L’Écluse

Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Gilles Aris
Éditeur : Grand Angle
Date de sortie : 10 août 2022
64 pages
Genre : Polar

« Je soupçonne tout le monde et personne à la fois. Les femmes ont été assassinées, j’en suis persuadé, et question violence vous avez quelques spécimens, ici, à Douelle. »

Présentation de l’éditeur

Il est des eaux moins paisibles qu’elles en ont l’air.

Trois noyées en moins d’un an…
C’est beaucoup pour la petite écluse dont s’occupe Octave.
Dans le village, les rumeurs vont bon train et le jeune éclusier un peu attardé au visage déformé a tout du suspect idéal. L’émoi est tel que deux policiers de la ville viennent enquêter pour tirer cette affaire au clair, mais aussi pour faire face à la fureur des habitants bien décidés à rendre la justice eux-mêmes.
Les eaux de la rivière sont paresseuses, mais dans ses méandres, la cruauté et la méchanceté ne sont jamais très loin

Mon avis

Je ne suis pas un grand amateur de polar, ce n’est pas mon genre préféré mais je me suis, avec le temps, construit une culture suffisante pour en connaître les principaux codes. J’ai toujours une réserve au moment de commencer la lecture de ce qui va être une nouvelle fois la recherche d’un meurtrier. Cette attente entraine une sorte de lassitude autant qu’elle peut, si l’œuvre est de qualité, découler sur la surprise de constater qu’on peut, justement, être surpris.

L’écluse n’est graphiquement pas à mon goût. Gilles Aris utilise des couleurs assez ternes qui peinent à planter un décor du sud-ouest ensoleillé. Ses personnages ont un front proéminent qui les enlaidit, qu’ils soient disgracieux comme Octave ou beaux comme Fanette. Les corps sont parfois rabougris et disproportionnés. Mais cette difformité, qu’elle soit volontaire ou non ne dénote pas dans ce tableau peu élogieux d’une population rurale de l’après-guerre.

On n’entend pas les cigales mais les sarcasmes et les humiliations. La violence semble omniprésente dans ce Notre-dame de Paris version campagne en 1956, Octave-Quasimodo se dressant en maître d’une écluse qui sera le théâtre de drames qui excitent la foule. Fanette-Esmeralda, est là, toute en « beauté » et en jeunesse, pour apporter un peu d’humanité dans cette tragédie.

Le scénario de Philippe Pelaez est efficace, les dialogues sont d’ailleurs remarquables. Le personnage de l’inspecteur est charismatique et les quelques savoureuses punchlines qu’il délivre parfois permettent de maintenir , en plus des rebondissements de l’intrigue, un suspense plein.

L’Écluse remplit parfaitement son rôle, les suspects se succèdent aussi vite que les preuves, l’intime conviction du policier se voyant confrontée aux doutes qui apparaissent peu à peu. La nature humaine, parfaitement détestable, est ici personnifiée par l’insupportable Alban qui cristallise les peurs autant qu’Octave, difforme et réputé comme attardé, peut renvoyer de la haine.

Une fin surprenante couronne habilement cette enquête qui tient la route mais qui aurait peut-être méritée un visuel plus chaleureux et plus gracieux. C’est dommage.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatrecoeur_troiscoeur_trois_et_demi


Petitgolem13

Un commentaire sur “L’Écluse

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  1. Contrairement à toi, le genre « polar » est un de mes préférés… c’est pourquoi ta chronique a attisé ma curiosité (j’aime chercher qui est coupable).
    Dommage que le graphisme semble laisser à désirer !

    Aimé par 1 personne

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