Le Labeur du Diable T.1

Scénariste : Fathi Beddiar
Dessinateur : Babbyan
Editeur : Glénat
Genre : Polar Urbain
Sortie : le 16 novembre 2022

L’association des deux éléments du domaine du cinéma et du 9ème art donne comme résultat : Le Labeur du Diable, un rodéo urbain explosif, digne des meilleurs scénarios depuis …longtemps.

Avis de l’éditeur :

Los Angeles. Webster Fehler, 40 ans, souffre du mal existentiel qui touche la majorité de la population angeleno : la dépression. Son quotidien ne se définit qu’à travers l’isolement et la frustration. Webster n’a personne à aimer, ni à qui parler. Il subit le poids d’une existence au rabais dans un cabinet d’avocats où il n’essuie que mépris et reproches. Jusqu’au jour où le destin intervient d’une façon sournoise : Webster trouve une sacoche égarée qui renferme un badge de policier et une arme chargée.

Mon avis :

A Los Angeles, plus que partout ailleurs, la compétition et le panache vers la réussite sociale freinent les ardeurs de beaucoup, devenant les esclaves d’une élite intouchable. Ce constat peu glorieux, Webster Fehler, fraichement quadragénaire, le vit au quotidien, bousculé dans son amour propre par tout et tous. Au point tel que ce « bon fonctionnaire » se fait ridiculiser par la planète entière, bien au-delà de ses collègues narcissiques ou ses patrons véreux. La douche existentielle est savamment salée jour après jour, le moindre humain qu’il rencontre inocule une haine profonde à son égard. Frustré, seul, recroquevillé dans son moi intérieur, que lui reste-t-il à espérer de tant de langues malveillantes ?!

Au bord du gouffre, le destin lui joue cependant un tour des plus plaisants : il découvre par le plus grand des hasards, une sacoche contenant un insigne de policier ainsi qu’une  arme … Désormais, n’ayant strictement plus rien à perdre, Webster Fehler consacre son existence à remettre les pendules à l’heure !

Le labeur du diable_T01_Fathi Beddiar_Babbyan_Glenat_illustration

Miracle ! L’Art avec un énorme A n’est point mort, bien que ces dernières années, le spectateur et lecteur soit bercé dans une tendance « woke » à toutes les sauces. Fathi Beddar se lance dans un sentier périlleux, à contre sens des normes actuelles, loin, très loin du conformisme de la littérature contemporaine. Ouf, on peut à nouveau respirer, le temps d’une lecture !

Comme le relate Fathi Beddar, ses passions pour le cinéma et la BD ne datent pas d’hier. Lorsqu’un auteur cite avec mention des artistes tels que : William Friedkin, Sergio Leone, Akira Kurosawa, c’est qu’il digère les bons crustacés. Si il additionne Will Eisner, Jack Kirby ou encore Richard Corben, Fréderic Dard c’est qu’il en connaît un bon répertoire.

L’association des deux éléments du domaine du cinéma et du 9ème art donne comme résultat : Le Labeur du Diable, un rodéo urbain explosif, digne des meilleurs scénarios depuis …longtemps.

Toutefois, le 1er plat de couverture et son titre loin d’un Disneyland glamour en fera grimacer plus d’un. Et oui, la violence, le sexe, les mensonges et les meurtres se propagent à tout-va, mais esthétiquement bercés vers une apologie autant bienfaitrice que destructrice. Fathi Beddar ose ce que beaucoup d’auteurs ne risqueraient pas, quel qu’en soit la raison. Certains crieront au scandale, d’autres au chef-d’œuvre. Généralement, les chefs-d’œuvre choquent …

La tuyauterie graphique signée Babbyan, alias Matteo Bellisario, prodigue également un sacré uppercut, suivi d’un revers instantané, s’accordant à merveille avec sa trame. Des rictus écœurés par le nouveau Webster, de son franc-parler et de ses initiatives notent à eux seuls la force de trait de l’auteur. La grimace de sa collègue eurasienne prise sur le fait lors d’une partie fine en dit long. Succulent !

Bref, il y est question de vengeance (thématique vue, revue selon tous les angles) dans un registre à la Taxi Driver mélangé à la Rampage d’Uwe Boll. Tout le monde sans exception en prend pour son matricule, qu’importe l’âge, la race ou le sexe des intervenants. Mais ce sont ces mêmes individus qui lâchement s’en sont pris à Webster Fehler, le condamnant au box des suppliciés. Œil pour œil comme écrit dans un livre saint… La roue tourne pour tout le monde et il se trouve que ce cher Webster ait enfin déniché son rôle dans la société. Un rôle qui lui sied, qui le bouscule dans son petit être et qui neutralise et ridiculise ses bourreaux. Un bon retour de manivelle.

Trêves de bavardages, à tous les férus de polar underground rythmé, épicé et scandaleusement incorrect, optez pour le Labeur du Diable, sensations fortes garanties. Fathi Beddiar , avec ce titre, c’est en quelque sorte le reflet en BD de Nicolas Winding Ref (Trilogie Pusher, Drive et prochainement Copenhagen Cowboy).

Chapeau l’artiste !
Coq de Combat

Un commentaire sur “Le Labeur du Diable T.1

Ajouter un commentaire

  1. Et déjà mis dans ses coups de cœur, très bien !!! Par contre connaissant les goûts de Marc, pas sûr que cet album soit dans les miens.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :