INTERVIEW DE NICOLAS PITZ (Les jardins du congo).

Je vous propose aujourd’hui de faire la connaissance de Nicolas Pitz, jeune dessinateur belge, qui se lance dans l’aventure de la bande dessinée avec beaucoup de motivation. Je l’ai rencontré lors du Salon BD de Seraing 2014.

Interview Nicolas Pitz, Les jardins du congo, La boîte à bulles, 08/2013Samba BD : Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours au niveau de la bande dessinée?

Nicolas Pitz : Je suis né à Bruxelles, j’y vis toujours, c’est une ville parfaite pour moi. Grande et belle mais toujours en simplicité, elle me nourrit constamment.

J’ai eu la chance d’étudier la bédé à Saint-Luc.  Mes principaux amis d’aujourd’hui suivaient les cours avec moi. D’ailleurs, je travaille encore avec certains, à l’atelier Mille, à Saint-Gilles, une commune Bruxelloise. Nous sommes six à partager un atelier, Léonie Bischoff, Thomas Gilbert, Jérémie Royer, Hieu Nguyen et Flore Balthazar. Une belle mixité, une belle énergie, qui pousse à la création. 

Samba BD : Dans « les jardin du Congo » vous racontez la vie de Yvon Hardy, votre grand-père maternel, qui a vécu au Congo. Un nombre important de photos de votre grand-père est publié en fin d’album. Quelle est la part de la vérité, quelle est la part du roman dans votre album?

Nicolas Pitz : J’ai essayé de retranscrire, le plus fidèlement possible, l’époque et la vie de mon grand-père. Les témoignages, les photos, les films m’ont beaucoup aidés. C’était important pour moi de rester réaliste, puisque l’objectif, c’était de raconter la colonisation à travers les yeux d’un colon. Je souhaitais parler d’une époque avec un autre regard, celui du « dominant », du blanc. Je voulais mettre scène un « gars lambda », qui presque malgré lui, devient le rouage d’un système destructeur. 

Quand au coté romancé, pour les besoins du récit, j’ai tout de même ajouté un personnage fantastique qui apparaît aux moments sombres de la vie de mon grand-père, une sorte d’incarnation de sa conscience.

Samba BD : Le Congo, qu’est ce que cela représente pour vous ? Quels sont les sentiments qui vous habitent à propos de la vie de votre grand-père au Congo? Que pensez-vous de la problématique du Congo belge?

Nicolas Pitz : Quand je pense au Congo, d’abord, je pense aux couleurs, aux animaux, à laInterview Nicolas Pitz, Les jardins du congo, La boîte à bulles, 08/2013 biodiversité, c’est un truc qui me fascine. 

Quand à la colonisation au Congo, c’est étonnant de constater comme cette époque, les années 50-60 du Congo belge, reste tabou en Belgique. Pour preuve, il n’y a pas d’obligation pour les enseignants d’aborder ce thème en classe, au niveau des programmes scolaires. 

Par ailleurs, on sait qu’aujourd’hui, en Belgique, que la communauté congolaise  est la mieux qualifiée professionnellement mais pourtant elle détient le plus bas taux de mise à l’emploi, parmi les personnes issues de l’immigration. 

Bien sûr, il y a eu l’état indépendant du Congo avec Léopold II, qui a été largement abordé et analysé, mais il y a encore, dans la colonisation du Congo, quelque chose qui n’a pas encore été digéré. 

Samba BD : Vous avez déjà publié un album intitulé « Luluabourg Tome 1 » chez un autre éditeur. Vous reprenez le scénario et vous le développer dans « Les jardins du Congo ». Ce thème est permanent dans vos premiers récits. Pourquoi cette fixation sur ce thème? Avez-vous besoin de faire le tour du sujet pour passer à un autre thème?

Nicolas Pitz : Le cours d’histoire que j’ai eu à l’école sûr le Congo tenait 2 heures. Celui de la révolution française, 40 heures .Il est certain qu’il y a un abcès à percer. J’aime raconter des histoires et je pense que le Congo est un sujet infini. Bien sûr, beaucoup d’autres thèmes m’intéressent, je prépare d’ailleurs actuellement une bande dessinée sur la jeunesse de Marie Curie. 

Samba BD : Peut-on juger une période de l’histoire révolue à la lumière des mentalités actuelles et de l’air du temps présent?

Nicolas Pitz : Juger avec le recul est facile. J’ai évité de juger mon personnage dans les Jardins du Congo. Qu’aurions-nous fait à la place d’Yvon? Il était pauvre, presque sans famille, et « l’exotisme » du Congo s’ouvrait à lui. On peut comprendre son choix de partir. Yvon est un personnage réel. Certes, un peu simple mais je pense qu’il était comme beaucoup d’homme là bas, partant construire quelque chose de nouveau. 

Interview Nicolas Pitz, Les jardins du congo, La boîte à bulles, 08/2013

Samba BD : Votre style graphique est dépouillé, simple voire même « enfantin ». Quelles sont vos sources d’inspiration au niveau graphique? Etes-vous capable de faire de la bande dessinée plus élaborée au niveau du dessin, plus réaliste?

Nicolas Pitz : Oui, oui, pour les Jardins, je voulais un dessin lâché, fluide, simple, comme le personnage. Je ne voulais pas rentrer dans un système de dessin « réaliste ». 

Mes prochains projets le sont beaucoup plus, car les scénarios le demandent. 

Pour l’inspiration, je citerais, bien sûr mes amis de l’atelier, et puis Blutch, Coyote, Brüno. Ça part dans tout les sens !

Samba BD : Vous êtes dessinateur et scénariste. Où votre préférence? Etes-vous un scénariste par défaut ou est-ce pour vous également un vrai plaisir?

Nicolas Pitz : Les deux sont merveilleux. Pour moi, la bédé, c’est d’abord une histoire et ensuite un dessin.

Samba BD : Quelles sont les dernières BDs que vous avez lues? Quelles sont celles qui vous ont plu?

Nicolas Pitz : Je viens de lire « Princesse des Glaces » de « Léonie Bischoff » et d' »Olivier Bocquet », J’ai passé un véritable bon moment. Le dernier « Last man » et « les enquêtes d’Andrew Barrymore » de « Valambois »  le furent aussi. 

Samba BD : Quels sont vos futurs projets ?

Nicolas Pitz : Je travaille actuellement sur une aventure en 3 tomes au Congo et sur la jeunesse de Marie Curie.

 

Interview réalisée par Capitol pour Samba BD. Remerciements à Nicolas Pitz pour sa bienveillante collaboration.

 

Interview Nicolas Pitz, Les jardins du congo, La boîte à bulles, 08/2013

Page de la nouvelle série de Nicolas Pitz intitulée « Brume », une aventure en 3 tomes.

  

LES JARDINS DU CONGO.

Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013Dessin &- Scénario : Nicolas Pitz

Editions La boîte à bulles

Collection « Hors champ »

Sortie : 01/08/2013

144 pages

Prix conseillé : 21,00 €

ISBN : 9782849531761

Roman graphique, Historique, Congo, Colonisation, 2e guerre mondiale

 

Résumé (de l’éditeur) :   1940, les Allemands envahissent une Belgique neutre, sans véritable défense. Durant l’Occupation, comme de nombreux autres jeunes de Chimay, Yvon veut échapper aux camps de travail : il décide de se cacher dans la forêt. Hélas, les occupants ne quittent pas les lieux. Les semaines passent, puis les mois et les années… Au total, ce sont quatre interminables années qu’il va passer dans les bois à lutter contre la peur, la faim et la folie…Lorsqu’il peut enfin sortir de son refuge, Yvon éprouve un besoin vital de changer d’air pour effacer ses cauchemars et se donner l’occasion de démarrer de plain pied sa vie d’adulte. Il prend donc le premier bateau en partance pour le Congo, la colonie belge si pleine de promesses.

Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013

Mon avis : Il y a parfois des rencontres non programmées, improbables, lors d’un salon BD (à Seraing 2014), qui font que je m’intéresse à un album que je n’aurait probablement pas lu en d’autres circonstances. D’abord, Samba BD n’a pas de contact particulier avec « la boîte à bulles ». Ensuite, je suis peu porté en général vers cette production alternative, loin des grands courants des éditeurs bien installés. C’est plutôt un album pour Monsieur William, notre chroniqueur branché « petites maisons alternatives ». Cela n’empêche pas parfois d’y trouver des petites pépites, des premiers albums, des jeunes dessinateurs pleins de talents et avec une foi dans leur (futur) parcours BD pouvant déplacer des montagnes. C’est le cas de Nicolas Pitz qui a son job de professeur pendant la journée et qui fait de la BD une fois son boulot terminé.

Son album, « les jardins du Congo », m’a attiré. Le Congo belge, cela me parle, même si je n’y suis jamais allé. Mais, pendant toute mon enfance, j’ai entendu parler de membres de ma famille, de connaissances proches qui y ont vécu. J’entendais parler surtout de mon oncle Georges, médecin à Kinshasa. Comme Nicolas Pitz attendait le chaland, j’en ai profité pour acheter l’album et le faire dédicacer. La discussion s’est vite engagée fort sympathiquement…

Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013

En ouvrant l’album, directement, c’est le graphisme qui saute aux yeux. Ce n’est pas du beau dessin réaliste bien léché mais plutôt un dessin simple, dépouillé avec un style. Un style qui est encore hésitant, avec des imprécisions, et qui doit s’affirmer mais il y a un style intéressant. Ce style me fait un peu penser à un mixte entre Brüno et Kerascoët.

Le scénario est bien construit et s’inspire de la vie d’Yvon Hardy, le grand père maternel de  l’auteur. En fin d’album, 3 pages de photos, intitulées « Souvenirs du Congo », témoignent de la vie au Congo à l’époque de la colonisation belge. L’histoire se divise en trois parties. La première partie parle des années 1940-1945 et de la seconde guerre mondiale à Chimay en Belgique. La deuxième partie est consacrée au Congo. C’est la partie centrale du récit. La troisième partie concerne la décolonisation et le retour en Belgique. Nicolas Pitz nous raconte une histoire de famille qui se mêle à l’histoire de la Belgique, avec ses « non-dits », ses silences, une communication défaillante entre membres de la famille. Au final, Nicolas Pitz se pose des questions sur le comportement de sa famille au Congo, une sorte de culpabilisation est même sous-jacente dans la narration de l’auteur.

Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013

J’ai bien aime lire ce type d’album qui raconte la vie d’un « colonial » belge depuis ses origines à Chimay, jusqu’à son retour avec au final une deuxième carrière professionnelle en Belgique, mais toujours avec cette « nostalgie » du bon temps au Congo. Un jeune talent à suivre.

 

Dessin :             6,5/10

Scénario :           7,5/10

Moyenne :           7,0/10

 

Liens vers le site de l’éditeur : ICI.

Liens vers le blog de Nicolas Pitz : ICI.

 

Capitol

 

Les jardins du Congo, Pitz, Boîte à bulles, 08/2013

 

LE MUSEE INSOLITE DE LIMUL GOMA – Tome 2: Le massacre.

Le Massacre, le musée insolite de limul Goma, boîte à bulles, Hureau, 01/2013Le Massacre, le musée insolite de limul Goma, boîte à bulles, Hureau, 01/2013Dessin &- Scénario : Simon Hureau

Editions La boîte à bulles

Collection « Hors champ »

Sortie : 01/01/2013

56 pages

Prix conseillé : 14,00 €

ISBN : 9782849531525

Aventure, Historique, Cambodge, enquête, humour noir.

 

Résumé (de l’éditeur) :   Simon met aux enchères un « massacre » (trophée de chasse) trouvé par son amie Louise dans des affaires léguées à son grand-père par un ami cambodgien. La mise en vente de ce massacre déclenche les hostilités entre deux collectionneurs qui s’arrachent l’antiquité à des sommes astronomiques. Le vainqueur, le collectionneur Limul Goma invite Simon à passer le voir. Il lui explique que le trophée est celui d’un kouprey, animal mythique cambodgien dont la race est aujourd’hui éteinte.

Le Massacre, le musée insolite de limul Goma, boîte à bulles, Hureau, 01/2013

Mon avis : Lors de la sortie de « Crève saucisse » (voir la chronique sur Samba BD : ICI.) de Simon Hureau et Rabaté chez Futuropolis, j’avais reçu un communiqué de presse consacré à l’album intitulé « Le massacre », paru à « La boîte à bulles ».Vu mon coup de cœur pour l’album « Crève saucisse », j’avais gardé ce document sous le coude au cas où je pourrai me procurer l’album. L’actualité éditoriale, les (trop) nombreuses sorties, ont fait que j’ai complètement oublié ce « massacre ». A l’occasion du Salon BD de Seraing, je tombe sur l’album en question et je l’achète directement, espérant retrouver le plaisir de lecture de « Crève saucisse ».Hureau sera-t-il à la hauteur de Rabaté au niveau du scénario ? Bien m’en a pris ! C’est pour moi une nouvelle surprise, une découverte. Je m’en veux même un peu de le découvrir avec retard…Mon petit doigt me dit d’ailleurs que je vais me mettre en chasse pour me procurer les autres albums de Hureau déjà parus.

Le massacre, Le musée insolite de limul goma, Hureau, boîte à bulles, 01/2013

En réalité, « Le massacre » est le 2eme volume d’une série baptisée « Le musée insolite de Limul Goma ». Ce sont des histoires construites autour d’un personnage récurrent, un fantasque collectionneur appelé Limul Goma. Le premier tome est intitulé « Hautes-Oeuvres » publié aussi à « La boîte à bulles ».

Le massacre, Le musée insolite de limul goma, Hureau, boîte à bulles, 01/2013

Hureau a séjourné au Cambodge et connaît bien le pays. Il s’en est inspiré par le bief de la Grande Histoire (le passé Khmer, l’indépendance du Cambodge, et la prise du pouvoir par les Khmers rouges de Pol Pot) pour nous faire vivre une véritable enquête sur l’origine d’un massacre, un trophée de chasse d’un Kouprey, animal mythique cambodgien dont la race est aujourd’hui éteinte). L’objet atteint des sommets dans une obscure salle de vente publique de province. De suite, des questions se posent : Que représente cet objet ? Pourquoi a-t-il tant de valeur ? Quel mystère se cache derrière un objet à première vue banal ? Démarre alors un récit enlevé, débridé, avec une base autour de personnages réels (dont le sanguinaire Pol Pot), teinté d’un humour noir. Les nombreux rebondissements m’ont captivés. Hureau se met également en scène lui-même dans la BD, comme narrateur.

Le massacre, Le musée insolite de limul goma, Hureau, boîte à bulles, 01/2013

 A l’arrivée, un album très réussi dans le style « divertissement » de la meilleure facture. Des albums que celui-là, j’en redemande ! Par cette chronique, je répare une injustice, celle d’être passé complètement à côté d’un tel album. Le problème, c’est que le marché est inondé d’albums mièvres et ineptes qui ne font qu’encombrer les librairies et empêchent les bons albums d’émerger et de connaître un vrai succès en librairie, plutôt qu’un succès d’estime.

Le massacre, Le musée insolite de limul goma, Hureau, boîte à bulles, 01/2013

« Le massacre » de Simon Hureau vaut plus qu’une simple séance de rattrapage ! Il est à la fois un bon dessinateur et un excellent scénariste. Excellent !

 

Dessin :             7,5/10

Scénario :           8,5/10

Moyenne :           8,0/10

 

Liens vers le site de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Le massacre, Le musée insolite de Limul Goma, Hureau, La boîte à bullles, 01/2013

 

LES METIERS SECRETS DE LA BANDE DESSINEE.

les métiers de la bande dessinée, la boite à Bulles, Reuzé, Coudray, 01/2013les métiers de la bande dessinée, la boite à Bulles, Reuzé, Coudray, 01/2013Dessin : Emmanuel Reuzé – Scénario : Jean-Luc Coudray

Editions La boite à bulles

Collection Contre-pied

Sortie : 01/01/2013

56 pages

Prix conseillé : 1,00 €

ISBN : 9782849531655

Humour, édition, BD.

 

Résumé (de l’éditeur) :   Et si le meilleur moyen de parler de la BD, c’était de passer par le détour de métiers imaginaires ? De “placeur de bulles ” à “peintre en marge” en passant par le « testeur de gag » ou le « fabricant de monstres », ce sont 28 métiers inventés, humoristiques, avec lesquels Jean-Luc Coudray traite la BD par des entrées jamais encore explorées.
Les illustrations d’Emmanuel Reuzé ajoutent une autorité institutionnelle et une froideur administrative qui ancrent l’humour du livre dans une réalité palpable. L’humour des textes et des dessins se cautionne d’un sérieux poussé jusqu’à l’absurde.

 

Mon avis : C’est en me rendant Salon BD de Seraing en ce mois de février 2014, que je suis tombé sur cet album, au détour d’un couloir, sur un étal spécialisé dans les petits éditeurs et plus particulièrement « la boite à bulles ». Première caractéristique de l’album de petite dimension (17X22 cms), souple, 56 pages, c’est son prix symbolique : 1 euro ! Cet album a été sorti à l’occasion des 10 ans de la création de la maison d’édition, en 2013. Cet album fait partie de la collection « contre-pied », la collection dédiée à l’humour noir, décalé ou absurde.

Qu’est ce que je risque pour 1 euro ? Rien…Si ce n’est de me déchaîner  par une chronique assassine sur une grosse merde…Ce genre de chronique qui m’arrive une fois tous les 5 ans. Mais même à 1 euro, cela ne vaudrait pas la peine de râler pour si peu. Par contre, certains éditeurs sortent des trucs nuls, mal ficelés et mièvres à des prix de nababs. Parfois, cela frise l’escroquerie…

Passé cette petite digression,  qu’est ce que cela donne à la lecture ? D’abord le lecteur a droit à une préface de Lewis Trondheim. Une courte préface décalée de 7 lignes « à 1 euro » (il ne s’est pas trop foulé Lewis !) dans laquelle ce grand maître de la BD s’offusque de constater que quelques petits métiers de la BD ont été oubliés dans cet album fort improbable, comme ramasseur de chiures de gomme ou ajusteur de piles de BD en grande surface ! Il a raison en plus…

Emmanuel Reuzé nous fait découvrir des petits métiers méconnus mais très importants dans le processus de création d’une bande dessinée, ces petites mains que le lecteur, que vous êtes, ignore. Je vous donne des exemples : Les dessinateurs chargés de reproduire à la main 5000 albums, les dénoueurs de situations inextricables, le placeur de bulles, le testeur de gags, le lecteur professionnel, l’évaluateur du prix, le complexificateur de scénario, le lecteur idéal, le plagieur professionnel, le vérificateur de moralité, et bien d’autres…Suivent des descriptions du métier en question dans ses turpitudes, ses zones d’ombres,…

Jean-Luc Coudray illustre ces métiers  improbables à la manière des encyclopédistes, avec rigueur et parfois de manière désuète, à la manière des livres de Jules Vernes où se croisent la terrible vérité de tous les jours et les mystères ténébreux de la création.

Ce petit album vaut bien son euro et je vous le conseille chaudement. L’humour est caustique et met parfois le doigt sur certains comportements de monde de la bande dessinée. On y trouve même comme métiers le scénariste et le coloristes. Comme quoi parfois même un livre humoristique peut faire passer un message aux éditeurs. J’ai bien aimé cet exercice décalé !

 

Dessin :             7,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           7,5/10

 

Liens vers le site de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

les métiers de la bande dessinée, la boite à Bulles, Reuzé, Coudray, 01/2013

 

APRES-GUERRE – Tome 2/2: Blocus.

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014Dessin : & Scénario : Warnauts & Raives

Editions Le Lombard

Collection Signé

Sortie : 21/02/2014

64 pages

Prix conseillé : 14,99 €

ISBN : 9782803633739

Société, Aventure, Historique.

 

Résumé (de l’éditeur) :   1949. Quatre ans se sont écoulés depuis la capitulation de l’Allemagne nazie. Une fracture coupe désormais l’Europe en deux blocs ennemis. Une « guerre froide » oppose dangereusement l’Ouest démocratique à l’Est soviétique et un « rideau de fer » confine hermétiquement l’un et l’autre. Avec la complicité d’intellectuels et d’amis communistes parisiens, Thomas Deschamps a pu libérer sa compagne Assunta Lorca de l’enfer des goulags et la ramener à l’auberge familiale dans les Ardennes belges. Mais, la peut-elle encore se vivre comme avant ? La libération n’a pas cicatrisé les blessures causées par l’Occupation. Les espoirs font place aux désillusions tandis que le passé a irrémédiablement bouleversé les cœurs, les âmes, les consciences et les convictions. Des temps difficiles s’annoncent…

 

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014

 

Mon avis : Le tome 2 de cette histoire en deux volumes débute en février 1949 à Prague et va se terminer dans les Ardennes belges en octobre 1950.Durant cette période « clé » du XXe siècle, le duo Warnauts & Raives, un vrai duo d’auteurs depuis près de 25 ans, plongent leurs personnages dans les soubresauts de la politique belge, européenne et mondiale. Et il s’en est passé des événements pendant cette période « post » seconde guerre mondiale. Un bandeau rouge entoure l’album : « Vivre avec les fantômes de la guerre ». Ce slogan accrocheur résume bien l’album. Certains personnages que nous suivons, auront à se sortir du bloc soviétique puis du blocus de Berlin. Ensuite, c’est le Paris de Saint Germain des prés, du Moulin rouge. Le combat de Simone de Beauvoir et la sortie de son livre, « le deuxième sexe ».Mais aussi l’affaire royale en Belgique avec le référendum « pour ou contre le retour du Roi en Belgique » et l’abdication de Léopold III en faveur de son fils Baudouin 1er. Entre ces épisodes, les auteurs continuent à nous raconter la vie dans ce petit village des Ardennes…Avec ses petites choses du quotidien mais aussi ses joies et ses drames…

 

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014

 

Cet album est dans le plus pur style de Warnauts & Raives. Ils revisitent cette période courte mais riche d’événements et les réinterprètent grâce à des personnages emblématiques et attachants avec leurs particularités, leurs forces et faiblesses.

 

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014

 

A noter qu’en fin d’album, les auteurs ont refait comme pour le tome 1 une chronologie historique des années 1949 et 1950, toute personnelle, mais très éclairante avec des événements incontournables mais aussi d’autres plus anecdotiques comme celle du 28 décembre 1950 avec la publication du premier album de bande dessinée des Editions du Lombard : Le tome 1 du « Secret de l’Espadon » d’Edgard P. Jacobs.

 

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014

 

C’est avec le même plaisir renouvelé que j’ai lu ce très bel album avec au fil des pages des clins d’œil des auteurs à certains de leurs amis et connaissances (J’ai même repéré le camion du grand-père d’un certain Jean-Claude en page 25). Comme quoi parfois le lecteur Lambda passe à côté de « private joke » des auteurs. Les auteurs m’en avaient parlé lors de leur interview de l’année dernière lors de la sortie du tome 1 que je vous propose de relire à l’occasion sur Samba BD. Warnauts et Raives ont un univers et une façon de travailler bien à eux, une complicité incroyable, deux vieux « potes » qui se connaissent, se sentent et se comprennent en un regard, en peu de mots…Mais l’univers développé est réfléchi, construit, pensé avec précision. De la fine mécanique qui me donne au final un plaisir de lecture extraordinaire. Fascinant…

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          8,0/10

Moyenne :         8,0/10

 

Chronique du tome 1 sur Samba BD : ICI

L’interview de Warnauts & Raives sur Samba BD : ICI

 

Capitol

 

Après-guerre tome 2- Warnauts, Raives, Le Lombard, signé, 02/2014

 

OU SONT PASSES LES GRANDS JOURS? – Tome 1.

Couv_206317.jpgPlancheA_206317.jpgDessin : Alex Tefenkgi- Scénario : Jim

Editions Grand angle

Sortie : 15/01/2014

70 pages

Prix conseillé : 16,90 €

ISBN : 9782818925522

Société, trajet de vie, amitié, drame.

 

 

Résumé (de l’éditeur) : C’est l’histoire de Fred, qui s’est donné la mort. C’était le meilleur ami d’Hugo, d’Étienne, ou de Jean-Marc. Mais tout ça n’a plus vraiment d’importance. C’est encore l’histoire d’un numéro de téléphone, celui de Fred, que Hugo ne se résout pas à supprimer de son répertoire. En tout cas, pas sans avoir passé un dernier coup de fil. C’est aussi l’histoire de trois cadeaux, laissés à titre posthume par Fred et qui, progressivement, changeront leur vie à tous. C’est enfin l’histoire du temps qui passe, des petits ressentis, de ces impressions que l’on garde au fond de soi, celles que l’on tait. Jusqu’à ce que tout explose, un jour…C’est une histoire d’amitié. Une histoire sur les rêves que l’on porte en soi. Ceux que l’on réalise et ceux que l’on ne réalise pas, en somme. 

Où sont passés les grands jours, Jim, Tefenkgi, Grand Angle, 01/2014

 

Mon avis : «  on savait tous qu’un jour il faudrait devenir adultes. Personne ne nous avait dit que ça viendrait si vite. » C’est sur le bandeau rouge qui barre la couverture de cette nouvelle série scénarisée par Jim, auteur du très remarqué « Une nuit à Rome », et dessinée par Alex Tefenkgi dont on avait apprécié « Tranquille courage ». Vous trouverez en fin de chronique les liens vers ces albums sur Samba BD.

 

Où sont passés les grands jours?, Jim, Tefenkgi, Grand Angle, 01/2014

 

J’ai donc un à priori très favorable sur cette nouvelle série, rien qu’en découvrant les auteurs. Dès que j’ai feuilleté l’album, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un rapport, un lien, avec « Une nuit à Rome » tant au niveau du dessin que des couleurs. Ce n’est pas le dessin de Jim mais c’est du Tefenkgi qui s’en est inspiré. La planche de la page 19, par exemple, ressemble furieusement à ce que j’ai pu voir dans le dernier opus de Jim en tant que dessinateur. Au niveau des couleurs, même topo. Les couleurs sont appuyées, sont en référence également avec ce qu’a fait Jim. Pourtant, c’est Alex Tefenkgi qui s’est occupé des couleurs. Quand on ajoute que nous sommes chez le même éditeur, avec un tel faisceau de concordances, impossible de ne pas faire le rapprochement. Tefenkgi s’en sort très bien avec son dessin et j’ai senti une évolution, un rapprochement vers ce que fait son compère Jim dans ses propres productions graphiques.

 

Où sont passés les grands jours?, Jim, Tefenkgi, Grand Angle, 01/2014

 

Au niveau du scénario, on retrouve certains thèmes cher à Jim. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte, de l’insouciance de la vie à la gravité de la mort, le temps qui passe, la dérive des sentiments,…En plus de ses thèmes porteurs, le scénariste y ajoute un élément du scénario, un peu décalé, mais qui va amener un doute chez le lecteur, des interrogations. Il lance aussi des pistes qui restent mystérieuses en fin du premier tome. Un copain décédé, qui a choisi de partir, lègue des objets personnels à ses plus proches amis. Ce sont des objets dérisoires et les amis s’interrogent…Tout a un message et un sens. Qu’a-t-il voulu nous faire comprendre par ce geste ? Le lecteur vagabonde à travers une histoire de copains qui cache d’autres choses, non dites, que va devoir découvrir le lecteur.

 

Où sont passés les grands jours?, Jim, Tefenkgi, Grand Angle, 01/2014

 

Au final, je suis resté un peu sur ma faim. Je suis bien conscient qu’il va falloir lire le tome 2 pour comprendre tous les tenants et aboutissants de ce scénario à tiroirs, avec plusieurs thèmes qui s’emmêlent, se croisent. Il y a donc beaucoup d’intérêts en fin de lecture mais j’attends de lire la suite pour me faire une idée plus précise de cette nouvelle série. Connaissant Jim, je devrais être optimiste. Reste à attendre la confirmation lors de la sortie du prochain tome.

 

 

Dessin :            7,5/10

Scénario :         7,5/10

Moyenne :       7,5/10

 

Chronique d’ « une nuit à Rome » sur Samba BD : ICI

Chronique de « Tranquille courage » sur Samba BD : ICI

Le blog de Jim : ICI

Le blog d’Alex Tefenkgi : ICI.

Facebook : Alexandre Tefenkgi.

Facebook : Jim Thierry Terrasson.

 

Capitol

 

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FRATERNITES – Tome 1: 1792, l’ordre guillotiné.

Couv_195616.jpgPlancheA_195616.jpgDessin : Ramon Rosanas – Scénario : Jean-Christophe Camus

Editions Delcourt

Sortie : 02/10/2013

64 pages

Prix conseillé : 14,95 €

ISBN : 9782756028835

Histoire, francs-maçons, révolution française, aventures.

 

Résumé (de l’éditeur) :   Septembre 1792. Les jours sombres de la Terreur n’épargnent pas les Francs-maçons. Le duc d’Orléans, cousin du roi Louis XVI et Grand Maître de la franc-maçonnerie, va jusqu’à prendre le nom de Philippe Égalité comme symbole de sa rupture avec l’Ancien Régime. Certains comptent bien tirer profit de ce climat de violence. Gaston Baudecourt, initié, homme de conviction et directeur du journal Fraternités, enquête… 

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

Mon avis : « Fraternités » se déroule pendant la révolution française et plus particulièrement pendant la période de la terreur. Les auteurs nous racontent le quotidien de francs-maçons qui vont devenir la cible de ceux qui vont récupérer la révolution à leur profit.

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

La franc-maçonnerie a toujours soulevé beaucoup d’interrogations. Il s’agit d’une société secrète et/ou discrète, qui cultive le mystère. D’où beaucoup de fantasmes, de supputations, de projections sur la force réelle des francs-maçons. Certains disent que ce sont eux qui ont poussé le peuple opprimé à la révolution française et qu’ils en ont profité pour mettre à mal la royauté et le catholicisme. A l’heure actuelle encore, le débat est toujours d’actualité. Des hommes politiques en France, en Belgique, en Europe, surtout socialistes et libéraux, se revendiquent d’une loge maçonnique. Certains ont dit que l’évolution actuelle de la société (l’avortement, le mariage pour tous, l’euthanasie,…) ont d’abord été discuté en loge avant d’être porté au parlement et parlent d’un « grand complot ». Les médias seraient infiltrés par la franc-maçonnerie. Les débats actuels et les manifestations populaires en France sont d’ailleurs fort commentés sur internet (considéré comme le média le moins « pollué ») et font référence à cette problématique.

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

L’album commence par une préface de Didier Convard, le scénariste de la série « Le Triangle secret » et autres séries dérivées. Une série que je vous recommande et qui traite également de la franc-maçonnerie. Didier Convard écrit : « Puis, dans la pénombre des temples maçonniques, encore et toujours, le frère tue le frère… ». Le décor est planté en quelques mots…

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

Le dessin de Ramon Rosanas (une découverte pour moi) est très bon, maîtrisé et plaisant, tout en restant dans un certain classicisme. Le scénario de Jean-Christophe Camus mêle habillement des faits réels et historiques à une histoire de famille romancée. Mais ce récit tient la route et capte directement le lecteur que je suis. La narration est bien rythmée et les personnages, complexes, sont bien décrits au niveau psychologique. Il faut bien dire également que la période troublée est une magnifique rampe de lancement à une saga qui va pouvoir se prolonger pendant toute la période de la terreur (où la franc-maçonnerie a été fortement mise à mal) mais aussi pendant la période napoléonienne. A noter enfin qu’en fin d’album, les auteurs annoncent la suite de l’histoire pour la fin de l’année 2014. Des notes historiques remettent également l’histoire dans son contexte historique.

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

Si les ventes sont appréciables en librairie, nous sommes peut-être au départ d’une nouvelle saga de type « Triangle secret ». L’avenir nous le dira. Pour ma part, j’ai apprécié ce récit qui nous plonge dans un épisode crucial de l’histoire contemporaine.

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

Les édition Delcourt ne collaborant pas avec Samba BD (malgré plusieurs appels du pied de notre part), j’ai donc lu cet album en retard, n’étant pas dans mes priorités éditoriales. Dommage, car cet album vaut la peine de s’y intéresser. Si vous ne l’avez pas encore lu, je suppose que vous le trouverez encore en librairie mais ne traînez pas…

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Capitol

 

Fraternités, Rosanas, Camus, Convard, Delcourt,francs-maçonnerie, 10/2013

 

HISTOIRES INAVOUABLES

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Dessin : Jérôme D’Aviau – Scénario : Ovidie

Editions Delcourt

Collection Erotix

Sortie : 06/11/2013

104 pages

Prix conseillé : 7,90 €

ISBN : 9782756040554

Sexe, adulte, Erotisme, histoires courtes, société.

 

Résumé (de l’éditeur) :Ils ne se connaissent pas et se donnent rendez-vous dans un train pour s’adonner à des jeux sexuels ; un serial dragueur emmène deux filles chez lui en pensant que la nuit sera chaude ; une étudiante américaine se procure du plaisir en se frottant contre tout ce qu’elle trouve dans la rame du métro jusqu’au jour où… Certaines histoires ont été vécues par Ovidie elle-même. À vous de deviner lesquelles… 

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Mon avis :   Attention, cette chronique n’est pas réservée pour les âmes chastes mais plutôt pour les « décontractés du sexe » comme on dirait du côté de la rue du cirque à Paris. Un bandeau rouge de l’éditeur annonce d’ailleurs sur la couverture : « Une BD signée Ovidie réservée aux adultes ». Certains la qualifient d’intello du sexe. L’origine du pseudo « Ovidie » vient d’une bande dessinée de Ptiluc. Il s’agit d’une petite ratte.

En page 4 de couverture, on peut lire une déclaration d’Ovidie qui cadre bien l’album : « Les dix histoires que vous allez découvrir sont toutes inspirées de faits réels, seuls les noms ont été modifiés. Trop croustillantes pour être avouées, elles m’ont été confiées dans le plus grand secret. J’ai moi-même vécu certaines d’entre elles et je n’avais jamais osé en parler jusqu’à ce jour. J’ai laissé quelques indices, je vous laisse deviner lesquels… »

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Au niveau du scénario, nous avons donc 10 histoires courtes. On dit que ce sont les meilleures…C’est vrai que cela donne du rythme au livre d’autant plus qu’elles racontent des histoires liées au sexe mais diamétralement opposées. Il y en a pour tous les styles, pour tous les genres si vous voyez ce que je veux dire…En plus de cela, c’est bien raconté, bien écrit. Ce n’est pas trop « verbeux », ce n’est pas non plus sans dialogue, sans fond. Ovidie qui a déjà quelques ouvrages en librairie, a aussi une jolie plume …

Le dessin est la vraie révélation de cet album. Jérome d’Aviau a déjà publié plusieurs albums en majorité chez des petits éditeurs. Son dessin est superbe, dépouillé (comme ses héroïnes dans cet album), mais aussi précis et maîtrisé. Ce n’est pas chirurgical et fait dans une optique d’un certain esthétisme de bon aloi. Bien évidemment, cet album n’est pas à laisser dans toutes les mains malgré la qualité graphique et scénaristique.

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Excellent album dans ce genre particulier qui se démarque par rapport à la production générale. Ce n’est pas le bas de gamme de la grande majorité des albums du genre. Il ne reste plus qu’aux découvreurs de talent de se lancer à la recherche de ce petit bijou dans un genre très marqué et à la marge de la bande dessinée classique. Il faudra peut-être chercher quelque peu, demander à votre libraire l’album, regarder dans les étagères du dessus, dans l’enfer des bibliothèques. Vous pouvez encore le commander sur un site de vente en ligne si vous avez peur d’essuyer les sarcasmes de votre libraire. Elle est dure la vie…

 

Lien vers le site de l’éditeur : ICI.

Lien vers le site internet d’Ovidie : ICI.

Lien vers le site internet de Jérôme D’Aviau : ICI.

 

Dessin :             9,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           8,5/10

 

Capitol

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

SECRETS – Cavale: tome 2/3.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014Dessin : Magda

Scénario : Frank Giroud et Florent Germaine

Editions Dupuis

Sortie : 10/01/2014

48 pages

Prix conseillé : 14,50 €

ISBN : 9782800154923

Société, drame familial, polar.

Résumé (de l’éditeur): Nadia connaît désormais le secret de sa mère, mais aussi de sa naissance. Son père est à nouveau en cavale et recherché des deux côtés des Pyrénées. Comment recoller les morceaux quand tout ce qu’on croyait connaître de sa vie vole en éclats à 18 ans ? C’est ce que Nadia va devoir apprendre à faire, accompagnée par son oncle et ses souvenirs, pour assumer une réalité trop longtemps occultée.

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Mon avis : La série « Secrets » scénarisée par Frank Giroud est un gage de qualité en général. Pour « Cavale », il s’est adjoint Florent Germaine au scénario et a fait appel à Magda pour le dessin. Je vous renvoie à mon avis à propos du tome 1 sur Samba BD (lien en fin de cette chronique).

Il s’agit d’une histoire qui est une introspection psychologique de la jeune Nadia qui apprend, alors qu’elle a 18 ans, le lourd passé de ses parents. Comment va-t-elle réagir à ce secret de famille ? S’y mêle un polar. Nadia apprend que son père est en cavale et elle constate qu’elle est suivie, épiée.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

Au cours de ce deuxième tome, le lecteur apprend la portée de ce secret et découvre les dommages collatéraux (famille, école, presse,…). Mais on sait déjà qu’il y a un deuxième volet du secret qui est toujours latent, à découvrir…Le lecteur est un peu assis entre deux chaises. Non seulement le titre en dit déjà beaucoup dès le départ de ce triptyque mais les développements me semblent un peu « téléphonés ». C’est un peu ce qui me dérange dans cet album qui j’ai trouvé très prévisible. Reste à attendre la suite des évènements, j’espère que le scénario ne me décevra pas…

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

Au niveau de la partie graphique, c’est excellent. Magda a un dessin très classe qui n’est pas trop chargé mais pas trop basique. On retrouve une juste balance entre l’essentiel et l’accessoire. La lecture est ainsi très fluide.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

J’attends le troisième et dernier tome de « Cavale » pour donner un avis définitif sur cette cavale qui est jusqu’à maintenant un peu décevante. Quand va-t-on avoir enfin l’élément qui bluffe complètement le lecteur, un élément inattendu de la narration ? L’avenir nous le dira probablement rapidement car les tomes se suivent par période de 6 mois…

 

Graphisme :      7,5/10

Scénario :        6,5/10

Moyenne :        7,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Dupuis : ICI.

Lien vers la chronique du tome 1/3 de « Secrets- Cavale » : ICI.

 

Capitol.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

MICHEL VAILLANT – Saison 2- tome 1: Voltage.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013Dessin : Marc Bourgne &  Benjamin Benéteau

Scénario : Philippe Graton &  Denis Lapière

D’après les personnages crées par Jean et Francine Graton

Editions Graton/Dupuis

Sortie : 06/12/2013

56 pages

Prix conseillé : 15,50 €

ISBN : 9782800157795

Aventure, automobile.

 

Résumé (de l’éditeur): Interdit de course jusqu’à la fin de la saison après les événements de la course de Portimão, Michel Vaillant traverse une période de doute. Troublé par la détermination de son fils, engagé dans une entreprise qu’il juge incompatible avec les valeurs de la famille, Michel Vaillant décide de relever un nouveau défi : battre le record de vitesse avec une voiture électrique sur le Lac salé de Bonneville, aux États-Unis. La pression qui pèse sur ses épaules est forte. La crédibilité et le prestige des usines Vaillant se trouvent mis en jeu dans cette performance. Il n’a en effet pas droit à l’échec, tant vis-à-vis des sponsors que de son père, le patriarche de la famille, qui n’a jamais caché son mépris pour l’électrique. S’ajoutent à cette tension les inquiétudes de Françoise, préoccupée par les risques que va prendre Michel en pilotant ce prototype.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

Mon avis : Je ne vais pas reprendre les arguments et les développements que j’avais énoncés lors de la première chronique de la saison 2 de Michel Vaillant. Je vous renvoie à celle-ci via le lien repris en fin de cette chronique. Ce tome deux continue sur la même lancée du tome 1, dans le même plan «marketing». Les auteurs nous avaient laissés sur un suspens intenable à la fin du tome précédent. Maintenant, il va falloir développer l’idée de base et ils y parviennent avec maîtrise. Ils sont entrain de creuser le trou dans lequel est plongé Michel Vaillant. Des emmerdes, il en a plein la casquette : l’usine Vaillant, son fiston, sa suspension de licence automobile,…On a parfois les soucis qu’on mérite…Disons que les scénaristes se sont donnés à fond pour sortir une histoire qui sort du plan courses – victoires – coups fourrés du « Leader », son meilleur ennemi.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

L’aspect psychologique  est mis en avant et on creuse profond. C’est à ce niveau que la saison 2 est novatrice. Mais on ne laisse pas pour autant tomber les ficelles qui ont fait le succès de la série de Jean Graton. La référence à des personnes vivantes, acteurs du monde des courses automobiles, est toujours bien présente. On rencontre au fil de la narration Alain Menu ou la firme Venturi automobiles qui s’est mis pour objectif de battre le record du monde de vitesse en véhicule électrique. Un feuillet en quadrichromie de 4 pages est d’ailleurs ajouté à l’album et fait le point sur le projet Venturi. C’est la confrontation de la fiction « Michel Vaillant » à la réalité. C’est aussi un rappel, un renvoi, à la saison 1 et à l’album « Mach 1 pour Steve Warson », paru en 1968. Vous l’aurez compris, c’est de la fine mécanique mise en place par le scénario.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, Venturi, 12/2013

Au niveau du dessin, c’est globalement d’un très bon niveau graphique. Au niveau des véhicules, il n’y a vraiment rien à dire. On est proche de la perfection. Les personnages récurrents de la saison 1 sont par contre moins bien dessinés. J’ai quelques réticences par exemple sur la façon est dessinée Steve Warson. Pas encore bien maîtrisé le « Steve » ! Je trouve aussi qu’au niveau des expressions des visages, c’est parfois un peu figé.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, Venturi, 12/2013

Pour conclure, cet album se lit avec facilité et envie. C’est cela le principal et je pense que la série Michel Vaillant est bien repartie avec un univers plus diversifié, plus riche, plus basé sur la psychologie des personnages qui sont plus que des personnalités bien propres, bien lisses et bien nettes. Les héros de papier ont maintenant le pied sur terre. Ils sont plus vulnérables et cela donne une nouvelle dynamique à la série.

 

Graphisme :      7,5/10

Scénario :        8,5/10

Moyenne :        8,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Dupuis : ICI.

Lien vers la chronique du tome 1- Saison 2 : Au nom du fils : ICI.

Lien vers le site internet de Venturi : ICI.

 

Capitol.

 

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

 

GOODBYE BUKOWSKI.

1401191230200001.JPG1401191201240001.JPGDessin & scénario : Flavio Montelli

Editions Casterman

Collection  « écritures »

Sortie 22/01/2014

160 pages

Prix conseillé : 15,00 €

ISBN : 9782203070783

Biographie, Histoire, écrivain, Charles Bukowski.

 

Résumé (de l’éditeur): Le portrait touchant et subtil d’une légende de la littérature américaine moderne. À cinquante ans passés, l’américain Charles Bukowski est un écrivain célèbre, autant par ses frasques que par son oeuvre. À la première personne et en noir et blanc, d’un trait à la fois léger et très personnel, Flavio Montelli tient la chronique de ce parcours et de ce destin littéraires hors norme, porté par une personnalité profonde, complexe : provocateur, jaloux, excessif, désaxé, alcoolique, mais aussi désemparé et touchant, Bukowski aujourd’hui comme hier irrite autant qu’il séduit.

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Mon avis : Les biographies m’ont toujours intéressées et surtout celles d’écrivains car elles sont parfois aussi de vrais romans. Lorsque j’ai reçu la liste des prochaines parutions chez Casterman, j’ai donc de suite pointé l’ouvrage, d’autant plus qu’il est publié dans la collection « écritures », un gage de qualité. Et de me souvenir de la fameuse émission d’Apostrophe de Bernard Pivot en 1978 où Charles Bukowski était complètement ivre, tenant des propos décousus et incohérents. François Cavanna, autre invité de l’émission et pourtant admirateur de l’œuvre, lancera : « Bukowski, ta gueule ! ». En fin de compte, Bukowski partira avant la fin de l’émission. Pivot lancera à l’occasion : « Il ne tient pas tellement la bouteille cet écrivain américain…  ». La vidéo de l’émission fait le tour du monde. Il devient un écrivain culte. La presse a titré : « Un poivrot chez Pivot ». Le buzz fonctionne à fond, le succès éditorial est phénoménal. « Les contes de la folie ordinaire » sera adapté au cinéma par Marco Ferreri alors que « Barfly » deviendra un film en 1988 sous la direction de Barbet Schroeder avec Mickey Rourke dans le rôle principal. Voilà pour « cadrer » le personnage.

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Voyons maintenant l’album en lui-même. Flavio Montelli est un jeune auteur montant de la bande dessinée italienne. Goodbye Bukowski est son premier roman graphique et a été publié en 2012 en Italie. Casterman en fait donc la traduction française.

L’histoire en elle-même est simple. Je dirais même plus, d’une platitude sans fin. On retrouve Bukowski alors qu’il a 56 ans. Il est un poète et écrivain, tantôt adulé, tantôt contesté par la critique. Il vient de quitter son boulot de postier et vit de sa littérature, surtout de ses lectures publiques à travers les Etats-Unis. Il a déjà beaucoup tâté de la dive bouteille, il est usé par la vie, par son errance. Sa seule fierté, c’est sa fille Marina qui a six ans. Bukowski écrit la nuit en buvant. Il n’est pas très causant, sort peu. Montelli nous raconte donc l’automne de la vie de Bukowski via les femmes qui ont croisé son existence.

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Au niveau du dessin, cela tient la route, Bukowski est ressemblant mais on n’atteint pas les sommets graphiques. Dans la collection « écritures », on parle plutôt d’un style graphique. Ici, c’est le cas. Montelli a son style mais ne casse pas autant la baraque.

 

Reste le scénario, qui souvent sauve l’album, est le moteur du récit et rend le dessin secondaire, accessoire. A la lecture de cet ouvrage, je dois déplorer que le scénario ne réponde pas du tout à mes attentes. On reste dans le vague, on décrit une vie qui semble presque immobile, sans grands reliefs. Ce scénario est une sorte de « bateau ivre » (au sens premier, pas au sens poétique), sans cap, sans capitaine, sans boussole, qui se laisse porter par les vents, les courants, les fortunes de mer…Je n’irai pas jusqu’à dire que le passager du bateau que je suis, a attrapé le mal de mer et  a remis son dernier repas par-dessus le bastingage…Mais franchement, je me suis ennuyé et j’attendais beaucoup plus de cet album.Le scénario aurait du être plus structuré pour être crédible et plus abordable aux lecteurs.

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C’est pour moi une déception. Ce genre de bouquin avec beaucoup d’attentes et d’espoirs mais un ratage complet à l’arrivée. Dommage…

 

Graphisme :      6,0/10

Scénario :        6,0/10

Moyenne :        6,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Casterman : ICI.

Lien vers la vidéo de l’émission « Apostrophe » avec Bukowski : ICI.

 

Capitol.

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STATION 16.

 

 

Couv_203203.jpgCapitol, Station 16, Hermann, Yves H., Le Lombard, Signé, 8.5/10, Fantastique, Thriller, Histoire, 01/2014. Dessin : Hermann – Scénario : Yves H.

Editions Le Lombard

Collection  «Signé »

Sortie 17/01/2014

64 pages

Prix conseillé : 14,45 €

ISBN : 9782803634361

Fantastique, Thriller, Histoire.

 

Résumé (de l’éditeur): La Nouvelle-Zemble, région désertique et glacée au nord de la Russie, a été le théâtre d’essais nucléaires d’une puissance effroyable. 40 ans plus tard, une patrouille de soldats découvre dans la région une base scientifique désaffectée. Un instant plus tard, la base s’anime d’une vie inquiétante. Les soldats ont fait un saut dans le temps et se retrouvent au milieu de scientifiques soviétiques qui mènent des expériences atroces sur les êtres humains…

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

Mon avis : C’est un nouveau « one shot » de Hermann et de son fils Yves H qui parait dans la collection « Signé ». Il s’agit déjà du quatrième album du duo dans cette collection après « Liens de sang », « Manhattan beach 1957 » et « The girl from Ipanema ». Hermann est un Grand de la Bande Dessinée, un bosseur curieux et exigeant mais aussi un peu misanthrope et aux idées bien arrêtées. Dans cet album, il risque encore d’en étonner plus d’un avec un scénario atypique par rapport à ce qu’il nous a déjà livré, mais aussi grâce à un dessin « caméléonesque » qui s’adapte de façon extraordinaire aux univers variés qu’il fait traverser à ses lecteurs.

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

 

La base de l’histoire est inspirée de la vie réelle et plus particulièrement d’une partie de l’histoire du 20e siècle peu connue du commun des mortels, à une période sombre de l’URSS, dans une partie du monde presque inconnue, un « trou de cul du diable », un endroit qui ressemble plus à un enfer qu’à un paradis sur terre. Il s’agit de l’archipel russe de la Nouvelle-Zemble, dans l’océan arctique, au delà du 60e parallèle. Entre 1955 et 1990, cet endroit a servi de base d’essai à 135 explosions nucléaires soviétiques dont 87 dans l’atmosphère. Le 30 octobre 1961, y fut testé la « Tsar Bomba », une bombe à hydrogène de 57 mégatonnes, la plus puissante jamais conçue : 1400 fois la puissance de l’attaque sur Hiroshima avec un champignon nucléaire culminant à 64 kilomètres dans notre atmosphère…Autant dire que Tchernobyl en comparaison, c’est de la roupie de sansonnet…Mais ce polygone nucléaire russe n’a pas laissé beaucoup de trace dans la mémoire collective internationale. Je vous conseille d’aller voir sur Wikipédia ce qu’on dit de cet archipel, appelé « l’archipel de la peur ».

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

A partir de cette base réelle, Yves H. va conduire le lecteur en 1997. Il va suivre une patrouille militaire russe qui surveille « mollement » les limites de ce territoire. Un message de détresse vient de la base abandonnée. Qui a envoyé ce curieux message alors qu’il n’y a pas d’âme qui vive ? La patrouille y est envoyée en hélicoptère et commence une histoire fantastique, une faille spatio-temporelles qui va les transporter de 1997 à 1955, de 1955 à 2012, dans un univers concentrationnaire où se mêle l’horreur, l’idéologie, le suspense, une déflagration atomique,…

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

Hermann se met au diapason du scénario abouti, inventif et haletant. Les personnages s’en tireront-ils ? Je laisse au lecteur le soin de découvrir la fin de cette histoire sombre, très sombre…A noter qu’en fin d’album, une postface d’Yves H. remet l’album dans son contexte historique avec des crayonnés de son père Hermann.

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

Station 16, c’est du tout bon. Le Lombard a frappé fort pour marquer les 20 ans de la collection « Signé ». Espérons que les autres albums prévus pour 2014 dans cette collection seront tous du même niveau. Les auteurs ont réussi à m’étonner à nouveau et j’ai lu l’album d’une traite, ce qui est quand même révélateur. Excellent album que je vous recommande chaudement, même si l’histoire se passe dans la neige et le grand froid.

 

Graphisme :      8,5/10

Scénario :        8,5/10

Moyenne :        8,5/10

 

Lien internet vers le site des éditions Le Lombard : ICI.

 

Capitol.

Station 16, Le Lombard, Signé, Hermann, Yves H., 01/2014.

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