Et Franquin créa La Gaffe

Auteur : Numa Sadul
Sujet : André Franquin
Éditeur : Glénat
432 pages
Date de sortie : 09 novembre 2022
Genre : Entretiens, Biographie

– Tu n’as pas été scout ? C’est incroyable !

– Je n’ai jamais fait partie de rien de semblable, j’ai échappé à tout ça, ou ils ont échappé à moi, c’est selon ! Mais il a toujours été dans ma nature de ne pas me faire remarquer.

Présentation de l’éditeur

Retour sur la carrière d’un grand maître

Voici une réédition aussi inattendue que nécessaire, car l’ouvrage est mythique, connu de tous les amateurs mais introuvable depuis plus de trente ans ! On ne présente plus Franquin, auteur incontournable de la bande dessinée franco-belge célèbre pour ses séries mythiques telles que Spirou et FantasioGastonModeste et Pompon ou Idées noires. Créateur de génie à qui l’on doit l’extraordinaire Marsupilami, il se laisse exceptionnellement aller à une suite d’entretiens intimes et intimistes durant l’année 1985. Les propos recueillis par Numa Sadoul durant ces quelques journées de discussions à bâtons rompus offrent à l’arrivée une meilleure compréhension de l’ensemble de son travail. Chacune de ses œuvres est décryptée et commentée sur plus de 400 pages agrémentées de nombreuses illustrations. On y parle aussi de liberté de penser, de tolérance et de non-conformisme… Bien sûr, il n’a pas été facile de convaincre cet homme discret et humble, au rire tonitruant, de se prêter à l’exercice de la confidence mais le résultat est à la hauteur du monument. Ce livre est un précieux témoignage, érudit, passionné et drôle, pour quiconque s’intéresse à Franquin.

Mon avis

Bon, une fois n’est pas coutume, il ne s’agit pas d’une BD mais bien d’un « Beau », très beau même, livre d’entretiens entre Numa Sadoul et André Franquin. Autre fois qui n’est pas coutume, je ne l’ai pas entièrement lu avant de me présenter devant vous pour le chroniquer. Mais bon, les 230 pages que j’ai dévorées me semblent suffisantes pour vous en dire tout le bien que j’en pense.

Il se trouve que je l’ai reçu relativement tardivement et que je tiens absolument à publier cette chronique AVANT les fêtes de Noël car oui, il s’agit du cadeau idéal pour tout bédéphile qui se respecte. D’abord parce qu’il s’agit de Franquin et que, à titre personnel, je le considère comme le plus grand auteur de BD franco-belge parmi des dizaines d’auteurs eux-mêmes fabuleux (question de goût… Je ne dis pas qu’il est forcément le plus grand, mais, pour moi, c’est le cas… Un peu comme Les Beatles, Chaplin ou Brassens…). Ensuite, parce que, outre le sujet, c’est aussi la façon dont il est traité qui m’a convaincu.

En effet, Numa Sadoul s’entretient avec Franquin non comme un journaliste (même un bon, hein…) mais bien comme un ami. Et, à ce titre, il se permet des remarques, des « relances », des coups de gueule presque, que ne se permettraient jamais un journaliste (sauf peut-être certains à l’égo sur-dimensionné, dans l’audio-visuel d’aujourd’hui, mais uniquement pour de basses raisons de recherche de buzz…) mais qui sont effectivement la marque de l’ami qui dit ce qu’il pense et pas forcément ce que l’autre veut entendre.

Après, ça ne veut pas dire que Sadoul ne porte pas une très grande admiration à Franquin, mais il n’en garde pas moins la liberté de lui « rentrer dedans » quand celui-ci part vraiment trop loin dans l’auto-négation de son talent et dans la critique de sa production en tant qu’auteur de BD (ce qui arrive assez régulièrement…).

Côté Franquin, ce qu’il dit est vraiment très intéressant. On en apprend un peu plus sur la dépression chronique dont il souffre et dont un épisode particulièrement fort d’une paire d’année vient de se produire autour de 1982-83. On réalise surtout que sa légendaire modestie (qui est TOUT sauf de la fausse modestie) et clairement liée à son état psychique puisque le dénigrement permanent de son talent et de sa propre personne lui rend la vie difficilement supportable…

Mais bon, je vous rassure, même si un passage lui est consacré, on ne parle pas que de sa « déprime »… Bien au contraire… La première partie aborde notamment ses débuts et ses relations avec le milieu de la BD. On y retrouve un Franquin anti-conformiste et anticlérical (tout ce que j’aime !!!) et drôle au possible. C’est une sorte de résumé biographique de sa carrière et de tout ce qui, dans sa vie, peut y être lié.

Ensuite, on rentre dans le dur, si je puis dire, puisque les deux hommes passent en revue, méthodiquement, les uns après les autres, tous les albums de BD que l’auteur Belge a publi&é jusqu’à 1985 (année des entretiens). Le ton est toujours amical, mais si Franquin porte globalement un regard assez sévère sur sa production passée, il n’est tout de même pas avare d’informations et autres anecdotes concernant ses BDs.

En tout cas, ce livre est vraiment une mine d’or pour qui s’intéresse à la Bande Dessinée franco-belge dans son ensemble et à André Franquin en particulier. Et, évidemment, cela va de soi, c’est une très belle idée de cadeau de Noël pour votre entourage. Alors n’hésitez pas une seconde et foncez chez votre libraire !

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatre_et_demicoeur_quatre_et_demicoeur_quatre_et_demi

Odradek.

2 commentaires sur “Et Franquin créa La Gaffe

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