
Scénario et dessin : David Sala
Editeur : Casterman
128 pages – cartonné
Parution : 04 octobre 2017
Adaptation littéraire
Présentation :
David Sala adapte le chef d’œuvre de Stefan Zweig en BD.
Les premiers pas furent un fiasco, je n’arrêtais pas de m’embrouiller, cinq, dix, vingt fois, je dus reprendre le début de la partie.
Mais j’avais tout mon temps… Moi, l’esclave du néant…
1941. Dans les salons feutrés d’un paquebot en route pour l’Argentine, le champion du monde d’échecs affronte lors d’une ultime partie un aristocrate viennois, dont l’incroyable maîtrise du jeu est née dans l’antre de la tyrannie.
Cette dénonciation poignante et désespérée de la barbarie nazie est le dernier texte écrit par Stefan Zweig avant son suicide.
Mon avis :
Il y a quelque chose d’ondulant et d’aquatique dans ce récit étouffant de tension dramatique. David Sala y restitue toute l’intensité du texte original en ménageant de longs passages silencieux. Il déploie ses magnifiques aquarelles sur des cases posées comme des grilles sur ses pages. Il renvoie le lecteur aux tendances graphiques des Ateliers Viennois, de Klimt, de Klee, de l’Art Nouveau et des Arts Décoratifs des années 20, dans les décors et les costumes souvent chargés de motifs végétaux. Vignettes carrées, damiers, superpositions, carrelage : tout rappelle quadrillage géométrique des espaces physiques et mentaux dans lesquels évoluent les personnages. Pourtant la ligne droite semble absente cet univers tout en élégance et mathématique qui évoque également les expérimentations optiques d’Escher ou Vasarely.
L’album est un régal pour les yeux et fournit une expérience quasi picturale au lecteur attentif. Il relève autant de l’objet d’art que de la BD. Avec ce tour de force sensoriel, l’auteur nous donne non seulement une adaptation réussie d’un chef d’œuvre de la littérature mais aussi l’occasion de frôler l’idéal de beauté d’une époque sombre et révolue.
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Skippy








Je sais que je suis une quiche en littérature (je n’ai pas eu la chance de faire des études)… mais je suis un peu surpris qu’on parle de chef-d’œuvre pour cette nouvelle adaptée de Zweig !
Perso, je ne m’y suis pas intéressé une seconde (d’autant que je n’y connais rien aux échecs) et n’ai pas non plus été séduit par l’illustration en dehors de la beauté des couleurs qui seules ont flatté ma rétine. Bref, déçu par rapport à l’enthousiasme général que je ne partage pas (j’ai dû louper quelque chose ! ☻)