L’Aventure en grand A

couv-micheluzzi-Bab.jpg Bab El Manded

Micheluzzi

Editions Mosquito

Le résumé.

Dans les prémices de la guerre, l’Egypte, son canal de Suez et l’Ethiopie sont le centre d’une intense activité des services secrets. Un quatuor d’aventuriers en herbe, que rien ne rapproche, se retrouve à trimballer deux auto mitrailleuses Rolls-Royce à livrer aux guerriers d’Hailé Sélassié.

Vous voulez de l’aventure ? Vous êtes à bonne enseigne : Le Caire fait penser au célèbre film Casablanca, repère de truands en tout genre, services secrets jouant au chat et à la souris, personnages manipulés. Tout cela fleure bon le romantisme. On suit les protagonistes selon le fil d’un journal de bord écrit par Micheluzzi comme s’il était le cinquième personnage de cette aventure. Il n’y a pas de héros, pas de salaud, juste un sergent major anglais (caricatural), une danseuse égyptienne, un anarchiste Italien et une aristocrate Anglaise.
Mon avis.

Malgré un début poussif et des difficultés à aborder l’histoire, le livre se dévore d’une bab el manded,micheluzzi,editions mosquitotraite. Le passage d’un personnage à l’autre est parfois surprenant mais on prend vite le pli et les pages s’enchainent toutes seules. Ce qui plait dans l’histoire c’est la base historique très présente. Bien sur c’est une fiction mais le décor n’en est pas moins historiquement vrai. On s’attache vite à ces personnages. A la fin du roman on est triste de les laisser. Heureusement Micheluzzi nous donne des éléments pour nourrir notre imagination d’aventurier.

bab el manded,micheluzzi,editions mosquitoCet auteur italien très injustement oublié est contemporain de l’épopée ratée de Mussolini et de ces rêves de grandeur colonialiste. Peu connu, il fait pourtant parti des incontournables de la BD italienne avec Toppi, Pratt ou Giardino. Sont trait est classique et se retrouve dans la droite ligne des Milton Caniff. Ainsi, les dessins sont en noir et blanc avec des jeux d’ombres très performants. Le trait est sec, vif. Le découpage classique. Cependant, les personnages sont parfois mal proportionnés alors qu’au contraire le matériel est très finement dessiné. L’auteur prend soin d’émailler son récit avec des paysages très épurés, dans des cases uniques et sans texte. Le temps se suspend. Notre imagination se projette dans ce vide. C’est beau.

 

Note 7/ 10

Tigrevolant

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MES ANNEES BETES ET MECHANTES – Daniel Fuchs

Capitol, Hara-Kiri, Daniel Fuchs, Nicoby, Joub, Drugstore, Histoire de la BD, HumourCapitol, Hara-Kiri, Daniel Fuchs, Nicoby, Joub, Drugstore, Histoire de la BD, HumourDessin : Nicoby – Scénario : Joub

Editions Drugstore

Collection Roman graphique

Sortie le  29/09/2010

Prix conseillé : 17 €

Genre : Histoire de la BD/Humour

 

Résumé (de l’éditeur: C’est le récit d’une époque formidable, au travers d’une des plus belles aventures de la presse, celle du défunt magazine « Hara-Kiri ». Une belle aventure que nous raconte Daniel Fuchs, témoin privilégié en tant qu’ami et comparse du Professeur Choron et de sa fine équipe : Cavanna, Wolinski, Reiser, Cabu, Gébé, Vuillemin… Il y avait de la provocation, de la bêtise, de la vulgarité, oui bien sûr, du cul, des nichons, des fesses, des gonzesses à poil, et alors ? La libération sexuelle autant que le féminisme triomphaient, et ces braves garçons, frondeurs mais romantiques, ne connaissaient pas le politiquement correct et se permettaient tout ! C’était une époque de liberté et d’audace où l’on a cru pouvoir rire éternellement, se moquer des riches et des puissants et changer le monde… Ne riez pas, on y a cru.C’était beau. Et c’est à « Hara-Kiri » que plein de choses ont commencé.

 

Mon avis : C’est un album qui était tout à fait passé inaperçu pour moi et que j’ai trouvé chez mon bouquiniste. Je ne pense pas que j’aurais consacré 17 EUR à un tel livre dans une librairie classique… Heureusement, l’achat en occasion à 50% du prix m’a permis de découvrir un album d’une centaine de page, jubilatoire. C’est un ensemble d’anecdotes compilées par Daniel Fuchs, un collaborateur d’Hara-Kiri ,qui m’a bien faire rire. Et en plus cela s’est vraiment passé, ce n’est pas une fiction ! Bien évidemment, avec des hurluberlus du type Choron, Siné et autre Cavanna, c’est du gâteau…Ces anars ont des pratiques pas toujours très catholiques, douteuses voire même qui relèvent complètement de l’escroquerie. Hara-Kiri, c’est le magazine « bête et méchant », où la vulgarité côtoie le politiquement incorrect, où on ne paie pas l’imprimeur, où on boit du champagne en permanence, on va au bordel ou dans les grands restaurants même si on n’a pas d’argent. On prend l’argent des autres !… Dans les bureaux, après le bouclage, ce n’est que beuveries, femmes à poils et autres excentricités…Toute l’histoire du journal est égrenée avec des événements marquants tels que, entre autres, la censure suite au décès de De Gaulle ( Bal tragique à Colombey- 1 mort), le soutien à la candidature de Coluche à l’élection présidentielle, l’émission « Droit de réponse » de Michel Polac…Le scénario de Joub est bien charpenté et va à l’essentiel sans oublier d’être drôle. Le dessin de Nicoby est dépouillé mais très efficace. Sans beaucoup de bla-bla. Il intègre aussi ça et là des photos de l’époque et fait bien l’amalgame. Un petit glossaire et une brève histoire d’Hara-Kiri terminent l’ouvrage. En conclusion, j’ai vraiment bien aimé. Payez-vous une pinte de bon sang !

 

8/10

 

Capitol.

 

On en parle sur le Forum : ICI.

Capitol, Hara-Kiri, Daniel Fuchs, Nicoby, Joub, Drugstore, Histoire de la BD, Humour

La question du dimanche (17).

La question BD du dimanche va se pencher sur vos habitudes de lecture.
J’aimerais savoir où vous lisez d’habitudes vos BD ?
Lisez-vous  avec une musique adéquate ou  vous faut-il le silence  ?

J’attends vos réponses via un commentaire.
C’est l’instant c’est le moment d’oser.

Delphin Enjolras, Lecture.jpg

 

Manga radioactif.

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Décidemment, les suites de la catastrophe nucléaire de Fukushima ont des conséquences directes sur notre façon de vivre en Europe. C’est le monde de l’édition et plus particulièrement celui des mangas qui vient de subir une interdiction totale sur tout le marché européen suite à la découverte de Césium 137 et d’iode 131 radioactifs sur les couvertures d’un lot de Death note venant directement du Japon. Un nouveau  coup dur pour le Japon qui ne touche pas seulement les éditions originales exportées du pays du soleil levant mais aussi les éditions françaises et autres.  Là, il s’agit plutôt d’une « erreur » de la commission européenne ayant oubliée de faire la distinction entre les deux. En interne, on cite volontiers une omission savamment orchestrée par le ministre de la culture française, Frédéric Mitterrand. Un texte qui même s’il doit rester ponctuel arrange bien les BD dites Franco-belge. Visiblement une belle occasion pour conquérir un nouveau lectorat car tous les mangas devront disparaitre des étales pour un trimestre au moins.
L’adage «  le malheur des uns fait le bonheur des autres » est donc de circonstance.

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