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Dès l’annonce de la sortie du nouvel album de Jacques Terpant, « Le Royaume de Borée –Tome 3 : Tristan », l’envie m’est venue de prendre contact avec lui pour une interview. Je suivais depuis longtemps cet auteur et c’était devenu pour moi une évidence. Je voulais en savoir plus sur sa trajectoire dans le monde de la Bande Dessinée. Je vous laisse découvrir l’homme qui se trouve derrière une œuvre de qualité et qui mérite d’être découverte, si ce n’est pas encore votre cas…En route pour un univers exceptionnel peuplé d’hommes à la personnalité affirmée, de plaines et de forêts mystérieuses…
Samba BD : Quel est votre parcours au niveau de la bande dessinée ? La bande dessinée est-elle votre seule activité professionnelle ?
Jacques Terpant: J’ai commencé dans la bande dessinée alors que j’étais étudiant aux Beaux Arts de Saint- Etienne, avec un groupe d’amis, dont Yves Chaland et Luc Cornillon . Ils avaient été repérés par JP Dionnet, patron de Métal Hurlant, suite à un petit fanzine. Ils ont débuté un album pour Métal : « captivant » qui a fait date dans notre métier. Dans la foulée, j’ai démarré avec Cornillon dans le même journal.
J’ai donc toujours vécu et travaillé dans le dessin. Il est vrai que dans les années 80 et 90, je me suis beaucoup perdu dans la communication et la pub, et je mettais parfois ma production de BD en berne. Il est arrivé un moment où cela ne me satisfaisait plus. La dernière série chez Casterman que l’on me demandait, je n’étais pas à l’aise avec l’histoire. J’ai donc décidé d’écrire mes propres scénarios et j’ai fait à ce moment là ma série « sept cavaliers », en décidant de me consacrer à l’édition plus à fond.

Dessin & scénario : Jacques Terpant
D’après l’œuvre de Jean Raspail
Editions Delcourt
Sortie 23/04/2014
64 pages
Prix conseillé : 14,95 €
ISBN : 9782756039428
Aventure, saga.
Résumé (de l’éditeur) : Quel lien ténu la famille Pikkendorff entretient-elle avec le petit homme couleur d’écorce ? Ce dernier va voir surgir, pour la première fois, en plein coeur de son très cher royaume de Borée, l’Histoire, la grande, celle du nombre et de forces incommensurables contre lesquels ni lui, ni sa magie n’ont la moindre prise. D’ailleurs, pour ces hommes qui viennent, il n’existe pas.
Mon avis : Cet album est le troisième et dernier tome du « Royaume de Borée », le deuxième cycle de la saga des Pikkendorff. Jacques Terpant et Jean Raspail nous délivrent les clés pour comprendre le destin de la Borée, de ses forêts inconnues mais aussi la destinée du petit être couleur d’écorce tenant un arc à la main et portant un carquois dans le dos.
Les destinées de la forêt mystérieuse et de ce petit homme sont en réalité intimement liées. Le lecteur le découvre au fil de la narration. Les hommes et leurs avancées physiques, technologiques (la construction du train transboréal), vont sonner le glas de la forêt de Borée. Les mouvements de troupe et les conquêtes militaires importantes ne vont rien arranger. Malgré la résistance des forces occultes de la forêt de Borée, celle-ci décline. Le dernier petit homme qui a survécu prend le nom de « «Hans » alors qu’il quitte la forêt pour se fondre dans la société humaine. Nulle part, dans les écrits et les archives, on ne parle de lui, de son peuple car les principaux témoins de la saga ont promis de ne pas en parler pour conserver le secret, la condition même de sa survie…
Il ne s’agit pas ici d’une simple bande dessinée alliant saga et histoire fantastique. C’est beaucoup plus que cela. Il s’agit aussi d’une réflexion philosophique avec des thèmes cher à Jean Raspail : la magnificence de la nature, la recherche des terres inconnues, de l’ultime frontière tant physique que mentale, le rapport entre l’homme et la nature, leurs liens indéfectibles. Mais c’est aussi une leçon de vie avec comme arrière fond l’idée de transmission entre les générations et la défense des valeurs humaines qui forment un homme pour la vie.
Le dessin de Jacques Terpant est toujours aussi magnifique. La forêt et les animaux qui la peuplent restent le point fort du dessin. Les personnages sont bien rendus ainsi que leurs uniformes. Les couleurs est du même niveau ce qui donne des planches d’une grande beauté.
Le découpage, même s’il est de type classique, est finement réalisé, focalisé sur une narration fluide pour le lecteur. Les transitions temporelles sont marquées par des planches entières avec une case unique.
C’est réellement une performance qu’a fait Jacques Terpant de raconter cette histoire de Jean Raspail, tout en respectant l’œuvre originale. Ce dessinateur et scénariste adaptateur m’a fait découvrir Jean Raspail et son univers original et inédit. Il en a même magnifié l’imaginaire à tel point qu’il a été « adoubé » par ce maître de la littérature française.
En conclusion, c’est un excellent album que je vous recommande. C’est un album à messages et qui fait réfléchir sur le sens de la vie…Je vous conseille pour bien appréhender la saga des Pinkkerdorff de lire non seulement les 3 tomes du « Royaume de Borée » mais aussi le premier cycle en trois albums paru sous le titre « Les sept cavaliers « .
Dessin : 8,0/10
Scénario : 8,0/10
Moyenne : 8,0/10
Blog de Jacques Terpant : ICI.
Capitol
Scénario et dessin : Fabrice Erre
Editeur : Dargaud
150 pages
date de sortie : avril 2014
genre : documentaire humoristique
Lire la suite « UNE ANNÉE AU LYCÉE – guide de survie en milieu lycéen »
Le premier jour de la bataille de la Somme
Dessins : Joe Sacco
Scénario : Joe Sacco et Adam Hochschild
Format : diaporama de 7 m de long + livret explicatif
planches : 24
Dépôt Légal : avril 2014
ISBN : 978-2-7548-1029-6

Scénario / Dessin / Couleurs : Noé, Ignacio
Dépôt légal : 04/2014
Éditeur : Glénat
Collection : Grafica
Planches : 48
Ally sait maintenant que toute sa vie n’était qu’un mensonge. Etre le cobaye d’une expérience de son propre « père » est un choc pour cette jeune oie blanche de la haute société Londonienne. Bien décidée à retrouver sa sœur jumelle, pourchassée par la police, Ally embarque en compagnie de Juan pour la Patagonie. Mais dans ce monde extrême sans foi ni loi, la violence et la cupidité dessineront un tout autre destin à nos héros.
Ignacio Noé n’est pas un nouveau venu dans le monde la bande dessinée. Plutôt connu pour ces écrits sulfureux, cet argentin talentueux s’est reconverti depuis 2006, au dessin dans la bande dessinée classique sur des thèmes allant du football (« Football, dans l’ombre des étoiles ») au massacre des mayas (« Helldorado »). Dans « Douce tiède et parfumée » Ignacio Noé prend son envol, il est seul aux commandes : couleurs, dessins et scénario.
Ce qui frappe en premier lieu, ce sont les dessins. Ils sont magnifiques. L’auteur déroule l’histoire dans un univers réaliste de la fin du 19eme siècle avec une touche baroque. Cela donne une fresque steampunk propice aux rêves. Il agrémente ses propos avec ce qu’il sait faire de mieux : la sensualité. Les éléments féminins sont divins. Les décors sont chauds. Les visages expressifs. Son dessin rend les émotions palpables. Les couleurs délavés tantôts sombres, tantôts flamboyantes s’accorde avec la chaleur du dessin. Finalement, le dessin est en accord avec le titre de la série ! Puisqu’il faut une fausse note, on déplorera le nez rouge et appuyé de chaque personnage. Cela donne une sensation de rhume des foins généralisé.
L’histoire, sans être originale, emprunte beaucoup à Lewis Carroll. L’héroïne a beaucoup d’Alice dans sa quête identitaire. Ses rêves sont très énigmatiques et sa recherche de réponses auprès de son unique vrai parent tournera au voyage initiatique. Le passage à l’âge adulte des deux adolescents ne se fera pas sans heurts avec une brusque accélération de leur destinée et un choc frontal avec toute la brutalité humaine. Le scénario est fouillé tout en étant très lisible. Il fait référence à des faits historiques comme par exemple l’épopée du célèbre « Great Eastern » ou, dans un tout autre registre, le massacre des indiens patagoniens en toute impunité par les colons stupides et cupides. Et cela c’est aussi un des thèmes de notre Argentin : la violence magnifiée dans ses précédentes productions.
Ignacio Noé nous transporte dans son imaginaire fertile. Les magnifiques dessins sont un régal pour les yeux. Ne vous laissez pas influencer par la couverture pas très inspirée, c’est à l’intérieur que se trouve le meilleur. Laissez-vous transporter de Londres au sud de l’Amérique du sud pour des péripéties pas toujours « douces », brulantes de sensualité, mais surtout pas « tièdes » et « parfumées » d’aventures hautes en couleurs.
Dessins/couleurs : 8,5/10
Scénario : 8.5/10
Total : 8,5/10
Tigrevolant
Dessin : Christian Durieux
Editeur : Futuropolis
120 pages
date de sortie : mai 2014
genre : chronique sociale et historique
En 1886, Albert Dadas vit à Bordeaux et est atteint d’un mal étrange qui le pousse à partir loin de chez lui sans raison apparente. C’est la « folie du fugueur ». La simple évocation d’un lieu, une image, une situation peut lui faire quitter les lieux sans même qu’il s’en rende véritablement compte. La seule chose qu’il puisse expliquer, c’est que « Tout d’un coup, j’ai très chaud, j’ai des suées, j’ai mal à la tête. Il faut que je marche absolument et après je ne me souviens de rien »… Les « réveils » sont très durs et le sympathique Albert est tellement en souffrance, qu’il finit par consulter un psychiatre. Le jeune médecin Philippe Tissier, en fera le sujet de sa thèse et fera tout pour le soigner, allant même à l’encontre des théories et pratiques de l’époque.
Comme nous le rappelle le dossier à la fin du livre, cette histoire que nous racontent Christophe Dabitch (Abdallahi, la colonne, Jeronimus) et Christian Durieux (les gens honnêtes) est une histoire vraie. Albert Dadas a parcouru des milliers de kilomètres à pied à travers la France, l’Europe et même l’Afrique du nord. Lorsque ses crises prenaient fin, soit il rentrait chez lui, soit il continuait sciemment son voyage en se débrouillant pour vivre. Souvent pris comme un vagabond, ses voyages se terminaient fréquemment en prison ou en hôpital.
Cette histoire est fascinante et touchante ; on est véritablement pris d’empathie pour Albert qui est prisonnier de ce mal curieux, et l’on se réjouit qu’un jeune médecin le prenne sous son aile et cherche à vraiment comprendre les mécanismes de la maladie, plutôt que de céder à la facilité des thèses médicales à la mode, à une époque ou la folie et l’aliénation devenaient des domaines de recherche et d’expérimentation.
Le choix narratif de Christophe Dabitch est judicieux. Il évite le piège de la description encyclopédique d’une maladie psychiatrique, en montrant sobrement le suivi médical entrecoupé des escapades d’Albert et des témoignages de personnes ayant croisé sa route. Du consul de France à Alger au professeur en médecine en passant par le colonel de régiment, chacun apporte son point de vue et sa propre théorie sur le sujet. Tissier veut percer les mystères de ce mal et se doit de recueillir le plus d’information possible. Il parviendra d’ailleurs à soigner ou tout au moins atténuer un temps les envies de fugues de Dadas.
Christian Durieux illustre d’un trait fin et délicat cette histoire sensible, invitant à encore plus d’empathie envers cet homme qui semble perdu.
Le captivé raconte l’histoire de personnages hors normes où se cache derrière un récit clinique de médecin, une invitation au voyage et à la liberté.
Ma note : 8,5/10
Loubrun
Grâce aux éditions Futuropolis et à Samba BD
VOUS POUVEZ GAGNER CET ALBUM !
il vous suffit de laisser un commentaire à la suite de cette chronique.
Un tirage au sort désignera l’heureux gagnant.
Ensuite, un chroniqueur prendra ses jambes à son cou pour vous livrer directement l’album chez vous.
(A moins que nous déléguions cette mission à La Poste …)
le concours est ouvert jusqu’au 31 mai à minuit

Scénario : Renders Pierre-Paul, Lapière Denis
Dessin : Elias,Efa
Couleurs : Cerminaro François, Ralenti Albertine, BenBK
Dépôt légal : 02/2014
Editeur : Dupuis
Planches : 60
Delia Mikulski, ancienne avocate des victimes du WW2A, est désormais sénatrice aux USA. Membre de la commission d’enquête sénatoriale, persuadée de l’aspect fallacieux de la théorie des Alter Ego, elle lutte sans relâche contre les agissements des dirigeants de cette secte. Malgré les intimidations, les morts suspectes de témoins et le rapt de ses filles par une secte pro-Alter Ego, rien ne saura la détourner de sa mission.
Alter Ego avait secoué la planète BD en 2011. Cette série concept écrite et dessinée à plusieurs mains était un pari plutôt périlleux voire franchement casse-gueule. Jugez plutôt : 2 saisons, 4 à 7 albums par saisons, scénario complexe voire labyrinthique, ordre de lecture indiffèrent….. Eh bien non, les scénaristes Renders et Lapière ont réussi leur pari. Ils nous tiennent la dragée haute. Tous les éléments, les personnages s’imbriquent parfaitement et la vision de la même histoire vue par différents protagonistes est une indéniable réussite.
Delia est le second tome (du moins en publication) de la saison 2. Le cahier des charges de cet opus est conforme aux précédents : thrillers palpitants, rebondissements, suspens, indices distillés avec soins. Pas de doute, le monde d’Alter Ego est riche de ses personnages. Il est loin d’avoir terminé son histoire. La force de cet univers est la cohérence de l’ensemble. Ainsi, les auteurs multiplient les liaisons avec la saison 1 sous différentes formes (personnages secondaires, scènes vues sous un autre jour …). Les lecteurs s’amuseront à les repérer au fil de la lecture. Les thèmes abordés sont toujours l’emprise des sectes, le combat quotidien pour la démocratie, la corruption, le combat de quelques uns contre les puissants, les complots. Et cela est aussi un atout de cette série : la fiction rejoignant la réalité. Ainsi ce qui était encore hier un cauchemar à la Philips K. Dicks est peut-être pour bientôt ! Et cela donne des frissons dans le dos ….
Les dessins des personnages et des décors ne sont pas une surprise, une sorte de marque de fabrique Alter Ego (avec un copyright). Efa et Elias maitrisent leur sujet. Par contre, on regrettera un (petit) manque d’expression du visage de l’héroïne : si vous n’avez pas vu les grand yeux verts de Délia, refaites une lecture ! Mais rien de grave et cela ne nuit pas à l’ambiance. Honnêtement tout cela est du beau travail. Le style de l’équipe dessins/couleurs est dans la droite ligne de ceux de la saison 1. Personnellement j’aurais préféré un style plus personnel plutôt qu’une reprise très proche des dessins de Reynes ou Zuga.
Si le concept n’est pas nouveau (Berceuse Assassine par exemple), les scénaristes d’Alter Ego poussent l’histoire vraiment très loin. Tout l’univers d’Alter Ego est homogène. Les dessins sont tout aussi réussis. C’est sans doute l’origine de leur succès. Cette saison 2 avec Teehu et Delia s’annonce donc de bons augures. Et leur lecture est toujours un plaisir. Cela en est presque démoniaque : chaque lecture pousse à la suivante. Mais, pour que cela reste au panthéon des séries réussies, une rallonge de l’univers à cours de saison n’est pas forcement souhaitable.
Dessins : 7/10
Scénario :7.5/10
Total : 7.5/10
Tigrevolant
Tome 1 : La Vanne de Trop…
Scénario : Michel Cymes et Sébastien Mao
Dessins : Duvigan
Couleurs : Lunven
Editions : Bamboo
Dépôt Légal :mars 2014
ISBN : 978-2-8189-2656-7
Editeur : Dupuis
Sortie : le 03/2014
Bienvenu chez les fous !
Après le fiasco de Salt Lake City et la tuerie du motel, Soldier Sun et Agripa essaient de se tenir tranquilles dans le ranch de la mystérieuse Pénélope Cartwright. Cependant, Soldier Sun n’est pas sans arrière-pensée : Pénélope fait partie des cibles de sa liste. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’elle a reçu une lettre de Jessica Blandy la mettant en garde contre lui et sa fille. Laquelle d’ailleurs, en dépit des ordres de son père, continue à semer des cadavres, tandis qu’Owen Nash, lancé à leur poursuite pour venger la mort de sa femme tuée dans le motel, est sur le point de les retrouver. Le second volet d’un thriller brûlant comme le désert, où un prédateur peut en cacher un autre.
Détestables
Le feu avait pourtant été mis au rouge. Mais deux psychopathes en puissance ont décidé de continuer la route nommée Jessica. Le choix de suivre ces deux barjots était plus que téméraire car comment voulez-vous avoir une once d’empathie pour des meurtriers pareils ? Malgré de nombreux clous mis sur cette route, leur parcours sanglant continua de plus belle jusqu’à une panne de moteur. La Renaud à moteur turbo D-FO a été remplacé par un petit moteur atmosphérique J-F. Les tueries se sont accélérées, les engueulades aussi mais on y a aussi complément perdu l’atmosphère et l’univers si particulier de la Miss JB. En parlant de J& B, il vous en faudra pas mal pour apprécier tous ces serpents à sonnettes.
Une grosse déception pour ma part comme quoi, il est parfois préférable de tourner la page au lieu de vouloir poursuivre une inaccessible étoile.
Scénario
Dessin
Global.
Samba.

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Auteurs : Grenson et Dufaux.
Editeur : Le Lombard.
Sortie :04/2014.
De vieux souvenirs
Pour sauver sa famille, Niklos Koda a dû faire appel à la magie noire. Il est à présent plus puissant que jamais. Confronté à Shanghai à des adversaires redoutables, il risque constamment de s’abandonner aux forces obscures qu’il tente de maîtriser.
Mais ne faut-il pas parfois combattre le mal par le mal ?
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