Stéphanie HANS
Elektra
Rogue
L’Enchanteresse

scénario : Grant Morrison ; Anne Caulfield
dessin : Ian Gibson
Editeur : Soleil
collection : Soleil US comics
date de sortie : août 2013
144 pages
genre : adaptation, policier
John Steed doit faire appel à son ancienne partenaire Emma Peel pour élucider une sombre affaire où la jeune Tara King à disparue lors d’une enquête. Cette histoire entraînera le plus célèbre des gentlemen du petit écran dans les méandres d’un cercle de jeux pour le moins pittoresque et inquiétant.
Dans une seconde histoire, nous assistons à la disparition des habitants d’un petit village alors que des Mayas apparaissent mystérieusement dans la campagne. Le mari d’Emma Peel viendra en soutient pour résoudre cette curieuse énigme.
Les éditions Soleil ont eu la bonne idée de rééditer – ou plutôt d’éditer en français – cette adaptation de la célèbre série télévisée britannique, initialement parue en trois fascicules entre 1991 et 1992 sous le nom de Steed and Mrs Peel.
Si l’adaptation de série télé semble aujourd’hui plus répondre à un vœux marketing qu’artistique, Chapeau Melon et bottes de cuir fait exception. Elle fut adaptée il y a déjà plus de 20 ans par Grant Morrison (X-Men, Batman, Superman …) et Ian Gibson, auteurs déjà reconnus à l’époque.
Tout en créant une histoire originale (les deux histoires présentées sont inédites) l’esprit de la série télé est parfaitement rendu et on y retrouve toute la fantaisie, l’extravagance et le lot de mystères qui en ont fait le succès. Dans la première histoire intitulée « le jeu d’or », j’ai complètement retrouvé les atmosphères surréalistes le tout agrémenté de l’humour so british et du flegme légendaire de John Steed. L’action est bien présente, et Emma Peel ne manque pas de mettre en avant ses talents de bagarreuse hors pair.
Le dessin de Ian Gibson, frisant la caricature, déborde d’énergie et de vitalité. Si le personnage de John Steed est le portrait craché de Patrick McNee, il est moins évident de reconnaître l’actrice Diana Rigg qui interpréta le rôle d’Emma Peel.
Voilà un album qui rend un bel hommage à l’un des chefs d’œuvre de la télévision et qui devrait ravir les nostalgiques et fans de la série. En revanche, les plus jeunes seront peut être rebutés par le noir et blanc qui donne parfois un sentiment de dessin confus ou fouillis.
Ma note : 6,5/10
Loubrun

Résumé de l’éditeur: 1917, l’Amérique apporte son soutien à la France. Lincoln, incorporé d’office, fait son arrivée sur le vieux continent…
Nous sommes en juin 1917 et notre stupide cow-boy, ex-policier, ex-escroc, ex-révolutionnaire, ex-trafiquant d’alcool est devenu soldat dans l’armée des États-Unis. En cette même période, l’Europe est ravagée par un conflit mondial et meurtrier, et l’Amérique a décidé d’y envoyer ses troupes. Ainsi Lincoln va débarquer en France et peut-être en profiter pour enfin se trouver un coin tranquille ou passer des jours peinards, loin des ennuis, loin de tout. Peut-être…
Il y a un an, dans une interview pour Samba BD à l’occasion de la parution du tome 7, Jérôme Jouvray (dessinateur) nous parlait de son frère (scénariste): « Olivier est déjà en train d’écrire le T8 et on peut déjà l’annoncer pour 2013 ! Et là encore, ce sera très différent… ». Voilà tout ce que les fans de la saga Lincoln avaient à se mettre sous la dent sur l’avenir de leur héros après un tome 7 très réussi. Le fou sur la montagne était surtout l’album du grand retour après une longue absence. L’occasion pour le clan Jouvray de rappeler qu’ils étaient toujours là.
Nous voici un an plus tard pour ce tome 8 annoncé (dans la foulée du septième) comme très différent. Et pour cause, Lincoln vient d’entrer dans la grande guerre. Il est vrai qu’il sera passé par beaucoup d’époques différentes et Le démon des tranchées est probablement le plus ambitieux de ce point de vue. Une série qui débute en western et qui se retrouve aujourd’hui en France plongée dans la première guerre mondial… il faut oser!
L’attente était grande et nous étions plein d’espoir. Le tome 7 était plein de promesses pour la suite, nous étions persuadés d’avoir retrouvé le meilleur de Lincoln. Malheureusement la désillusion est grande avec ce nouvel album. On retrouve très peu des ingrédients qui ont fait le succès de notre antihéros préféré (ce fameux cocktail d’humour savamment distillé). Le pouvoir d’immortalité offert à Lincoln par Dieu est, ici, utilisé à outrance jusqu’à devenir grotesque. On éprouve le fâcheux sentiment que malgré l’époque différente, notre cow-boy vit toujours la même histoire depuis huit tomes: il veut qu’on lui foute la paix, il n’a jamais demandé à être là et, de temps en temps, il joue les immortels.

Le +: La réussite graphique de Lincoln est toujours au rendez-vous. Les fans seront satisfaits.
Le -: Après un tome sept très réussi, le scénario de ce nouvel album et son idée ambitieuse de jouer sur les époques donnent une impression de pétard mouillé.
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