Scénario : Philipp Gelatt
Dessin : Tyler Crook
Dépot légal : 08/2013
Editeur : Urban Comics
ISBN : 978-2-365-77250-1
Planches : 272
Je n’ai jamais connu la guerre

Résumé de l’éditeur: Hâbleur, séducteur, brillant, Darius est un quadragénaire épanoui et conquérant qui a fait fortune dans un créneau innovant en pleine expansion : la création de souvenirs factices, vendus sous forme injectable à des clients en mal de sensations fortes. Mais le parcours gagnant de Darius, que ses racines libanaises rattachent à d’anciens souvenirs de violence, dissimule une fêlure intime : lui même est hanté par sa propre mémoire demeurée douloureuse, qu’il s’agisse de ses racines familiales ou de sa vie sentimentale agitée.
Derrière cette couverture maladroite (lourde et surchargée) et ce titre qui induit en erreur, se cache en réalité une histoire qui lorgne du coté de la SF. En effet, le personnage principal, Darius, vend du rêve sur mesure en seringue. L’occasion de développer la thématique du rêve et du faux-semblant si chère à la science-fiction mais qui s’est déjà vu traiter un nombre incalculable de fois et sous différentes formes depuis les grandes heures de Philip K. Dick (c’est dire comme ça remonte!).
Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, c’est devenu un thème dangereux où seul un scénario d’une grande originalité peut sortir du lot. Et pour Je n’ai jamais connu la guerre (ne tournons pas autour du pot) ce n’est pas le cas. Le scénario de Joseph Safieddine laisse le sentiment d’une histoire décousue. On ne cerne pas l’intérêt entre la dimension dramatique et la SF, ils sont rarement au service l’un de l’autre et s’accordent, dans le cas présent, aussi bien que deux aimants qui s’opposent. Le coup du rêve artificiel ressemble furieusement à de l’esbroufe scénaristique.
« Aie, c’est mal parti! Mais le graphisme peut-il sauver tout ça?! » nous direz-vous. Pas pour cette fois. Tout comme le scénario, le dessin de Maud Begon souffre d’un pesant sentiment de vieux, de moderne pas (plus) moderne, … et surtout de pâle copie du trait, si identifiable, de Manu Larcenet. Les connaisseurs auront beaucoup de mal à ne pas avoir à l’esprit le Larcenet des grandes heures ( vous savez, celui qui broie du noir et qui a du mal à décoller son crayon de sa feuille).

Le +: Grâce à son format si particulier KSTR, il est parfait pour ajuster une armoire qui ne serait plus de niveau.
Le -: Un thème usé et un dessin volé enfoncent encore un peu cet album qui semble paraître avec 20 ans de retard.
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