Question du dimanche (33):Que pensez-vous des prix des BDs?

Voici la nouvelle question du dimanche!

Que pensez-vous du prix des Bds en librairie?

Je me suis posé la question du prix d’une BD en me rendant chez un de mes libraires attitrés ce samedi.

Je vous donne quatre exemples de prix. Je vous donne ici les prix officiels de l’éditeur. Ce ne sont pas les prix de certains libraires qui font des ristournes…

1/ « En mer« , un petit livre sympa (dimension 13X16.5 cm) en noir et blanc, couverture cartonnée, 134 planches, chez çà et là, un petit éditeur, coup de coeur de BDgest. Histoire complète.Prix: 13 €.

2/ « Portugal » de Pedrosa, un gros livre de 264 pages chez Dupuis, Collection Air Libre. Bonnes critiques également. Histoire complète.Prix: 35 €.

3/ « Stalingrad khronika, T1« , 68 planches, Dupuis, Collection Air Libre, très bonne critique sur BDgest.Probablement en deux tomes. Prix: 16,95€

4/ « Airborne 44, T3« , 46 planches, Casterman,un des best sellers du moment.Histoire en deux tomes. Prix: 11,95 €.

Je ne vous cache pas que l’album « Portugal », je l’ai laissé là, même si mon libraire fait un effort pour le descendre à 31,50€. Je reviendrai peut-être sur ma décision, mais un tel prix, cela fait réflechir même si il est volumineux et de bonne qualité…

De plus, vu la sortie plétorique de titres dont certains sont d’un niveau qualitatif très discutable, il est de plus en plus difficile de suivre. Et ne parlons pas des séries commencées et pas terminées ou encore des changements de titre en cours de route. Pour exemple, le tome 1 de « Nomade » redevient le tome 5 de « Croisade » et on ressort pour la circonstance une réédition de 5 tomes « nouveau format ».L’éditeur serait-il d’accord d’accepter le retour du tome 1 de « Nomade » en mibrairie contre l’échange du tome 5 de « Croisade »? Je pense que cela n’arrivera jamais mais franchement « Le Lombard » nous déçoit sur ce coup là…

Pour alimenter la discussion, les éditeurs ne sont-ils pas entrain de scier la branche de plus en plus inconfortable sur laquelle ils sont assis? Ne devrait-on pas revenir vers des livre brochés, moins onéreux? N’est-ce pas là l’explication du succès des mangas? La multiplication des tomes pour le plaisir d’allonger la sauce, ne devrait-elle pas laisser la place à une histoire complète, au scénario mieux travaillé, en un seul volume? En d’autres termes, ne devrait-on pas revenir à la formule des livres « à suivre » initiée par Casterman dans les années 80?

Voilà, nous attendons vos réactions.

Bon dimanche quand même…

Capitol.

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11 commentaires sur “Question du dimanche (33):Que pensez-vous des prix des BDs?

  1. Excellent sujet ! C’est l’escalade ! je mettais promis d’arreter lorsque les BD atteindrais 15 € (soit 100 francs quand meme), mais j’ai du mal a arrêter :-)). Il fut un temps ou Futuropolis avait sorti la collection « 32 » brocher, en épisodes réguliers et très peu cher (london calling, guerres civiles…). Cela a fait un flop retentissant. Dommage ! j’aimais bien. Donc ce n’est peu être pas la solution. Un libraire m’avait dis que le prix c’était surtout les couvs : couleurs, reliefs, cartonnage…. je suis preneur pour des BD moins chères et brochées souple !
    NB : j’ai rien compris au sujet croisade/nomade mais j’ai jamais lu (cest peu etre pour ca !)

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  2. Salut Capitol, figures-toi que j’avais la même question à faire, sauf qu’elle est passé à la machine à lessiver avec ma clé USB.
    Moi, ce qui m’a fait tiquer, c’est le dernier Rochester …euh Lady Elza 14,50 chez GLENAT !!! Le prochain coup comme celui là, il restera sur l’étale, Dufaux ou pas Dufaux , ce sera en occasion.
    Airborne 44, je viens de le lire et vu que c’est admirablement bien dessiné, le prix est normal, vers 12 euro, je trouve ça justifié .Par contre, la jaquette pour mettre le prochain tome 3 à 4 euro en plus….c’est encore entuber les collectionneurs.
    Portugal de Pédrosa, je l’ai eu en main aussi ….c’est vrai qu’il y a de la matière mais bon, c’est un prix aussi, presque un cadeau à faire ….d’ailleurs je parie qu’on va voir fleurir les intégrales et éditions spéciales pour cette fin d’année comme d ‘hab.…..
    Je dois dire que je ne regardais pas trop aux prix avant, maintenant, j’y fais attention, un signe qu’on commence à feutrer avec mes limites financières.
    La sélection est de plus en plus rigoureuse …la branche craque effectivement …
    Le pire dans cette histoire de prix, c’est de connaitre la petite part que reçoive les auteurs …..

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  3. Vaste sujet, maître Capitol !
    En résumé, la BD ne va pas aussi bien que les chiffres de vente mis fièrement en avant tous les ans le laissent supposer.
    Les éditeurs cherchent à s’imposer — certains seulement à survivre — par tous les moyens : en visant le mainstream pour les uns, les niches de collectionneurs plus aisés pour d’autres, parfois les deux lorsqu’ils disposent d’un gros catalogue…
    Les gros éditeurs tentent d’étouffer les plus modestes en surreprésentant leurs « blockbusters » (plusieurs versions du même tome, couvertures gadgets, intégrales lancées très vite…). Le marketing est omniprésent, la qualité des albums et le talent des auteurs passant trop souvent derrière… Le respect du lecteur/collectionneur, n’en parlons pas…
    D’autant qu’avant de pouvoir accéder aux lecteurs, il faut convaincre les libraires — autre corporation qui ne respire pas la santé —, lesquels « décident » des tirages par leurs commandes (voir les réflexions de Luc Brunchwig avec Urban en ce moment).
    Pour le problème Croisade/Nomade, je ne serais pas étonné que l’éditeur ait noté une baisse significative de ses ventes après le changement de nom — même s’il était mentionné partout que c’était bien la suite —, d’où le retour en arrière…
    Aux USA, faire repartir des séries au n°1 est un grand classique (DC vient d’ailleurs de relancer l’intégralité de sa ligne superhéros ce mois-ci avec 52 n°1). Le principe, étant qu’un premier tome attire plus les acheteurs/collectionneurs (et les médias). La différence avec Croisade/Nomade, c’est que les Américains s’appuient sur des séries comportant souvent des centaines de numéros (4 tomes de Croisade, c’est un peu juste pour capitaliser sur le succès…).
    Bref, cette frénésie est aussi le reflet d’une forme de panique des éditeurs qui font feu de tout bois pour trouver la formule magique, mais avec une vision à court terme : satisfaire leurs conseils d’administration et/ou actionnaires…
    Alors, bien sûr, il y a encore des gens qui essayent de « bien faire », pour qui la bande dessinée est une passion, qu’ils soient auteurs ou éditeurs, mais comment pourront-ils survivre à ce que devient ce milieu ?

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  4. Je suis d’accord avec toi. Les libraires ont de plus en plus de difficultés également.C’est à eux , je pense, de faire les bons choix mais loin d’être évident…Avec les tirages qui s’amenuisent, les auteurs ne sont pas à la fête non plus…Un excès de marketing finira par tuer une grande part de la créativité qui fait de plus en plus défaut sur un marché sursaturé et encombré d’ouvrages ineptes ou/et complètement nuls.

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  5. Je dois avouer que je me suis laissé séduire par la jaquette d’Airborne 44…;-)
    Oui, le marché de l’occasion a encore de grands jours devant lui…

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  6. Le choix du titre NOMADE répondait à priori à un souhait de simplicité et de clarté.
    D’une part, nous voulions éviter l’usage parfois « lourd » des titres et sous-titres en cascade (Série, cycle, épisode, ….)
    D’autre part, ça répondait à notre soucis de mettre en évidence le fait que ces albums pouvaient être lus indépendamment de la lecture préalable des quatre premiers tomes de CROISADE, à l’intention de nouveaux lecteurs, tout en conservant l’esprit de CROISADE dans la maquette de la couverture afin de proposer une collection homogène aux lecteurs existants.
    Mais il s’est avére que le choix du titre NOMADE a eu l’effet contraire et a plutôt prêté à confusion dans le positionnement de la série.
    Nous nous étions en réalité éloigné de l’esprit de notre projet, à savoir, CROISADE, un socle, un univers que nous voulons continuer à explorer à travers plusieurs personnages de la série en développant leurs aventures, sous forme d’épisodes distincts et spécifiques à chacun d’entre eux.
    (comme dans Blueberry, l’ensemble de l’histoire évolue par cycles d’albums ou bien sur Murena avec les cycles de la mère et de l’épouse par exemple )
    Et c’est vrai que naturellement, nous étions les premiers à parler de CROISADE T5 à la place de NOMADE T1
    Lapsus révélateur …
    🙂
    je suis content de retrouver croisade …et vous lecteurs de « nomade » n’avaient aucune obligation d’acheter le T5
    Xavier

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  7. Je remercie d’abord Xavier pour s’être donné la peine de nous répondre longuement et dans le détail sur ce changement de cap des éditions « Le Lombard ». Il est bien évident que je n’ai pas racheté le tome 5 puisque j’avais déjà le « nomade 1 ». J’ai acheté plutôt le tome 6, la réelle nouveauté, qui est actuellement sur ma pile « en attente » de lecture. Je suis persuadé que certains lecteurs vont acheter le tome 5 croyant avoir une réelle nouveauté alors qu’il s’agit d’une histoire qu’ils ont déjà lue sous un autre titre…C’est dommage mais il vaut mieux que chacun soit au courant de ce qu’il achète…Malgré ces péripéties éditoriales, « Croisade » reste une excellente série qui vaut le détour.

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  8. Bien d’accord avec jmc, non seulement à propos du secteur « librairie » en pleine tourmente, mais aussi du vent de panique qui souffle sur le monde de l’édition. Bien d’accord aussi sur l’impression de chaos (ou marketing dérégulé) qui n’ajoute rien de bon à la surabondance.
    On devrait évidemment nous aussi commencer par adopter le prix unique du livre, cela permettrait déjà aux petits libraires de rester debout face aux grandes surfaces – mais je m’écarte du sujet.
    Mais je voudrais ajouter que l’augmentation du prix des BD n’est pas si étonnante:
    Premièrement, le papier a augmenté (triplé, parfois), les imprimeries sont soit dans le rouge soit cassent les prix avant de tomber dans le rouge, et finalement le pétrole (la distribution des livres ne se fait pas en poney) et tout le reste augmente. On a aussi été habitués (nous, par exemple pas les néerlandophones) au gaufrage, cartonnage, repoussage, vernis repéré, livres hors format, petits tirages… (Et c’est vrai qu’on pourrait y renoncer, mais n’est-ce pas une des meilleures manières de se distinguer du livre numérique (qui n’est pas un objet, lui)? (Oups, un autre débat)…
    Deuxièmement est-ce que le livre augmente tellement plus que le reste?
    Un ticket de cinéma = 7 ou 8 euros pour 2 heures de film et puis pschht fini. Un resto = 40 euros (sans la bouteille de vin) et après trois heures pschht fini. Un pain = 2,35 euros. Donc une BD = 6 ou 7 pains, ou un demi-resto. Tout augmente mais évidemment les produits culturels (avec pourtant une forte valeur ajoutée) sont ceux pour qui l’effort financier à consentir est le moins naturel en général (comparativement aux produits de nécessité première).
    Troisièmement: Mais c’est vrai le monde est dérégulé: une trousse de toilette (2 tissus différents, une tirette) = 50 euros chez DI et une tente « 2 secondes » à jeter (2 tirettes de 1m50, 4 sortes de tissus pour 6 mètres carrés, 3 tiges de carbone, des câbles, des tendeurs, des piquets, une housse) = 40 euros chez Décathlon! Ou pour en revenir au livre: Une BD de 54 planches couleurs cartonnée (comprenant la création des textes, dessins, impression, travail d’édition, de distribution, de promotion) = 15 euros et un carnet de croquis (80 pages, pas d’impression, pas de traduction, de création, de problème de distribution) = 30 euros! D’ailleurs, je trouve que les mangas ne sont pas si bon marché que cela (par rapport au Japon, par rapport à la qualité d’impression).
    J’ai déjà écrit ce genre de choses ici une autre fois (je radote) mais c’est une réaction logique à l’égard de ceux qui trouvent qu’une BD est chère, mais qui n’hésitent pas à boire des Daikiri à 12 euros (par exemple) sans s’émouvoir. C’est juste une manière de replacer les choses dans le contexte.
    Et puis une dernière chose concernant le marketing: le plus énervant, c’est de voir qu’on tape encore et toujours plus (publicitairement parlant) sur le clou de ce qui se vend déjà très très bien (affiches 20m2, 4X4 au nom d’un héros BD, displays etc) sans partage avec les auteurs débutants.

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  9. D’accord aussi, vaste débat… et perso, je suis de plus en plus frileux à acheter des tomes 1, peu importe l’éditeur. La collection « à suivre » avait aussi une qualité constante et avec des auteurs aujourd’hui reconnus (cf Comès qui se fait très rare). Y revenir c’est lancer un pavé dans la marre: qui d’eux se mouillera à sortir un album de 120 pages d’un coup? 😦 surtout avec des auteurs inconnus ou peu connus derrière, aussi talentueux soient-ils…

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  10. Pour répondre à Ben, il est vrai que certains frais ont pas mal augmenté dont le prix du papier, le prix du pétrole,etc…On oublie souvent cet éléments dans la discussion.On annonce d’ailleurs encore une forte hausse du papier pour la fin de l’année…

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