De rien

Auteur : Geoffroy Monde
Éditeur : Delcourt
158 pages
Parution : 8 juin 2016

Genre :
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Vous ruminez depuis plus d’une heure dans la salle d’attente de votre médecin ou dans un train où tout le monde tire une tronche de six pieds de long.
Vous-même vous sentez d’humeur anthracite.

Qu’à cela ne tienne : sortez donc cet album de votre besace et trébuchez sans retenue dans le Monde de Geoffroy : à coup sûr, il aura sur vous l’effet d’un gaz hilarant. Je l’ai testé chez mon généraliste, mes éclats de rire ont mis tous les patients en joie.

Voyez ci-dessous :

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Le décor est planté.

En piste, des tas de gens passablement dérangés ; mais aussi quelques génies sortis de leurs lampes, ainsi que Dieu et le Diable, tout-à-fait dépités par la débilité des souhaits que les gens leur expriment ; un ours, des joggers courant avec des cuillères à soupe ou des tournevis qui font « cling gling cling gling » dans leurs poches, et Jackie Chan.
Improbable à souhait.

Trois ou quatre historiettes sont un peu moins désopilantes que les autres mais globalement le spectacle est fou, inattendu, et offre des moments d’anthologie, comme « La bibliothèque », où c’est à celui qui dira « chut ! » le plus fort. (Si celui là ne vous plaît pas vous choisirez le vôtre, il y en aura forcément un.)

J’avais adoré Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro, j’ai retrouvé là un délire de la même veine, à ceci près qu’il ne faut chercher dans « De rien » aucune charge féroce contre la société, mais le simple plaisir de poser son cerveau et de passer un bon moment dans le non-sens avant de retourner jouer aux grandes personnes dans le monde réel, assommant et supposément sensé.

Se côtoient deux types de dessin :
– précis et fouillé comme la piste qu’aurait laissée un attelage de seize mouches aux pattes prolongées d’une pointe BIC® Grip Permanent Ultra Fine, pour les pages d’introduction ;

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– simple et dépouillé comme un appartement après le passage des huissiers en charge de la saisie de l’ensemble des biens meubles de son propriétaire, pour le corps des historiettes.

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Pour terminer, je ne trouve pas mieux que cette explication de texte empruntée à l’auteur lui-même, artiste complet, philosophe, et beau garçon de surcroît :

En présentant des scènes d’un burlesque prononcé, d’un ridicule plat et d’une idiotie obstinée, je détourne simplement l’impuissance désolante de nos vies face au réel, en jeu d’une égale inconséquence.

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 Virgule

Un commentaire sur “De rien

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  1. Une excellente surprise que cet album-là.
    Je l’ai déjà lu, et relu! C’est rare de trouver un graphisme comme celui-là associé à du scénario humoristique. La mécanique du gag est absolument imprévisible, et le tempo de ces images en pleine page (ou demi-pages) ajoute au comique, au non sense.

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  2. J’ai enfin lu ce magnifique ouvrage (c’est vrai) et je me suis vraiment bien marré ☺
    J’adore l’humour absurde et le non-sens et là, j’ai été servi.
    Je me demande si je dois être admiratif de l’imagination débordante de l’auteur ou le plaindre de sa folie ?(nan, j’déconne !).
    J’ai particulièrement apprécié le zizi hélicoptère et la machine à écrire incomplète mais mon préféré est l’envie de faire caca !☻☻☻

    J’aime

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