En cette année du centenaire de la première guerre mondiale nombreux sont les livres, articles, émissions télévisées et bandes dessinées qui rendent hommage au souvenir de cet horrible conflit qui ne fut qu’une interminable boucherie orchestrée par les « grands » qui nous gouvernent.
Cet album nous raconte l’histoire véridique de Jean-Corentin Carré qui fut l’un des plus jeunes combattants de l’époque dans l’armée française.
En août 1914 Jean a 14 ans et déambule dans les rues de son village, LE FAOUËT dans le Morbihan; il doit rentrer déjeuner pour dire au revoir à son père qui part à la guerre. Les adieux sont teintés de patriotisme, d’orgueil masculin et de revanche après la défaite lors de la guerre de 1870. Seule la mère du jeune Jean, dont les yeux reflètent la peur qui l’étreint, se tient en retrait.
Lors de la parade de départ des soldats elle répondra au désir d’aller défendre son pays exprimé par Jean : » ne sois pas pressé d’aller en enfer, mon fils!« .
Jean va alors montrer son intelligence et sa volonté! il va dire à ses parents qu’il part trouver fortune en Amérique du Sud mais se rend à Pau où, sous un faux nom, il va réussir à s’engager; il a 15 ans.
Dès lors il va se retrouver sous le feu des allemands, crapahutant dans les tranchées et faire l’expérience de la guerre dans toute son horreur.
Le scénario de Pascal Bresson mélangeant les scènes de combat et le récit du parcours du jeune Jean Carré de son village à l’engagement, est admirablement construit.
De leur coté les dessinateurs, Stéphane Duval et Lionel Chouin, donnent une vue plus que réelle de la guerre des tranchées; les assauts des soldats sortant, baïonnette au canon, de leur trou au coup de sifflet de l’officier, les hommes fauchés par les « moulins à café » (mitrailleuses) allemands, démembrés vivants par les « moineaux » (obus), les « gaspards » (rats) grouillant sur les cadavres qui, comme le racontera Jean dans un courrier à sa mère, grignotent ce qui reste sur les os. On en arrive a sentir l’odeur de pestilence et de mort à la simple vue de ces images si crédibles.

Cet album est le premier tome d’un triptyque consacré à cet enfant qui deviendra un homme en l’espace de quelques semaines et qui, comme beaucoup, partit au combat avec des idées de patriotisme sans s’imaginer ce que la bêtise des nations peut coûter au peuple.
Un très beau document qui donne bien à réfléchir à l’heure actuelle où les conflits fleurissent de partout comme chrysanthèmes au cimetière un premier novembre.
J’attends le deuxième tome avec impatience.

JEAN-CORENTIN CARRE, L’ENFANT SOLDAT – TOME 1 – PARUTION : 8 OCTOBRE 2014
EDITIONS PAQUET – COLLECTION : MEMOIRE 1914-1918 – PRIX DE VENTE : 13,50 €
DESSINS : Stéphane Duval & Lionel Chouin SCENARIO : Bresson COULEUR : Jean-Luc Simon
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JR

Une lecture agréable qui m’a donné envie d’en connaitre plus sur ce Corentin.