Bunker T1 à T4

Bunker4.jpgBunker41.jpgChronique de la série « Bunker » de Christophe Bec, Stéphane Betbeder et Nicola Genzianella, parue aux éditions Dupuis (quatre tomes, dont un dernier à paraître dans le courant du premier semestre 2012).
 
Mon résumé :
 
« Grand comme un cercueil, noir comme la mort ! », c’est à l’origine dans une cachette comme celle-là que la mère biologique de l’ex-soldat russe Aleksi Stassik avait décidé de le faire passer, encore bébé, du territoire Ieretik vers celui du Velikiistok, ennemi juré du premier… Une fuite en avant lui permettant ainsi d’échapper à une mort certaine.
 Sa mère disparue, alors considéré comme orphelin, Aleksi fut élevé dans un pensionnat avec d’autres enfants, puis avec amour par une famille de fermiers, pour finalement devenir soldat d’élite ; préférant servir son glorieux pays avec son fusil et ses tripes plutôt qu’avec sa pelle.
  Affecté au sortir de sa formation dans la haute montagne, sur une ligne frontalière parsemée de bunkers appelée « Demarkacia », puis aux confins d’un désert de sable où, dégoûté, il perdra la foi, Aleksi désertera pour de bon l’armée.
Une armée parasitée par des chefs soucieux de leurs seuls intérêts et qui bientôt se mettront à sa poursuite… car ils ont reconnu en lui une « nouvelle arme militaire », une arme capable de vaincre l’ennemi de toujours : les ieretiks.
  Une arme de destruction massive donc, dont la véritable origine semble remontée à un autre personnage « clé », sorte de rempart ténébreux entre les forces invisibles hantant la montagne et le monde des hommes… Un monde de plus en plus rongé par la haine que se vouent ses habitants divisés et à deux doigts de devenir un enfer pour ces derniers. Un enfer… grand comme un cercueil, noir comme la mort !
 

Mon avis :
 
Après Pandémonium, autre série phare scénarisée par Christophe Bec, voici donc « Bunker » qu’il coscénarise cette fois avec Stéphane Betbeder ; Nicola Genzianella le remplaçant au dessin à partir du tome 2…
Se déroulant dans un univers de SF/militariste où plusieurs forces en présence (terrestres ou non) sont en concurrence, le récit – très complexe, il faut s’accrocher – distille son lot de suspense, de rebondissements, d’interrogations et de réflexions avec une habileté rarement égalée.
Certains lecteurs pourront reprocher un parti pris narratif osé (comprenez, nombreux flashbacks et même flashforwards qui peuvent décontenancer), mais à force de relectures (nécessaires), la série gagne en profondeur et en intensité. En ce sens, la construction m’a parfois fait penser au film « 21 grammes », d’Alejandro Gonzalez Inarritu, certaines scènes faisant écho à d’autres, plus loin dans le film. L’ensemble reste néanmoins cohérent et surtout très convaincant. La quête d’Aleksi – de ses origines, de son identité – est même parfois très émouvante, comme lors de ce tome 3 où il revoie sa famille d’adoption, notamment son frère avec qui il était autrefois en froid… Les retrouvailles laissent libre cours à l’expression de sentiments forts et Bec prouve au passage qu’il peut scénariser autre chose que de l’horreur. Une émotion en appelant une autre…
Encore une fois, cet homme excelle dans les ambiances : Bunker est oppressant à souhait ! Et ici il est aidé par son compère Betbeder qui lui cisèle d’excellents dialogues ! Bref, on y croit à 100% et vivement le tome 5, « Le mal des montagnes » ! (coming soon 2012)
  Je n’ai pas grand-chose à dire sur le dessin, par contre. Je préférais celui de Bec (tome 1), moins figé, mais Genzianella, surtout à partir du tome 3, arrive très bien à trouver ses marques. Donc, pour moi, il n’y a pas vraiment « rupture » dans le style et c’est heureux. Du bon travail et avec des décors pas trop chargés, qui respecte la ligne de Christophe Bec. Bref, j’aime bien !
  Mais heureux plus encore je serais quand ce tome 5 sera là… Hé, Dupuis, t’as intérêt à le publier cette fois !! (rires)
  Ma note :
  9/10, une très bonne note globale. A revoir peut-être après lecture du dernier album.
Nicolas.

Bunker2.jpg

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑