Interview de Serge Fino.

Place à une interview de notre grand gagnant de la couverture du mois de novembre pour l’or des marées T2: Serge Fino.

Ce dessinateur autodidacte, est né en 1959 à Toulon. Il commence sa carrière de dessinateur par le fanzinat et l’illustration, notamment de nouvelles et de poèmes. En 1994, il dessine aux éditions Soleil Productions une trilogie intitulée Les Soleils rouges de l’Eden. De sa rencontre avec Tarquin naît le projet d’une nouvelle série, dont le premier tome paraît en janvier 1997 : Les Ailes du Phaéton. Il a également signé de son trait réaliste le dessin des BD Starblood, La Couronne de foudre, John Sorrow, Angeline (à partir du T2) ou plus récemment Quand souffle le vent des îles. Scénarisée par François Debois, Les Chasseurs d’Écume est sa première série aux éditions Glénat. En 2015, il lance, en parallèle d’un nouveau cycle aux Chasseurs d’écume, la saga familiale des Maîtres-Saintiers (scénario de LF Bollée) également chez Glénat. Dans la même veine et toujours avec François Debois, il lance la série L’Or des marées en 2019. La même année apparaît le premier des cinq tomes de Seul au monde. Réalisée en solo (couleur, scénario et dessin), cette oeuvre est l’adaptation de l’autobiographie du grand navigateur Sebastien Destremau. Réside en Provence-Alpes-Côte d’Azur.


SambaBD-Votre travail a-t-il été chamboulé par la covid19  ?

Serge Fino-Dans mon quotidien et la réalisation de mes planches, non. Il a été juste un peu perturbé par le fait que ma femme s’est retrouvée en télétravail et que les études de mon fils se sont également déroulées en grande partie au domicile, ce qui fait qu’il y avait un peu de passage. Mais comme j’ai une maison assez grande et pas mal d’extérieur, tout ça n’a pas réellement causé de gros soucis. Ce sont surtout les annulations des festivals et dédicaces en librairies en cascade qui ont fait que je suis resté quasiment toute l’année chez moi les week-ends. Tout ça est tombé pile poil puisque cette année, contrairement à 2019, j’avais décidé de moins « bouger », à cause d’un peu de lassitude et de fatigue. Par contre le confinement et la fermeture des librairies auront un impact direct sur nos relevés de vente, malheureusement. Mais je pense surtout aux libraires pour lesquels ça été très difficile.

-Comment avez-vous eu l’idée de nous narrer « l’or des marées » ?

Quelques mois avant de terminer la série Les Chasseurs d’Ecume, j’avais parlé à mon éditeur chez Glénat ainsi qu’à François Debois de mon envie d’enchainer avec une série voisine. Adeline, la libraire des Passagers du Livre à Landerneau m’avait envoyé un livre qui s’appelait le Pain de la Mer, écrit par Joël Raguénès et paru aux éditions Jean Claude Lattès parce qu’elle savait que je cherchais des pistes pour des projets post Chasseurs d’écume.. François Debois avait eu, dans l’intervalle la même idée. Partir sur une autre saga maritimo-bretonnante et m’intéresser aux goémoniers, après les pêcheurs de sardines de Douarnenez, était une option qui me plaisait.

-Comment vous êtes-vous documenté sur ce monde si spécifique des goémoniers ?

Comme pour les Chasseurs d’écume, j’ai été sur place, au Conquet, dans l’Aber Wrac’h, au musée des goémoniers de Plouguerneau où j’ai été très bien reçu et parfaitement documenté, puis j’ai cherché des informations sur internet, j’ai acheté des livres, Joël Raguénès, l’auteur du roman, m’a également aidé. Bref, j’avais pas mal de matière avant même de débuter.

-J’ai l’impression que vous êtes un amoureux de la mer et surtout des gens qui en vivent ?

Je suis né à Toulon, pas très loin du port à droite et à deux pas des plages à gauche. Tout ce qui touche au monde maritime m’a toujours intéressé. Même une de mes premières séries aux éditions Soleil avait pour décor des océans et les personnages principaux étaient un marin et son bateau, même si c’était de la Fantasy. La mer ou les océans ont quelque chose de magique et fascinant, et du coup, ceux qui en vivent en sont des acteurs, qu’ils soient pêcheurs, marins, goémoniers ou navigateurs. Raconter les histoires de ces gens-là m’intéresse énormément.

-Pouvez-vous nous expliquer comment vous réalisez une couverture et plus spécifiquement celle du tome 2 de l’or des marées ?

L’étape de la réalisation de la couverture d’un album est un exercice que je redoute, systématiquement, parce que j’ai du mal à trouver une illustration hors contexte narratif, une couverture est un argument de vente, elle doit être esthétique, raconter quelque chose, résumer l’album et donner envie au lecteur d’ouvrir le livre. Même après 25 ans de métier, j’ai toujours du mal à m’y coller, parce que je me sens plus metteur en scène qu’illustrateur. Pour le tome 2 de l’Or des marées, j’ai repris la trame et le schéma du tome 1 avec une partie supérieure réservée à un personnage de l’histoire et la partie inférieure à un décor maritime. Du coup, elle a été assez rapide à mettre en place. Ensuite, c’est juste de la technique.


-Déjà 66 albums à votre actif, quel regard portez-vous sur tous ces albums ? Une affection plus spécifique pour un titre en particulier ?

66 déjà ??!… Vous êtes certain ?? C’est vrai qu’il y a pas mal de collectifs, des rééditions, des intégrales, mais ce chiffre donne tout de même le vertige.

Il y en a certains que je trouve assez mauvais, d’autres très mauvais et puis il y a ceux pour lesquels j’ai une affection particulière effectivement : Les chasseurs d’écume par exemple parce que j’ai pu développer sur 8 tomes, une histoire assez cohérente, intéressante et profonde, parce que j’ai accompagné les personnages pendant une majeure partie de leur vie, parce que j’ai exploré, avec François Debois, pas mal de thématiques au travers de la série, comme la première guerre mondiale et la suivante et parce que c’est ma série qui a le mieux fonctionné en termes de ventes.

Mais, ma préférée reste Seul au Monde parce que je suis à l’origine de toutes les étapes, d’abord rencontrer Sébastien Destremau, lui proposer d’adapter son livre, le proposer aux éditions Glénat, le faire valider puis l’adapter en totalité, scénario, dessin et couleurs.


-Combien de tomes sont prévus pour l’or des marées ?

Quatre tomes sont prévus avec François Debois, je vais d’ailleurs m’atteler à la réalisation du tome 3 dans les jours qui viennent.

-Votre prochaine sortie ?

La sortie du tome 3 de Seul au Monde logiquement.

A suivre son questionnaire du mouton….

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