Scénario et dessin : Rune RYBERG
Editeur : AVENTURIERS D’AILLEURS
248 pages
Sortie le 27 mai 2026
Genre : récit de vie improbable
Devenir adulte ou continuer à jouer au flipper ?
1993, dans une banlieue quelconque. Plus vraiment des ados, pas encore des adultes, Rick et Bass traînent dans une salle d’arcade miteuse enchaînant plans foireux et petits larcins. Pour eux, pas question de devenir adultes. Pourtant, ne serait-il pas temps ? Sous l’influence toxique de Rick, son ami d’enfance, Bass va devoir se prendre en main s’il ne veut pas sombrer.
Soif de vivre et insouciance de la jeunesse dans ce qu’elle peut avoir de plus fantasque en plein âge d’or du flipper et des jeux vidéo…
Une dernière partie de flipper est un objet quelque peu déroutant. L’album tire sa force de son énergie visuelle, ainsi qu’à la lucidité de son regard sur une jeunesse en dérive. C’est dans cette mouvance, entre frénésie arcadienne et mélancolie existentielle, que Rune Ryberg déploie tout son impact.
L’amitié est le moteur dramatique du récit : Bass ne peut se passer de Rick, Rick ne peut se passer de Bass, et pourtant leur relation les entraîne ensemble vers le fond du fond. L’auteur capte avec justesse ce moment charnière où l’on continue à « jouer » alors qu’on sent déjà que la partie touche à sa fin, que l’âge d’or du flipper et des salles d’arcade s’effrite en même temps que l’adolescence.
Sous ses allures de chronique ultra-pop peuplée d’animaux anthropomorphes, l’album s’attache à la difficulté du passage à l’âge adulte : entre immobilisme angoissé, fuite en avant, négation de toute responsabilité, insouciance et résignation. Deux garçons ne parviennent pas à trouver leur voie ni à se dégager d’une amitié toxique.
Visuellement, l’identité de l’album est forte, avec un risque de surcharge : couleurs vives et lignes nerveuses traduisent l’énergie rebelle qui se dégage de chaque planche.

Au final, Une dernière partie de flipper s’impose comme un récit initiatique sensible, porté sur l’ambiance et les états d’âme. Ryberg fait du flipper le symbole d’une adolescence prolongée, d’une partie qu’on voudrait ne pas voir s’achever, tout en montrant avec lucidité que continuer à jouer indéfiniment conduira inéluctablement à un TILT fracassant.


SKIPPY

Avec son œil aiguisé, Skippy a vu un grand potentiel à ce titre. Perso, j ai trouvé ce titre hautement indigeste. Je vous laisse choisir votre voie.