La belle mort

Scénario : Mathieu Bablet
Dessin : Mathieu Bablet
Éditeur : Ankama
160 pages
Date de sortie :  septembre 2017 (réédition)
Genre : anticipation


Entrez dans un monde où des insectes venus de l’espace infini sont maintenant les maîtres de la Terre. Découvrez ce one-shot post-apocalyptique signé Mathieu Bablet (Adrastée et Shangri-la)

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Présentation de l’éditeur

 

A quoi bon résister ? Voilà ce que se répètent jour après jour Wayne, Jeremiah et Scham, uniques survivants de l’invasion dévastatrices d’insectes extra-terrestres. La fin de l’humanité a eu lieu. Cherchant un but, une destinée justifiant leur futile présence dans un monde en ruine, ils ne se doutent pas qu’ils font partie d’un plan bien plus vaste, de quelque chose qui les dépasse complètement et qui implique un autre survivant…

Mon avis

Surfant sur le succès de Shangri-la sorti l’an dernier, les éditions Ankama rééditent le premier album de Mathieu Bablet, La belle Mort, paru initialement en 2011.

Récit d’anticipation post apocalyptique, cet album au rythme lent et poétique nous propose une incursion métaphorique sur une planète détruite et en proie à une colonie d’insectes venus de l’espace. Le sujet pourrait prêter à rire, mais Mathieu Bablet engage dans son récit une vraie réflexion sur la survie de l’espèce humaine. Trois personnages errent dans une ville en décomposition sans autre but que de survivre. Et quand ils rencontrent un autre survivant, l’instinct primaire prend souvent le dessus sur le bon sens. Sommes-nous irrémédiablement condamnés à redevenir des bêtes ? En creusant un peu, on peut voir dans cette errance un message plus subtile. L’Homme ne serait-il que de passage sur terre, locataire provisoire d’une planète qu’il aurait été incapable d’entretenir et de préserver ?

On pourrait sans doute trouver tout un tas d’autres métaphores dans cette histoire où finalement il ne se passe pas grand chose. Mais on s’intéresse davantage à cette ville en décrépitude dans la quelle on se sent littéralement aspiré. Personnage à part entière, elle semble vivante, peut-être endormie ou sous le contrôle d’une puissance invisible. Elle est à la fois fascinante par les décors grandioses, et terriblement anxiogène par cette absence d’humain, ce silence assourdissant et cette présence grandissante d’insectes.

Le final est surprenant, déroutant, et nous ramène à nos questions existentielles du début.

Ayant lu cet album après Shangri-la, j’avoue avoir eu un peu plus de mal à accrocher à cet univers. Néanmoins, l’album reste plaisant à lire, chacun pouvant s’y projeter selon ses propres sensibilités et mener ses propres réflexions sur l’existence.

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Les décors urbains de Mathieu Bablet forcent l’admiration. Quel travail ! On imagine le travail monacal du dessinateur qui, avec une précision chirurgicale, entasse des immeubles dans des perspectives ahurissantes, dessine des intérieurs où pas un détail ne manque. C’est proprement hallucinant et vertigineux. En revanche, les personnages laissent vraiment à désirer. Ils sont laids, pas expressifs et sans relief. C’était le défaut relevé sur Shangri-la, mais là, c’est pire.

La belle mort reste un album atypique dans le genre, qui a permis de révéler un auteur complet et talentueux. A découvrir, mais à lire avant Shangri-la.

Loubrun

 

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