Druuna au commencement T1

Espoirs

Scénariste : Alessio Schreiner
Dessinateur : Eon
D’après l’œuvre originale de Paolo Eleuteri Serpieri
Editeur : Glénat / Lo Scarabeo
Genre : Science-Fiction Post Apocalypse
Sortie : le 16 février 2022

Ce tome d’intro vaut agréablement le détour, reprenant fidèlement les thématiques de l’œuvre originale, appuyée par un versant graphique plus que réussi.

Avis de l’éditeur :

Un jour, le monde fut ravagé par un virus et les hommes se transformèrent en effroyables mutants assoiffés de sang. Mais il existe un avant ce moment. Un temps précédant la catastrophe. Une époque où l’espoir, quoique vain, est encore permis. C’est dans ce monde passé que nous retrouvons Druuna, plus belle et sensuelle que jamais. Elle tente de survivre dans cet univers voué à mourir et d’ores et déjà contaminé par le chaos et la vermine.

Mon avis :

A bord d’un navire spatial, le commandant Lewis sort de sa période d’hibernation, et selon les dires de son capitaine, apprend qu’ils ont dévié de leur trajectoire d’origine. Pire encore : un virus se serait faufilé à bord.

Des années plus tard, un prêtre au service du régime en place, ordonne aux soldats à sa botte de ratisser chaque demeure où résident de pauvres gens vivant reclus comme des bêtes. Toute personne disposant de livres interdits se verra sévèrement châtiée. Druuna lorgne au loin chaque mouvement des scélérats mais coincée par surprise, elle se résout à abdiquer face à ses deux assaillants. Malmenée et abusée, seule l’intervention de Jock, un superviseur exerçant pour le compte du prêtre, met un terme à cette sauvagerie.

De retour de l’usine, son compagnon Kartes projette de fuir la zone, et tenter sa chance ailleurs. En dépit des risques encourus, le couple se faufile tant bien que mal, dans le dédale de carcasses métalliques, recouvrant comme une seconde peau, les extrémités de la cité. Mais en plus des soldats, d’étranges créatures malformées trainent et surgissent des recoins, dévorant la chair humaine…

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Qui ne connaît pas l’œuvre cultissime de Paolo Serpieri, Druuna, brune pétillante plongée au cœur de la tourmente et des enfers d’un monde post-apocalyptique ?! Plus de 35 années après Morbus Gravis, saga contenant 9 titres phares et quelques opus gravitant autour du sujet, le maître du genre supervise et donne son aval à deux artistes de talent pour relancer la saga, ou plutôt pour permettre au lecteur d’acquérir des données nouvelles et supplémentaires en prélude au récit que nous connaissons.

La trame mijotée par Alessio Schreiner débute sous les mêmes auspices que le 1er Druuna, à savoir, comme nous venons de le citer : Morbus Gravis. A quelques différences près, les bases reproduites convergent dans la même direction, notamment pour la zone où le commun des mortels survit dans des conditions plus que précaires ; où des soldats exécutent les basses besognes d’un soi-disant système dictatorial, et où des créatures migrent, mutent et se nourrissent de chair humaine fraiche.

Notons toutefois que nous avons droit au strict minimum concernant ces créatures, qui n’apparaissent qu’au compte-gouttes, une façon somme toute assez logique vu que nous sommes dans le début d’un nouvel arc.

Tout comme pour la ville phare imaginée par Serpieri, nous retrouvons  cette ambiance dérangeante par lequel le climat nauséabond et suffocant déverse sa fange aux quatre coins de cette « fourmilière », où le bidon ville  est recouvert de câbles électriques, de dépôt en tout genre, suintant le post-apo dans toute sa splendeur.

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Ce qui nous intéresse au plus haut point, c’est de constater que Druuna attise toujours le lecteur, et ce dès sa première apparition. Il n’en faut pas plus pour Alessio Schreiner de la dévêtir dans la foulée et d’assister à ses ébats, d’abord de manière forcée et expéditive par deux gaillards à la solde du prêtre, la deuxième fois par son amoureux Kartes, un grand type costaud à la chevelure en dreadlocks. La troisième séance érotique bascule dans une scène de viol, où Druuna, accablée une nouvelle fois par les deux soldats, est prise à tour de rôle sous les yeux de son copain ligoté.

La félicité, le désespoir et l’après humanité, ou du moins ce qu’il en reste, sont les maîtres mots de ce qui se détache de ce 1er tome « Au commencement ».  Des thématiques old school manœuvrées à merveille par Serpieri, et reproduites ici de manière plus que convenables. Les différents pions de l’échiquier sont disposés pour créer l’ambiance souhaitée. L’action calibrée, quant à elle, apparaît par de légères secousses, ingénieuses et efficaces dans leur fonctionnement.

Arrivons dès lors à la qualité graphique, le point sur lequel il est inconcevable pour tout aficionados qu’une œuvre mythique telle que Druuna soit entachée.  En toute modestie, en prenant le recul nécessaire (une icône de la BD reprise par d’autres auteurs), il est sage d’user d’empathie et tenir compte de l’époque à laquelle nous sommes, donc l’année 2022, tout en sachant que la majorité des albums de Serpieri datent des années 90. Force est de constater que le résultat vaut son pesant d’or.

Les protagonistes ont de la gueule, ce genre de tronches recherchées et définissant à merveille ce conflit que doit sans nul doute vivre tout humain en période de fin du monde ou dans ce contexte post-apo. Des visages ultra-détaillés, dont les rides et les douleurs imprègnent chaque nodule du faciès. Drunna à elle-seule incarne une démonstration de force du trait envoutant de Eon : bouche charnue, hanches larges, fesses rebondies, poitrine ferme et opulente. Mais pas seulement… attardez-vous quelques instants sur la qualité de ses cheveux, où chaque mèche parle pour elle-même ! Son corps transmet cette énergie mêlée à la crasse des bidons villes métalliques avec cette force emplie de phéromones.

Les autres personnages, son compagnon Kartes, les soldats ou le prêtre gesticulent dans ce climat de folie de manière mécanique, presque ensorcelés par la touche graphique et magique de Eon.

En résumé, ce tome d’intro vaut agréablement le détour, reprenant fidèlement les thématiques de l’œuvre originale, appuyée par un versant graphique plus que réussi. Pas totalement abouti mais presque. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour percevoir un coup de génie.

A voir dorénavant ce que le trio d’auteurs (puisque Serpieri supervise également) nous réserve pour la suite. Un album à acquérir si ce n’est déjà chose faite !

Coq de Combat

2 commentaires sur “Druuna au commencement T1

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  1. J’avais été séduit à l’époque par la virtuosité graphique que je découvrais de Serpieri😳… beaucoup moins par les scénarios destinés à montrer des scènes de »cul ».
    Ayant feuilleté quelques pages, c’est graphiquement du sous-Serpieri, et donc d’aucun intérêt pour moi malgré une chronique un peu bavarde mais bien vendue !😜

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  2. C’est vrai que la chronique est aussi grande que la passion de son auteur pour le sujet ! sinon, un dessin bien conforme à celui de Serpieri mais tous les repreneurs de séries connues font de même, alors…

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