Le serpent d’eau

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serpent d'eau,tonny sandoval,epouvante,conte macabreserpent d'eau,tonny sandoval,epouvante,conte macabreScénario / Dessin / Couleurs : Sandoval, Tony
Dépôt légal : 02/2014
Éditeur : Paquet
Collection : Calamar
Pages : 136

Mila, jolie brunette, rencontre au détour d’une baignade une Agnès aussi blonde que mignonne.  » Tu peux me voir ? Tu es vraiment spéciale « , lui dit Agnès. Peut-être parce que Mila est la seule capable de voir, de comprendre un spectre. Il n’en faut pas plus à Mila pour s’évader, s’émanciper de son monde et partir dans une lutte contre les forces maléfiques …..

 

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Il est difficile de qualifier voire – oserais-je ? – d’analyser le travail de Tony Sandoval. Vous avez sans doute croisé l’œuvre de cet auteur Mexicain aux détours d’une de vos lectures de bandes dessinées. Il est l’auteur de « Nocturno » ou bien « Le cadavre et le sofa ». Attirés par le dessin particulier, vous avez feuilleté le livre. Une lecture approfondie, vous persuadera de la justesse de votre achat. Il émane de cet auteur atypique une atmosphère, une poésie aussi bien dans les dessins que dans le scénario. « Le serpent d’eau » est l’histoire d’une jeune fille s’affranchissant des règles physique pour se glisser dans les rêves. Autant vous dire, ces rêves sont très étranges, propices à une vraie analyse psychanalytique. Les dents, la bouche – porte ouverte sur l’âme – sont très présentes dans l’accompagnement du changement d’état de Mila. La représentation d’une créature interne (« le poulpe-roi »), les différents passages d’un monde à l’autre (comme un négatif) ou encore l’affrontement sanguinolent de chiens-squelettes emprunte beaucoup à Lovecraft. Tout cela est un peu confus au départ mais il existe une certaine logique dans cette aventure clairement ancrée de l’autre côté du miroir. Le tout se déroule dans un rythme crescendo. L’action, parfois violente, monte en puissance tout au long de la lecture. Le lecteur ne peut être qu’interpellé par les méandres de cette histoire hors du commun, où la poésie (sombre) côtoie le cauchemar.

 

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Les dessins, toujours de Tony Sandoval, impressionnent. Ils contribuent grandement à rendre ténue la frontière entre le réel et le songe, entre le rêve et le cauchemar. Les personnages sont bien campés. Leurs différences physiques permettent une lecture nette. Si le premier coup d’œil vous oriente vers un conte pour enfant, l’auteur vous remet bien vite sur le bon chemin de l’épouvante. L’absence de case participe à votre voyage imaginaire avec Mila et Agnes : une ligne floue entoure les dessins. Parfois des « cases » prennent l’ensemble de la page, révélant ainsi toute la beauté du travail de l’artiste. Enfin, les couleurs à l’aquarelle donnent une sensation supplémentaire d’impalpable à l’ensemble.

Vous l’aurez compris ce récit macabre n’est pas pour les enfants en dépit d’un dessin faussement naïf. Comme lors d’une lecture d’un roman d’Edgard Poe ou d’une poésie de Charles Baudelaire, le « serpent d’eau » vous bousculera, vous interpellera. Mila et Agnes ne vous quitteront pas si facilement. Une œuvre troublante à ne pas lire le soir !

Scénario : 6.5/10
Dessins : 8.0/10

Moyenne : 7.5/10

Tigrevolant

Douce, Tiède & Parfumée. T2. Seuls

douce,tiéde,parfumée,ignacio noé,aventures,sensuelledouce,tiéde,parfumée,ignacio noé,aventures,sensuelleScénario / Dessin / Couleurs : Noé, Ignacio
Dépôt légal : 04/2014
Éditeur : Glénat
Collection : Grafica
Planches : 48

Ally sait maintenant que toute sa vie n’était qu’un mensonge. Etre le cobaye d’une expérience de son propre « père » est un choc pour cette jeune oie blanche de la haute société Londonienne. Bien décidée à retrouver sa sœur jumelle, pourchassée par la police, Ally embarque en compagnie de Juan pour la Patagonie. Mais dans ce monde extrême sans foi ni loi, la violence et la cupidité dessineront un tout autre destin à nos héros.

Ignacio Noé n’est pas un nouveau venu dans le monde la bande dessinée. Plutôt connu pour ces écrits sulfureux, cet argentin talentueux s’est reconverti depuis 2006, au dessin dans la bande dessinée classique sur des thèmes allant du football (« Football, dans l’ombre des étoiles ») au massacre des mayas (« Helldorado »). Dans « Douce tiède et parfumée » Ignacio Noé prend son envol, il est seul aux commandes : couleurs, dessins et scénario.

 

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Ce qui frappe en premier lieu, ce sont les dessins. Ils sont magnifiques. L’auteur déroule l’histoire dans un univers réaliste de la fin du 19eme siècle avec une touche baroque. Cela donne une fresque steampunk propice aux rêves. Il agrémente ses propos avec ce qu’il sait faire de mieux : la sensualité. Les éléments féminins sont divins. Les décors sont chauds. Les visages expressifs. Son dessin rend les émotions palpables. Les couleurs délavés tantôts sombres, tantôts flamboyantes s’accorde avec la chaleur du dessin. Finalement, le dessin est en accord avec le titre de la série ! Puisqu’il faut une fausse note, on déplorera le nez rouge et appuyé de chaque personnage. Cela donne une sensation de rhume des foins généralisé.

 

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L’histoire, sans être originale, emprunte beaucoup à Lewis Carroll. L’héroïne a beaucoup d’Alice dans sa quête identitaire. Ses rêves sont très énigmatiques et sa recherche de réponses auprès de son unique vrai parent tournera au voyage initiatique. Le passage à l’âge adulte des deux adolescents ne se fera pas sans heurts avec une brusque accélération de leur destinée et un choc frontal avec toute la brutalité humaine. Le scénario est fouillé tout en étant très lisible. Il fait référence à des faits historiques comme par exemple l’épopée du célèbre « Great Eastern » ou, dans un tout autre registre, le massacre des indiens patagoniens en toute impunité par les colons stupides et cupides. Et cela c’est aussi un des thèmes de notre Argentin : la violence magnifiée dans ses précédentes productions.

Ignacio Noé nous transporte dans son imaginaire fertile. Les magnifiques dessins sont un régal pour les yeux. Ne vous laissez pas influencer par la couverture pas très inspirée, c’est à l’intérieur que se trouve le meilleur. Laissez-vous transporter de Londres au sud de l’Amérique du sud pour des péripéties pas toujours « douces », brulantes de sensualité, mais surtout pas « tièdes » et « parfumées » d’aventures hautes en couleurs.

Dessins/couleurs : 8,5/10

Scénario : 8.5/10

Total : 8,5/10

Tigrevolant

ALTER EGO. Saison 2. DELIA

alter ego,delia,renders,lapière,elias,efa,cerminaro,ralenti bennk,dupuis,thrillers,complotalter ego,delia,renders,lapière,elias,efa,cerminaro,ralenti bennk,dupuis,thrillers,complotScénario : Renders Pierre-Paul, Lapière Denis
Dessin : Elias,Efa
Couleurs : Cerminaro François, Ralenti Albertine, BenBK

Dépôt légal : 02/2014
Editeur : Dupuis
Planches : 60

Delia Mikulski, ancienne avocate des victimes du WW2A, est désormais sénatrice aux USA. Membre de la commission d’enquête sénatoriale, persuadée de l’aspect fallacieux de la théorie des Alter Ego, elle lutte sans relâche contre les agissements des dirigeants de cette secte. Malgré les intimidations, les morts suspectes de témoins et le rapt de ses filles par une secte pro-Alter Ego, rien ne saura la détourner de sa mission.

Alter Ego avait secoué la planète BD en 2011. Cette série concept écrite et dessinée à plusieurs mains était un pari plutôt périlleux voire franchement casse-gueule. Jugez plutôt : 2 saisons, 4 à 7 albums par saisons, scénario complexe voire labyrinthique, ordre de lecture indiffèrent….. Eh bien non, les scénaristes Renders et Lapière ont réussi leur pari. Ils nous tiennent la dragée haute. Tous les éléments, les personnages s’imbriquent parfaitement et la vision de la même histoire vue par différents protagonistes est une indéniable réussite.

 

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Delia est le second tome (du moins en publication) de la saison 2. Le cahier des charges de cet opus est conforme aux précédents : thrillers palpitants, rebondissements, suspens, indices distillés avec soins. Pas de doute, le monde d’Alter Ego est riche de ses personnages. Il est loin d’avoir terminé son histoire. La force de cet univers est la cohérence de l’ensemble. Ainsi, les auteurs multiplient les liaisons avec la saison 1 sous différentes formes (personnages secondaires, scènes vues sous un autre jour …). Les lecteurs s’amuseront à les repérer au fil de la lecture. Les thèmes abordés sont toujours l’emprise des sectes, le combat quotidien pour la démocratie, la corruption, le combat de quelques uns contre les puissants, les complots. Et cela est aussi un atout de cette série : la fiction rejoignant la réalité. Ainsi ce qui était encore hier un cauchemar à la Philips K. Dicks est peut-être pour bientôt ! Et cela donne des frissons dans le dos ….

Les dessins des personnages et des décors ne sont pas une surprise, une sorte de marque de fabrique Alter Ego (avec un copyright). Efa et Elias maitrisent leur sujet. Par contre, on regrettera un (petit) manque d’expression du visage de l’héroïne : si vous n’avez pas vu les grand yeux verts de Délia, refaites une lecture ! Mais rien de grave et cela ne nuit pas à l’ambiance. Honnêtement tout cela est du beau travail. Le style de l’équipe dessins/couleurs est dans la droite ligne de ceux de la saison 1. Personnellement j’aurais préféré un style plus personnel plutôt qu’une reprise très proche des dessins de Reynes ou Zuga.

 

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Si le concept n’est pas nouveau (Berceuse Assassine par exemple), les scénaristes d’Alter Ego poussent l’histoire vraiment très loin. Tout l’univers d’Alter Ego est homogène. Les dessins sont tout aussi réussis. C’est sans doute l’origine de leur succès. Cette saison 2 avec Teehu et Delia s’annonce donc de bons augures. Et leur lecture est toujours un plaisir. Cela en est presque démoniaque : chaque lecture pousse à la suivante. Mais, pour que cela reste au panthéon des séries réussies, une rallonge de l’univers à cours de saison n’est pas forcement souhaitable.

Dessins : 7/10

Scénario :7.5/10

Total : 7.5/10

Tigrevolant

 

INOXYDABLE

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionSébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionScénario : Floc’h, Sébastien
Dessin / Couleurs : Baker, Steve
Dépôt légal : 03/2014
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Pages : 100

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De nature plutôt taciturne, Harry Rockwell purge sa peine au centre carcéral 103 en compagnie d’un étrange robot à la langue bien pendue, Zip. Au cours d’une tentative d’évasion ratée, le duo se voit dans l’obligation de retrouver le major Pulsor, chevalier du maintien de l’ordre. Mais qui est ce héros télégénique, enlevé par de mystérieux inconnus ? Les masques tomberont et la vérité ne sera pas forcement très belle…

 

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , Action

 

Page 102. Fin de l’album. C’est avec une sensation bizarre, un gout pâteux dans la bouche et des interrogations que le lecteur referme cet album de chez Casterman. Pourtant, tout démarre très bien. Une couverture rouge pétante avec une caricature de « captain america » et un titre écrit en lettre capitale métallique : superbe ! Le genre de BD qui attire l’œil dans les bacs avec un label KSTR : c’est du tout cuit ! Un excellent moment en perspective !
Et là, une mauvaise surprise attend le lecteur. En premier lieu le scénario interpelle. Une des ficelles du scénario est l’association de deux héros antinomiques. Ce n’est pas une nouveauté  mais l’utilisation d’un robot est plutôt originale. Cela donne de l’envergure à l’action. Et de l’action y en a. Elle est présente à chaque page sans reprise de souffle. Les cavalcades succèdent aux explosions à un rythme effréné. Trop même ! Doit on rechercher des messages dans ce monde futuriste ? A peine a-t-on le temps de relever une dénonciation du pouvoir des médias, de la propagande ou de la technologie soit disant au service de tous que déjà s’enchainent les rebondissements. Ou finalement cela est-il juste une BD action ?  Tout cela est un peu fouillis et manque d’éclaircissements.

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionLes dessins de Steve Baker sont à l’avenant du scénario : surprenants ! Il met en image un monde futur avec tout un bestiaire de créatures extra-terrestres, de véhicules originaux. Le tout est croqué avec un trait vif donnant une sensation de vitesse bien rendue. Le lecteur perçoit une influence des mangas mais aussi des comics. Les couleurs sont chaudes et rendent du volume aux dessins. Malheureusement, le trait ne rend pas assez les émotions avec notamment des yeux vides d’expressions gênant la lecture. Les visages sont ramassés, fermés rendant la distinction entre les différents protagonistes peu aisés.

Tout va vite dans cet album. Trop vite sans doute. Il en résulte une sensation finale d’inachevé pas vraiment aidée par des dessins amoindris dans leurs cases. Si l’objectif des auteurs était de faire passer un ou des messages, ce n’est pas une franche réussite. Si par contre le seul but est de divertir alors le résultat n’est qu’à moitié atteint. Sébastien Floc’h et Steve Baker sont clairement à l’étroit dans ce format et leurs talents ne peut pas pleinement s’exprimer.

Scénario : 5.5/10
Dessins : 5.5/10
Total 5.5/10
Tigrevolant

Sherlock Fox – Tome 1 : Le chasseur

Sherlock fox, Morvan JD, DU yu, Glenat, policier, animalSherlock fox, Morvan JD, DU yu, Glenat, policier, animalScénario : Morvan, Jean-David
Dessin / Couleurs : DU, yu
Dépôt légal : 03/2014
Editeur : Glénat
Collection : Tchô ! L’aventure
Planches : 64

Sherlock fox est un renard. Mais un renard policier. Le meilleur ! Dans une société animale, les instincts ont été remplacés par des règles de vie en communauté, afin que personne ne mange son voisin. Mais certains semblent ignorer les règles et laissent parler leurs pulsions primaires. Une enquête du commissaire Quitsou (Sherlock Fox) confronté à un bien curieux trafic de chair « humaine ».

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Ce tome 1 de la nouvelle production de JD Morvan (jamais à court d’idée) est donc un polar animalier. Dans son désir de satire sociale, il met en place tout un microcosme cohérent, une société totalement bestiale sans être dénuée de tares humaines. Ainsi, il pousse très loin l’anthropomorphisme avec des êtres cupides, jaloux, traitres, stupides ou méchants. La liste est longue ! Pour définir ce monde très proche de nous, il utilise un néologisme : les « animaines ». Mais si les défauts « humains » transpirent, des instincts typiquement animaux resurgissent : la zoophagie, évidemment formellement proscrite dans cet univers. JD Morvan se joue des codes et des travers de notre société. La farce de ce pamphlet policier interdit les animaines de s’entredévorer. Cela prête à sourire, comme si cela était la pire des abjections dans une société mimant l’humain. Pourtant, nous ne faisons rien d’autre que de nous entredévorer, laissant la place finalement à un instinct ….animal ! Voilà pour le fond de cette bande dessinée.

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Pour le coté forme, JD Morvan s’est associé à un nouveau venu dans le l’espace de la bande dessinée : DU Yu. Son dessin est fort tranché. Il fait la part belle aux angles. Par ailleurs, il alterne les plans larges et les plans rapprochés. Cela donne un certain dynamisme à l’histoire. Mais la vision du lecteur est brouillée par des cases très chargées. Trop sans doute ! En fait DU Yu agrémente ses seconds plans avec moult détails. Cela est certes du beau travail mais ceci freine indéniablement la fluidité du récit.

Glénat publie ce livre sous la collection « tchô ! L’aventure ». C’est surprenant car si l’appellation de ce label (laid, entre parenthèse) laisse penser à une lecture enfantine, il faudra quand même laisser la lecture de cet album aux « grands enfants » ! Sherlock Fox donne une sensation finale de brouillon tant au niveau des dessins que du scénario. L’alternance des rythmes déroute quelque peu le lecteur. Cependant l’intrigue policière est suffisamment originale pour vous laisser prendre au jeu des énigmes. L’essai de cette bd est à confirmer dans un second tome.

Scénario : 6.5/10

Dessins : 6/10

Global : 6/10

Tigrevolant

Pyongyang

Pyongyang, Delisle, l'association, dictature, humour, chroniquesPyongyang, Delisle, l'association, dictature, humour, chroniquesScénario / Dessin : Delisle, Guy
Dépôt légal : 05/2003
Editeur : L’Association
Collection : Ciboulette
Planches : 176

Guy Delisle arrive à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Chargé de superviser la production de dessins animés, il mettra à profit ces deux mois dans le pays le plus fermé au monde pour faire un peu de tourisme très très encadré : découverte de l’une des plus féroces dictatures au monde.

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Une BD/un lieu, c’est le concept de Guy Delisle. Apres « Shenzhen » Guy Delisle pose sa valise en Corée du Nord. Pyongyang est une bande dessinée autobiographique de l’auteur publiée par L’Association. Cet auteur atypique ne se présente plus. Le style, l’humour et les manières de Guy Delisle, Fauve d’or 2012 à Angoulême pour « Chroniques de Jérusalem » fait partie du paysage du neuvième art. Il décrit, comme dans ses précèdents opus, une vision détaché mais bourrée d’humour de son environnement. Il révèle le monde qui l’entoure au travers de détails de la vie courante. Ici, il utilise comme schémas humoristiques les « absurdités générées par le régime dictatorial le plus paradoxal qui puisse s’imaginer ». Ainsi, il fait un focus sur le restaurant (bien grand mot pour cet endroit), l’hôtel bunkérisé, sur les images du « cher leader » omniprésentes jusque dans les toilettes ou encore sur la présence d’un guide et d’un traducteur attachés à sa personne 24h sur 24 !

 

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Tout cela permet de décrire la propagande sur un ton dés plus léger. La présence de petits jeux (par exemple, un espion est caché parmi ces personnages, seras tu le reconnaitre ?) accentue encore l’absurdité du système totalement paranoïaque. Il nous gratifie de 176 pages de chroniques drôles, détachées, acerbes, truculentes mais jamais méchantes.

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L’utilisation pour les dessins du noir et blanc au crayon est encore une marque de fabrique de G Delisle. Volontairement simple, l’ensemble du décor est dépouillé, austère (comme la vie en Corée du Nord ?). Le dessin type ligne claire sert de support à la voix off et appuie les propos hallucinés du narrateur pour faire passer le message de cette société entièrement féodalisée.

Pyongyang, Delisle, l'association, dictature, humour, chroniquesCette forme de tendresse désabusée sur son environnement permet une crédibilité faisant mouche. La description de ce pays au travers du regard d’un scénariste/dessinateur de BD est hilarante. « Pyongyang » est révélateur de la chape de plomb régnant sur le quotidien de 24 millions de Coréens totalement coupés du monde. Bien que sortie en 2003, cette BD est incroyablement et tristement d’actualité : 10 ans se sont écoulées et rien n’a changé. Ultime clin d’œil, G. Delisle utilise malicieusement en fil rouge le livre « 1984 » de George Orwell et son célèbre «Big Brother». Bien à propos ! Preuve (ultime, si il en faut ?) du talent de l’auteur, le réalisateur américain Gore Verbinski et le scénariste Steve Conrad, en ayant acquis les droits à l’été 2013, porteront « Pyongyang » au cinéma.

A lire et à relire (même dans 10 ans !!!)

Dessins : 7.5/10

Scénario : 9/10

Note globale 8.5/10

Tigrevolant

LES MEILLEURS ENNEMIS. Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient 1. Première partie 1783/1953 2. Deuxième partie 1953/1984

les meilleurs ennemis,une histoire des relations entre les etats-unis et le moyen-orie,première partie 1783 1953,deuxième partie 1953 1984,géopolitique,filiu jean-pierre,david b.les meilleurs ennemis,une histoire des relations entre les etats-unis et le moyen-orie,première partie 1783 1953,deuxième partie 1953 1984,géopolitique,filiu jean-pierre,david b.les meilleurs ennemis,une histoire des relations entre les etats-unis et le moyen-orie,première partie 1783 1953,deuxième partie 1953 1984,géopolitique,filiu jean-pierre,david b.Scénario : Filiu, Jean-Pierre
Dessin et couleurs : David B. 
Dépot légal : 03/2014 
Editeur : Futuropolis
Pages : 116 et 104 
 
Tout commence avec Gilgamesh. Les points communs entre son épopée il y a 2400 ans et l’invasion américaine en Irak en 2003 ressortent de façon stupéfiante. Puis se succèdent les chapitres relatant les relations diplomatiques Américaines de 1753 en Libye jusqu’en 1984 au Liban en passant par l’Arabie Saoudite et la guerre des six jours.  
 
Jean-Pierre Filiu, au scénario, n’est pas le premier venu. Il est professeur à Science-Po et spécialiste reconnu de l’Islam contemporain. Autant dire que cet auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient sait de quoi il parle.  Toute l’histoire de la diplomatie Américaine se déroule devant vous. Coups tordus,  vengeances, pots de vin et autres bassesses sont au menu. Le maitre mot en filigrane de toute cette « projection de puissance » est le pétrole. Cet approvisonment énergétique vital pour une Amérique gloutonne en energie fossile, est également le prextexte au développement d’une politique impérialiste. Plusieurs points frappent ce panorama depuis le 18ème siecle : d’une part une histoire qui se répète sans cesse, et d’autre part, l’ambiguité des relations qu’ils instaurent avec leurs « alliés » (Mes meilleurs ennemis !). Souvent fait de retournements ou de trahisons, à la lecture de ces albums on comprend mieux les conflits ouverts (ou non) du 21ème siecle et le rôle de la « première puissance mondiale » (pas toujours prète à tenir son rôle !). Le lecteur se laisse facilement prendre au jeu de la narration de Jean-Pierre Filiu. Ses talents de conteur sont indéniables. Ce dernier nous déroule l’Histoire de façon laconique et chronologique sous différents points de vues. Ce coté  monocorde permet de bien cerner les tenants et les aboutissants. Pourtant, il vous faudra être attentif. Le manque de dates (seule l’année est mentionnée en début de chapitre) et de références sont un frein à une lecture fluide et à l’intégration de données dans votre cerveau. Une autre déception vient de la disproportion de traitement entre les différents sujets : 3 pages sur la révolution Iranienne et près de 40 pages pour le guerre des six jours ?!?!
 

les meilleurs ennemis,une histoire des relations entre les etats-unis et le moyen-orie,première partie 1783 1953,deuxième partie 1953 1984,géopolitique,filiu jean-pierre,david b.

 
Coté dessin, il n’est pas évident de représenter autant d’événements, autant de contradictions dans un espace aussi étroit et en deux tomes d’une centaine de pages. David B, fondateur de la maison d’édition alternative l’association, n’est plus à présenter. Il aime déformer l’espace, les  personnages et la dimension temporelle. Il surperpose ainsi plusieurs pensées et les suggère par des artifices oniriques. Il laisse beaucoup de place au récit et à la voix off de Jean-Pierre Filiu.  Mais, il est difficile de suivre le cheminement de ce dessinateur inclassable. Sans doute du au coté touffu des scènes. Plusieurs lectures s’imposent donc pour saisir tout le talent de David B. 
 

les meilleurs ennemis,une histoire des relations entre les etats-unis et le moyen-orie,première partie 1783 1953,deuxième partie 1953 1984,géopolitique,filiu jean-pierre,david b.

 
Cette traversée des siecles dans la diplomatie Américaine est une véritable mine d’informations. Elle vous permettra au travers d’une certaine vulgarisation historique d’appréhender les tenants et les aboutissant de la situation, pour le moins conflictuelle, du Moyen-Orient. Si le récit souffre parfois d’une quantité trop importante d’informations, il ravira quand meme les férus de géo-politique. Ces deux tomes vous permettront de comprendre la prééminence des Etats-Unis sur le reste du monde mais aussi leurs défaites et leurs déboires.
 
Scénario : 7,5/10
Dessins : 7/ 10
Total : 7,5/10
 
Tigrevolant

ROSKO. T1. Per Svenson doit mourir aujourd’hui

rosko,delcourt,kispredilov,zidrou,anticipation,polar noirrosko,delcourt,kispredilov,zidrou,anticipation,polar noirScénario : Zidrou
Dessin : Kispredilov, Alexeï
Couleurs : Kispredilov, Alexeï
Dépôt légal : 01/2014
Editeur : Delcourt
Collection : Machination
Planches : 96

A quelques jours de la retraite, Rosko Timber, agent de la milice privée P. Pol, arrête, devant les caméras de Pimento TV, Per Svenson. Le meurtrier en série vient de commettre son dernier carnage. Six ans plus tard, deux miliciens de P. Pol mettent la main sur un petit voleur à la tire. Mais la victime n’est pas à jour de ses cotisations : le jeune délinquant est remis en liberté. Tandis que Rosko, tente de se faire oublier, ses collègues se passionnent pour la dernière émission de Pimento TV. La chaîne propose aux téléspectateurs de voter pour choisir la mort de Per Svenson (diffusée en direct) : douche d’acide, taper le 1 ou crémation, taper le 2.

 

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Et revoilà Zidrou (pseudo de Benoit Drousie) ! Non content de publier moult albums (voire simultanément), Zidrou se permet de scénariser des albums de qualités. Cette fois ci, notre prolifique scénariste s’attaque aux dérives de la société libérale et de ses valets : la télévision. Le concept de téléréalité est poussé jusqu’à l’absurde. Elle n’a plus rien d’humaine : l’individu est un produit consommable comme un autre. Seul le profit compte. Rien n’arrête la cupidité des producteurs, quitte à donner un coup de pouce à « la réalité » pour faire de l’audience. Cette vision du futur n’est pas nouvelle. De nombreux écrits (« Running man » de Stephen King par exemple), films (« le prix du danger ») ou bd (« SOS bonheur » ou « reality show ») ont exploité le concept. Malheureusement, tous ces scénarios se sont révélés quasi prophétiques de l’évolution de la télévision. La violence, les divers scandales de « bidonnage », la bêtise et l’audience incroyablement importante montrent une réelle dérive de notre société. Et c’est bien sûr le message de Zidrou. Il pousse bien loin le bouchon (mort par l’acide ou le feu  -sic – !) mais c’est par malheur crédible, au vu de la surenchère télévisuelle actuelle où la stupidité se dispute la vacuité. Par ailleurs, Zidrou joue avec le lecteur en intercalant plusieurs récits parallèles dénonçant eux aussi nos tares et notre recherche folle du beau ! Cela fait du bien d’avoir des artistes engagés. Une dénonciation des maux de la société (et dieu sait s’il y en a) est toujours la bienvenue.

 

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Le trait d’Alexeï Kispredilov déroule ses dessins sur un mode ligne claire. Les traits des personnages sont réalistes sans que l’un ou l’autre se démarque physiquement. Cela renforce le scénario : le dessin ne prend pas le dessus sur l’intrigue. Par ailleurs, en prenant cette option, Alexeï Kispredilov confronte le lecteur à la réalité. Tout le monde peut jouer dans ce drame. Tout le monde est spectateur, tout le monde est acteur, tout le monde est responsable. Les couleurs sont très claires, lumineuses. Il choisit un panel de vert, jaune et s’y tient sur les 96 pages du récit. Les traits et les couleurs rappelleront instantanément ceux de Cosey.

Récit d’anticipation, Rosko amène le lecteur à se poser des questions sur le monde de demain, le tout avec un humour noir et grinçant. Si cela reste classique dans le montage du scénario et de ses rebondissements, c’est efficace. Un des atouts de l’histoire est le panel de seconds rôles émaillant le récit. Le cynisme, la violence et finalement l’humanité des sujets donnent envie de se plonger dans la suite de cette série prévue en trois tomes. Zidrou a surement moult surprises dans sa besace !

Note scénario : 8/10

Note dessins : 7/10

Note globale : 7,5/10

Tigrevolant

Buck Danny Tome 53. Cobra noir

Buck danny, aviation, aventures, Zumbiehl, Winis, DupuisBuck danny, aviation, aventures, Zumbiehl, Winis, DupuisScénario : Zumbiehl, Frédéric
Dessin : Winis, Francis
Couleurs : Cerminaro, François
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Dupuis
Planches : 54

Un F-22 raptor a disparu au-dessus du territoire Basrannien. Afin de connaître les capacités militaires réelles du Basran en vue de frappes aériennes, Buck, Sonny et Tumbler sont chargés de mener une « black op » à partir du porte-avion géant « Ronald Reagan » et d’une base secrète. Pour ne pas éveiller les soupçons, ils choisissent d’opérer sur du matériel d’origine soviétique non identifié, des Sukhoï.

Bon sang, si un jour, quelqu’un m’avait dit que je chroniquerais un tome de LA série mythique d’aviation, je ne l’aurais jamais cru. J’ouvre donc cette chronique en toute humilité.
Toute personne un tantinet branchée sur le monde de la BD a entendu, lu, vu voir feuilleté les aventures de Buck Danny. Cette série a été créée en 1948, pré-publiée dans les pages du journal de Spirou par le triumvirat Georges Troisfontaines, Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier. Les péripéties de nos trois compères couvrent l’ensemble des conflits (ou non) de la période post seconde guerre mondiale à nos jour (et sans doute au-delà !). Elle compte désormais 53 tomes. Apres la reprise de la série par Francis Bergèse, c’est au tour de Frederic Zumbiehl, au scénario et Francis Winis, aux dessins de relever le défi. Et …. c’est une franche réussite. Autant dire que cela est extrêmement enthousiasmant de retrouver les canons de la série princeps. L’action, les rebondissements, les références aux albums antérieurs, les explications aéronautiques (petites vignettes techniques) vous mènent directement en « post-combustion » avec nos trois pilotes favoris. Entre coups tordus et clowneries de Sonny Tuckson, les auteurs rendent un hommage sincère au couple Hubinon-Charlier. C’est parfait ! Pas un instant, le lecteur s’ennuie.

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« Francis Winis, le dessinateur, était ingénieur dans l’aérospatiale et instructeur d’astronautes à la NASA. Son exigence et son souci du détail lui permettent de donner un niveau de réalisme exceptionnel aux scènes de combat aérien. » d’après les éditions Dupuis. C’est vrai, les avions sont très bien dessinés. F. Winis transpose les avions en 2013. Car en fonction des époques de chaque tome des « aventures de Buck Danny », le matériel aérien évolue et se met au gout du jour (mais pas les héros qui ne vieillissent ni ne changent de trait de caractère) : ainsi en 2013, des F-18 hornet côtoient du matériel russe derniers cri. Les combats (« dogfight ») sont vivants, dynamiques et maitrisés. La sensation de ressentir les « G » est prégnante. Le lecteur sent bien que le dessinateur a baigné dans le milieu. Par ailleurs, il s’est approprié le découpage cinématographique de la série maintenant ainsi l’intensité de l’action.

 

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Mais alors que dire des éléments humains ? Sans être une catastrophe, on frôle le hors-jeu ; particulièrement sur les tartufferies du capitaine Tuckson. C’est figé, froid. Le trait est forcé pour arriver à faire passer une émotion. Plusieurs fois, les yeux « accrochent » devant tant de défauts. Hormis cette fausse note, c’est du velours.

Dans Buck Danny, la fiction a un point d’ancrage réaliste. Dans Buck Danny, le lecteur ressort du récit avec un apprentissage de termes techniques aéronautiques. Dans Buck Danny, les combats aériens et le scénario haletant ne laissent aucun répit au lecteur. Dans Buck Danny, tu refermeras l’album avec des étoiles plein les yeux. Et c’est bien ce qu’ont fait le couple Zumbiehl – Winis. Mission accomplie. Rentrez la base. Over ! Réjouissant !

 

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Scénario : 9/10
Dessins : 7/10
Global : 8.5/10

Tigrevolant

WAKE UP AMERICA. Tome 1. 1940-1960

Scénario : Lewis, John ; Aydin, Andrew
Dessin : Powell, Nate
Dépôt légal : 01/2014
Éditeur: Rue de Sèvres
Planches : 128

20 janvier 2009. Investiture de Barack Obama. Rosa tiens à être là avec ses deux enfants pour cet évènement hors du commun. Elle en profite pour leur faire rencontrer une légende vivante de la lutte contre les inégalités : John Lewis. Héros de la lutte contre la ségrégation raciale, il ne se fait pas prier pour raconter, en toute humilité, son aventure héroïque contre le système.

Lire la suite « WAKE UP AMERICA. Tome 1. 1940-1960 » →

MEDEE Tome 1 L’ombre d’Hécate

médée couv.jpg1389_P9.jpgScénario : Le Callet, Blandine
Dessin : Peña, Nancy
Couleurs : Badaroux Denizon, Céline et Dumas, Sophie
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Casterman
Pages : 64

Médée est sans doute un des mythes féminins le plus disputé, le plus décrié, le plus raconté. Héroïne féministe pour les uns, monstre égoïste pour d’autre, sont histoire est toujours sujette à de lourds mais passionnants débats. Médée est LE sujet à controverse. Tour à tour novice du temple d’Hécate, magicienne (comme sa tante Circée), traitre à son roi de père, amoureuse trahie, mère infanticide … la liste est longue. Il est impossible de faire la liste Des d’œuvres d’art que son mythe inspira. Du théâtre (Anouilh, Corneille…) au cinéma (Pasolini …) en passant par la littérature (Euripide, Sénèque…) et la musique, son mythe est transposé sur tous les supports. Il ne manquait que la bande dessinée pour compléter le tableau. Evidemment, comme tous les mythes, Blandine Le Callet nous livre son interprétation, sa vision de la figure féministe de la mythologie Grecque.

 

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Bercée d’insouciance dans le palais de son père Aiétiès, Médée vis l’âge d’or de son enfance. Elle est initiée aux secrets des prêtresses d’Hécate. Fort de ses connaissances, elle est chargée par le Roi de tenter de guérir son frère du mal qui le ronge. Mais entre pharmacopée et pouvoir, la frontière est ténue….

89325444.jpgCe roman graphique est très documenté. Il fourmille de détails et d’anecdotes à l’image de l’héroïne. Les rites religieux, la vie des nobles, le travail des femmes vous plonge dans le passé la mythologique antique. Difficile d’en attendre moins de la part de Blandine Le Callet, brillante spécialiste en philosophie ancienne et en littérature latine sur les monstres dans l’antiquité gréco-romaine. Cela donne un récit très dense et une lecture à l’avenant. Car la « Médée » de Blandine Le Callet n’est pas une BD de lecture en 10 minutes. Elle se déguste doucement et en plusieurs fois, surpris à chaque fois par le travail fouillé du scénario.

Les dessins de Nancy Peña sont de haute qualité. Comme le scénario, les détails sont biens rendus. Les traits des personnages sont très fins avec une touche très féminine. Ce beau travail semble être influencé par les dessins de François Place (« Du pays des amazones aux iles indigo ») façon documentaire. Ce qui explique sans doute ce soupçon de manque de vitesse, de mouvement dans les cases. Mais rien qui ne nuise à la qualité du récit.

 

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Le couple Le Callet/Peña redonne la parole à cette « femme libre, savante et meurtrière » plus connue pour sa relation avec Jason et son rôle dans le vol de la toison d’or. La vie bien remplie de Médée mérite bien une série de qualité, et trois tomes ne seront pas de trop. Ce premier tome, « l’ombre d’Hécate », plante les jalons d’une belle histoire.

 

Note : 7,5 / 10

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Le Banni T2. La reine pourpre

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Scénario : Henscher
Dessin / couleurs : Tarumbana
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Le Lombard
Pages : 48


Appâtées par la prime royale offerte par la Reine Pourpre, des hordes de mercenaires des quatre coins du royaume d’Archeon se jettent à la poursuite d’Hector Wiestal, dit « la muraille », traître au royaume pour avoir entretenu une liaison adultérine avec le reine. Devenu « le Banni », l’ex légende Hector s’est vu confier une mission par son Roi mourant : protéger l’héritier du trône. Accompagné d’un ancien capitaine des gardes et du mystérieux Khaiss, Hector poursuit sa mission aux confins du pays Surin pendant que le pays à feu et sang se déchire dans une guerre de succession mortelle.

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Après trois ans d’attente, voici enfin le tome 2 de cette série médiévale fantastique. Le tome 1, « le poids de nos victoires » avait laissé Hector et ses compagnons en pleine fuite. Il était temps d’en apprendre un peu plus sur cette saga. De saga, il en est bien question. En effet, les poncifs de récits chevaleresques (l’honneur, la passion, les combats titanesques, les trahisons….) sont bien présents et donnent une fièvre aventureuse classique. Mais, cette BD trouve son originalité dans les trames de l’intrigue et dans les nombreux intervenants. L’envergure des personnages secondaires aboutit à une équation terriblement complexe. Peut-être même un peu trop : il faut se concentrer pour suivre et comprendre les actions des différentes maisons nobiliaires et des différents individus Les protagonistes s’affrontent, se trahissent et se retrouvent dans un tourbillon de flash-back et de passage de scène à l’autre sans transition. La lecture (re – ?) du tome 1 est fortement recommandée. Il en ressort un album mené tambour battant. La dernière case du récit vous laisse pantelant de tant d’actions, de révélations et évidemment … de questions ! A ce sujet, la maison d’édition Le Lombard a raisonnablement mis en avant cette très belle série en seulement trois tomes (Attendu fin 2014, le tome 3 « La voix des morts »). Et c’est tant mieux ! Car le nombre de personnages et de personnalités seront soumis forcement aux feux de la rampe. Cela mériterait (presque) des spin-off.

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Derrière une magnifique couverture de la reine pourpre (nominée au Samb’or 2013 couverture), se trouve des dessins tout aussi splendides. Le talent de Tarumbubana est indéniable. Gageons qu’il sera mis à contribution dans le futur sur d’autres œuvres. La particularité de son travail est l’utilisation exclusive de l’ordinateur. Ses réalisations sont telles qu’une impression de dessins travaillés à la peinture vous saute aux yeux de prime abord. Il faut tendre l’iris pour imaginer le travail du logiciel. Les mêmes ressorts de l’exercice du roman chevaleresque animent le dessin. Ainsi, les scènes homériques de batailles sont rendues avec force détails et profondeurs dans le champ visuel. Le choix des couleurs ou plutôt l’absence de couleurs est une particularité du dessinateur. Tout est très sombre (à l’image de la folie des hommes ?) et l’utilisation d’un filtre noir et blanc pour les retours en arrière améliore considérablement la narration.

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Voilà donc un très bon tome 2 du Banni après une trop longue absence. De mauvaises langues sous-tendront la trop grande analogie avec la série télévisée « Game of thrones ». A raison, car ce sont les mêmes mécanismes qui animent cet univers. Mais Henscher et Tarumbana ont réussi a inventer un monde nouveau avec des personnages bien trempés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le lecteur n’est pas grugé par la qualité du récit et des dessins. Le tome 3 s’annonce passionnant et surtout très dense Beaucoup de questions sont sans réponse. L’exercice sera périlleux en 48 pages. Qu’importe, nous serons au rendez-vous !

Note: 8.5 / 10

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