LA COLONNE tome 1 – UN ESPRIT BLANC

COUV_LACOLONNE_WEB.jpgEn 1889 la France coloniale envoie une mission de conquête en Afrique de l’Ouest, entre le Sénégal et le Tchad. Cette mission dite « Voulet-Chanoine », du nom des deux officiers blancs qui la commandent, doit rejoindre deux autres colonnes parties d’autres points afin de quadriller l’Afrique et agrandir le territoire français. Elle va s’illustrer par la barbarie, le pillage, les viols et autres actes infects. 

Cet événement oublié, un parmi tant d’autres de notre histoire coloniale en Afrique, est relatée ici par le scénariste CHRISTOPHE DABITCH et le dessinateur NICOLAS DUMONTHEUIL.

Au lieu d’en faire un récit cru et linéaire des événements, DABITCH a l’idée géniale de présenter l’histoire par l’intermédiaire d’un narrateur allégorique, un esprit, qui converse avec l’un des soldats noirs ayant participé à l’épopée, Souley, et relate l’histoire tout en interrogeant ce dernier sur ses motivations et son ressentiment.

Ce récit sombre et dramatique est ainsi « adouci » et le lecteur assimile plus profondément l’horreur qui s’en dégage.

Le beau dessin caricatural de Dumontheuil ainsi que les couleurs vives qu’il introduit, participent  a la narration de riche façon. 

 

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Dans ce premier tome qui débute par la fin tragique de l’aventure, nous assistons aux préparatifs du départ, la mise en place du projet par les deux officiers en quête de gloire et de fortune, leurs difficultés à obtenir les fonds des autorités françaises. Le récit se poursuit en Afrique avec l’enrôlement plus ou moins volontaire des jeunes noirs qui vont former le gros de la colonne armée et le début de l’épopée.

extrait-6.jpgA la cruauté et la violence des blancs qui considèrent les africains comme des enfants qu’il faut guider et utiliser de toutes les façons possibles ( voir les scènes où les officiers choisissent des femmes noires pour compagnes de campagne ), s’ajoutent celles des noirs eux mêmes qui tuent et pillent de façon naturelle comme les êtres humains qu’ils sont, pareils aux autres humains que sont les blancs.

Bref une histoire qu’il est bon de connaître, comme toutes les histoires des actes commis depuis l’aube de l’humanité et qui nous éloignent chaque jour un peu plus de cette « humanité ». 


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LA COLONNE

DABITCH & DUMONTHEUIL                                         MA NOTE : histoire et dessin   8,5/10

FUTUROPOLIS août 2013                                                           JR

Voulez-vous gagner cet album et vous plonger dans colonne Pour le remporter ?, il suffit de mettre un commentaire sur le blog en fin de chronique jusqu’au samedi 2 novembre 2013 inclus. Un tirage au sort sera fait par une main innocente (celle de Samba !).

 


 



    

« SARAH, les démons de Little Valley »

 Sarah3.jpgSarah3r.jpgsérie terminée (3 tomes), éditions Humanos 2013 (dessin : Stefano Raffaele et scénario : Christophe Bec). 

  Résumé : 

Partie rejoindre son mari David en Pennsylvanie – à Salamanca, une ancienne petite ville minière -, Sarah est une jeune femme meurtrie qui cache un lourd passé. Qui plus est, une voix étrange et familière lui parle dans sa tête et commente ses découvertes : il se passe de « vilaines choses à Salamanca, de très vilaines choses », des meurtres y sont commis et les habitants cachent de terribles secrets. Mais ce sera peut-être pour Sarah une occasion d’affronter ses démons, au propre comme au figuré… ? Car la personne responsable de l’état dépressif de Sarah est sur ses traces ! « L’homme aux bottes jaunes… » comme on l’appelle, ou encore « Le jardinier ». Et ces autres traces, entre l’homme et l’animal, quelles sont-elles ? D’où viennent-elles ?… Salamanca n’est décidément pas le coin tranquille pour se remettre d’une dépression… Non, vraiment pas. 

  

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Mon avis : 

Le premier tome m’avait emballé avec son ambiance qui montait crescendo. Le deuxième faisait plus série b mais toujours agréable et annonçait une suite prometteuse et surtout plus explicative. Hélas, et même si le dessin de Stefano est superbe comme à l’accoutumée (voyez les pages se déroulant de nuit et celles de la fin d’album, parmi les plus jolies qu’il ait réalisées), la conclusion – paradoxalement – m’a fort déçu. 

Pourtant, cela partait bien, très bien même, et chaque énigme/ scène des deux autres albums trouve sa raison d’être, mais la fin arrive sans prévenir et pour le coup je trouve qu’elle gâche la bonne impression qui se dégageait jusque-là. J’ai pensé (peut-être à tort) que Bec ne savait plus quoi faire avec ses personnages (pas d’autres cycles en vue alors qu’avant les revirements éditoriaux, un deuxième était annoncé…), donc on les précipite dans un flot de sang et le tour est joué. Rideau baissé… J’ai trouvé çà limite injuste, pas très abouti, après tout le mystère des débuts, tous ces fils qui s’entrecroisaient de façon (presque) convaincante. « Presque » car l’origine des Thérias, de cette « guerre » entre eux et les humains reste bien mystérieuse. On devine qu’ils veulent garder leur liberté, mais d’où viennent-ils ? Surtout que certains ont apparemment des « sentiments » ? 

En comparaison, Pandémonium (autre série de Bec) me paraît mieux équilibré. Elle faisait honneur à son sujet, avec une fin tragique mais logique. 

  

 

J’ai relevé quelques erreurs dans le lettrage aussi. « Sarah Westmore » est indiqué plusieurs fois alors que ce nom est celui du voisin, pas de Sarah… Quand on fait le lettrage, on n’est pas censé connaître un peu les personnages et l’histoire ? Pas très sérieux. 

  

 

La série dans son ensemble mérite donc un bon 8/10 (dessin top et histoire satisfaisante, avec un dernier tome bien dense), mais cette fin… Je suis très réservé sur ce tome trois au point que je me demande même ce que les lecteurs/lectrices en penseront. 

  

 

Nicolas 

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