Se jeter à l’eau

Scénario : Gwénola Morizur
Dessin : Elléa Bird
Éditeur : Jungle | Ramdam
80 pages
Date de sortie : 10 mars 2022
Genre : tranche de vie, introspection, société

« Notre corps est fait à 60% d’eau. Tu te rends compte ? Tu es un océan, Leïla. Avec des vagues, des tempêtes, des ciels, des êtres vivants. Ça bouillonne, là-dedans. Si tu laisses tout ça s’endormir, un beau jour, ça va s’éteindre. »

Présentation de l’éditeur :

Leïla vit une vie tranquille et lisse, sans trop de mouvement, un ronron quotidien dans lequel elle se sent couler. Une vie qu’elle a l’impression d’avoir choisie mais qui semble l’étouffer sans qu’elle sache vraiment pourquoi.

Mais peu à peu, c’est une succession de rencontres, de signes qui l’amènent à prendre la route, partir en Bretagne sur les traces de sa vie, de ses envies et de son histoire, pour enfin trouver les ressources de bâtir le futur qu’elle désire vraiment : tourné vers le monde, la mer et les baleines…

Se jeter a l eau_Gwenola Morizur_Ellea Bird_Jungle_RamDam_extrait

Mon avis :

De prime abord, la couverture de cette femme qui coule au cœur de l’eau poissonneuse, le sourire aux lèvres, m’a un peu fait penser à celle de « Tout va bien » aux éditions Delcourt, une autre biographie de quelqu’un qui se (re)découvre. Mais le graphisme d’Elléa Bird est bien différent, plus contemporain, dans le style de Margaux Motin, Diglee, … tout en ayant, évidemment, sa touche personnelle pour se différencier. Une ligne claire, réaliste qui manque peut-être un peu de couleurs chatoyantes – le papier mat peut-être ?

L’histoire dépeinte par Gwénola Morizur est également différente et parlante de vérité pour bon nombre d’entre nous. « Se jeter à l’eau » cap ou pas cap ? C’est déjà compliqué, quand on est ado par exemple, de se jeter d’un pont dans une rivière, mais quand il s’agit de tout planter là, de faire un trait sur sa vie jusqu’alors pour en commencer une nouvelle : ça c’est du challenge !

C’est ce que fait Leïla. Outre le fait de reprendre sa vie en main en retournant sur les traces de son passé, le récit parle également de l’eau, de la vie marine. Notre héroïne, qui finalement pourrait être madame tout le monde, travaille dans un aquarium comme guide. Mais ça ne lui convient pas, quelque-chose manque à son épanouissement. Comme si, elle-même, était piégée dans un bocal où elle ne ferait que tourner en rond alors que l’océan est à portée de main.

À plus d’un égard, elle va se jeter à l’eau, de sorte que le lecteur peut se demander jusqu’où, lui-même, pourrait aller. Quitter son compagnon ? Partir de chez soi ? Obéir à ses désirs ? Concrétiser ses rêves ? Ce n’est pas rien pourtant : il faut oser, un pas après l’autre et voir ce que nos choix nous réservent. Ceux de Leïla l’embarqueront dans biens des épreuves, qu’on peut ressentir dans le graphisme qui reflète tant la réalité que le parcours introspectif du personnage, pour enfin lui permettre d’être là où elle devait être pour s’épanouir.

ShayHlyn.

3 commentaires sur “Se jeter à l’eau

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