Interview de Chanouga.

Comme promis, le gagnant de la couverture du mois a droit à son interview. Pour le mois de mars , vous avez élu le tome 3 de Narcisse dessiné par Hubert Campigli alias Chanouga. Ce n’est pas un inconnu pour SambabD car souvenez-vous, notre regretté Marc Dufays avait déjà flairé l’affaire en réalisant une belle interview de l’artiste marseillais ( ICI). Et vous allez voir que cet auteur est toujours aussi généreux et aimable pour répondre aux questions qu’on lui a posées.


Comment est née l’idée de base pour cette couverture ?

Dès les premières planches de «Vents Contraires» le tome 3 de Narcisse, j’ai commencé à réfléchir à ce que pourrait être sa couverture. Rapidement s’est imposée l’idée d’évoquer la complexité de la situation de Narcisse à ce moment de sa vie : l’histoire vraie de cette homme du milieu du XIXe siècle, arraché contre son gré, à un groupe d’aborigènes pré-coloniaux, avec lesquels il aura vécu 17 années. Comment figurer les sentiments d’un français devenu Aborigène que l’on contraint à renouer avec les valeurs du monde «civilisé» ?… rapidement il m’est devenu évident que seule une approche onirique pourrait répondre à cette attente. Dès lors, les premières esquisses sont arrivées spontanément…

Quel a été le processus pour sa création, avez-vous eu des contraintes, des consignes à respecter, plusieurs projets avant de trouver la bonne ?
La couverture est-elle faite avant l’album ou a la fin, ou bien pendant la réalisation de l’album ?
La demande de mon éditeur était de fournir, à mi-parcours de l’album, trois propositions de couverture. D’autre part, Narcisse est un triptyque il me semblait indispensable de rester cohérent par rapport aux 2 premiers albums… Mes recherches ont abouti à la sélection de 3 crayonnés qui pouvaient devenir, à mon sens, chacun de bonnes couvertures. Mon choix personnel s’est trouvé être aussi celui de mon éditeur, c’était donc parfait, je l’ai donc finalisé dans la foulée.

Que doit-elle faire ressortir pour vous ?
Montrer sans trop dévoiler tout en donnant un peu de l’âme de l’album…
J’aime l’idée que la couverture puisse dans un premier temps, interpeller le lecteur potentiel, l’interroger et enfin le séduire… en espérant qu’après avoir lu l’album, il puisse avoir les réponses aux questions qu’elle aura suscitées ! et pourquoi pas développer un rapport intime avec elle ?

Le matériel et la technique utilisés ?
Je réalise me couverture de la même manière que mes planches… à la base, il y a un crayonné poussé (graphite, mine de plomb…) sur support papier 30X40cm puis scan HD et mise en couleur numérique (tablette wacom/photoshop)

Que représente pour vous une couverture ?
La couverture est le premier contact du lecteur avec un album, c’est souvent ce qui va déclencher l’envie d’ouvrir le livre… j’adore les livres, bandes dessinées et autres, je conserve ceux que j’aime, la couverture reste ce lien sensible qui me ramène au contenu… la couverture n’est pas un argument de vente, elle fait partie intégrante de l’objet livre.
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Parfois, la couverture d’un album est réalisée par un autre auteur que le dessinateur de l’album. que pensez-vous de ce procédé ?
Comme lecteur de bandes dessinées, j’ai souvent été confronté a des albums aux couverture somptueuses dont l’intérieur était très décevant ou d’une esthétique très différente… en résultait un peu le sentiment désagréable d’avoir été floué.
Par contre, peu importe qui dessine la couverture si elle reste cohérente par rapport au contenu.

Vos futurs travaux à venir, un mot sur votre exposition à Toulon  ?
Actuellement, et depuis près d’un an, mon travail autour de l’histoire de Narcisse Pelletier fait l’objet d’une exposition au magnifique Musée national de la Marine de Toulon. Devant le succès qu’elle a rencontré auprès du public, elle a été prolongée jusqu’à la fin du mois de Juin avec la présentation des planches originales de «Vents Contraires», le Tome 3 de «Narcisse»… une formidable occasion de rencontrer un large public, mais aussi des acteurs passionnants et passionnés du monde et du patrimoine maritime qui ont contribué à nourrir le propos de mon dernier album.
Aujourd’hui, avec le même souci de jusqu’au-boutisme, je reviens vers l’hémisphère Nord, en Écosse, sur les trace de Robert Louis Stevenson avec le profond désir de mettre en image l’un de ses écrits…

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Un tout grand grand merci à Chanouga pour sa disponibilité et ses  superbes visuels.
Samba.

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