JERUSALEM – Portrait de famille.

Couv_188006.jpgPlancheA_188006.jpgDessin : Nick Bertozzi – Scénario: Boaz Yakin

Editions Casterman

Collection écritures

Sortie : 24/04/2013

400 pages

Prix conseillé : 21,00 €

ISBN : 9782203024090

Histoire, Palestine,Israël, Jérusalem.

 

 

Résumé (de l’éditeur): À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Israël n’existe pas encore et Jérusalem est administré sous mandat britannique – un mandat qui s’apparente, par bien des aspects, à une occupation pure et simple. C’est en tout cas ainsi que le vivent de nombreux Juifs, qui depuis plusieurs décennies rêvent d’un foyer national qui serait le leur et, pour une partie d’entre eux, militent plus ou moins ouvertement pour l’établissement d’un véritable état en Palestine, avec Jérusalem pour capitale.
C’est la chronique de cet activisme politique que tient Jérusalem, à travers l’évocation au quotidien d’une famille juive de Jérusalem, les Halaby, à partir de 1945. Lente montée de la revendication nationaliste, militantisme de l’ombre et, bientôt, surgissement de la lutte armée… Les membres de la famille se divisent et parfois s’affrontent sur la question du recours à la violence, mais sauront néanmoins faire front lorsqu’il sera question de se retrouver sur l’essentiel : le combat final pour que naisse Israël.

 

 

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Mon avis : Une brique, cet album ! Casterman le sort dans sa collection « écritures » qui est un gage de qualité. Il s’agit en réalité d’une traduction française d’un album américain. Ce n’est pas une histoire de Super héros du style Superman ou Batman mais une production indépendante américaine, une pépite que nous livre Casterman. C’est l’histoire d’une famille Juive et de la fondation de l’Etat d’Israël. A travers l’histoire de cette famille, on découvre une période méconnue de la Palestine entre 1945 et 1948. Mais cette histoire a déjà commencé depuis près de 2000 ans. Le livre, dans un préambule, remet le lecteur dans la réalité historique qui précède le récit. A la lecture de l’album, on se rend compte de l’extrême actualité de l’ouvrage. La situation a un peu changé depuis lors mais rien ne s’est arrangé ! Les problèmes persistent. On se pose la question essentielle de savoir : qui persécute qui ? Qui est l’envahisseur ? Qui est le persécuté ? Qui est l’agresseur ? Qui est l’agressé ? Les destins des Juifs, des Israéliens, des Arabes et des Palestiniens sont étroitement liés avec Jérusalem comme symbole.

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Je suis ressorti de la lecture de cet album avec des sentiments mélangés et mitigés. Où se trouve la vérité ? Y a-t-il une vérité en Palestine ? Il faut reconnaître aux auteurs qu’ils racontent une histoire sans langue de bois et qu’il n’y a pas uniquement que des gentils Juifs  ou des méchants Juifs. Les phénomènes d’immigration sont des sources de conflits, l’histoire de la Palestine est là pour nous le rappeler et les religions n’arrangent rien, que du contraire, elles radicalisent plutôt le débat. Les derniers événements en Europe et en Syrie sont aussi là pour nous le rappeler !

Ce n’est qu’à la lecture que vous pourrez vous faire votre propre idée sur cet album qui fait réfléchir et qui vous donne l’impression que rien n’est facile, même de comprendre le conflit Israélo-Palestinien. J’ai trouvé  le scénario très intéressant et très instructif. Même s’il s’agit d’un roman, c’est inspiré de faits réels, du vécu.

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Concernant le dessin, j’ai eu plus de mal avec les personnages dont certains se ressemblent parfois un peu trop à mon goût, même s’il sont de la même famille. D’ailleurs, en début d’album, les auteurs ont fait une sorte d’arbre généalogique qui vient parfois bien à point pour savoir qui est qui dans la famille. Le rythme de la narration est cependant bon et la lecture plaisante pour tout qui s’intéresse un peu au sujet.

Le prix de 21€ n’est pas excessif pour un livre de 400 pages.

J’ai bien aimé cet album même s’il demande un minimum d’attention et un peu d’investissement personnel. Un livre qui fait réfléchir et qui, je crois, rend un peu plus intelligent par rapport à une problématique très compliquée.

Liens vers le site de Casterman: ICI.

 

Graphisme :      7,0/10

Scénario :        8,0/10

Moyenne :        7,5/10

 

Capitol.

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RETROPOLIS

Retropolis.jpgBL000.jpgScénario : ElDiablo et To, Anne-Laure
Dessin :To, Anne-Laure
Dépôt légal : 11/2012
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Planches :120

 

Après avoir perdu ses deux mains lors des combats de 14-18, Otto se reconvertit en entrepreneur de spectacles nocturnes à Rétropolis, avec la complicité d’Oedipia, une sorte de cyclope féminin. Il n’hésite pas à vendre certaines de ses filles à un politicien inquiétant. A l’occasion d’un « recrutement », Otto fait la connaissance de Polly, une héritière délurée qui vient d’échapper à la surveillance toute militaire de son chaperon. Faisant chavirer son cœur de maquereau Otto accompagné de Polly déjoueront un complot de manipulation des masses par la boisson …

Les éditions KSTR, émanation des éditions Casterman, continuent de nous éblouir. Ils se veulent résolument découvreur de talent et n’hésitent pas à publier des jeunes auteurs : une véritable pépinière ! Et du talent Anne-Laure To (aux pinceaux) et ElDiablo (au scénario) n’en manquent pas.

 

retropolis,anne laure to,eldiablo,kstr,policier,810,fascisme,animalierPour commencer, la couverture est toute particulière : un gros plan sur un inquiétant crochet et une attirante demoiselle à tête de chatte aux courbes parfaites, outrageusement maquillée, attifée comme une danseuse de cabare. Le tout est couronné d’un un titre rouge vif en relief. Efficace ! Cela a le mérite d’attirer l’œil, notre attention. Car ici, c’est le dessin qui a la part belle. Une mise en couleur acidulée, et expressive, un univers animalier avec des travers très humains, pour ne pas dire des tares, Anne Laure nous régale de son coup de pinceau. Certains trouveront brouillon et parfois foutraque la mise en page ou le dessin mais c’est une première incursion de mademoiselle To dans la BD : c’est très prometteur.

Continuons avec le scénario. ElDiablo choisi l’humour pour aborder des sujets graves : le vivre ensemble, accepter les différences, le fascisme. Juger plutôt : il est question d’ondes manipulatrices pour quiconque a consommé du lait aux hormones féminines ! La farce ne s’arrête pas là. Les dialogues sont pleins d’humour comme par exemple l’incursion de proverbes Turcs ( ??) ou autres propos pinces sans rires ! Enfin, l’œuvre est truffée de références cinématographiques, cela vous saute au visage : Métropolis, Cabaret, l’Ange Bleu …. On regrettera les quelques raccourcis. Ils auraient mérité quelques pages d’explications supplémentaires

 

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Vous avez compris, votre serviteur s’est épris de ce one-shot. Les dessins originaux, les références au cinéma engagé, la mise en avant des faiblesses humaines le tout teinté d’humour sont autant d’atouts de cette BD. Bravo à la collection KSTR de nous enchanter avec des œuvres originales !

Note : 8 / 10
Tigrevolant

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