorts….

Voici une charmante histoire dont le sujet, très à la mode, plaira certainement aux enfants et à leurs parents. Il s’agit du premier volume d’une série qui mènera nos deux héroïnes, Harmonie et Miette, d’enquête en enquête avec l’aide de leurs parents, du balai magique Norbert, du dragon domestique, mangeur de doudous, Youqui et de nombreux autres personnages merveilleux.
L’album est complété par un mini-récit racontant une histoire qui se déroule en parallèle du thème principal et dont le héros est le balai magique, NORBERT, « homme de ménage » de la petite famille.
Le scénario simple et intéressant de Joris Chamblain est joliment mis en images par la talentueuse Lucile Thibaudier dont le trait vaporeux va très bien avec la magie du sujet.
A noter que cette histoire est l’objet d’une parution parallèle en roman jeunesse, écrit et illustré par les mêmes auteurs. Le roman étant, bien entendu, plus complet et détaillé dans le déroulement de l’histoire et je conseille aux parents de le faire lire aux enfants avant la version BD.
Ma note d’ensemble
JR

L’album « Adam Clarks » d’Antonio Lapone (dessin) et de Régis Hautière (scénario) est sorti en librairie. Il détonne dans le flot des nouveautés en cette fin d’année 2014.Un album qui sort résolument des sentiers battus et qui nous vaut son lot de surprises et d’émerveillements. Pour en savoir plus, Samba BD a posé quelques questions à Antonio Lapone, histoire de mieux comprendre la démarche des auteurs et de mieux comprendre leur travail sur cet album hors du commun !
Samba BD : Pouvez-vous me décrire en quelques lignes votre parcours professionnel ?
Antonio Lapone: Avant d’être un dessinateur BD, je suis graphiste publicitaire. J’ai fait mes études dans les années 80 à Turin, ma ville d’origine en Italie.
Samba BD : Vous êtes d’origine italienne, vous vivez en Belgique. S’agit-il d’un choix personnel ou simplement les aléas de la vie, de votre famille ? Votre travail professionnel en a-t-il été profondément influencé ?
Antonio Lapone: J’ai préféré venir m’installer en Belgique pour des raisons de cœur, je me suis marié en 2009. Et ensuite parce que ici en Belgique c’est plus facile d’être près des maisons d’éditions et de la galerie qui expose mes originaux, la Galerie Champaka de Bruxelles.
Samba BD : Vous maîtrisez très bien les codes de la ligne claire et du style « Atome ». Pourquoi avez-vous pris cette option graphique ? Etes-vous capable de faire d’autres styles de dessins comme le dessin réaliste ?
Antonio Lapone: Le style Atome, en Ligne Claire, c’est le style le plus proche de ma profession d’affichiste publicitaire. Je travaille beaucoup à mon storyboard. Je cherche parfois des mises en page différentes, sans rester bloqué par les classiques 6/9 cases carrées. J’adore aussi travailler dans un style encore plus « cartoon » comme on peut le voir à la page 26 de mon album Adam Clarks. Sinon, c’est mon style, Je ne cherche pas à faire des autres styles. Quand j’ai découvert Serge Clerc, je me suis dit : « alors, moi aussi, je peux faire de la BD ».
Samba BD : C’est le deuxième album que vous réalisez avec Régis Hautière après « Accords sensibles ». Comment s’est mise en place votre collaboration ? Qui propose les sujets, les thèmes de vos livres ? Comment travaillez-vous ?
Antonio Lapone: J’avais envie d’une histoire plus classique. J’ai regardé toutes les saisons de la série télévisée « Mad men ». Au départ (en 2012) avec Régis, nous avions pensé de réaliser un scénario à la « Mad men », des publicitaires autour de belles voitures dans la Manhattan des années 60. Après, notre éditeur a trouvé l’idée un peu difficile à gérer dans une BD et nous avons abandonné l’idée. Tout ce qui reste, c’était le personnage élégant d’Adam Clarks, les cocktails, la haute société, les drinks, les cigarettes (dans ma BD, les cigarettes sont sans tabac comme le signale une publicité à la page 9 de l’album), les belles femmes, les mises des grands soirées… Régis a travaillé le scénario au départ de certaines idées de base. Disons que lui a écrit l’histoire. Moi, j’ai créé l’univers d’Adam Clarks. Nous avons pensé ensemble au caractère de notre personnage. Après, Régis m’a proposé son idée et j’ai cherché à enrichir les planches parfois en dénaturant son idée, mais sans jamais toucher ses dialogues.
Samba BD : Adam Clarks est-il un album important pour vous ou juste un « one shoot » ? Quels sont vos attentes par rapport aux réactions du public, des lecteurs ? Y aura-t-il une suite à Adam Clarks ?
Antonio Lapone: Pour le moment, Adam Clarks est et reste un « one shoot », pas de suite donc. Il s’agit d’imaginer et de pouvoir créer des autres univers. J’ai besoin de changer, de travailler sur des nouveaux personnages, peut être encore une fois à cause de mes origines de publicitaire, travailler beaucoup sur quelque chose (je ne suis pas un dessinateur rapide), le développer, le conduire dans les mains des lecteurs…. et passer à autre chose…. Pour le moment, la réaction du public est très, très positive! Je suis très content parce qu’Adam Clarks est un album pour s’évader, pour s’amuser un peu, pour prendre ton verre de Martini avec des olives et savourer un bon cigare. Il n’y a pas de guerre, d’angoisse, des croix gammées… juste une belle aventure pour passer un beau moment!
Samba BD : Qui a eu l’idée de ce « concept album » ? Vous ? Votre éditeur ? Est-il facile de mettre en place et de mener à bien un tel projet qui sort de l’ordinaire (grandeur des pages, qualité de l’album, recherche graphique, mise en place,…) ?
Antonio Lapone: le format du livre a été décidé dès le début. Frédéric Mangé, mon éditeur, avait envie de mettre en valeur mes planches, l’album est riche de « splash page », de grands cases, de la couleur aussi, très recherchée. Elle avait besoin d’un bon papier pour bien ressortir. Donc J’ai travaillé tout en sachant que le format aurait été « grand »! Je dois dire que le choix de sortir un « grand format » a été très courageux de la part de mon éditeur. J’ai eu vraiment la chance et l’opportunité de m’amuser avec des grandes images, des décors très riches, avec des mises en page différentes de la BD classique, tout ce que je préfère dans mon découpage de la page, jouer avec des cadrages différents. D’ailleurs, c’est pour ça que la phase du découpage est si long pour moi.
Samba BD : J’ai été interpelé par le travail des couleurs. Celles-ci sont radicalement différentes au fur et à mesure de la progression de l’histoire. En fin d’album, les couleurs sont moins variées et plus sombres voire plus agressives. Quelle est votre démarche à ce sujet ?
Antonio Lapone: Pour moi, la couleur est très, très importante. Elle raconte des états d’âme, pas seulement bien remplir des espaces. La couleur pour moi est et doit être comme au cinéma: sombre la nuit, par exemple, c’est pour ça que, dans la BD, elle change. Les moments dramatiques sont très sombres, le rouge est la couleur de la mort, du drame… le bleu électrique pour les soirées chic…
Samba BD : Vos planches ont toutes un « liseré vertical » d’environ 1,5 cm du côté de la face « ouverte » de l’album. Ce liseré reprend des éléments graphiques de l’action en cours et forme des sortes de chapitres graphiques. Quelle est l’idée recherchée de cette innovation graphique ?
Antonio Lapone: il faut savoir que je travaille dans un format A3, toujours comme la vieille école, papier Canson 1557, 180 g/m, pas des planches virtuelles comme c’est à la mode aujourd’hui. Or, le format de la page de l’album était plus large, donc il fallait imaginer quelque chose pour éviter le blanc à côté. C’est pour ça que J’ai imaginé une frise qui change à chaque chapitre, très design, mais sans envahir graphiquement le sens de la lecture. Elle donne encore une fois une richesse à l’ensemble de l’album. Disons que je cherche toujours l’esthétique dans mon travail.
Samba BD : Vous faites une référence appuyée dans cette histoire à un album musical mythique de Donald Fagen intitulé « The Nightfly » et de deux de ses titres très connus à savoir « New frontier » et « I.G.Y. ». Donald Fagen y développe une musique très jazzy et fait référence à Dave Brubeck. Que représente cet album pour vous ? Pourquoi en faire référence et lui donner une place plus que symbolique dans l’album ?
Antonio Lapone: « The Nightfly » de Donald Fagen est pour moi « l’Album »! En bref: élégance, ambiance, voyage, style, perfection du son… voilà pourquoi ! Déjà la couverture, elle parle toute seule : le noir et blanc, un speaker dans un studio d’une radio, la platine… La fumée de la cigarette, une horloge, la nuit… Voici résumé mon univers!
Samba BD : On vous voit aussi régulièrement dans les galeries, sur les cimaises où vous avez déjà une certaine cote auprès des amateurs du genre. Qu’est-ce qui vous pousse à explorer ce côté de l’ »Art graphique » ? En tirez-vous beaucoup de satisfaction ?
Antonio Lapone: La galerie, pour moi, c’est le moment final d’un processus commencé dans l’atelier, l’œuvre d’art prend vie, elle commence à respirer quand les gens l’observent, mes tableaux prennent leur force seulement quand ils sont exposés. Alors, moi aussi, je les découvre! Ce qui me pousse, c’est l’envie de travailler sur des univers différents, toujours et encore une fois… L’envie de visiter des endroits différents!
Samba BD : Quels sont vos futurs projets ?
Antonio Lapone: Je suis déjà au travail sur un album qui sortira l’année prochaine, il s’agit d’une belle collaboration avec Jean-Philippe Peyraud autour de la biographie de Mondrian. On avait envie de travailler ensemble Jean-Philippe et moi. On a trouvé notre point de départ, la sortie est prévue pour novembre 2015 toujours chez Glénat. Les planches seront des grands formats, plus grands qu’un A3, en couleurs directes et à l’aquarelle et acryliques. Pour le côté « tableaux », je prépare mon Expo à la Galerie Champaka de Bruxelles pour le mois de février 2015. Le titre est: « The New Frontier ». Pour la BRAFA de Bruxelles (Brussels Antiques & Fine Arts Fair), je suis en train de réaliser deux grand tableaux et j’ai le grand honneur de participer à la vente Sotheby’s organisée avec Champaka/Galerie 9eme Art. C’est prévu pour le mois de mars 2015 mais, pour le moment, je ne peux pas dire de plus, ni montrer des images.
Samba BD : Quels sont les dessinateurs ou les œuvres qui vous ont influencés ou que vous aimez plus particulièrement ?
Antonio Lapone: Jack Kirby, Chaland, Serge Clerc!
Samba BD : Avez-vous eu des coups de cœur récents au niveau des sorties BD, musicales, littéraires ou cinématographiques ?
Antonio Lapone: Dans la Bd… Picasso! Au cinéma… difficile, je ne sais pas vraiment. J’aime pour le moment les séries télés : Board Walk Empire, Mad Men, Gotham, The Newsrooms…
Copyrights Antonio Lapone.
Interview réalisée par Capitol pour Samba BD.
Un grand merci à Antonio Lapone pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa rapidité de réaction qui nous a permis de boucler cette interview en un temps réduit.

Dessin : Antonio Lapone – Scénario : Régis Hautière
Editions Glénat
Collection : Treize étrange
Sortie : 29/10/2014
64 pages – cartonné
Prix conseillé : 19,50 €
ISBN : 9782723485654
Thriller, espionnage, graphisme, style « Atome ».
Résumé (de l’éditeur) : Dans un XXIe siècle fantasmé où la guerre froide sévit toujours et où la conquête de Mars est en marche, c’est lors d’une soirée mondaine où les « grands » de ce monde ont l’habitude de se retrouver que l’énigmatique Adam Clarks montre son vrai visage. On pourrait le croire trop occupé à faire des courbettes aux puissants et à séduire des beautés fatales. Mais il ne perd pas de vue son véritable objectif : un rubis de 100 carats d’une valeur inestimable, exposé à la vue de tous : le Long Star. La nuit, Adam fait montre de ses talents de monte-en-l’air pour subtiliser le bijou. Personne n’a rien vu, rien entendu. Personne ? Pas si sûr… Devenu à la fois la cible du KGB et de la CIA, Adam va devoir jouer sur les deux tableaux s’il veut s’en sortir.
« Quand je dis « Grand Monde », c’est bien entendu une façon de parler. Il n’est grand que par sa prétention à le paraître »
Mon avis : Je vais vous parler assurément d’un des albums les plus atypiques de l’année 2014. Et quel album ! Voilà déjà un bon bout de temps que je m’intéresse à Antonio Lapone via ses sorties en libraire, via sa page « Facebook ». J’attendais la sortie de son nouvel album « Adam Clarks » avec impatience. Il distillait ses images de façon insidieuse mais combien efficace sur internet. C’est un bon communicateur ! En rentrant chez mon libraire, j’ai de suite repéré l’album qui ne passe pas inaperçu. Sa dimension d’abord est grande, hors format (il va falloir prévoir une étagère spéciale) car c’est du 289 X 368mm ! Belle pièce, bel album, bien fini, bien imprimé, la grande classe ! Cela nous change des fichiers PDF, refrain connu. Et puis, il y a le graphisme qui vous saute aux yeux. Je ne vous cache pas que j’adore le style « Atome » qui me rappelle des gens comme Chaland, Régis Clerc, Ted Benoit et encore quelques autres. Antonio Lapone squatte aussi les cimaises avec un certain succès et je trouve que c’est mérité. Je verrai bien un petit (et pourquoi pas un grand ?) Lapone du plus bel effet au mur de mon bureau. La dimension de l’album magnifie le graphisme élégant du dessinateur d’origine transalpine qui vit en Belgique.
Les grands codes du style graphique « Atome » sont bien là. Ils sont inspirés de la ligne claire. Une précision dans le trait, des traits simplifiés sans surcharge mais un style un peu carré dans les visages, les silhouettes, les décors. L’usage de grand aplats noirs, l’absence ou presque des hachures pour marquer les ombres. A la place, on a des aplats constitués de points plus ou moins serrés ou des aplats de couleurs aux intensités successives. Même les bulles sont formatées et font dans la revue technique branchée. Non seulement Lapone met en page une histoire mais il dessine aussi de belles cases et de belles planches. Il y a de l’esthétisme et un « coup d’œil » à avoir autant dans la globalité de la planche que dans les détails. Certaines planches sont assez fascinantes sur ce plan. Et puis, il a un certain sens de la théâtralisation, du décor qui en jette plein la figure. La présentation des planches n’est pas conventionnelle non plus. L’extrémité droite de la planche est complétée par un « liseré vertical » d’environ 1,5 cm de large du plus bel effet. Ce liseré graphique fait référence au développement de l’histoire et forme ainsi des sortes de chapitres graphiques. Etonnant et pas conventionnel. Autre facette, la colorisation est un peu déroutante. Au fil des planches, on se rend compte que petit à petit elle change radicalement pour partir de tons plus conventionnels pour finir dans des tonalités plus froides, plus brutes, moins subtiles. J’ai eu l’impression que l’on a voulu ainsi dramatiser le dénouement de l’histoire, de l’action. Nous avons donc ici un travail élaboré et une vraie recherche graphique. Au-delà des codes, il y a une volonté d’innovation, d’étonner le lecteur.
D’où l’importance de la complicité et de la complémentarité entre le dessinateur et le scénariste. Le scénario est de Régis Hautière. Les deux auteurs ont déjà réalisé un album intitulé « accords sensibles ». Cet album, toujours en style « Atome », parle avec nostalgie du jazz. C’est un scénariste qui a du vécu et a déjà collaboré avec des pointures comme Romain Hugault et bien d’autres. Le récit nous parle d’Adam Clarks, chroniqueur de la jet set, mais aussi à mi-chemin entre un gentleman cambrioleur et un cadre d’une multinationale de Wall street. Il a mis sur pied une trame où les parties en présence essayent de tromper, de voler les autres protagonistes, en les faisant en même temps chanter. Et quand la CIA et le KGB s’en mêlent, cela devient chaud, très chaud…Hautière nous a concocté une belle mécanique et tous les éléments s’emboitent bien.
Les auteurs jouent aussi sur une idée d’une société future, hautement technologique, bien belle, toute clinquante, avec des élites bien sous tous les rapports (c’est du moins ce qu’on fait croire au lecteur au début de l’album). La société idéale et rêvée sur tout dans les années ’50 et ’60 à l’époque des golden sixties où tout est permis, rêvé et réalisable à moyen terme. Ici, c’est transposé au 21e siècle mais on sent cette influence d’une période dorée qui fait encore fantasmer pas mal de nos contemporains. Je pense ici à des influences culturelles telles que le disque de Donald Fagen intitulé « The nightfly ». Sur ce disque mythique, on y trouve deux morceaux qui vont squatter le billboard en 1982 intitulés « New Frontier » et « I.G.Y. ». Antonio Lapone y fait une référence explicite dans l’album. « New Frontier », la nouvelle frontière, se rapporte au slogan de John Fitzgerald Kennedy lors de sa campagne électorale pour la présidence des Etats-Unis en 1960.C’est le temps de la NASA et de la course à la conquête de la lune. I.G.Y. (international geophysical year) fait référence à l’Année géophysique internationale qui a été un formidable élan pour une recherche mondiale et coordonnée entre juillet 1957 et décembre 1958 en vue d’une meilleure connaissance de la terre et du système solaire. Une belle réalisation qui n’a pas été renouvelée.
Le vidéo-clip de « new frontier » intègre une partie graphique en dessin animé dans le style « atome », comme quoi rien n’est anodin !
A noter également que l’album se termine par un « secret files », un dossier graphique exceptionnel, où Antonio Lapone laisse libre cours à sa créativité sur le thème de l’album : des croquis, des recherches de personnages, des pastiches de couvertures de magazine, de publicités, bref du grand Art.
Ainsi se clôture cette longue chronique. Longue, car j’ai été enthousiasmé par le travail graphique de Lapone. Longue, car il ne s’agit pas seulement d’un exercice graphique de haute voltige (l’éditeur parle d’ « audace du dessin »), mais il y a aussi un vrai scénario, bien mené et qui sert une histoire cohérente. Au final, j’ai vraiment bien aimé cet album et il aura une place particulière dans ma bibliothèque. Encore un formidable cadeau pour Noël qui ne passera pas inaperçu !
Et pour terminer, voici un extrait de « I.G.Y.» de Donald Fagen :
What a beautiful world this will be… (Quel magnifique monde ce sera…)
What a glorious time to be free! (Quel glorieux moment pour être libre !)
Tout est dit en deux vers…
Scénario
Dessin
Moyenne
Lien vers le site de Glénat : ICI.
Le blog d’Antonio Lapone : ICI.
Le clip vidéo de « New Frontier » :
Capitol.
Déjà la fin d’année. Voilà l’occasion de faire un point et de vous proposer notre sélection collégiale (5 blogueurs) et indispensable des 10 Albums de l’année !

Ceux qui me restent est un voyage en Alzheimer. Mais littéralement. Damien Marie, le scénariste, nous propose une immersion dans le mental d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, une maladie qui désoriente celui qui en est victime, lui fait oublier ses souvenirs récents pour ne plus se focaliser que sur quelques évènements clés de son passé… Lire la chronique chez Yaneck, des chroniques de l’invisible.

(de Céline Fraipont et Pierre Bailly), éditions Casterman Un portrait d’adolescence sensible et touchant, aux accents mélancoliques et universels… Lire la chronique chez SambaBD.

(de Wilfrid Lupano & Paul Cauuet), éditions Dargaud, Comédie sociale grinçante et décalée, Lupano et Cauuet nous offrent un petit bijou d’humour. Personnages attachants et “justes”, leurs trois pépères vont vous embarquer sur la route avec eux, c’est certain ! Lire la chronique chez Un Amour de BD.

(de Louis Theillier), éditions Futuropolis, C’est un livre exceptionnel que nous propose Futuropolis. Il s’agit au travers d’une BD du récit de la lutte d’ouvriers qui combattent pour garder leurs emplois et leur usine avant qu’elle ne soit délocalisée… Lire la chronique chez Oncle Fumetti.

(de Antonio Altarriba et Keko), éditions Denoël graphic, Ce roman graphique est incroyable. Le postulat de départ est que c’est une lecture pour adulte et pour adulte équilibré. Une fois cette information donnée et elle est ncécessaire, on peut lire ce livre. Les auteurs se proposent de mettre sur un même plan et en relation le meurtre et l’Art. Lire la chronique chez Oncle Fumetti.

(de Luc Brunschwig & Roberto Ricci), éditions Futuropolis, À l’aide d’une narration toujours aussi experte, distillant ses flash-backs avec précision et parcimonie, mon scénariste préféré apporte un nouvel éclairage sur certains de ses protagonistes, dont Ishrat et Springy Fool. Lire la chronique chez Yvan (de Brusselboys).

(de Joris Chamblain & Aurélie Neyret), éditions Soleil, Tendre, subtil, sensible, beau à en pleurer et d’une rare intelligence narrative, Joris Chamblain et Aurélie Neyret nous embarquent dans un jeu de piste, mâtiné d’un drame personnel et d’une réflexion sur le temps qui passe. Que vous ayez 10/12 ans (comme les héroïnes) ou que vous soyez parents, offrez-leurs, offrez-vous cet album. Chacun y trouvera son plaisir ! Lire la chronique chez Un Amour de BD.

(de Marc Retera, éditions Kramiek) Cet album, c’est de la bombe! Vous aimez, l’humour noir, le non-sens, l’humour vachard poussé à son paroxysme ? Cet album est fait pour vous ! Mark Retera est fan de l’humour de Gary Larson, une référence… Lire la chronique chez SambaBD.

(de Joe Hill et Gabriel Rodriguez), éditions Denoël graphic, Ce sixième et dernier tome de Locke & Key est l’occasion d’effectuer un ultime plongeon dans l’univers fascinant de Joe Hill, scénariste virtuose de cette saga et fils de Stephen King. Cette conclusion tant attendue met en effet définitivement fin aux déboires de cette sympathique petite famille venue prendre un nouveau départ à Lovecraft, dans le Massachusetts. Lire la chronique chez Yvan (de Brusselboys).

Je sais ce que vous allez me dire. La BD du Mercredi, le super-héros en collant, le slip par dessus de caleçon, c’est pas trop notre truc. Je vous arrête immédiatement. Si vous ne devez en lire qu’une, d’histoire de Superman, c’est celle-ci. Si vous voulez capter l’essence même du super-héros à l’américaine, c’est cette histoire là que vous devez lire. Elle a tous les atouts pour vous convaincre. Et je vais essayer de l’aider…. Lire la chronique chez Yaneck, des chroniques de l’invisible.
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