Quai des Bulles 2013 : ça bulle pas mal à St Malo

 

Des bulles, encore des bulles, toujours des bulles !

 

 

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Jeudi 24 octobre. Départ direction la Bretagne pour le festival Quai des bulles de St Malo. Arrivé vers 13 heures, je pose mes bagages et file manger une galette dans ma crêperie favorite. Il y a déjà beaucoup de monde ! Il est vrai que cette année le festival tombe pendant les vacances scolaires. Le temps est doux et clément et je profite pleinement de ces instants paisibles avant d’affronter la cohue les jours suivants. Après un détour en librairie pour me procurer le dernier Astérix je prend enfin le temps de regarder le programme du festival. Je note que David Ratte sera là dès le vendredi à partir de 9h30. J’aime bien son travail et comme il fréquente le forum Samba BD, je me dit que ça serait pas mal de le rencontrer et de ramener une petite dédicace. Je prévoit donc de faire l’ouverture du festival.

 

 

Vendredi 25 octobre. La journée commence fort. Je n’ai pas entendu mon réveil ! Il est 9 heures, et je devrais déjà être en place devant les portes d’entrées. Qu’a cela ne tienne, je saute dans mon T-Shirt Samba Bd , avale vite fait un café bien serré, enfourche mon vélo, et fonce direction l’espace Dugay Trouin qui s’appelle maintenant l’espace Quai St Malo. Mais mon élan est coupé par une éclusée !! Eh oui, c’est le charme de la cité corsaire ! St Malo c’est aussi un port, et un port en eaux profondes dont l’activité suit le rythme des marées. Ce matin là, l’écluse est donc à la manœuvre et c’est une myriade de petits chalutiers rentrant au port qui va me mettre en retard ! Bon, je relativise et j’ai une pensée émue pour ces travailleurs de la mer qui travaillent durement pour gagner – parfois à peine – leur croûte. Et puis j’aperçois au milieu du bassin Vauban un fameux trois mats, fin comme un oiseau (hissez haut !), qui attend son tour pour entrer dans l’écluse afin de sortir du port et entrer en mer. C’est beau !

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Je rentre enfin dans le hall des exposants et me voilà pile en face du stand des éditions Paquet (à moins que ça ne soit l’inverse). Par contre, il y a déjà 7 personnes dans la file pour David Ratte. J’y vais quand même. Entouré d’une Belge qui vient du sud de la Belgique et d’un couple qui vient du sud de la France, l’attente se passe dans la bonne humeur. Ils ne connaissent pas Samba Bd. Je leur fait donc un peu de pub pour le blog et le forum et regrette de ne pas avoir de flyer à leur donner. Me voilà finalement face au très sympathique David Ratte. Je me présente comme chroniqueur sur Samba BD en montrant fièrement mon beau T-Shirt. David ne l’avait pas remarqué … Difficile pourtant de faire plus rouge vif … Il reconnaît quand même le logo et me dit tout le bien qu’il pense du forum, qu’il y passe de temps en temps avec plaisir car il y apprécie le ton et l’ambiance conviviale qui y règnent. Nous devisons tranquillement pendant qu’il dédicace le tome 1 de sa nouvelle série : Mamada. Je recommande au passage vivement cette série à l’humour décalé du même acabit que le Voyage des pères.

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IMG_20131101_4.jpgContent de cette première rencontre, je continue mes pérégrinations au milieu des stands. J’arrive trop tard chez Ankama pour avoir un ticket pour une dédicace de Vatine. J’avais bien aimé le tome 1 de Niourk dans le quel j’avais trouvé Olivier Vatine au sommet de son art. J’achète quand même le tome 2 et me dirige vers les éditions Bamboo où j’aperçois Jack Manini. Il n’y a pas trop de monde, et je patiente une demi heure pour une dédicace de SOS Lusitania. Les dédicaces de Manini sont originales : il propose de nous faire le portrait, nous faisant passer ainsi pour un personnage de l’album. Je trouve la démarche plutôt sympa et l’exercice intéressant pour le dessinateur. Manini prenant en photo chaque portrait réalisé, je me dit alors qu’il est en train d’enrichir sa galerie de personnages pour de futurs albums … Qui sait ? je vais peut être devenir le héros d’une de ses prochaines histoires ?

 

 

Malgré l’appel du ventre de plus en plus pressant je passe quand même chez Glénat. A moins d’attendre 3 heures, je ne vois pas grand-chose qui m’intéresse à part le tome 3 de « Les Chasseurs d’écume » de Debois et Fino. Très belle saga familiale et chronique sociale sur la pêche à la sardine, j’ai bien apprécié les deux premiers tomes. Serge Fino retranscrit parfaitement l’ambiance de la Bretagne du début du Xxième siècle et l’univers des marins pêcheurs.

Après un copieux sandwich avalé sur la plage de St Malo, je consacre l’après midi aux expositions qui sont en général de très bonne qualité.

 

Samedi 26 octobre. Je dois retrouver Gnès, une collègue du forum Samba Bd vers 13h, ce qui me donne le temps de flâner un peu le matin. Je cède à la tentation des bacs des libraires de BD d’occasion et trouve mon bonheur au bout de deux bacs. Voilà, je suis dans les lieux depuis 30 mn et mon sac est déjà plein et mon porte-monnaie vide !!

Je repère le stand Grrr art, petit éditeur qui publie des BD jeunesses et notamment Le monde de Titus écrit et dessiné par Koulou. Il n’y a personne, alors je prend les 3 albums et les fait dédicacer pour mon neveu. Koulou est très sympa et intarissable sur son œuvre. Il s’éclate vraiment à faire cette série qui mériterait d’être mise un peu plus en avant dans les rayons jeunesse des librairies. Difficile de survivre pour les petits éditeurs qui doivent se débrouiller pour diffuser leurs albums …

L’heure est venue de retrouve Gnès du forum Samba BD, pour qui c’est une grande première que de fréquenter un festival BD.

Le samedi après midi, les allées sont noires de monde mais c’est quand même un plaisir que de voir les dessinateurs réaliser leur dédicaces.

 

Philippe Geluck, Scotch Arleston, Mathieu Reynès, Philippe Xavier, Stéphane Créty, Aurélie Neyret

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L’affluence a finalement eu raison de nous, et nous décidons d’aller reprendre des forces et nous rafraichir avec un autre genre de bulles.

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Dimanche 27 octobre. Pas de festival le dimanche : j’en ai ras les guitares et comme il fait beau nous profitons du bord de mer vers Cancale. C’est aussi ça Quai des Bulles : un environnement et des paysages magnifiques ; quand on en à marre de la foule, on peut toujours aller se réfugier sur un bord de la côte sauvage ou bien sur un coin de plage.

 

 

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LES EXPOS DE QUAI DES BULLES

 

René Follet et Stevenson

Très belle expo des planches originales de l’album Stevenson, le pirate intérieur. Scénarisé par Rodolphe et mis en image par Follet. Les planches en couleurs directes sont superbes. Je suis néanmoins surpris du format A3 de celles-ci.
 

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IMG_20131026_2.jpgJean-Claude Fournier

de Spirou aux Chevaux du vent, en passant par l’attachant Bizu et les irrésistibles Crannibales, Fournier est de ces grands auteurs discrets du 9ème art.

 

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de Spirou au Chevaux du vent. Au centre, l’affiche de Quai des Bulles 1991.

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Hervé Tanquerelle. Pour la série « …et autres racontars »  

Un voyage au Groenland au milieu des légendes dans une mise en scène chaleureuse.

 

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quai des bulles,fournier,ratte,tanquerelle,manini,pommaux,gotlibYvan Pommaux (le détective John Chatterton, Marion Duval, Théo Toutou …)

Illustrateur de génie en littérature et BD jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses originaux en noir et blanc sont à tomber par terre !!

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En place depuis fin juin, l’expo prenait fin ce WE. Superbe scénographie mettant en valeur tout l’univers de Gotlib. C’est la première expo où j’ai vu des gens rire aux éclats devant les œuvres exposées.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le bilan de ce Quai des bulles 2013 est très positif. De très belles expos, de belles dédicaces et de belles rencontres, et Samba BD qui commence à être connu de pas mal d’auteurs. Et ma Pile A Lire qui a doublé de volume …

Rendez-vous l’année prochaine, avec peut-être un peu plus de petits bonshommes en rouge à déambuler dans les allées.

Merci à Gnès pour tes photos qui sont bien meilleures que les miennes …

 

Loubrun

U.47 Tome 3 – Convois sur l’Arctique

u.47,convois sur l'arctique,jennison,balsa,caniaux,zephyr bd,sou-marin,guerre,u-boot,espionnage,histoireu.47,convois sur l'arctique,jennison,balsa,caniaux,zephyr bd,sou-marin,guerre,u-boot,espionnage,histoireScénario : Mark Jennison

Dessin : Gerardo Balsa

Couleurs : Nicolas Caniaux

Editeur : Zéphyr BD

date de sortie : septembre 2013

48 pages

genre : guerre, Histoire, espionnage

 

La série U.47 raconte l’histoire d’un sous-marin Allemand et de son équipage pendant la seconde guerre mondiale. Au début de la guerre, les fameux U boot  avaient pour principale mission d’empêcher les convois de ravitaillement venus des Etats-Unis d’arriver à destination. Les sous marins allemands étaient de redoutables chasseurs et ont ainsi envoyé par le fond quantité de bateaux alliés.

Les Anglais et les Américains se sont organisés et ont répondus comme il ce doit à ce jeu du chat et de la souris. Du statut du chasseur, les U-Boot sont devenus des proies finissant au fond des océans, cercueils de fer pour la plupart des équipages.

 

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Le tome 1 de la série racontait comment le U.47 s’est rendu célèbre en coulant un cuirassé Anglais en plein cœur d’une base de la Royal Navy. Après cet exploit,  le sous marin devint un chasseur redoutable.

 Dans le deuxième opus, le U.47 pourchassé par les Britanniques réussit à atteindre son port d’attache à Lorient. L’amirauté rattache alors le navire aux services secrets et l’envoie en mission récupérer des prisonniers de guerre allemands évadés d’un camp au Canada.

Dans  ce troisième volet, le submersible est envoyé en mission secrète dans l’océan Arctique. Dans la mer de Barents, le poste d’observation de l’île X-107 chargé de surveillé les convois de ravitaillement ennemis, ne communique plus. Le U.47 est alors chargé d’élucider ce mystère.

 

Avec des dessins de très bonne qualité concernant les navires et tout types d’engins militaires, U.47 est une bonne série d’aventures guerrières sur fond historique qui ravira les amateurs du genre. Bien que le scénario soit parfois un peu décousu et les histoires un brin alambiquées,  le tout reste crédible. En revanche, j’ai regretté que l’atmosphère étouffante et pesante qui devait régner à bord des U-Boote, notamment au moment des attaques, ne soit pas perceptible. C’est sans doute voulu, la priorité scénaristique allant à l’aventure.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

 


 

De l’Autre Côté

autre côté_couv.jpgNUxqPzpsDm5JoLQbitiUYvdkAldWqo14-page8-1200.jpgScénario : Jason Aaron
Dessin : Stewart Cameron
Editeur : Urban Comics
Collection : Vertigo deluxe
Date de sortie : Octobre 2013
144 pages

Genre : guerre, Histoire

 

Résumé (Editeur)

1967, guerre du Vietnam. De jeunes GI d’Alabama contre des jeunes combattants du Vietnam du Nord. Deux hommes, deux destins totalement différents et que tout opposerait, mais qui pourtant vont se rencontrer. Bienvenue de l’Autre Côté; le récit croisé de deux soldats du clan opposé.

 

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De l’autre côté nous emmène en plein cœur de la guerre du Vietnam, où l’on suivra pas à pas les destins de deux soldats, l’américain Billy Everette et le Vietnamien Vo Binh Daï. Les deux vivront l’enfer différemment avant de se retrouver en un face à face mortel lors de la bataille de Khe Sanh.

 

Autant le dire tout de suite, si l’on connaît tous aujourd’hui les traumatismes qu’a pu laisser la guerre du Vietnam chez les survivants des deux camps, la lecture de ce livre nous fiche malgré tout une énorme claque, et ce, dès les premières pages. Le jeune américain est plongé dans l’enfer dès sa période d’instruction, durant laquelle il voit surgir ses premiers fantômes et entend son fusil lui parler : « je veux te faire sauter la cervelle » « mets-moi dans ta bouche » … la folie et la mort rôdent dans les chambrées, mais l’état major fait la sourde oreille car tous ces pauvres gars sont destinés coûte que coûte au merdier Vietnamien.

 

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De son côté, le jeune Vietnamien rentre dans le bain sur la piste Ho Chi Minh qui doit le mener du nord au sud,  sur le théâtre des opérations. Véritable cloaque bourbeux et humide, cette piste décimera la moitié de la troupe et ébranlera peu à peu l’idéal patriotique qui anime l’armée nord vietnamienne. Ainsi, lorsque Vo Binh Daï voit un groupe Viet Cong massacrer tout un village plutôt favorable aux américains, la réalité de la révolution lui apparaît bien  différente de ce à quoi il s’attendait.

 

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Ce livre ne parle pas de politique ou de stratégie militaire. Il raconte sans concession les états d’âmes de simples jeunes hommes devenus soldats malgré eux et dont la politique à décidé qu’ils devraient un jour s’entretuer. Pauvres gars qui d’un côté ne savent pas trop ce qu’ils font dans ce merdier, et de l’autre sont victimes d’une idéologie totalitaire.

La présentation en parallèle de ces deux parcours est passionnante. La narration est faite de telle façon que l’on finit par prendre la place des 2 protagonistes sans prendre partie. On est juste comme eux, plongés dans ce sale merdier.

Le dessin participe allègrement à cette descente aux enfers. La guerre est monstrueuse, et Stewart Cameron le montre admirablement bien au travers d’images effrayantes, percutantes, parfois gores et insoutenables. Cameron réussit à nous faire sentir l’odeur du napalm et a nous faire suffoquer lors de l’épandage de l’agent orange …l’horreur nous étreint alors un peu plus et l’on prend vraiment conscience de ce qu’ont réellement vécu le soldats et les populations civiles.

 

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Ecrit en 2007 par Jason Aaron (scalped), De l’autre côté ne pouvait être que réaliste et bien documenté. Aaron est en effet le cousin de Gustav Hasford, vétéran du Vietnam et correspondant de guerre qui a écrit en 1979 The Short-Timers (le Merdier en français), ayant servi de support au film de Stanley Kubrick, Full Métal Jacket. On retrouve d’ailleurs dans cet album, la même ambiance que dans le film.

 

Oeuvre puissante, non aseptisée, De l’autre côté permet aussi de mieux comprendre la détresse et la tragédie qu’ont vécus les survivants de cette guerre. Ils ont laissé une part d’eux-mêmes dans la jungle, et sont tous un peu mort au Vietnam.

Quand le cauchemar devient norme et banalité, alors l’Homme perd une part d’humanité et peut difficilement reprendre pied dans la réalité. On ne revient pas indemne de l’enfer.


 Récit percutant, réaliste et violent sur la guerre du Vietnam, De l’Autre Côté a sa place aux côtés des œuvres majeures du genre.

 

Ma note : 9/10

Loubrun



Jack Palmer – T15 – Palmer en Bretagne

jack palmer,pétillon,cochet,dargaud,humour,art,bretagne,médiasjack palmer,pétillon,cochet,dargaud,humour,art,bretagne,médiasScénario et dessins : René Pétillon

Couleurs : Isabelle Cochet

Editeur : Dargaud

date de sortie : septembre 2013

52 pages

genre : humour

 

 

résumé (éditeur)

Jack Palmer est engagé comme garde du corps auprès d’un milliardaire collectionneur d’art contemporain. Il accompagne son employeur en Bretagne, invités sur l’île privée d’une riche veuve. Tout pourrait être idyllique dans cette région magnifique. Hélas ! les algues vertes, la cupidité, un crime mystérieux et la légendaire maladresse du détective vont transformer ce séjour breton en un réjouissant désordre.

 

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Palmer, c’est le détective le plus crétin de la planète BD. En général il résout les enquêtes sans le faire exprès. Là, il franchit un cap. Il est carrément en dehors du coup, et reste totalement impuissant, coincé qu’il est sur son rocher. On ne le dira jamais assez : en Bretagne, il y a de fortes marées et mieux vaut s’enquérir des horaires avant de s’aventurer sur les cailloux….  Mais Palmer est crétin, semble vivre sur une autre planète, et c’est donc sur un bout de rocher, entouré d’eau, qu’il passera les trois quarts de cette aventure.

 

Dans ce 15 ème tome de Jack Palmer, Pétillon nous emmène donc faire un tour en Bretagne. Nous voilà débarquant sur une île privée, chez une riche veuve en compagnie d’une bande de bobos parisiens journalistes, jet setteurs et autres collectionneurs d’art. Leur point commun ? Ils sont tous riches et, il faut bien l’avouer, assez cons …


Pétillon est au meilleur de sa forme et sa plume acerbe n’épargne pas cette curieuse faune des médias et du milieu de l’art. C’est sans doute caricaturé (encore que … !) mais la critique de la société consumériste et superficielle est bien menée. Tous les personnages ont un côté pathétique qui nous, pauvres mortels, nous font bien marrer. Que ce soit de riches geeks insipides qui se croient supérieurs en ayant réponse à tout, les yeux  rivés sur leur smartphone greffé dans leur main, ou de riches collectionneurs qui avec leurs millions ne font que jouer à celui qui pissera le plus loin, ou encore ces sémillantes chargées de com qui se croient plus malines que tout le monde, tous sont affligeant de bêtise, et ce pour notre plus grand bonheur.

 

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Et puis au milieu de cette fanfaronnade, Pétillon n’oublie pas de nous montrer sa Bretagne natale avec son folklore (il aurait presque pu nous glisser la recette du Kig a farz) et ses problèmes. Ainsi, le problème écologique des algues vertes et des élevages de porc est gentiment évoqué avec humour par cette chargée de com qui tente d’étouffer une affaire en voulant filmer un élevage « écolo-qui-pollue-pas ». Elle découvrira ce que sont les porcs en vrai, ce qu’est le quotidien des éleveurs, et la réalité économique.

 

Finalement, celui qui à le plus les pieds sur terre, c’est encore ce bon crétin de Palmer ! Du haut de son rocher, lui, il a vu tout ce qui se passait !  Oui, parce que il y a quand même une petite histoire policière derrière toute ça …

 

A savourer sans modération, Kouign Amann compris !

 

Ma note : 7/10

Loubrun

 

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Flight of Angels

Couv_194320.jpgPlancheA_194320.jpgScénario : Todd Mitchell, Louise Hawes, Holly Black, Bill Willingham, Alicia Kwitney

Dessin et couleurs :  Rebecca Guay

Editeur : Urban Comics

Collection :  Vertigo Deluxe

Date de sortie : Août 2013

128 pages

 

 

Au fond d’une sombre forêt est retrouvé le corps d’un ange mourant, se vidant de son sang et dans un état inconscient. C’est un faune, un de ces êtres fantastiques peuplant la forêt, qui trouve l’ange le premier. Certains veulent éliminer l’ange, d’autres veulent lui porter secours. C’est au petit faune que revient le droit de décider du sort de l’ange. Pour l’aider dans sa décision, ils mettent en place un tribunal où chacun racontera sa version des faits. Tour à tour ils raconteront une histoire mettant en scène un ange qui arrive sur la terre.

 

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Rebecca Guay est une artiste fascinée depuis de longue date par les anges. Célèbre par son travail sur le jeu de cartes Magic, l’univers de la fantasy est son domaine. Toutefois, si elle a imaginé la trame de ce recueil, elle a pris soin de s’adjoindre les services d’auteurs éminents en la matière tels que notamment Bill Willingham, auteur de la série Fables.

C’est là tout le charme de ce livre où se côtoient magie, féerie, romantisme, fantasmagorie, le tout cadré par le fil rouge du petit peuple des bois qui nous entraîne dans ce conte fantastique. Bien qu’écrit par plusieurs auteurs, l’ensemble reste homogène et la narration fluide et assez captivante. A mon grand étonnement, je me suis laisser embarqué par ces contes comme pourrait le faire un enfant écoutant son grand père lui raconter une histoire merveilleuse. Derrière l’aspect féerique et parfois un peu mièvre de l’univers fantasy, plusieurs thèmes sont ici abordés comme l’immortalité, la différence, le pouvoir, le temps,  …

 

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Pourtant réalisé par la même personne dans tout l’ouvrage, le dessin est en revanche de qualité très inégale. Si Rebecca Guay est très à l’aise pour mettre en  scène les univers fantasy, elle l’est beaucoup moins pour ce qui concerne les époques contemporaines. Utilisant des techniques différentes d’une histoire à l’autre, on passe de planches magnifiques a d’autres que l’on ne regrettera pas d’oublier …

 

Sans être renversant, Flight of angels est un album surprenant et reposant.

 

Ma note : 6/10

Loubrun

 

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Sur le site de Rebecca Guay, vous aurez un aperçu de son talent d’illustratrice et de peintre : http://www.rebeccaguay.com/index.html

WW 2.2 tome 6 – Chien Jaune

ww 2.2,chien jaune,hubert,le roux, froissard,dargaud,guerre,uchronie,racisme,chine,japon,ww 2.2,chien jaune,hubert,le roux, froissard,dargaud,guerre,uchronie,racisme,chine,japon,Scénario : Hubert

Dessin : Etienne Le Roux

Couleurs : Vincent Froissard

Editeur : Dargaud

Date de sortie : Août 2013

62 pages

genre : guerre, uchronie

 

 

Résumé (éditeur)

Chien Jaune, épisode 6 de WW2.2, se déroule à Pékin, pendant la guerre, en 1943. Matthew Hayward, traducteur américain et seul survivant occidental du soulèvement de la ville contre l’occupant japonais, est victime des actes barbares que sous-tendent les discours nationalistes et racistes. En s’insurgeant contre le châtiment que le général japonais a prononcé à l’encontre de la ville rebelle, Matthew passe du statut d’allié à celui d’ennemi ou, littéralement, à celui de « chien occidental ». Un terrible voyage en barbarie ; la guerre au quotidien.

 

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L’uchronie se poursuit de plus belle dans ce tome 6. Les américains sont alliés aux japonais pour faire face aux armées communistes Chinoises et Russes. Le jeune idéaliste lieutenant Hayward va découvrir que certaines alliances se font parfois contre nature. A travers la guerre, il verra tout autre chose de la culture nipponne que ce qu’il en connaît dans les livres. Les négociations difficiles et ennuyeuses du début de son séjour à Pékin tourneront vite à l’enfer lors du soulèvement de la ville contre l’occupant. Animé par des préoccupations humanistes et admiratif de la culture asiatique, il ne peut laisser ses alliés commettre autant d’exactions, de massacres et de destructions. Sa loyauté envers ses valeurs lui coûteront le prix le plus fort. Il sera traité comme un chien, littéralement. Et c’est justement un petit chien de boucherie, qu’il aura sauvé de la maltraitance, qui lui permettra de survivre.

 

Ce scénario est vraiment étonnant. Le début de l’histoire est d’un ennui mortel. On est dans une espèce de nonchalance où l’on voit les américains se balader dans Pékin et mener tranquillement leurs négociations. Les dialogues sont pesants et pénibles à suivre. Et puis tout d’un coup, la ville de Pékin se soulève, l’histoire s’anime et tout bascule dans l’horreur absolue. On a le sentiment d’avoir carrément changé d’histoire. La guerre devient tout a fait secondaire et le focus est mis sur les rapports entre le lieutenant américain et le général japonais.

 

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La lecture procure alors un sentiment de malaise tant la barbarie est décrite et dessinée avec précision et réalisme. Les scènes sont dures et choquantes, mais elles font partie du scénario et ne sont pas là gratuitement. Elles montrent la cruauté à l’état brut qui sert d’unique moteur à certains hommes capables de rendre la guerre encore plus dégueulasse qu’elle ne l’est déjà.

 

Le dessin est comme le scénario. Il prend de l’ampleur et s’impose au fil des pages. On prend une vraie claque devant les scènes de violence. Elles sont faites pour choquer, et c’est réussi.

 

Ce volume est sans doute le plus violent et le plus traumatisant de la série, et sa lecture ne laisse pas indemne.

 

Ma note : 7,5/10

Loubrun

 

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Chapeau melon et bottes de cuir

chapeau melon et bottes de cuir,grant morrison,ian gibson,soleil,soleil us comics,adaptation,série télé,policier,the avengerschapeau melon et bottes de cuir,grant morrison,ian gibson,soleil,soleil us comics,adaptation,série télé,policier,the avengersscénario : Grant Morrison ; Anne Caulfield

dessin : Ian Gibson

Editeur : Soleil

collection : Soleil US comics

date de sortie : août 2013

144  pages

genre : adaptation, policier

 

John Steed doit faire appel à son ancienne partenaire Emma Peel pour élucider une sombre affaire où la jeune Tara King à disparue lors d’une enquête. Cette histoire entraînera le plus célèbre des gentlemen du petit écran dans les méandres d’un cercle de jeux pour le moins pittoresque et inquiétant.

Dans une seconde histoire, nous assistons à la disparition des habitants d’un petit village alors que des Mayas apparaissent mystérieusement dans la campagne. Le mari d’Emma Peel viendra en soutient pour résoudre cette curieuse énigme.

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Les éditions Soleil ont eu la bonne idée de rééditer – ou plutôt d’éditer en français – cette adaptation de la célèbre série télévisée britannique, initialement parue en trois fascicules entre 1991 et 1992 sous le nom de Steed and Mrs Peel.

Si l’adaptation de série télé semble aujourd’hui plus répondre à un vœux marketing qu’artistique, Chapeau Melon et bottes de cuir fait exception. Elle fut adaptée il y a déjà plus de 20 ans par Grant Morrison (X-Men, Batman, Superman …) et Ian Gibson, auteurs déjà reconnus à l’époque.

Tout en créant une histoire originale (les deux histoires présentées sont inédites) l’esprit de la série télé est parfaitement rendu et on y retrouve toute la fantaisie, l’extravagance et le lot de mystères qui en ont fait le succès. Dans la première histoire intitulée « le jeu d’or », j’ai complètement retrouvé les atmosphères surréalistes le tout agrémenté de l’humour so british et du flegme légendaire de John Steed. L’action est bien présente, et Emma Peel ne manque pas de mettre en avant ses talents de bagarreuse hors pair.


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Le dessin de Ian Gibson, frisant la caricature, déborde d’énergie et de vitalité. Si le personnage de John Steed est le portrait craché de Patrick McNee, il est moins évident de reconnaître l’actrice Diana Rigg qui interpréta le rôle d’Emma Peel.

Voilà un album qui rend un bel hommage à l’un des chefs d’œuvre de la télévision et qui devrait ravir les nostalgiques et fans de la série. En revanche, les plus jeunes seront peut être rebutés par le noir et blanc qui donne parfois un sentiment de dessin confus ou fouillis.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

Off Road

off road,sean murphy,urban comics,indies,aventure,amitiéoff road,sean murphy,urban comics,indies,aventure,amitiéScénario et dessin : Sean Murphy

Editeur : Urban Comics

Collection : Urban indies

140 pages

genre : comics,

 

 

 

Il y a Trent, étudiant aux beaux arts qui a le moral à zéro parce que sa copine le plaque. Il y a Brad, le brave gars un peu brute qui a de sérieux problèmes relationnel avec son père. Et puis, il y a Greg, fils de famille fortuné, qui ne sait que faire de son argent de poche.

Les 3 potes se retrouvent autour de la Jeep que Greg vient de se faire offrir par son père. Greg compte bien épater la galerie le soir même en arrivant au volant de son 4×4 flambant neuf avec ses potes, à la soirée qui est prévue ce jour là. Mais Trent, préfèrerait faire du 4×4 et aller s’éclater dans les chemins. Après tout, la Jeep est faite pour ça et d’après le vendeur, « y’a pas de problème ! ça passe partout ! ».

Ils partent donc faire un peu les cons dans la pampa. La voiture passe effectivement partout. Ou presque. Les 3 lascars se retrouvent en effet plantés au milieu d’un plan d’eau dont le franchissement à été mal négocié.

La virée tourne au cauchemar pour ces trois jeunes citadins égarés au milieu de nulle part, et leur amitié va être quelque peu mise à l’épreuve.

 

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Off Road, est une fable moderne sur l’amitié inspirée de faits vécus par l’auteur. Trois jeunes de caractères et de milieux différents se retrouvent un jour embarqués dans la même galère. Cette aventure place chacun d’eux devant leur propre reflet et les pousse à une introspection salvatrice. Chacun y trouvera son compte pour résoudre ses problèmes existentiels. Leur amitié en sortira-t-elle grandie ou se disloquera-t-elle ?

 

On se régale du début à la fin en lisant les dialogues incisifs de ces 3 grands ados qui ne savent communiquer qu’en se vannant à tout bout de champ. Les différents caractères de chacun rendent ce trio vraiment attachant et l’aventure qu’ils vivent – qui n’est pas si extraordinaire et dramatique que ça – n’est qu’un prétexte pour mettre en avant leur failles. une façon de leur apprendre la vie ainsi qu’à prennent un peu de recul par rapport à leur problèmes, quels qu’ils soient.

 

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De prime abord, le dessin peut paraître simpliste voire inabouti. Il ne faut pas se fier à cette première impression. Au contraire, le dessin est très abouti, dans un style crayonné/encré parfois à la limite de la caricature mais toujours très expressif et surtout très dynamique. Si Sean Murphy ne s’embarrasse pas trop des décors, il apporte un soin tout particulier à la Jeep qui fait partie des personnages principaux.

 

En France, Sean Murphy s’est fait connaître sur les séries American Vampire Legacy, Les dossiers de Hellblazer, ou encore Joe l’aventure intérieure. Il signe en 2005 avec Off Road non seulement sa première bande dessinée en tant qu’auteur complet, mais sa première création et ce bien avant les séries pré-citées. Bien qu’ayant participé à batman/ScareCrow: YeaR One chez DC pendant la réalisation d’Off Road, c’est bien ce dernier qui le fit connaître aux Etats-Unis.

 

Œuvre très mature pour une première publication, Off Road est une histoire simple mais intelligente non dénuée d’humour et qui se lit avec beaucoup de bonheur.

 

Ma note : 7,5/10

Loubrun

 

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Les Petites Chroniques (30) – CESARE : Quattro – Cap Horn : Tome 4 – Steve McTwin Tome 1

CESARE – Quattro – 4

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Editions Ki-oon
Manga Seinen
Sortie : 04/07/2013
236 pages
Prix conseillé : 7,90 €
ISBN : 9782355925542
Histoire, Borgia.

Mon avis : Angelo, le héros de l’histoire apprend à connaître Cesare Borgia. On lui conseille de s’en méfier et de ne pas lui accorder aveuglément sa confiance. Arrive Niccolo Machiavel, espion à la solde des Médicis. Les grandes manœuvres ont commencé…

C’est toujours aussi passionnant. Le lecteur, au fil des pages, apprend à connaître plus en profondeur les personnages et ce qui les fait avancer dans la vie. Angelo doit continuellement rester sur ses gardes pour ne pas faire d’impair, ne pas tomber en disgrâce.

J’apprécie l’étude psychologique des personnages et la façon de décrire l’époque. Un bon manga historique qui suit son petit bonhomme de chemin…

Moyenne : 8,0/10

Capitol

 

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Cap Horn : Tome 4 – Le prince de l’âme.

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Auteurs :Perrissin et Riboldi.
Editeur : Les humanoïdes associés.
Sortie : 09/2013.

 


Cette série, c’est plus ou moins 1 album tous les deux ans. Bref, un résumé en début d’album n’aurait pas été un luxe.

Bon, cette série s’est d’abord une invitation à l’aventure, à l’exploration de la Patagonie .Les grandes plaines, le grand large, les montagnes vous feront voyager .L’histoire bien que correcte manque cependant d’émotion. Notre héros ténébreux  bien qu’ayant un solide caractère ne m’a pas inspiré une folle empathie.  Par contre, si vous avez aimé El Nino de Perrissin Cap Horn devrait vous convenir à merveille.

6/10.

Samba.

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Steve McTwin Tome 1 . Même pas maaal…


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Dessin : Satô
Couleurs : Satô
Dépot légal : 09/2013
Editeur : Dargaud
ISBN : 978-2-205-06698-2
Planches :46


Après ses déboires avec son ancien éditeur* , Satô revient sur la scène de l’humour motard  chez Dargaud. Steve Mc Twin, c’est une galerie de motards aux tempéraments tous différents, parfois diamétralement opposés. Qu’ils soient frimeurs, grandes gueules, froussards, ronchons ou nostalgiques, ils sont tous  potes et aiment à rouler ensemble  pour se tirer la bourre et surtout pour bien se chambrer. Bien que parfois tirés par les cheveux et sans être vraiment décapant, les gags reflètent bien l’esprit motard à peine caricaturé, dont l’exagération et la mauvaise foi sont les piliers (de comptoir …).

Écrit et dessiné par un motard acharné, Steve Mc Twin s’adressera essentiellement aux pilotes de deux roues qui se retrouveront dans certaines des situations ainsi que dans certains des personnages. En matière de BD de moto, y’a pas eu mieux depuis le Joe Bar Team, et le gars Satô s’y entend plutôt bien pour dessiner grosses et petites cylindrées.

 
Ma note 6,5/10

Loubrun

 
Le site de l’auteur : http://www.sato-design.com/

 
* Satô a débuté dans la BD en publiant dès 2003 des planches dans des magazines de moto. Ont découlé de ce travail 3 excellents albums de la série « même pas peur » entre 2007 et 2009. Son éditeur le payant au lance pierre, voire pas du tout, Satô le quitte et a la très désagréable surprise de voir un 4e volume de sa série publié en 2012. Il crie au vol de propriété intellectuelle et au viol du droit moral d’un auteur sur son œuvre. Des procédures sont engagées pour vol et un appel au boycott de la série est lancé sur les réseaux sociaux et sur les forums de motards. L’auteur n’est en effet plus payé sur ses 3 premiers volumes et découvre par ailleurs que ses albums ont été vendus à l’étranger sans qu’il ne touche jamais le moindre euros dessus…. L’affaire est toujours en cours…


Sarrasins !

sarrasins !,blengino,erbetta,rizzu,quadrants,soleil,histoire,aventure historique,sarrasins,arabes,maures,provence,moyen-âgesarrasins !,blengino,erbetta,rizzu,quadrants,soleil,histoire,aventure historique,sarrasins,arabes,maures,provence,moyen-âgeScénario : Luca Blengino

Dessin : Luca Erbetta

Couleurs : Filippo Rizzu

Editeur : Quadrants

date de sortie : août 2013

48 pages

 

 

Résumé (éditeur) : Peu avant l’an mil, la Provence s’étiole des querelles incessantes qui opposent les nombreuses seigneuries ou monastères locaux. Une véritable aubaine pour les pirates sarrasins qui règnent en maîtres sur la quasi-totalité des côtes méridionales franques depuis plus d’une centaine d’années déjà. De leur repère situé dans le Freinet de Saint-Tropez, les Muwallad déferlent sur terre ou sur mer, tels des oiseaux fondant sur leurs proies. Pillages, enlèvements et demandes de rançon y sont monnaie courante, et les butins servent à la communauté toute entière. Hazar est l’un de ces fougueux pirates, téméraire et ambitieux… mais lui a les cheveux blonds et les yeux bleus.

 

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Hazar est de ces personnages au destin compliqué. Enfant, il voit son père se faire égorger par une bande de pirates Sarrasins. Il est recueilli puis élevé par l’assassin de son père. Il devient donc l’un des leurs et s’acclimate très facilement à cette nouvelle vie. Tant et si bien qu’il se servira de cette « double identité » pour la cause des pillards. Son physique d’européen lui permettra en effet de s’introduire aisément dans un monastère pour en ouvrir les portes de l’intérieur à la troupe de Mullawad venue la piller.

 

Si on connaît tous – a peu près – l’Histoire de la présence des Maures en Espagne et leur défaite en 732 à Poitiers face à Charles Martel, nous sommes sans doute nombreux à ignorer la  domination qu’ont exercée les Sarrasins sur les côtes de Provence. Alors que les Seigneurs locaux et les monastères sont en proie à des luttes intestines, les pirates Sarrasins pillent et occupent la région durant une centaine d’année.

 

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L’histoire que nous livrent Luca Blengino et Luca Erbetta est extrêmement bien documentée, à ceci près que les Mullawad n’ont pas existé. Cependant, si ce peuple est inventé pour raison romanesque, le terme même de Mullawad existe bel et bien et n’est pas choisi au hasard puisqu’il signifie adapté ou métis. Il servait à désigner les Chrétiens convertis à l’Islam ou bien les enfants issus de couples Chrétiens-Musulmans ayant adopté la religion musulmane.

 

Tout se tient donc, et l’on suit avec passion les pérégrinations du malheureux héros de cette histoire. Malmené par la vie, il devra faire face à la perfidie des hommes de tous bords. Trahit par ses frères, le voilà victime des tractations politiques entre les Maures d’Espagne et les Chrétiens de Provence. Il deviendra vagabond et sa double identité finira par le desservir…

 

Ce récit historique nous plonge en pleine aventure épique en présentant sous un angle inédit une période du haut moyen-âge préfigurant l’ère des croisades. Le scénario brillamment écrit par Blengino est superbement mis en image par Luca Erbetta. Son dessin réaliste très expressif, rempli de décors fouillés et rehaussé de couleurs éclatantes est un régal pour les yeux. Oscillant entre scènes d’actions et tractations politiques le récit est bien équilibré. Le tout donne une narration rythmée et un album qui se dévore d’une traite.

 

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Présenté comme un one shot, cet album peut se suffire à lui-même, mais on sent que l’auteur a habilement aménagé la fin pour s’offrir la possibilité d’une suite. A moins qu’il ne veuille tout simplement laisser libre cours à l’imagination du lecteur …

C’est en tout cas une très belle surprise de cette rentrée 2013 qui mérite d’être lue.

 

Ma note : 8/10

Loubrun


pour en savoir plus :

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http://paratge.wordpress.com/2013/09/13/sarrasins-en-provence-histoire-et-bande-dessinee/

 

Deadline

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Dessin et couleurs : Christian Rossi

Editeur : Glénat

date de sortie : septembre 2013

82 pages

genre : western dramatique

 

 

La petite bourgade tranquille de Hartsville voit sa quiétude troublée en ce jour de décembre 1901. John C. Lester, ancien officier de l’armée sudiste et co-fondateur du Ku Klux Klan se fait assassiner par un homme arrivé le matin même. C’est Louis Paugham l’assassin.

 

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Petit flash-back de 48 ans. Louis n’est encore qu’un gamin lorsque ses parents se font massacrer sur une route de Louisiane par des esclaves en fuite. Il est recueilli par Philip Paugham, imprimeur de son état et militant abolitionniste actif. Philip éduquera Louis dans le respect des différences, dans la tolérance, et lui enseignera les valeurs abolitionnistes. Pas facile, quand on a vu ses parents se faire massacrer par des Noirs ! Il grandira tiraillé entre la soif de vengeance et les idées abolitionnistes inculquées par son père adoptif. Jusqu’à ce que le destin le fasse basculer dans le bon camp. Il a alors 17 ans et se retrouve enrôlé dans l’armée des confédérés, affecté dans une gigantesque prison à ciel ouvert. Pour son baptême du feu, il fait partie d’un détachement chargé de transférer quelques prisonniers. Son rôle : tirer sur quiconque franchira cette ligne tracée au sol, la deadline. Il est alors fortement impressionné et troublé par un prisonnier Noir qui tient fièrement tête aux soldats. Les sentiments qu’il éprouve à son encontre changeront radicalement sa vie.

 

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Laurent Frédéric Bollée signe là un western étonnant et captivant. Sans en renouveler tout à fait le genre, il nous emmène dans un récit intimiste, violent et tendre à la fois. Dans cette Amérique déchirée par la guerre civile, il aborde avec subtilité et sans prosélytisme les thèmes du rejet de l’autre dans une époque où il ne faisait pas bon être différent. Les personnages sont admirablement bien campés et criant de vérité. Sentiments opposés dont la frontière est ici bien ténue – comme la deadline – l’amour et la haine animent tour à tour 40 années de la vie de Louis Paugham.

 

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Ce scénario nous prend littéralement aux tripes ! Le fond historique tout à fait véridique (John C. Lester est vraiment mort à Hartsville en décembre 1901) donne un caractère authentique à cette histoire. La narration parsemée de sauts dans le temps habilement dosés, permet de parcourir quasiment 50 années sans jamais être perdu dans le fil de l’histoire et sans jamais s’ennuyer.

Il faut dire que ce récit, en plus d’être bien écrit, est magistralement illustré. Dès la première planche, on en prend plein les yeux ! Contrastant entre ombres et lumières, toutes les pages sont flamboyantes et restituent à merveille les ambiances du scénario. Christian Rossi atteint ici des sommets et sa mise en couleurs directe est une vraie réussite. Que les scènes se déroulent de nuit, de jour, dans les sous-bois, en plaine ou en ville, qu’elles soient rythmées ou posées, les tons sont toujours justes et appropriés. Du grand art !

Deadline est un western intimiste somptueux !

 

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Ma note : 9/10 – coup de cœur

Loubrun

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