Interview Thierry Lamy et Frédéric Vervisch.

Nous avions rendez-vous à Bruxelles, au centre belge de la bande dessinée, plus exactement dans la brasserie-restaurant Horta. Un cadre fantastique pour deux auteurs et un album qui le sont tout autant. Thierry Lamy est le scénariste et Frédéric Vervisch le dessinateur de Hell West, tome 1, frontier force chez Sandawe. Ils sont également, respectivement, bibliothécaire et story-border. Des types tellement passionnés qu’ils en deviennent passionnants. Une rencontre où il est question, en permanence, de s’éclater et de se faire plaisir. Nous le soupçonnions déjà à la lecture de l’album mais maintenant le doute n’est plus permis.


 

  

Comment est née votre rencontre ? 


 Frédéric Vervisch: On a un ami commun qui est Christophe Cazenove. On a commencé à échanger des mails. Il m’a proposé son projet que j’ai trouvé riche, c’était tout un univers créé à partir des codes du western mais ça partait dans le fantastique et dans l’ésotérique, il y avait de tout. Moi, je me suis dit : «  Allez, on y va, on s’éclate, on fait un truc. ». Je sortais d’une série jeunesse en couleur, alors que j’aime bien les côtés sombres. On aime tous les deux le noir et blanc, les trucs sombres, le fantastique.


Thierry Lamy: On aime tous les deux la série B, les trucs de divertissements, Indiana Jones, … on avait envie de faire quelque chose qui ne se prend pas la tête et qui rend hommage au western, à l’aventure, à l’humour.

 

 

 

Vous aviez tous les deux des envies de western.


 Thierry Lamy: Oui, voilà.


Frédéric Vervisch: On a voulu faire du Sergio Leone, en BD, à la française, tout en ne faisant pas la même chose. On aurait pu le faire. À une époque, un type a fait du western spaghetti en BD et c’était vachement bien. C’était Adios Palomita. Mais là on est parti dans autre chose, il n’y a pas le soleil écrasant, il y a de la neige, des créatures, des super meufs danseuses de saloon. J’avais dit : « Surtout, il faudra des nanas dans le saloon. » (rires).

 

 

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Thierry Lamy et Frédéric Vervisch au centre belge de la bande dessinée

 

Quels sont vos références BD et cinéma ?


Frédéric Vervisch: En BD, j’ai comme références Frank Miller, Hugo Pratt, Comès,…


Thierry Lamy: On aime aussi tout ce qui est bons dialogues, je suis un amoureux du dialogue. J’aime Audiard. Les dialogues d’Hugo Pratt sont super soignés, Frank Miller c’est pareil. Nos références sont les westerns spaghettis, tous les westerns en général, Little big man, les westerns des années 50 et 60, les westerns mythologiques,…


Frédéric Vervisch: L’homme aux colts d’or, j’adore celui-là. (à Thierry) Tu connais L’homme aux colts d’or avec Henry Fonda ?


Thierry Lamy: Oui bien sûr. Mais je l’ai vu il y a longtemps. (Il reprend) La mythologie du western…


Frédéric Vervisch: Et Dead man ?


Thierry Lamy: (sursaut) Ah ouiii, Dead man! C’est géant ! Et c’est aussi du noir et blanc mais quelque chose qui se déroule lentement. C’est du western sans être du western. Un peu comme l’héroïc fantasy est du moyen âge sans être du moyen âge. Hell West est un western fantasy en fait.

 

 

 

Dans votre album vous utilisez une sorte de réalité bis comme dans Watchmen, c’est aussi une référence ?


Thierry Lamy: C’est exactement ça, je suis très fan d’Alan Moore. Et cette façon de raconter en suivant des personnages, on les mélange, on suit leurs destins, ils se croisent. On ne raconte rien de neuf mais on est très inspirés par nos sources.

 

 

 

Une question pour Thierry Lamy, comment se passe le travail de documentation sur une histoire comme celle-ci qui reprend des personnages historiques ?


Thierry Lamy: Je travaille dans une bibliothèque et je suis historien de formation. J’adore l’histoire et je ne conçois pas un  scénario sans me documenter vraiment à fond sur la période choisie. Même si l’univers est complètement fantaisiste, je me suis beaucoup documenté et il y a des personnages qui sont vrais, même ceux qu’on ne soupçonne pas. Wanekia, par exemple, a réellement existé. Je transforme, je transpose mais je ne raconte pas n’importe quoi.

 

 

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Comment composez-vous entre le style de l’album et la justesse historique ?


Thierry Lamy: En général, il y a une seule chose qui va primer ; c’est la dramaturgie. Donc on peut tordre le coup à l’histoire. Pour sortir un peu de Hell West, je suis sur un projet  avec des chemineaux en 1940, ça s’appuie sur une chronologie très précise mais il y des trous. Et, à un moment donné, la dramaturgie s’empare de ces trous, je comble. C’est la dramaturgie qui prime. Pour Hell West, c’est beaucoup plus facile parce que c’est imaginaire. L’histoire a une base historique  mais on part dans notre délire et c’est ce qui compte.

 

 

 

Ces personnages historiques sont en fait des « guest stars » ?


Thierry Lamy: Oui mais pas des « guest stars » pour des « guest stars ». Ce sont des « guest stars » qui nous ont touché, Custer c’est le Custer de Little big man. Wild Bill Hickock, Buffalo Bill, …


Frédéric Vervisch: Beaucoup de scénaristes font ça mais c’est pour donner un truc genre clin d’œil. Avec Thierry, chaque personnage historique joue vraiment un rôle. Il a permis de conserver ce qu’on sait de chacun.

 

 

 

Ce sont de vrais personnages, pas des figurants.


Frédéric Vervisch: Ce sont de vrais personnages avec un rôle réel à jouer, d’ailleurs Custer a un rôle déterminant dans l’histoire.  


Thierry Lamy: Et certains s’invitent en cours de route.


Frédéric Vervisch: Et il y en a d’autres qui vont arriver et qui sont géniaux. Le but, c’est de s’éclater. Je prends mon pied quand je vois un Tarantino ou quand je lis un Frank Miller, je veux retraduire ça.


Thierry Lamy: On veut que les émotions soient les mêmes.


Frédéric Vervisch: On est des gamins qui jouent aux cow-boys sur un tas de terres « Pan, t’es mort ! », « Non, c’est toi ! », « eurghh !!! » (rires). Mais c’est vrai qu’on a passé les quarante balais, donc on a structuré nos histoires de gamins. On joue au Playmobiles. Régression !

 

 

 

Maintenant une question pour Frédéric Vervisch, votre dessin noir et blanc donne un sentiment de travail sur papier, à l’encre… et pourtant vous travaillez sur palette graphique, comment êtes-vous arrivé à cette technique ?


Frédéric Vervisch: Au début, je faisais des dessins traditionnels, à l’encre. J’avais une technique très traditionnelle mais, quand je scannais mes planches pour les envoyer par mails à l’éditeur,  j’ai commencé à faire des petites retouches à la palette graphique. Et puis, au bout d’un moment : « Tiens, ce personnage-là, il faudrait qu’il soit plus en colère que rigolo ». Comme je n’ai pas le temps de rescanner, je redessine sur palette. Petit à petit, j’ai fait beaucoup d’illustrations sur palette et, au bout d’un moment, je suis parti sans papier. Je me dis : « J’y vais ! ». Je trace mon format et… ça c’est plus pour les dessinateurs… je fais beaucoup de sélections au lasso (photoshop), je fais des silhouettes. Quand on a une silhouette en noir, après on y va à la gomme, c’est un dessin fait à l’envers. Je pars aussi de la technique de la carte à gratter, tu as une carte noire, tu grattes et ça donne un trait blanc.

 

 

 

Vous travaillez la lumière plutôt que l’ombre.


Frédéric Vervisch: Oui, voilà. Tu peux faire l’essai, si tu prends un fond noir et que tu fais juste une accroche de lumière d’un visage de profil, tout de suite c’est magique. Alors que si tu fais l’inverse, sur un fond blanc tu fais une silhouette de profil en noir, …ben si t’es pas Giraud, ça marche pas tout de suite. Giraud quant il faisait un Blueberry de profil … j’adorais ces profils. Moi, je vais plutôt chercher un peu de lumière dans le noir.

 

 

 

Dans cet album vous utilisez un style plus personnel ?


Frédéric Vervisch: J’ai pu m’exprimer avec un scénariste avec qui ça se passait vraiment bien. On avait envie de défendre le même univers, donc j’ai été libre. Il m’a dit « Vas-y, éclate toi. ». J’ai fait une série qui s’appelle Chinn  et j’avais un scénariste qui était aussi dessinateur et il me disait : « Là, sois plus réaliste. ». Et il m’orientait vers ce qu’il aurait aimé dessiner. Quand le scénariste essaie de prendre ta main en disant : « Moi, je veux que tu dessines ça comme ça. », tu le fais mais tu n’as pas d’espace pour te lâcher. Alors qu’ici, Thierry,  il n’essaie pas d’être mon cerveau, il me dit : « Je te propose ça, qu’est-ce que tu me réponds ? ».


Thierry Lamy: C’est comme ça aussi que je conçois le scénario. Si je veux imposer un visuel au dessinateur, autant que je fasse le dessinateur. Quand j’étais petit, je voulais faire dessinateur mais les copains m’ont vite dit « Tu dessines bien mais il faut que tu tiennes tout un album. Par contre, fais du scénario ! ». J’ai suivi leur conseil et maintenant je m’éclate plus en scénario. Et quand je vois que, sur quelques indications, on donne vie à tes personnages, à une scène que tu n’imaginais pas du tout comme ça  et que tu as une excellente surprise, je préfère ça. Ça ne m’intéresse pas d’avoir un robot, je veux quelqu’un qui me donne des surprises. Je veux retrouver cette émotion de quand je lisais des BD, je regarde le dessin et « Waouw ! ». Ici, c’est la même chose sauf que c’est moi qui écris l’histoire. Et puis après, on se répond l’un l’autre, c’est un jeu.


Frédéric Vervisch: C’est très dur de trouver un binôme qui fonctionne bien. Parfois, il y a une attente qui n’est pas la bonne. Et parfois, c’est l’éditeur qui peut ne pas comprendre et t’emmener dans un terrain qui n’est pas le tien. J’ai proposé à Bamboo un western chinois, un truc sur des moines shaolin, un peu sombre. Ils me répondent : « Ouais c’est bien mais on a un autre truc à te proposer. Gullia. C’est un truc pour les gamins ». Souvent, l’éditeur s’en fout un peu de ce qu’on a envie de faire et te projette dans autre chose. Souvent, je dis « ok » mais ici on nous a demandé : « Qu’est ce que vous avez dans le bide les gars ? ». Alors on s’est exprimé.


Thierry Lamy: On y allait à fond.


Frédéric Vervisch: Il n’y avait personne pour nous arrêter.


Thierry Lamy: Quand on discutait au téléphone, on était même dépassé par ça. Les dialogues, les scènes qui venaient toutes seules, je les envoyais à Fred. Il trouvait ça génial, il m’envoyait un story-board avec une mise en scène hors paire et ça ne s’arrêtait plus. C’était magique.

 

 

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Sadawe propose une expérience unique grâce au financement de l’album par des internautes (édinautes), comment se passe votre travail en parallèle de l’évolution de ce financement ? On imagine que vous ne démarrez pas le travail dès les premiers pourcents de financement ?


Thierry Lamy: Non, il faut être clair. On ne prendra pas le risque de travailler pour rien. C’est un vrai travail qui prend du temps.

 

 

 

Il existe un stress à suivre l’évolution du financement ?


Frédéric Vervisch: C’est vrai que, comme parfois il y en a qui retirent …

 

 

 

On peut retirer son financement ?


Frédéric Vervisch: Oui, on arrivait à 25.000…, 25.340…, 25.380 … et, d’un coup, t’es à …22.000 parce que t’en à un qui s’est barré. Et ça, ça fout les boules (rires).

 

 

 

Avez-vous des contacts avec vos édinautes ?


Thierry Lamy: Oui, notamment sur facebook. C’est assez étonnant.

 

 

 

Sur le site Sandawe on peut voir les montants investis, ça va de 8000 euros à 10 euros. C’est surprenant.


Frédéric Vervisch: On a pris parti de ne pas s’intéresser à ça sinon on commence à faire de plus belles dédicaces au mec qui a mis 500 euros. Il y en a qui ont mis 10 euros mais qui ont fait beaucoup de promo de l’album, qui avaient une vraie passion mais qui n’avaient que 10 euros. Mais il est vrai qu’un mec qui veut investir réellement dans la BD avec 8000 euros, pour nous c’est génial. Ça nous a permis de vraiment boucler le financement. Du coup, ça a boosté le financement et il y a eu une dernière ligne droite. On était tous sur facebook … « 97% !!!»… « 98% !!! »… On était comme des fous.

 

 

 

Qu’en est-il de Hell West 2 et 3 ?


Thierry Lamy: Le synopsis est bouclé mais pas le découpage. Je sais où va le récit. On commencera le travail quand on bouclera le financement.

 

 

 


vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interviewVous avez d’autres projets ensembles ?


Frédéric Vervisch: On aimerait bien faire un polar.


Thierry Lamy: Notre problème, c’est qu’on n’a pas le temps mais l’envie est là. On a envie de travailler avec plein de gens mais ça reste une question de temps. Quand je vois les dessins de Fred, ça m’inspire. Quand il fait une femme fatale avec un flingue et de la fumée, il y a quelque chose qui se met en marche dans ma conscience. J’ai envie de mettre en scène  ce qui lui est arrivé, de savoir qui elle a tué. L’envie est bien là…surtout avec ce zigoto.


Frédéric Vervisch: Je suis surtout content d’avoir trouvé un scénariste avec qui je m’entends. Ça n’a pas toujours été le cas. Je ne suis pas quelqu’un de difficile mais j’attends qu’on me laisse respirer.


Thierry Lamy: Dans ma méthode de travail, j’écris et je fais mes propres dessins mais je ne les montre pas. J’essaie juste de voir s’il y a une solution et si ça va fonctionner, la densité des dialogues, le rythme, etc. Et ça me permet aussi de visualiser. Si c’est une scène de dialogues, je l’écris normalement. Si c’est une scène d’action, jela dessine. A la fin, je repasse à un découpage normal, je lui confie le truc…et il se démerde.

 

 

 

L’avenir de la BD passe t-il par internet, la BD numérique ?


Thierry Lamy: Personnellement, je pense qu’on va y venir automatiquement, je ne sais pas quand. On va vers une dématérialisation des supports.


Frédéric Vervisch: Je pense qu’il y a des pistes encore inexplorées, qu’on va découvrir dans les années qui arrivent des choses qu’on ne soupçonnait pas dansla BD, l’animation, les palettes, les I-pad. Ça va donner des trucs surprenants.


Thierry Lamy: Ça commence déjà d’ailleurs. Les problèmes dela BD numérique sont les mêmes que pour la musique et le cinéma. Quel modèle économique ? Est qu’on va vouloir un modèle gratuit ? Le téléchargement illégal, etc. Comment vont vivre les auteurs ?

 

 

 

On vit une période charnière ?


Thierry Lamy: Voilà, ça nous pend au nez. Sur les droits d’auteurs, on a environ 10% sur un bouquin. On peut dire que ça va. Sur une BD numérique qu’on vend 3 ou 4 euros… que veux-tu faire avec ça ? Il faut trouver un système qui rémunère les auteurs à leur juste valeur. C’est une grande question à se poser. Le problème, ce n’est pas tellement le numérique mais le modèle économique à suivre pour que tout le monde y trouve son compte, lecteur, éditeur et auteur.

 

 

 

Pour finir, une question plus légère. Clint Eastwood ou John Wayne ?


Frédéric Vervisch: Clint Easwood (rire).


Thierry Lamy: Clint Eastwood. Mais j’ai une tendresse pour John Wayne … un peu comme on aurait une tendresse pour un grand-père.


 Frédéric Vervisch: Dans Hell West, on est plus Clint Eastwood.

 

 

 

 

William

Hell West, tome 1, Frontier Force

couverture.jpgboard_243_orig.jpg1875, à l’ouest du Mississippi se trouvent des terres hostiles truffées de créatures fantastiques, d’esprits  et d’indiens shamans appelées le Hell West.

 

A l’est, les White States of America, qui rassemblent les blancs dans une sorte d’Amérique bis, veulent envahir l’ouest. Outburst, qui appartient aux Frontier Forces, en mission pour le Président Jefferson Davis, est chargé de retrouver un objet volé qui alimente les tensions entre les deux camps.


 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la maison d’édition Sandawe tire dans tous les sens/ genres. Hell West sort des sentiers battus.

 

Hell West est un roman graphique qui ne ressemble à rien de connu. L’album se singularise par son scénario qui mélange les genres avec un talent rare. Il faut dire que l’histoire nous a montré que le western se fragilise rapidement dès qu’on le mêle à d’autres styles. Le scénariste, Thierry Lamy, réussit pourtant cette prouesse de l’association du western et du fantastique alors que de grands noms de la BD et du cinéma (le western reste avant tout un genre cinématographique) s’y sont cassé les dents (dernier en date : Cowboys et envahisseurs).  Alors, comment Thierry Lamy fait-il la différence ?   Hell West ne se limite pas à greffer du fantastique sur du western, le scénario fait également preuve d’humour et de second degré très habilement distillés tout au long des 112 pages de ce premier tome. Les dialogues, vifs et rafraîchissants, méritent à eux seuls le détour.

 

Hell West rassemble des personnages secondaires improbables. Buffalo Bill, Custer, Wild Bill Hickock et d’autres sont, en quelque sorte, les guest-stars de cet album.

 

Outre la claque scénaristique, il y a l’impact visuel ; le dessin de Frédéric Vervisch est un véritable électrochoc. Cette œuvre en noir et blanc utilise un clair/obscure tranchant, sans concession. Le trait fait, quant à lui, preuve de flexibilité ; il sait se montrer souple dans les moments plus légers et plus raide dans les instants tendus. Les qualités graphiques de Hell West sont indiscutables. Dessin et scénario sont au service l’un de l’autre dans une parfaite harmonie.

 

Sandawe est un éditeur 100% belge qui fonctionne par investissements participatifs. Les internautes deviennent éditeurs, ce sont des édinautes. Le projet Hell West a été financé à hauteur de 40190 euros (en parts de 10 euros).

 

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Le+ : Un projet fou, une claque scénaristique, un choc visuel… l’album que l’on n’attendait pas forcément. Des surprises comme celle-là, on en veut bien plus souvent.

 

Le- : Un tel album méritait un tirage avec de plus belles finitions et surtout un plus beau papier.


Infos en vrac

Série, tome 1/3

Parution : mars 2012

Prix : 13,50 euros

Dessin : Frédéric Vervisch

Scénario : Thierry Lamy

Editions : Sandawe

 


Marc, l’un des 260 édinautes de Hell West a accepté de répondre à trois questions.


Qu’est ce qui vous a poussé à investir dans le projet Hell West ?

J’étais séduit par le concept mais j’avais loupé le premier projet financé Il Pennelo. J’avais envie de voir de l’intérieur comment cela se passe, quels seront les résultats des ventes et des frais, etc. J’ai investi 20 euros sur ce projet car ce montant permet de recevoir un exemplaire de l’album. Je pense que ce n’est pas cher payé pour soutenir un projet. Compte tenu du prix de vente de l’album en librairie (13,50€), un investissement financier à plus long terme de 6.50€ n’est pas excessif, loin de là, pour participer à cette aventure. Par contre, je ne suis pas aussi sûr que des édinautes qui ont investi beaucoup plus revoient la totalité de leur investissement. Je me réjouis de voir dans 6 mois les premiers comptes financiers. Je me suis rabattu alors sur le projet Hell West qui était un des plus avancés et dont le graphisme me plaisait bien.


Que pensez-vous de l’album, maintenant que vous l’avez lu ?


Je l’ai lu!…J’ai d’abord été surpris par la dimension et le type d’album. Je voyais l’album plus grand et cartonné. Je n’ai pas du lire tous les renseignements techniques sur le livre. Je me rappelle aussi que
Sandawe avait abaissé le prix du projet en revoyant le budget à la baisse. Le produit a peut-être évolué. Il faudrait poser la question sur la genèse, le développement et le financement du projet à Sandawe. Mais après réflexion, je trouve l’album sympa et d’un prix abordable compte tenu du nombre de pages. Au niveau du graphisme, c’est à la hauteur de ce qui avait été proposé. Je ne suis pas déçu. Par contre pour le scénario, j’ai eu plus de mal. Le pitch de l’histoire laissait entrevoir quelque chose de déjanté, novateur et sortant de l’ordinaire. A la lecture, j’ai trouvé que cela partait dans tous les sens et à plusieurs niveaux de l’histoire. Par moment, j’ai du sérieusement m’accrocher. Mais je dois bien avouer que ce type de littérature n’est pas spécialement ma tasse de thé. Je m’attendais à une histoire un peu plus soft, moins débridée! Mais j’assume ce choix. Ici, il s’agit de soutenir un projet artistique. Je pense qu’il y a un public, plus jeune que moi, plus ouvert à ce genre de BD. Il faut toujours se souvenir que la présentation d’un projet est toujours réductrice et qu’on ne voit vraiment le résultat définitif qu’à la lecture, lorsque vous avez le livre en main. Un investissement a une part de risque, surtout quand il s’agit d’un projet culturel. Vous comprendrez aussi que la lecture numérique ne m’intéresse pas, je reste un adepte du livre physique.


Y a-t-il d’autres projets Sandawe qui vous attirent ?

A l’heure actuelle, j’ai investi 20 € sur le tome 2 de Maudit mardi de Nicolas Vadot. J’ai beaucoup aimé le tome 1 et c’était beaucoup plus facile pour moi d’investir en ayant lu ce premier tome. Je vais voir de temps en temps sur le site Sandawe pour y jeter un œil. J’espère que Hell West tome 2 sera vite financé car ce serait bête de laisser l’aventure pendante après le 1er tome…C’est probablement mon futur investissement.

 

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William 

 


SHRIMP, tome 1, Le grand large

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Albert, la quarantaine, tient un petit resto dans la capitale belge. Sa spécialité, qui fait son succès auprès des clients, c’est la croquette à la crevette.


Il est secrètement amoureux de Mia, une cliente habituée des lieux. Un soir, en nettoyant son restaurant, il met la main sur un mystérieux billet de voyage et trouve par là l’occasion de suivre secrètement Mia à Las Palmas, du moins c’est ce que pense Albert, car l’aventure ne fait que commencer.

 


Un savoureux mélange de crevette, de Belgique, d’humour, de vaisseau spatial, de chinois et de Mao. Une nouvelle version du cocktail de crevettes !

 


Le pitch de Shrimp attire volontiers l’attention des bédéphiles que nous sommes par son originalité. Dargaud joue sur cet aspect et fait bien, car c’est là le point fort de cet album. La trame principale de cette œuvre My Major Company BD est assez surprenante ; on passe sans concession d’un cadre familier à un dépaysement total. Les scénaristes, Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust, ont sûrement fumé de la crevette périmée pour imaginer un tel délire plein de fraicheur et d’originalité. Néanmoins, une fois passée cette trame principale inédite, l’histoire souffre de quelques aspects décousus. Cela ne suffit pas à gâcher un plaisir bien réel à la lecture (trop rapide, 48 pages) de ce qu’on peut appeler une réussite. Maintenant, une petite phrase d’une banalité affligeante s’impose : « Il faut voir la suite ! ».   

 

« – Parce que en fait, moi je devais embarquer pour une petite semaine à la mer et…

 

– Hin hin hin. Le vrai voyage n’a pas de destination. De toute façon, Las Palmas est très surfait. Vous auriez été déçu.

 

–          Hein ? Quoi ? »

 

Extrait de Shrimp 1- Le grand large

 

 

Si le scénario fait preuve d’un certain cachet et d’une singularité indiscutable, le dessin apporte d’avantage d’humour que d’originalité. Le fait est que l’humour qui se dégage de Shrimp vient essentiellement du trait et du découpage du dessinateur Mathieu Burniat. Le dessin est vif, léger, tout en mouvement et souplesse mais ressemble un peu trop au dessin de Manu Larcenet. Toutefois, quand on aime ce dernier, on cède volontiers cette ressemblance.

 

Pour la petite histoire, Shrimp bénéficie du soutien du journal  le soir. En effet, il est publié à raison d’une planche par jour dans le cahier culture  du journal. Et ce fameux coup de pub a démarré avant même que l’album n’ai franchit les 10000 euros, objectif minimum à atteindre sur My Major Company BD pour être publié. Shrimp a fini sa course à 25000 euros, la limite maximum. 

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Le + : Shrimp est un beau cocktail d’originalité et de fraicheur. Ca fait du bien par où ça passe !

 

Le – : Une fois la trame principale percée à jour, le reste du scénario est un peu décousu. Les 48 pages font de cet album une expérience trop courte.

 

Infos en vrac

Série belgo-spatio-crevettière romantico-délirante.

Parution: mars 2012

48 pages

Prix : 11,99 euros

Dessin : Mathieu Burniat

Scénario : Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust

Editeur : Dargaud, My Major Company BD

 

 

Monsieur William

L’ENFANT CACHÉE

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L’enfant cachée traite du sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale et est soutenu par l’AJPN (l’association des anonymes, justes et persécutés, durant la période nazie dans les communes de France).

 

Une grand-mère, Dounia, raconte son enfance de petite fille juive durant la seconde guerre mondiale à sa petite-fille. Ce parcours passe par le port de l’étoile juive, le comportement de l’entourage de la famille, l’école, la fuite, …  Une histoire terrible pour les yeux encore naïfs de la jeune fille.

 

Voici un album, one-shot, qui s’adresse surtout et avant tout à un public jeune (pré-ado). Si L’enfant cachée brille par le ton employé pour illustrer une période sombre de notre histoire, le propos n’apporte rien de neuf à un sujet déjà très souvent exploité. Tout ce qu’on peut souhaiter de bien au scénariste Loïc Dauvillier, en dehors d’un succès en librairie, c’est que son œuvre hérite d’une vie en tant qu’outil pédagogique dans les écoles françaises.

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Cet album ne serait rien sans le dessin, très typé jeunesse, de Marc Lizano. En effet, le trait simple et tout en rondeur donne une dimension rassurante à cette histoire qui doit raconter, et non effrayer. Le découpage est plutôt bien vu à l’exception des quelques pleines pages un peu excessives (mais sans fausse note). Le plus, apporté au dessin, est le travail de couleurs de Greg Salsado qui réussit à accentuer le sentiment d’époque « seconde guerre mondiale ».

 

Le + : L’enfant cachée est une œuvre qui marque surtout pour son style …

 

Le – : …plutôt que pour son contenu. 

 

 

Infos en vrac

One-shot

80 pages

Prix : 16,45 euros

Parution : janvier 2012

Dessin : Marc Lizano

Scénario : Loïc Dauvillier

Couleurs : Greg Salsado

Editions : Le Lombard


Monsieur William


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LE ROI DU RING, tome 1, Graine de champion

9782205067378-couv-I400x523.jpgle roi du ring planche.jpgAprès La fille de l’eau, voici un autre album My Major Company BD Dargaud qui mérite amplement notre attention.

 

 Nous sommes à Dallas, Tobias a dix ans lorsque son grand-père l’emmène en cachette voir un match de catch. Une révélation pour ce jeune garçon qui décide de devenir champion du monde de catch. Le roi du ring est l’histoire d’un rêve d’enfant que l’on n’abandonne pas malgré les embuches.

 

 Un personnage attachant, voilà le point fort de cet album qui mise avant tout sur les relations humaines plutôt que sur le catch. Tobias dégage rapidement un capital sympathie auprès du lecteur. On sent d’emblée qu’il donnera tout ce qu’il a et qu’il ne nous décevra pas. Le scénariste, Gigault, réussit à transmettre une réelle épaisseur à son histoire et heureusement, car la colonne vertébrale de ce genre d’histoire a déjà été exploitée à de (trop) nombreuses reprises. En bref, c’est Rocky ; sur le ring, on a beaucoup à prouver humainement et à exorciser mais l’important, c’est la famille et les amis.  On peut néanmoins regretter, malgré le côté humain, le manque d’exploitation des aspects sombres du scénario, on survole trop les moments les plus difficiles. Laissons venir le deuxième tome de ce diptyque avant de graver cette critique dans le marbre.

 

 18086-nouvel-article-3.jpgLe dessin simple et sans prétention de cet album semble bien servir le côté humain de ce récit. La technique du dessinateur, Rolland, n’est pas des plus répendues. Il travaille l’encre de chine à la plume et complète avec un lavis. Ses planches, toutes en niveaux de gris, sont ensuite colorisées par ordinateur. Le gris devient alors couleur. Il propose un découpage plutôt réussi et préfère garder une distance constante avec ses personnages, ici peu de gros plans ou de plans très larges.  Finalement, dessin et scénario vont dans un même sens, une lecture rapide. Certains trouveront cette lecture trop rapide ou l’album trop court (48 pages) mais personne ne peut nier le charme que dégage cette œuvre.   

 

Le + : Personne ne peut rester insensible au personnage de Tobias, à son parcours et à l’atmosphère qui se dégage de cet album. Les internautes de My Major Company ont eu le nez fin (encore une fois).  

 

Le – : Le scénario n’exploite pas suffisamment la dimension dramatique de cette histoire. Le deuxième tome de ce diptyque répondra peut-être à nos attentes… Patience.

 

 

Infos en vrac

Diptyque

Tome 1/2

48 pages

Prix : 13,99 euros

Parution : janvier 2012

Dessin et couleurs: Rolland

Scénario : Gigault

Editions : Dargaud, My Major Company BD

 

Monsieur William


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LA FILLE DE L’EAU

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Un matin une jeune adolescente de 16 ans, Judith, travestie en jeune garçon, simule une chute de pédalo dans un lac au pied d’une superbe villa. Elle vient incognito à la rencontre de la famille qui occupe cette bâtisse et dont le père est à ce jour décédé. Judith n’est autre que sa fille illégitime.

 

Voici un album qui est destiné à un public de bédéphiles assez pointu. L’auteur, Sacha Goerg, utilise des codes et un langage qui nous emmène loin de la grande bande dessinée populaire. La construction de ce récit est lente, elle prend le temps de s’emparer du lieu de l’action et des personnages.  Le dessin, en harmonie avec le scénario, propose un trait léger et très épuré. Les planches sont composées très librement, les cases ne sont pas délimitées, ce qui crée une grande aération. Le dessin respire littéralement. La technique de couleurs directes de Goerg, plume et encre de chine directement sur l’aquarelle, démontre un travail spontané qui s’approprie habilement le jeu des couleurs complémentaires (les illustrations de la villa rouge vif sur le flanc d’une falaise entourée de verdure sont magnifiques).

 

Qui est l’auteur ? Sacha Goerg fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones très inspirés et est l’un des piliers fondateurs de la maison d’édition bruxelloise l’employé du moi. Bouture (2003, employé du moi) et Rubiah (2005, employé du moi), ses premiers albums, montrent un auteur en pleine évolution. La fille de l’eau se place dans cette lignée de progression et de maturité. Goerg s’occupe également d’un site qui propose à de jeunes auteurs la mise en ligne de leurs créations : grandpapier.org. Il aime les projets qui suivent des chemins de traverse et le fait que La fille de l’eau soit issu de My Major Company BD en est une nouvelle preuve. Pour rappel, MMC BD est un site qui propose un financement d’albums Dupuis, Dargaud et Le Lombard par des internautes.

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Le + : La fille de l’eau est avant tout une réussite visuelle. Traits, couleurs, technique, composition des planches,… l’ensemble forme une bande dessinée unique.

 

Le – : Un album qui utilise des codes et un langage peu accessibles au grand public (ce n’est pas un point négatif pour tout le monde).

 

 

Infos en vrac :

 

One-shoot

184 pages

Parution : janvier 2012

Dessin, scénario et couleurs : Sacha Goerg

Editions : Dargaud, My major Company BD

Prix : 18 euros

 

Site de l’auteur : sachagoerg.com

Site grand papier : grandpapier.org

Site Dargaud : www.dargaud.com

Site MMC BD : www.mymajorcompanybd.com



Monsieur William


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A.D. La Nouvelle-Orléans après le déluge


9782849531303_cg.jpg9782849531303_2.jpgAu cinéma, en télé et en BD, les œuvres post-Katrina sont déjà présentes depuis quelques temps. A.D. fait partie de celles-là. 

 

29 aout 2005, l’ouragan Katrina frappe la Louisiane. A.D. retrace cette catastrophe via les témoignages de sept habitants de La Nouvelle-Orléans, Denise, Leo, Michelle, Kwame, le docteur Brobson, Abbas et Darnell. Voici donc une histoire chorale sur fond de drame humain et de catastrophe naturelle.

 

 

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« Il m’a semblé important de raconter l’histoire du point de vue d’un panel de personnes réelles ayant vécu l’ouragan, aux profils variés : riches ou pauvres, noires ou blanches, jeunes ou vieilles, gays ou hétéros, hommes ou femmes. »

Extrait de la postface de Josh Neufeld


 

L’Amérique panse encore les plaies d’un des drames les plus profonds de son histoire. C’est dans ce contexte de mécanisme de deuil bien entamé mais pas encore terminé qu’A.D. La Nouvelle-Orléans après le déluge sort dans une version traduite de l’anglais aux éditions La boîte à bulles. L’auteur américain Josh Neufeld nous fait partager ces sept destins qu’il a rassemblés grâce à son intervention comme volontaire de la Croix-Rouge sur les lieux de cette catastrophe.

 

A.D. débute sur un véritable scénario catastrophe annoncé sur différents médias. Le timing des évènements et des images d’apocalypse crée une réelle tension. Malheureusement, l’auteur n’a pu la conserver jusqu’à la fin de son album. Le point de vue bascule en plein récit, ce qui était une catastrophe naturelle devient un drame humain. On passe des éléments qui se déchainent à une foule de personnes qui attendent dans un stade que les autorités les prennent en charge. Soit Josh Neufeld nous fait vivre les événements vu de l’extérieur jusqu’au bout (double page de l’ouragan, des rues entières qui se font dévaster, des maisons qui se font emporter,…),  soit il nous propose une histoire humaine à vivre de l’intérieur qui suit ces sept témoins privilégiés mais il choisit de ne pas trancher entre les deux. On peut regretter ce choix (ou ce non choix) car le récit perd en rythme et en intensité. 

 

 

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Au delà de la catastrophe naturelle et du drame humain, Josh Neufeld dénonce l’incompétence des autorités face aux évènements.


 

La réussite d’A.D. réside dans son dessin et son choix de couleurs. Un dessin très plat et figé qui contraste très bien avec la profondeur du drame qui se joue. Les couleurs, quant à elles, sont réduites à différentes bichromies qui ont une dominante jaune, verte, bleue,… Ce n’est pas sans rappeler ces films du début de l’histoire du cinéma dont les pellicules noir et blanc étaient teintées de différentes couleurs selon les différentes séquences. Cela donnait des ambiances très différentes suivant les couleurs.

 

Le + : Un album qui nous fait découvrir certains éléments qu’on ignorait peut-être encore sur Katrina. Le dessin et les couleurs de Josh Neufeld sont une belle surprise et créent un objet très graphique.

 

Le- : Le point du vue hésitant de l’auteur fait retomber une tension qu’il avait rapidement et très habilement mise en place.

 

Infos en vrac:

One-shoot

Dessin et scénario : Josh Neufeld

Editions : La boite à bulles

Prix : 18 euros

Parution : décembre 2011

 

www.la-boite-a-bulles.com


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Monsieur William

I LIKE SHORT SONGS, l’interview d’Olive BOOGER

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I like short songs est un récit dérangeant et sans concession d’une virée nocturne à quatre. C’est noir et ça suinte la violence de la vie, 180 pages qui prennent aux tripes.


Pour la parution de son premier album chez l’employé du moi, Olive Booger  impressionne par la qualité de son récit et de son dessin. Une œuvre qui s’adresse aux bédéphiles avertis et à ne pas mettre entre toutes les mains.


En exclusivité pour Samba BD, Olive BOOGER a accepté de se soumettre à l’exercice périlleux de l’interview dessinée. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en sort haut la main. 

 

 

 


 

Mon travail est influencé par…

 

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Mon parcours pour arriver jusque « I LIKE SHORT SONGS »…

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L’après « I LIKE SHORT SONGS », mes projets…

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Mon rêve absolu…

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Dans la vie, il y a la bande dessinée et … 

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Infos en vrac :

Noir et blanc

Parution : novembre 2011

Dessin et scénario : Olive BOOGER

Editions : l’employé du moi

Prix : 16,90 euros

 

employé-du-moi.org

grand-papier.org/olive-booger/

Le site d’Olive BOOGER : olivebooger.com

 

Une liste de librairies proposant I like short songs, et offrant un service d’expédition, est disponible sur le site de l’employé du moi. L’album se trouve également sur amazon.


Monsieur William

La bande dessinée au cinéma en 2012.

Comme toujours, l’année cinéma va être chargée. Le nombre de productions augmente sans arrêt et il devient difficile de voir tous les films d’une année. Donc, il faut choisir, sacrifier, préférer, éliminer, jeter, trier, … et payer sa place de ciné qui, elle aussi, augmente chaque année. Les tarifs peuvent exploser si un film dépasse les deux heures ou s’il est en 3D. Les deux à la fois et votre portefeuille vous fait la gueule, surtout si en plus le cinéma ne vous fournit pas la fameuse paire de lunettes mais qu’elle se fait un plaisir de vous la proposer en vente à un prix fort peu démocratique. Ajoutez à ça un pop-corn et un coca, multipliez le tout par deux (car vous invitez au moins madame), voire plus (vive les familles nombreuses). Voilà, il ne reste rien de votre budget loisir (ou presque). Vous faites déjà la tronche alors que vous n’avez pas encore vu le film. Mais voilà que la séance commence et vous retrouvez le sourire à l’idée de passer un bon moment ciné. Lorsque, deux heures plus tard, c’est la douche froide car le film était effroyable, vous abandonnez madame et les enfants sur le parking, montez dans la voiture et tentez de franchir les 88 miles par heure pour remonter le temps et annuler cette soirée gâchée. 


C’est pour vous éviter de la tôle froissée que Monsieur William, votre serviteur, est allé se promener sur le Cloud pour  collecter des infos.


Décryptage en trois catégories…  

 

   

 

Voilà encore une belle bande de Comics.


Pour ceux qui font déjà une indigestion de collants et de capes, cette année ne va rien arranger.  Entre les sorties 2012, les films en chantier et les projets confirmés (puis annulés puis re-confirmés, puis re-annulés, puis rere-confirmés,…), il va être difficile d’y voir clair tant le secteur frôle la saturation.


Coté cours… (MARVEL


Ghost rider 2 : spirit of vengeance (15 février 2012) sera le premier de l’année mais risque aussi d’être le premier navet de l’année tant le film n’inspire rien de rassurant.  Les photos et la bande annonce nous laissent entrevoir un film de la même trempe que le premier où trop d’effets spéciaux et trop de Nicolas Cage ont tué un film dont on cherche encore le scénario. Nicolas Cage reprend donc son rôle de héros à la tête en feu et Christophe Lambert le rejoint au casting… attention, il ne peut en rester qu’un!!! (Voir zéro, c’est encore mieux).

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Christophe Lambert dans Ghost rider 2 (interdiction de rigoler).

 

La suite du programme devrait, normalement, aller en s’améliorant. The Avengers (25 avril 2012) fait partie des films de super héros les plus attendus. Et pour cause, ça fait un moment maintenant que la pression s’est installée, depuis l’apparition de Nick Fury sous les traits de Samuel L. Jackson (comme dans la BD) dans Iron-man en 2008 et l’imagination débordante des fans Marvel du monde entier qui ont tout de suite vu le potentiel d’accueillir le patron du SHIELD. Capitaine America (Chris Evans), Thor (Chris Hemsworth), Iron-man (Robert Downey Jr.), Hulk (Edward Norton a jeté l’éponge au profit de Mark Ruffalo), Nick Fury (Samuel L. Jackson), la veuve noire (Scarlett Johansson) et Oeil de faucon (Jeremy Renner), ils seront tous présents. Et c’est une arme à double tranchant qui peut provoquer le naufrage du film. On risque d’assister à une guerre de stars plutôt qu’à une bataille de super héros. Le réalisateur Joss Whedon (créateur de Buffy contre les vampires) a-t-il eu du fil à retordre pendant le tournage? Réponse le 25 avril. 

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La planète MARVEL va bien tourner cette année, après The Avengers, ce sera au tour de The Amazing Spider-man (04 juillet 2012). La saga s’offre un re-boot et Spider-man prend les traits d’Andrew Garfield (The social network). Jusqu’à présent, rien de laisse penser que le film va renouveler le personnage en profondeur et surpasser la version de Sam Raimi de 2002. La bande-annonce laisse même penser à un film très semblable et crée une petite polémique sur la spidey vision (caméra subjective qui évolue dans un environnement totalement en animation 3D) qui semble ne pas convaincre pour le moment. Sans douter une seconde que le succès financier sera au rendez-vous, MARVEL studio va devoir surveiller ses héros de près car le publique pourrait se lasser et aller voir ailleurs alors même que plusieurs films sont en préparation. Les suites de Thor, Iron-man, Capitaine America et X-men Origin: Wolverine sont en préparation, ainsi qu’un film sur Nick Fury, un autre sur Ant-man trainent dans les cartons MARVEL remplis de très nombreux projets à des états d’avancement très divers (certains sont annoncés pour 2013 et d’autres sont au bord de l’abandon).

 

 

… coté jardin (DC). 


Du coté DC Entertainment (propriété de Warner Bros), Batman avec The Dark Knight Rises (25 juillet 2012) est probablement LE film le plus attendu de l’année (tous genres confondus). Le réalisateur Christopher Nolan (Inception)  bouclera-t-il sa trilogie entamée en 2005 et 2008 avec son épisode le plus réussi? Il faut dire qu’il a lui-même placé la barre très haute avec The Dark Knight en réalisant probablement le film de super héros le plus réussi de l’histoire du cinéma (n’ayons pas peur des mots). Il n’a pas seulement renouvelé le personnage, il a également donné un énorme coup d’électrochoc à un cinéma américain qui se repose trop souvent sur ses acquis. Le carton que fait actuellement la bande-annonce sur le net est peut-être le premier signe que le film peut écraser les héros MARVEL qui sont obligés de se partager un film à plusieurs avec leurs tronches de premier de classe. Le Batman de Christopher Nolan est différent car il en prend plein la g… (aussi bien le personnage que l’image) et est finalement plus en guerre avec ses démons intérieurs qu’avec des super vilains. Ce côté sale et sombre qui casse l’image trop lisse du super héros semble avoir également été adopté sur le prochain Superman, Man of Steel (prévu pour juin 2013). Les photos du tournage montrent un Superman barbu loin des cheveux gominés et du sourire étincelant qu’on connait. Tous les espoirs sont permis pour ce film réalisé par Zack Snyder qui a déjà prouvé qu’il est très à l’aise avec les adaptations de Comics (Watchmen et 300).

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Les enjeux sont de taille pour les studios Warner Bros car le bilan de 2011 n’est pas à la hauteur. Depuis trois ans, Warner était en tête des recettes au box-office mondial mais, l’année passée, il s’est fait dépasser de 5 milliards de dollars par la Paramount (Transformers 3 et Mission impossible 4). Les studios de Bugs Bunny vont devoir batailler ferme avec la Paramount mais également avec Mickey car Disney est propriétaire de MARVEL depuis 2009. Finalement, on en revient aux fondamentaux: Bugs Bunny vs Mickey Mousse, Warner vs Disney.

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Superman avec une barbe.

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Superman sans le fameux slip rouge.

 


Après l’échec de 
Green Lantern en 2011, ce ne sont pas les projets Warner qui manquent. Le tournage de Man of Steel n’est pas encore terminé qu’une suite est déjà confirmée, apparemment les premiers rushes ont convaincu les studios. Un re-boot de la saga Batman est déjà annoncé pour 2015 et on peut espérer voir ressortir des projets tels que Wonder Woman ou Justice league.


Entre MARVEL et DC, le judge Dredd va devoir trancher.


Après une année 2012 chargée, Dredd (10 novembre 2012) peut-il créer la surprise générale? C’est difficile à dire. Le juge et bourreau du futur nous revient sous les traits de Karl Urban (Star trek, le seigneur des anneaux) qui a une certaine expérience dans ce genre de production et d’univers. Le réalisateur Pete Travis, qui ne compte pas encore de film marquant dans sa filmographie, s’est fait virer en pleine postproduction et remplacer par le scénariste. Ce dernier, Alex Garland, est déjà l’auteur des scénarios de Sunshine et 28 jours plus tard, deux films de Danny Boyle. Au final, le film accuse déjà un sérieux retard, on parle même de retourner certains plans. Espérons que ce soit pour la bonne cause.

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Karl Urban dans Dredd

 

 

 

 

Après le franco-belge made in U.S. en 2011, voici le retour des productions françaises.


 

Malgré Largo Winch 2 et l’élève Ducobu, l’année 2011 fut surtout marquée par deux adaptations américaines de bandes dessinées franco-belges, les Schtroumpfs et Tintin. 2012 sera plus calme de ce côté de l’atlantique car il faudra attendre l’été 2013 pour voir débarquer les Schtroumpfs 2 sur nos écrans. Sans oublier que le deuxième volet des aventures de Tintin est également sur le feu ainsi que l’adaptation du premier album de Benoit Brisefer.


4ecbd206989c2.jpgSur la piste du Marsupilami (04 avril 2012) pourrait donc être l’adaptation franco-belge de l’année. La présence d’Alain Chabat à la réalisation nous rappelle le succès d’Astérix: mission Cléopâtre. L’humour made in Chabat semble bien présent (jusque sur l’affiche) mais il persiste encore une grande inconnue: à quoi ressemble le marsupilami en 3D? A moins de trois mois de sa sortie, pourquoi ne peut-on voir que le bout de sa queue? Est-ce en lien avec l’histoire qui portera d’avantage sur le mystère marsupilami ou bien y a-t-il quelque chose à cacher? Finalement, trois mois, c’est vite passé.


La suite de l’année n’inspire rien de bon. Les vacances de Ducobu (20 juin 2012) rassemble tous les ingrédients pour faire le même four que le premier film, l’élève Ducobu. Même production, même réalisateur, même casting (ou presque) et toujours basé sur la BD Ducobu, les vacances risquent de tomber à l’eau. La bande dessinée est effroyable, le premier film est un navet critique mais un succès publique, alors pourquoi le deuxième serait-il différent?


Asterix-et-Obelix-ont-du-boulot_diaporama.jpgAstérix et Obélix: au service de sa majesté (17 novembre 2012) sera la grande inconnue de l’année. Que faut-il penser de ce projet mais surtout que faut-il en attendre? Certains prédécesseurs de Laurent Tirard, le réalisateur (le petit Nicolas), ont franchement craché dans la soupe. De plus, les traits du petit gaulois ont de nouveau changé et s’affichent avec l’acteur Edouard Baer. Gérard Depardieu reprend, quant à lui, son rôle d’Obélix pour la quatrième fois. Notons la présence de deux acteurs belges, Bouli Lanners et François Damiens, au casting. Alors que faut-il en attendre? Rien mais ce qu’il donnera de bon sera bon à prendre.


 

Y a-t-il un manga pour sauver l’avion ?


 

Ce début d’année sera marqué par la sortie de La collines aux coquelicots (11 janvier 2012), la nouvelle production des studios Ghibli qui réussissent déjà depuis de nombreuses années à nous faire rêver (Mon voisin Totoro, Le voyage de Chihiro, Porco Rosso,…). Ce dessin animé est l’adaptation d’un célèbre manga des années 80. Le tout est comme toujours porté à bout de bras par Hayao Miyazaki, véritable pilier des studios. La colline aux coquelicots est réalisée par son fils Goro Miyazaki qui, s’il a déjà prouvé qu’il était le digne fils de son père, n’a pas encore atteint son niveau. C’est peut-être pour cette année.


image_diaporama.jpgTatsumi (01 février 2012) a beaucoup de chance d’être le rendez-vous des cinéphiles les plus avertis. Ce film d’animation arrivera les bras chargés de quatre nominations au festival de Cannes 2011 dans la catégorie Un certain regard et une récompense au festival international de Tokyo 2011 (mention spéciale- Asie de sud-est). Tatsumi rend hommage au célèbre mangaka Yoshihiro Tatsumi et à son travail.


Sur la planète manga, le chantier à suivre en 2012 est sans hésitation l’adaptation américaine en prise de vue réelle d’Akira. Le chef d’œuvre de Katsuhiro Otomo se voit adapté par les studios Warner. Pour le moment, la production est chaotique et le tournage vient même d’être suspendu (annonce de ce début janvier). Des rumeurs parlent de scénario pas terminé et de budget revu à la baisse. La Warner revoit-elle ses priorités après le coup Paramount ? Une chose est sûre, 2012 va être une année charnière pour le studio. 


Sources:

www.IMDB.fr

www.premiere.fr

www.allocine.fr

www.zoom-cinema.fr

www.cinebel.be


Monsieur William

INVINCIBLE, tomes 1-6

9782756027531v.jpg9782756027531_pl02.jpgLa sortie du tome 6 d’Invincible est l’occasion de tourner les projecteurs sur « l’autre » série de Robert Kirkman.

 

 

Mark Grayson est un adolescent pas comme les autres, enfin pas encore. Il attend avec impatience que se révèlent ses pouvoirs de super-héros qu’il a hérité de son père, Omni-man. Pour le moment son quotidien est surtout rythmé par les cours, son petit boulot, les amis, les BD, les filles, sa vie de famille avec sa mère femme au foyer s’occupant avec amour de son fils unique, et son père monopolisé par son emploi du temps de super-héros. Lorsque le grand jour arrive enfin, Mark est impatient d’enfin passer à l’action.

 

 

Invincible n’invente rien.

Il rassemble avec originalité tous les ingrédients qui font un bon comics.

 

 

On ne présente plus le scénariste Robert Kirkman. Celui qui s’est déjà réapproprié le mythe des morts-vivants (Walking dead) signe ici une saga de super-héros, hommage aux héros de son enfance. Il fait évoluer Invincible dans un univers dense, plein de super-héros et de super-vilains. C’est frais, jeune, drôle et original. La lecture rapide permet de passer sans concessions de l’action à l’intimité d’un adolescent. Car derrière le costume d’Invincible, Kirkman nous démontre qu’il a bien compris le No man’s land dans lequel se situe l’adolescence : trop grand pour être un enfant et trop jeune pour être un adulte. Il déploie tout son talent pour donner une réelle consistance à ses personnages.

 

 

Beaucoup comparent Invincible à Spider-man. C’est vrai qu’il s’agit de deux jeunes super-héros avec leur quotidien d’adolescent.

 

 

Le succès de cette série doit autant à Robert Kirkman qu’au dessin de Ryan Ottley. Invincible a vu le jour sous le crayon de Cory Walker avec un trait plus épuré et plus figé que celui de Ryan Ottley qui l’a réellement fait grandir. Il a su lui donner du mouvement et de la souplesse.  Le passage d’un dessin à l’autre, opéré sur le tome 2 (chez nous), s’est fait assez discrètement (certains n’y ont vu que du feu). On est loin de la transition au hachoir de Walking Dead.

 

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                    L’Invincible de Cory Walker…  et celui de Ryan Ottley.

 

 

Les éditions DELCOURT nous fournissent des albums au format comics standard et accompagnent chaque numéro (ou presque) d’une galerie d’illustrations (plus ou moins inspirées), mais surtout d’un sketchbook (sur le 5 et 6) qui permet d’admirer tout le talent de Ryan Ottley sur de magnifiques crayonnés commentés par Robert Kirkman. On est des petits gâtés.

 

 

Le + : Originalité, fraicheur, humour, Invincible est une vrai réussite très facile d’accès aux novices en super-héros et qui ne s’essouffle toujours pas au bout de six tomes. Le duo Ottley/ Kirkman fonctionne à merveille.

 

Le – : Invincible ouvre parfois trop de nouvelles pistes en même temps mais, au final, rien de vraiment dérangeant. 

 

 

Infos en vrac (tome 6)

 Série / recueil comics

 Prix : 14,95 euros

 Scénario : Robert Kirkman

 Dessin : Ryan Ottley

 Editions DELCOURT

 Parution: novembre 2011

 

www.editions-delcourt.fr

 

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P.S. : la rumeur parle d’une adaptation cinéma scénarisée par Robert Kirkman pour la Paramount.

 

 

 

Monsieur William

LUPUS, l’intégrale.

9782940329908_1_75.jpgLupus--Int--Planche-2.jpgDe la science-fiction à des années lumières du space opéra.

 

Point de maladie auto immune ni de lycanthropie, Lupus est le nom du personnage principal d’une saga de science-fiction. Il parcourt l’espace avec son ami Tony dans un vaisseau-conteneur, acheté avec leurs économies,  pour des vacances version xxl. Ils visitent différentes planètes à la recherche des meilleurs endroits pour s’adonner à la pêche (version xxl aussi). Le voyage commence à devenir long lorsqu’ils rencontrent Sanaa au hasard de leurs escales. Elle désire les accompagner et laisser derrière elle son monde, qu’elle n’a jamais quitté, et partir à la découverte de l’univers pour voir … un arbre.  

 

Moins de « BIP…BIP » et plus de « snif ». 

Lupus1ex3.jpgLa saga Lupus est assez unique en son genre.La SF passe au second plan au profit des sentiments et des états d’âme des personnages.  En gros,  la SF est ce qu’elle aurait toujours dû être non pas le sujet principal mais uniquement le support. Ici pas de Battlestar ou d’Enterprise et encore moins de Romulien ou de Cylon, on suit une bande de biknits en vadrouille à travers l’univers dans leur vaisseau à 3 sous.  A la place des couleurs flash, on trouve un dessin noir et blanc servi d’un trait épuré accompagné d’un clair/obscur imposant qui, au fur et à mesure, s’éclaircit. Le scénario fait preuve d’originalité et est finalement assez fluide, ce qui permet une lecture rapide des 384 pages malgré quelques légers accros. Les éditions suisses ATRABILE ont eu le nez fin en dénichant Frederik Peeters, l’auteur, qui n’en est pas à son premier succès chez eux. L’édition intégrale rassemble les quatre albums de Lupus, parus entre 2003 et 2006, dans un volume aux belles finitions (couverture cartonnée avec un fin gaufrage, marque page,…). Un album sobre qui sera du plus bel effet dans votre bibliothèque.

 

 

Le+ : De la science-fiction au service d’un scénario, et pas l’inverse. Une belle saga  intimiste et une édition réussie.

 

Le- : Le clair /obscur du dessin cafouille parfois au début et le scénario bafouille parfois à la fin mais sans jamais créer véritablement de fausses notes.


Infos en vrac

Intégrale

Prix: 38 euros

Dessin et scénario: Frederik Peeters

Editions ATRABILE

Parution: octobre 2011

atrabile.org


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Monsieur William


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