ARDALEN – Vent de mémoires.

Couv_188458.jpgPlancheS_37778.jpgDessin & scénario: Miguelanxo Prado

Editions Casterman

Sortie : 22/05/2013

256 pages

Prix conseillé : 24,00 €

ISBN : 9782203029767

Roman, psychologie, neurologie, onirisme.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Chamboulée dans sa vie personnelle et professionnelle, Sabela se rend dans un village des montagnes de Galice, sur les traces d’un ami de sa famille. Mais sur place, sa rencontre amicale avec un vieil homme solitaire, Fidel, va bientôt bouleverser les projets de la jeune femme. En dépit de l’hostilité et de la jalousie de certains villageois alentour, l’un et l’autre en viennent rapidement à s’échanger confidences et souvenirs. Leurs récits s’entremêlent et la mémoire impétueuse de Fidel, qui invoque souvent l’univers coloré de Cuba, semble parfois acquérir la texture du réel : l’évocation de sa fiancée d’autrefois Rosalia, de son ami Ramon disparu dans un naufrage, d’une mystérieuse fée qui lui fait écouter la mer dans un coquillage, et jusqu’à ses visions du chant des baleines, qui lui apparaissent parfois à l’orée de la forêt, poussées par le vent…

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Mon avis : C’est un album ambitieux de près de 256 pages que nous proposent les éditions Casterman, pas avares de coups éditoriaux et de prises de risques. Autant le dire directement, il faut s’accrocher car 256 pages, ce n’est pas rien. En plus, le sujet n’est pas facile à traiter et demande un minimum de concentration, d’implication pour arriver au bout ce cette histoire, en ayant compris les tenants et les aboutissants d’un récit complexe. Ce n’est déjà pas facile de résumer le pitch de l’histoire…

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Sabela, une femme de la ville, arrive dans un village reculé à la recherche de quelqu’un qui aurait connu son grand-père en Amérique du Sud dans les années ‘30. Elle recherche ses racines et espère retrouver des personnes qui l’ont connu. Des hommes du village, pour lui faire une blague, l’envoient chez Fidel, un vieil homme dont la mémoire défaille. Ces deux personnages vont avoir du mal à communiquer mais ils vont finir par avoir de l’estime l’un pour l’autre. Fidel confond la réalité et ses rêves. Il va même s’inventer des souvenirs pour garder Sabela près de lui. Il est tellement impliqué dans ce processus qu’il prend ses rêves, ses inventions pour la réalité. De plus, il s’avère que ce que Fidel a inventé de sa propre initiative se vérifie dans la réalité.

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L’auteur distille au fur et à mesure du récit des éléments permettant de comprendre que Fidel est un malade qui relève de la psychiatrie. Prado réussit à mettre le doute dans l’esprit du lecteur. Où est la réalité, où est la fiction ? Qu’est ce qui relève du vécu, qu’est ce qui relève du rêve ? Quelle est la force du mental, peut-il influencer le réel ?   Je ne vous cacherai pas que par moment, il faut s’accrocher à certaines certitudes pour avancer cahin-caha dans le récit. Fidel divague dans ses rêves, ses pensées, ses souvenirs forts disparates et incomplets. Que faut-il donner comme crédit à ce que raconte Fidel ? Les dialogues sont parfois hermétiques, confus. Le rythme est lent, avec des répétitions. Le lecteur est plongé dans les incohérences de Fidel et doit faire le tri par rapport aux informations données par Sabela et l’auteur, en annexe du récit principal…Il faut avoir aussi du recul et avoir une once de poésie pour ne pas prendre le texte au pied de la lettre. Cartésiens s’abstenir !…Certains lecteurs vont se taper la tête contre les murs…

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Au niveau graphique, Prado nous offre une œuvre de grande qualité. Ceux qui ont déjà lu des œuvres de Prado (Trait de craie, la demeure des Gomez,…) connaissent déjà le trait mais surtout la technique de mise en couleur particulière du dessinateur espagnol. Le résultat est sublime et directement reconnaissable.

Encore une fois, c’est un livre que certains vont porter au pinacle et d’autres vont abandonner après 50 pages ! Un album exigeant mais je dois reconnaître que le voyage est singulier et qu’il vaut la peine que l’on s’y attarde…J’y ai même appris pas mal d’informations sur la neurologie. Comme quoi, le cerveau reste un grand inconnu de la médecine moderne, même si les progrès sont gigantesques ces dernières années. La critique salue globalement cette sortie de manière très positive. Reste à voir si ce bel album rencontrera son public.

 

Graphisme :      

Scénario :        

Moyenne :        

 

Liens vers le site internet de Casterman : ICI.

 

Capitol.

 

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