JOSEPH CAREY MERRICK

 

Couv_187198.jpgPlancheA_187198.jpgDessin : Denis Van P – scénario: Denis Van P & Serge Perrotin

Editions Sandawé

Sortie : 22/05/2013

72 pages

Prix conseillé : 16,95 €

ISBN : 9782930623108


Joseph Carey Merrick,  Elephant Man, biographie.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Difforme dès sa petite enfance, infirme suite à un accident à cinq ans, orphelin de mère à onze ans, rejeté par sa belle-mère, obligé par celle-ci à travailler à douze ans, expulsé du domicile familial par son père, montré comme un phénomène de foire, arnaqué par son impresario…

Quel chantre du mélodrame aurait osé un destin aussi noir sans craindre de se ridiculiser ?

Et pourtant, ce fut la vie de Joseph Merrick, tellement tragique qu’elle inspira plusieurs auteurs, dont David Lynch et son fameux film «The Elephant Man». Voici la première biographie en bande dessinée de ce personnage hors du commun.

 

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Mon avis : Rimbaud, James Joyce, Joseph Carey Merrick…Voilà trois biographies qui sortent coup sur coup chez des éditeurs différents. Trois destinées hors du commun mais trois manières différentes de les traiter au niveau graphique. Je ne vous cache pas que lorsque j’ai découvert cet album, je me suis dit « encore un album tragique avec un dessin rond et simplifié, voire enfantin pour faire passer la pilule ». Bref, cela va faire pleurer dans les chaumières… Ce n’était pas l’enthousiasme au premier abord et j’ai laissé l’album de côté pour enfin pouvoir le lire à l’aise et au calme pendant le week-end.


Je ne peux que me féliciter d’avoir attendu un moment propice pour le lire car cet album est vraiment excellent. On n’en ressort pas indemne. Je suis passé par divers sentiments qui vont de la pitié à la révolte, de la révolte au soulagement. En refermant l’album, on se dit que dans le noir du noir, il y a toujours une petite lumière au fond du tunnel.


Denis Van P - cre¦üdit photo -® A. Ghys.jpgIl faut savoir d’abord qu’il s’agit d’un projet de longue haleine porté au départ par Denis Van P, un bruxellois né en 1974. Il travaille comme cadre au sein d’une grande institution financière française… Il a toujours dessiné. C’est en voyant le film de David Lynch en 1986 ou 1987 qu’il décide de lire la biographie de Joseph, écrite par Michael Howell et Peter Ford. Il a alors 12 ans et va se passionner pour le sujet, accumuler la documentation, les photos d’époque… En 2005-2006, il va dessiner les 55 premières planches qui se focalisent sur les 20 premières années de Joseph, les années noires (il décédera à 28 ans). Aucun éditeur ne veut de son travail jusqu’à ce qu’il entende parler de Sandawé en 2010. Il présente son travail et Patrick Pinchart lui suggère d’y apporter des changements avec l’aide du scénariste Serge Perrotin. Ils décident en fin de compte de raconter également la fin de la vie de Joseph, les années de bonheur. Du coup, l’album ne raconte pas qu’une histoire tragique mais aussi une jolie fin, une sorte de « happy end » qui va emporter l’adhésion du lecteur.

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Au niveau du dessin, je l’ai déjà dit, il s’agit d’un dessin rond, digne de passer dans le journal de Spirou. Ce genre de dessin adoucit les traits. Mais la colorisation va encore accentuer cet effet tout en rendant l’ambiance sombre. Le trait de Denis van P y perd en qualité mais l’ambiance générale de l’histoire y gagne en noirceur. Les années sombres sont autant de cases disposées sur un fond noir. Puis tout à coup, avec l’arrivée des années plus heureuse, le noir fait la place à une case blanche…On retombe dans des feuilles blanches, une bande dessinée plus conventionnelle au niveau du dessin. Cette transition graphique est très bien faite et donne au lecteur une impression de sortie du tunnel.

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Par moment, le lecteur est prêt à laisser couler une larme. Les auteurs sont parvenus à faire passer des sentiments forts comme la compassion, la révolte, la méchanceté gratuite, la différence et l’indifférence, le rejet, la rédemption, l’espoir… La société est cruelle mais parfois on y rencontre des gens bien… Joseph Carey Merrick dans son immense malheur se contentait de peu pour être heureux. Une leçon de vie. Un coup  de cœur assurément !

 

Graphisme :      

Scénario :        

Moyenne :        https://i0.wp.com/img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif

Liens vers le site internet de Sandawé : ICI.

 

Capitol.

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